07/06/09
JewishWorldReview.com, 5 juin 2009
Texte original anglais " The Settlements Myth",
Traduction française : Marcoroz
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[Les mises en exergue typographique de cet article sont miennes. M. Macina.]
Le Président Obama ne cesse daffirmer que la politique extérieure des États-Unis doit être conduite avec modestie et humilité. Surtout, il ne faut plus que lAmérique « dicte » sa politique aux autres pays. Il faut « bâtir des partenariats et non pas simplement dicter des solutions », a-t-il déclaré au sommet du G-20. Dans les négociations au Moyen-Orient, à en croire les propos quil a tenus sur al-Arabiya, lAmérique, dorénavant, « commencera par écouter, parce que, bien trop souvent, les États-Unis commencent par dicter ».
Voilà un sentiment admirable. Cest valable vis-à-vis de tout le monde : vis-à-vis de lIran, de la Russie, de Cuba, de la Syrie, et même du Venezuela. Sauf vis-à-vis dIsraël. A Israël, on ordonne de geler toute implantation. De manière impérieuse, la Secrétaire dÉtat, Hillary Clinton, a explicité ce diktat : « un arrêt des implantations pas dimplantations, pas de postes avancés, pas d'exceptions liées à la croissance naturelle ».
De quoi sagit-il ? Pas de « croissance naturelle » veut dire létranglement mortel des villes prospères situées à proximité de la ligne darmistice de 1949, dont un certain nombre sont des banlieues de Jérusalem, et que dans toutes les négociations de la dernière décennie, Israël était censé conserver. Cela veut dire pas de croissance démographique. Ce qui veut dire pas de bébés. Ou alors, si lon a des bébés, pas de quoi les loger pas même à lintérieur des limites existantes des agglomérations. Ce qui veut signifie que, pour chaque enfant qui naît, il faut que quelquun parte. Aucune collectivité ne saurait survivre de cette façon. Lobjectif évident est débranler et de détruire ces villes avant même les négociations.
Dans quel but ? Au cours de la dernière décennie, le gouvernement américain avait admis quun traité de paix final impliquerait nécessairement que les Israéliens conservent une partie des implantations les plus proches et accordent aux Palestiniens, en compensation, une superficie équivalente du territoire dIsraël même.
Cest ce qui avait été envisagé avec le plan Clinton, lors des négociations de Camp David, en 2000, et à nouveau, à Taba, en 2001. Au bout du compte, pourquoi expulser des gens de leurs maisons et faire de leurs villes des tas de décombres, alors quArabes et Juifs pourraient rester dans leurs maisons si la ligne darmistice de 1949 était légèrement déplacée du côté palestinien pour englober les principales implantations juives du voisinage et, parallèlement, déplacée à lintérieur du territoire israélien pour donner du terrain aux Palestiniens ?
Non seulement cette idée était logique, non seulement elle avait été acceptée aussi bien par les gouvernements démocrates que par les gouvernements républicains au cours de la dernière décennie, mais elle avait été approuvée par écrit dans les protocoles daccord échangés entre Israël et les Etats-Unis, en 2004 et par la suite massivement approuvée par une résolution concomitante du Congrès.
Pourtant, le Département dÉtat dObama a refusé, à plusieurs reprises, davaliser ces accords et même de dire quil allait les honorer. Et cela, de la part dun président qui affirme avec constance que toutes les parties du conflit doivent honorer leurs obligations antérieures. Et qui, maintenant, attend des Israéliens quils acceptent de nouvelles garanties américaines en échange de concessions concrètes et irréversibles, alors quavec cynisme, il vient juste de tirer lui-même un trait sur les garanties américaines antérieures !
Toute cette histoire de "croissance naturelle" nest quune machination. Le processus de paix est-il moribond parce quun enseignant, dans le quartier juif de Jérusalem, agrandit sa maison afin de pouvoir y loger ses petits-enfants ? il faut être pervers pour faire de cette question le point central du processus de paix, alors même que Gaza est entre les mains de terroristes du Hamas qui mènent une guerre permanente contre Israël, et que Mahmoud Abbas, après avoir décliné toutes les propositions de paix dEhud Olmert, ose déclarer quil est dans lattente dans lattente de voir le Hamas devenir modéré et Israël seffondrer et quil ne fera rien, dici-là, pour faire avancer la paix.
Dans son discours au "monde musulman" annoncé avec tambours et trompettes et prononcé hier au Caire, Obama a déclaré que la "situation" du peuple palestinien était "intolérable." Elle l'est en effet. Cette situation est le résultat de 60 ans dun leadership palestinien qui na apporté à son peuple que la corruption, la tyrannie, lintolérance religieuse et la militarisation forcée : un leadership qui, durant trois générations, a rejeté toutes les opportunités dindépendance et de dignité et a opté pour le dénuement et le désespoir plutôt que daccepter toute installation qui ne serait pas accompagnée de la disparition dIsraël.
- Cest ainsi que Hadj Amin al-Husseini a choisi la guerre plutôt quune solution de deux États en 1947.
- Cest ainsi que Yasser Arafat a refusé un État palestinien en 2000.
- Et cest ainsi quAbbas a rejeté loffre encore plus généreuse dOlmert en décembre 2008.
Durant les 16 années écoulées depuis que la Judée-Samarie et Gaza ont été remises aux Palestiniens en vertu des accords dOslo, leurs dirigeants nont construit aucune route, aucun palais de justice, aucun hôpital, aucune des institutions étatiques fondamentales qui auraient permis de soulager les souffrances de leur peuple. Au lieu de cela, ils ont tout investi dans une infrastructure de guerre et de terreur, tout en déposant des milliards (provenant des donateurs occidentaux naïfs) sur leurs comptes en Suisse.
Obama dit quil est venu au Caire pour dire la vérité. Or, il nen a pas articulé un seul mot. Il sest contenté de prononcer, au milieu dun flot de platitudes et de bons sentiments, la déclaration dune nouvelle politique américaine : "Les États-Unis nacceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes". Obama a ainsi conforté le mythe selon lequel la misère des Palestiniens et leur situation dapatrides seraient la faute dIsraël et des implantations juives.
Accuser Israël et chercher à faire des histoires à propos de sa "croissance naturelle" permet sans doute de se faire bien voir de la "rue" arabe, mais cela ne fera quinciter les États arabes à adopter lattitude dAbbas : croiser les bras et attendre que lAmérique leur livre Israël sur un plateau. Ce qui rend la stratégie dObama non seulement abjecte, mais contre-productive.
Charles Krauthammer
© Jewish World Review
Mis en ligne le 7 juin 2009, par











