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Ayaan Hirsi Ali quitte les Pays-Bas
"Jamais personne n'a fait bouger le débat sur l'islam en Europe, les droits de la femme et le multiculturalisme comme la Néerlandaise d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali. La femme politique aux multiples facettes est cependant menacée de se voir retirer la nationalité néerlandaise car elle a reconnu avoir menti pour l'obtenir. Hirsi Ali a annoncé son intention de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis."
20/05/06
Neue Zürcher Zeitung (Suisse)
Selon Jürg Dedian, Ayaan Hirsi Ali est actuellement en train de payer le fait d'avoir "secoué et réveillé" les Pays-Bas, déjoué les mensonges multiculturels et obligé les bonnes âmes à se regarder dans la glace.
"Hirsi Ali va pouvoir éprouver les conséquences qu'entraîne, à long terme, le fait de défendre ses idées au beau milieu d'une société à la bouche pleine et imbue d'elle-même. Elle s'est créé des ennemis et a vécu dans la clandestinité au sein même d'une démocratie. Les musulmans et les islamistes n'étaient pas les pires, eux qui ne pouvaient pas supporter le déshonneur d'être critiqués par une femme, qui plus est par une femme née musulmane. Les critiques les plus féroces provenaient des opposants politiques, des opportunistes et des voisins à la recherche de calme, qu'elle agaçait de plus en plus. Ils l'ont forcée à se mettre à genoux à grands coups de reproches et de plaintes devant les tribunaux et l'ont lentement isolée au sein même de son propre parti (libéral)."
Die Welt (Allemagne)
"Il s'agit à la fois d'une fuite et d'une expulsion, d'un coup de tonnerre et du péché originel", commente Andrea Seibel à propos de l'émigration aux Etats-Unis de Ayaan Hirsi Ali.
"Pour la société consensuelle néerlandaise, une icône telle qu'Ayaan Hirsi Ali est une provocation constante, un supplice de tous les instants. Une missionnaire telle qu'Hirsi Ali, loin de se préoccuper des détails ou de chercher à voir le côté positif des choses, fonce droit dans le mur. 'Je suis loin d'être folle, mais je veux saisir cette chance, cette fenêtre temporelle qui m'est donnée.' Une fenêtre que les Pays-Bas ont bruyamment refermée, à grands renforts d'arguments mesquins et formalistes selon lesquels elle aurait 'triché' lors de son arrivée aux Pays-Bas. Ou comment un pays peut se décrédibiliser tout seul."
Elsevier (Pays-Bas)
L'hebdomadaire critique durement les pouvoirs publics néerlandais dans l'affaire Ayaan Hirsi Ali.
"Mohammed Bouyeri [le meurtrier du cinéaste Theo Van Gogh] peut être content. Après Pim Fortuyn et Theo Van Gogh, Hirsi Ali est le troisième observateur critique de l'islam obligé de se taire. Cette fois-ci, ce n'est pas à cause du milieu radical musulman, mais à cause de l'action commune des autorités et de la société néerlandaises. En raison d'un documentaire financé par l'Etat [l'émission 'Zembla' est diffusée par la chaîne publique Nederland 3] qui n'a fait que proposer un nouvel emballage à de vieilles informations concernant Hirsi Ali, cette dernière ne pouvait plus garder son siège à l'Assemblée nationale."
Népszabadság (Hongrie)
"La carrière d'une femme politique aux multiples facettes se termine de façon étrange et abrupte", écrit le correspondant du journal à Bruxelles László Szöcs.
"Les Pays-Bas sont ouverts aux immigrants qui s'identifient aux valeurs nationales, de tolérance notamment, et qui sont disposés à apprendre la langue. Hirsi Ali satisfait à tous ces critères, puisqu'elle parle le néerlandais à merveille et lutte contre la 'soumission', titre du dernier film de Theo van Gogh. Mais le fait de dire la vérité fait-il partie des valeurs les plus importantes aux Pays-Bas ?"
Die Presse (Autriche)
Sibylle Hamann profite des reproches faits à Ayaan Hirsi Ali, accusée d'avoir inventé l'histoire de son mariage forcé, pour se demander
"pourquoi nous raffolons des récits de victimes venant d'Orient. Des rayons entiers de librairies regorgent actuellement d'autobiographies déchirantes de femmes éreintées, qui ont été déportées, vendues, traitées comme des esclaves, humiliées, violées, excisées, torturées. Lorsqu'une telle victime dissimule encore son identité derrière un voile, ce bout de vêtement suffit pour que le consommateur se sente pénétré d'un agréable sentiment de pitié. Quelque part, c'est un peu facile (...). Dans le cas qui nous occupe, la question ne porte plus depuis longtemps sur les droits de la femme, encore moins sur le destin véritable de la demandeuse d'asile, peut-être même effectivement opprimée, mais sur la fatuité culturelle, sur la culture du ressentiment bon marché et du calcul politique froid."
[Aimablement transmis par Koira.]
Mis en ligne le 21 mai 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











