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Le négationnisme de Shlomo Sand, démonté par Eric Marty
Texte aimablement transmis par P.I. Lurçat, qui l'introduit en ces termes : "Je reproduis ici l'excellent article d'Eric Marty, publié dans 'Le Monde' hier soir, sous un titre anodin (qui provient sans doute de la rédaction du 'Monde', et qui ne fait pas justice au contenu de l'article). Les médias ont joué un role néfaste dans la diffusion du livre négationniste de ce Faurisson israélien qu'est Shlomo Sand. Je constate qu'Eric Marty fait, tout comme moi, le rapprochement entre la négation du Peuple juif par S. Sand et la négation de la Shoah [*]. (P.I. L.)
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29.03.2009

Libre opinion de l'auteur, publiée dans Le Monde du 28 mars 2009. Texte repris du Blog Vu de Jérusalem.

Voir P.I. Lurçat, Le négationnisme 'soft' d'un nouvel historien israélien.

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Eric Marty
 
Les mauvaises raisons d'un succès de librairie, par Eric Marty

out le monde se souvient de quelques énoncés qui, jadis, firent scandale : selon une rumeur venue d'Europe, les chambres à gaz n'avaient jamais existé, selon une autre, émanant du monde arabe, le Temple juif de Jérusalem était une invention des colons sionistes, malgré son attestation par le Coran décrivant Jésus y priant "debout".

Mais avec le siècle qui vient, et qui s'annonce comme redoutable, on aura compris que ces négations-là ne relevaient que du détail. Le livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé : de la Bible au sionisme (Fayard, 2008), règle la question de manière définitive. Le peuple juif n'existe pas : divine surprise !

Inutile de faire l'apprenti chimiste pour déclarer l'innocuité du Zyklon B, inutile de jouer à l'archéologue pour faire du Mur des lamentations une excroissance de la Mosquée Al-Aqsa, car si le peuple juif n'est qu'une invention du XIXe siècle sous le paradigme occidental de l'Etat-nation, alors la question est réglée. Certains pourront en conclure d'ailleurs qu'il est bien naturel qu'un peuple qui n'existe pas invente à l'infini des légendes pour attester sa pseudo-existence.

Ce n'est pas ici le lieu de dénoncer les confusions, et surtout le caractère naïvement massif de la thèse du livre de Shlomo Sand. Des spécialistes l'ont fait. Il s'agit de l'oeuvre d'un historien autodidacte dont les informations sont de seconde main, qui mêle les approximations à des choses connues, mais qui sont présentées sous l'angle biaisé de découvertes sulfureuses.

Sand présente le fait qu'il n'y a pas de race juive comme une découverte qui fait du peuple juif une invention historique. Mais ce faisant, il confond deux catégories étrangères l'une à l'autre, celle de "race" et celle de "peuple". La tradition d'Israël n'est pas une tradition raciale comme la Bible l'atteste (l'épouse non juive de Moïse, Séphora, Ruth, l'étrangère, ancêtre du roi David), tradition perpétuée par l'actuel Israël, comme tout visiteur peut le constater en admirant dans le peuple juif son extraordinaire pluralité : juifs noirs, jaunes, blancs, orientaux, blonds, bruns... La substitution race/peuple est révélée par le titre : Comment le peuple juif fut inventé... Or tout le livre consiste à vouloir prouver que les juifs actuels ne sont pas "génétiquement" les descendants des Hébreux.

On dira que le peuple juif n'a jamais cessé d'être "inventé" : par Abraham, par Jacob, par Moïse... Mais aussi par chaque juif. Car l'invention même du peuple juif, loin d'être une preuve de son inexistence, est une preuve radicale - irréfutable - de la singularité radicale de son existence propre. Existence fondée sur le principe abrahamique de son invention ou de sa vocation, puisque cette existence est réponse à un appel.

 CONCLUSION PERVERSE

 Peuple unique en ce qu'il est fondamentalement logocentrique - lié au langage, lié au nom - et textocentrique, lié à un texte : la Torah. Que la filiation soit constitutive du peuple juif ne peut apparaître comme un élément ontologique. Le principe de filiation n'est que la régulation civile de l'existence historique de ce peuple, des conditions de possibilité d'une perpétuation qui autorise son inscription dans le temps chronologique, dans le temps de l'histoire humaine. Voilà pourquoi il y a un peuple juif, voilà pourquoi il n'y a pas de "race juive", même s'il est patent que les Cohen et les Lévy du monde entier ont quelques liens incarnés. C'est ce qu'on peut appeler très simplement la facticité juive : le fait d'être juif.

Le livre de Sand manifeste là l'indigence de son "épistémologie". Sand est un "moderne". Il voudrait devenir le Michel Foucault du XXIe siècle. Il espère, en proclamant que le peuple juif est une "invention du XIXe siècle", reproduire, en le mimant, le Foucault de jadis affirmant que l'homme était "une invention récente". Mais, pour Foucault, il était fondamental, à l'intérieur du discours philosophique moderne même, de réfléchir méthodiquement à cette "invention" dans les savoirs - l'homme - et de la déconstruire.

Or c'est sur ce point que le livre de Sand se révèle vide. Car s'il dénie aux juifs une aspiration, qu'ils n'ont jamais eue comme peuple, à se constituer en race, il ne déconstruit pas la notion de race. Au contraire, il lui confère, à dessein ou non, un statut de vérité qui se donne comme vérité ultime. En effet, la conclusion, proprement perverse, de son livre est d'attribuer au peuple palestinien ce qui a été dénié aux juifs, à savoir qu'ils sont - eux, les Palestiniens - les vrais descendants génétiques des Hébreux originaires !

Cet épilogue est le révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l'inversion dont le peuple juif est la victime coutumière : les juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les juifs génétiques. On peut, dès lors, en déduire qui est l'occupant légitime du pays. En ne déconstruisant pas radicalement la notion d'héritage génétique, en en faisant, au contraire, bénéficier le peuple palestinien, Sand révèle tout l'impensé qui obscurément pourrit ce qu'il tient pour être une entreprise libératrice. Il montre que la méthode substitutive qu'il emploie est tout simplement mystificatrice, et ce d'autant plus qu'elle voudrait être au service de l'entente entre les ennemis.

Nier l'identité juive est une vieille marotte, aujourd'hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D'où vient ce vertige du négatif ? On l'aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand : d'un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l'errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s'éteindre, ne cesse de renaître avec, désormais, un nouvel alibi mythologique : les Palestiniens.


© Eric Marty *

* Eric Marty est écrivain et critique, professeur de littérature à l'université Paris-Diderot

 

Mis en ligne le 29 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

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Je crois utile d'ajouter ici ce qui suit :

NDLR - Il faut savoir que sur le site du Monde où cet article est paru les réactions d'une violence inouie contre lui se multiplient. Il est important que les voies des gens sensés s'y fassent aussi entendre.

Je citerai les paroles de Y.C ZARKA : dans le numéro de Cités 38 qui paraîtra fin mai, je publie une longue étude critique du livre de Shlomo Sand par un auteur universitaire israélien  S. Barthal qui déconstruit complètement le propos de S. Sand sous le tire de "L'invention d'une invention"

Ce qui est extraordinaire dans cet affaire c'est que le livre de Sand est un livre, j'ose le dire, raciste. Pour lui en effet s'il n'y a pas continuité biologique ou génétique qui sous-tende l'histoire du peuple juif, cette histoire devient purement fictive. C'est incroyable. Une pareille bêtise est stupéfiante. Ce qui l'est moins c'est qu'elle suscite l'adhésion de ceux qui veulent en finir avec le peuple juif. 
Je vous conseille de lire le très beau chapitre oublié (1912) du livre l'Esprit de l'Utopie du philosophe Ernst Bloch qui vient d'être publié aux éditions de l'Eclat. Ce chapitre s'intitule "Symbole : les Juifs", on peut y lire cette phrase "Car les Juifs ne sont toujours pas fatigués. ils ne s'arrêteront pas, ils sont comme des cellules du coeur qui ne relâcheront pas" (p. 141). Ce jugement de Bloch suffira pour réponse à ceux que mon ami Raphaël Draï appelle les juifs en phase terminale, dont évidemment Shlomo Sand fait partie.

 

Sand est un historien médiéviste médiocre qui ne réussissant pas dans son pays, cherche les honneurs dans le déni d’Israël à l’étranger.
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