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Pour N. Sarkozy, enterrer le CPE était la seule solution. Nouvelles manifestations
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11/04/06
 
Articles repris du site d’Edicom (Suisse).
 
 
Il n'y avait pas d'autre solution que de renoncer au CPE pour mettre fin à la crise sociale, a déclaré le ministre de l'intérieur et président de l'UMP Nicolas Sarkozy. Il a estimé que la tentative du gouvernement de l'introduire avait été un échec.
 
"Il fallait faire preuve, me semble-t-il, de lucidité. Il n'y avait pas d'autre solution que de remplacer le CPE", le contrat première embauche réservé aux moins de 26 ans, a dit Nicolas Sarkozy sur Europe 1.
 
"C'est fait. Maintenant que chacun se remette au travail, que les lycéens préparent leurs examens, que les étudiants étudient et que le pays reparte", a-t-il ajouté.
 
Après plus de deux mois de mobilisation des syndicats, de l'opposition et des organisations étudiantes et lycéennes contre le CPE, le président Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin ont annoncé lundi son remplacement par un dispositif d'aide à l'insertion professionnelle des jeunes.
 
"Le courage ce n'est pas simplement de tenir sans entendre", a commenté Nicolas Sarkozy. "Gouverner ce n'est pas simplement n'écouter personne."
 
Le ministre de l'intérieur, rival potentiel, à droite, de Dominique de Villepin pour l'élection présidentielle de 2007, a dit avoir compris "assez tôt" qu'il fallait retirer le CPE, alors que le Premier ministre a longtemps refusé de l'envisager. Il a estimé que le gouvernement doit savoit tirer les leçons de cet "échec".
 
Nicolas Sarkozy s'est néanmoins de nouveau déclaré "solidaire" du gouvernement et du Premier ministre. Mais "la solidarité "ça ne veut pas dire être d'accord sur tout" et "masquer ses convictions", a-t-il ajouté.
 
Le ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a salué, pour sa part, une "bonne sortie de crise". Pour lui, l'une des leçons de la crise du CPE est que, dorénavant, "il va y avoir deux catégories de personnes politiques : celles qui vont 'antagoniser' la France, en pensant qu'elles parlent à leur électorat [...], et ceux qui vont essayer de fédérer les Français pour leur permettre [...] d'être à nouveau un pays gagnant."
 
 
CPE: nouvelles manifestations d'étudiants
 
Les étudiants français ont mené de nouvelles opérations coup de poing pour maintenir la pression sur le gouvernement, après l'annonce de l'abandon du CPE. Le débat sur la loi qui doit le remplacer doit débuter ce mardi soir à l'Assemblée nationale.
 
Les étudiants et lycéens ont décidé de maintenir la nouvelle journée d'action nationale qu'ils avaient prévue ce mardi, avec le soutien des syndicats de salariés, en attendant le vote par le Parlement du nouveau dispositif qui doit remplacer le CPE.
 
Quelques dizaines d'étudiants ont bloqué dans la matinée la sortie des bus des deux dépôts à Toulouse. Les deux universités de cette ville ont voté lundi après-midi la poursuite de la grève malgré la décision du gouvernement d'enterrer le CPE. Une manifestation est prévue.
 
A Rouen, quelque 200 étudiants et lycéens qui réclament notamment l'abrogation totale de la "loi sur l'égalité des chances" incluant le CPE ont mis en place tôt mardi un barrage filtrant à une entrée de la ville. Cette action a généré un bouchon de plusieurs kilomètres sur l'autoroute.
 
Dans cette ville aussi, les étudiants grévistes ont reconduit lundi le blocage de leur faculté entamé début mars. Ils estiment que la disparition du CPE n'est pas suffisante et demandent désormais l'abrogation du contrat nouvel embauche (CNE), "grand frère" du CPE qui concerne tous les salariés.
 
A Nantes, environ 150 manifestants ont envahi à l'aube les pistes de l'aéroport. Ils ont été délogés dans le calme une demi-heure plus tard, a indiqué la police.
 
Ces nouvelles actions se sont produites alors que la proposition de loi UMP qui remplace le CPE et prévoit un nouveau dispositif d'aide à l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté sera débattue en séance publique par les députés mardi à 21h 00.
 
La commission des affaires sociales de l'Assemblée examinait mardi matin ce texte déposé lundi par le groupe UMP et qui comporte deux articles, a-t-on appris à l'issue de la Conférence des présidents de l'Assemblée.
 
L'examen de la proposition de loi se poursuivra mercredi matin et, si besoin, dans l'après-midi. Le vote sur l'ensemble de la proposition de loi aura lieu dans la foulée, car aucune demande de scrutin public n'a été déposée lors de la Conférence des présidents.
 
 
© Edicom
 
Mis en ligne le 11 avril 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

 
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