Après sêtre entretenu, à Jérusalem, avec les principaux dirigeants israéliens, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Moratinos, a été certainement étonné de la virulence du ton de ses interlocuteurs syriens. Le président Bechar el-Assad, en effet, na pas mâché ses mots : " Toutes les données, a-t-il lancé, montrent quIsraël pousse la région vers la guerre. " Et de conclure : " Israël nest pas crédible quand il dit vouloir parvenir à la paix."
Même son de cloche du côté de son homologue syrien qui na pas hésité à qualifier Israël de trublion régional et de préciser : " Un jour Israël menace Gaza, le lendemain le Liban, puis lIran et enfin la Syrie. Israël est une entité basée sur lagression dautrui, mais quelle prenne garde, en cas de conflit, nous frapperons au cur de ses cités."
Or, à Jérusalem, lancien chef de la diplomatie de lUnion européenne navait entendu aucun cliquetis darmes. Au contraire. Il était de plus parfaitement renseigné des contacts entre les hauts gradés des armées libanaise et israélienne, via le commandant en chef de la FINUL au sud-Liban, pour éviter tout dérapage suite aux provocations du Hezbollah.
Alors si lon ajoute à ces propos alarmistes dAssad et de Moualam, les menaces proférées par Cheikh Nasrallah et les différentes organisations terroristes dans la bande de Gaza (assortis pour celles-ci de tentatives répétées dattentats), il se dégage limpression dune mise sous pression de la région. Car ni les propos (irresponsables) du ministre Yossi Peled sur linéluctabilité dun nouveau conflit avec le Hezbollah, ni ceux du ministre de la Défense Ehud Barak quant à léventualité dune guerre israélo-syrienne en cas dabsence de toute négociation, nétaient de nature à réchauffer latmosphère.
Qui donc a intérêt à jouer au pousse-au-crime? Sans avoir besoin de gratter, il apparaît que le dénominateur commun entre Syrie-Hezbollah-Hamas-Jihad islamique-branche gazouite dAl-Qaïda est lIran. Nul doute que le pouvoir en place à Téhéran est inquiet. Il est menacé de lintérieur et toute la brutalité déployée ne parvient pas à briser la contestation. Il est aussi inquiet par le changement intervenu à Washington : durcissement des sanctions dune part et, dautre part, mise en place de fusées sol-air pour prémunir ses alliés (arabes et Israël) de toute attaque iranienne. Dans un tel contexte, tenter de brouiller les cartes, est de bonne politique. A condition que nul ne se prenne au sérieux.











