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Débat à l'assemblée sur la prolongation de l'état d'urgence en France
Alors que "L'express" publie un diagramme historique de l'utilisation de cette loi d'exception, accompagné d'un bref commentaire de ton neutre, la chaîne nationale France 2 donne largement la parole aux politiques détracteurs de cette mesure, en général, et du ministre de l'Intérieur, en particulier. (Menahem Macina)
Ce diagramme illustré est extrait d'une dépêche de Reuters publiée sur le site de L'Express

Nous expliquera-t-on pourquoi la chaîne nationale française choisit de faire commenter l'intervention du chef de l'Etat et les mesures prises par le ministre de l'Intérieur par deux caciques de la gauche, sans donner la faculté à des élus de droite de rééquilibrer la perspective ?
[La translittération des extraits des JT de France 2 a été effectuée par Menahem Macina. Les commentaires, les ajouts entre crochets et les mises en grasses sont de sa responsabilité exclusive.]
JT de France 2, dimanche 13 novembre 2005, 20 h.
Invité : Dominique Strauss-Kahn (PS)
A propos de Nicolas Sarkozy :
« Je pense quil ferait mieux de faire son travail de ministre de lIntérieur, cest-à-dire de coordination de la police, en loccurrence, en faisant un peu moins de provocation.
On a limpression que le ministre de lIntérieur a toujours besoin de sagiter pour être sur le devant de la scène.
[Avec un sourire carnassier] Je me demande si ce nest pas à lui que devrait sappliquer le couvre-feu, aujourdhui. »
- [Le journaliste, qui, manifestement, a perçu quil tenait un scoop] : « Cest-à-dire
»
- [D.S-K hésite, cherche ses mots].
- [Le journaliste, tenace, et un ton plus haut] : « C'est-à-dire ?... »
- [D.S-K] : « Cest-à-dire tous ceux qui sont susceptibles daccroître la tension devraient être cantonnés [1].»
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JT de France 2, lundi 14 novembre, 13 h.
Invité : Noël Mamère, député de Gironde (Verts, alliés des Socialistes)
A propos de la déclaration du chef de lEtat, quelques heures avant sa diffusion :
[Présentatrice] : « Lintervention du chef de lEtat, ce soir, à 20 h. Vous en attendez quoi ? »
- [Noël Mamère] : « Je nattends rien du chef de lEtat parce quil est resté très absent durant tous ces événements. On a le sentiment davoir, à la tête de lEtat français, un homme qui est complètement dépassé, un homme qui est en décalage par rapport au modèle républicain, et donc, ce soir, que va faire le Président de la République ? Ce quil a fait, au Conseil des ministres, quil présidait tout à lheure, à lElysée. Cest-à-dire continuer une stratégie de tension et de peur. On est un petit peu comme au XIXe siècle, où lon considérait quil y avait des classes dangereuses. Eh bien, désormais, les habitants des banlieues sont considérés comme des dangers pour lordre social et la paix dans le pays
Il faut manifester une opposition frontale à cet état durgence, qui ne fait que stigmatiser encore plus les banlieues
Ce nest pas par la force quon résoudra le problème des banlieues. Cest en sattaquant à la cause de cette désespérance. Cest-à-dire en ouvrant le dialogue
On est dans une situation néo-coloniale en appliquant un statut durgence - un état dexception -, qui avait été voté pendant la guerre dAlgérie, et qui a été appliqué à la Nouvelle-Calédonie, qui est aussi [dans] une situation coloniale. »
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Note de la Rédaction dupjf.org
[1] Au sens littéral, le verbe 'cantonner', semploie surtout, dans la terminologie militaire, au sens de « faire séjourner (des troupes) dans un lieu déterminé ». Au sens figuré, il signifie : « maintenir dautorité (qqun) dans un milieu, dans une situation. » (Petit Robert 1, édition 1990).
Mis en ligne le 15 novembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











