Adieu Shoshana...
14/02/06

Avec la disparition de Shoshana Damari c'est aussi une partie de la mémoire collective qui s'en est allée. Née au Yémen, Shoshana immigre en Israël avec sa famille en 1924.
Enfant, elle accompagne sa mère, chanteuse, qui se produit dans les mariages. Rapidement repérée pour sa voix, elle commence à chanter à la radio à 14 ans.
Artiste complète, elle étudie la comédie et ne tarde pas à apparaître dans des pièces de théâtre, tout en continuant à apprendre le chant.
Très vite, sa voix puissante aux intonations chaudes, dans laquelle transparaît un léger accent yéménite, contribue à faire de Shoshana Damari une icône de la chanson israélienne.
En 1948, elle sort son premier disque. Ses chansons expriment l'amour de cette terre fraîchement reconquise par un peuple encore traumatisé par deux mille ans d'exil, six millions de victimes et des siècles de persécutions au Proche-Orient.
Sur les champs de bataille des nombreuses guerres menées par le jeune État pour sa survie, les soldats fredonnent les chansons de Damari pour se redonner du courage.
La chanson 'Kalaniot' - Anémones -, composée par [l'écrivain israélien] Natan Alterman, consacre la carrière de la chanteuse. En 1988 elle reçoit le prestigieux Prix d'Israël pour sa contribution au paysage musical israélien.
Ce matin, 14 février, Shoshana s'en est allée, à l'âge de 83 ans, des suites d'une pneumonie.
La Présidence et la Knesset ont aussitôt fait part de leur profonde tristesse en précisant que "sa voix avait contribué à l'unité d'une nation en faisant naître l'espoir et l'optimisme".
Un député a émis le souhait que la chanteuse, "héroïne culturelle", bénéficie, au même titre qu'une personnalité politique, de funérailles nationales, en précisant que Shoshana Damari avait servi l'État avec honneur.











