Depuis plusieurs années maintenant, un argumentaire conspirationniste sest développé autour du reportage de Charles Enderlin (1), diffusé au JT de France 2 le 30 septembre 2000, qui relatait la fusillade du carrefour de Netzarim (Bande de Gaza) au cours de laquelle un jeune garçon palestinien, Mohammed Al-Dura, a été mortellement touché (2). Au-delà de la critique légitime des commentaires de Charles Enderlin, on assiste à une remise en cause de lauthenticité même des images de son cameraman, Talal Abu Rahmeh. Au récit, problématique, de l« assassinat, en direct, dun enfant sous les balles israéliennes », na pas tardé à répondre un contre-récit selon lequel « la mort de Mohammed Al-Dura est une mise en scène ». Or, ainsi que nous allons le voir, ces deux récits manquent, lun et lautre, de la rigueur élémentaire quexige la déontologie journalistique. Au moins trois thèses remettent en cause lauthenticité du reportage de France 2.
La première laisse entendre que, toute la scène nétant quun montage fait de fausses rafales de balles et de chiffon rouge simulant une tache de sang, Mohammed Al-Dura serait toujours vivant. Il aurait même été vu au marché à Gaza (3). Son père, Jamal Al-Dura, naurait, quant à lui, jamais été blessé au cours de la fusillade. Les cicatrices quil a exhibées par la suite devant les caméras auraient été causées par des blessures plus anciennes, à larme blanche, reçues lors dune rixe avec dautres Palestiniens plusieurs années auparavant, lorsquil était trafiquant de drogue. Lenfant dont le corps sans vie a été photographié à l'hôpital Shifa de Gaza et qui a été inhumé par la suite ne serait donc pas celui quon voit dans le reportage de France 2 et naurait aucun lien avec les Al-Dura.
La seconde thèse qui, au bout du compte, rejoint la première prétend que Mohammed Al-Dura est bien mort, mais quen revanche « lenfant de Netzarim », celui qui apparaît sur les images de France 2, nest pas Mohammed Al-Dura. Ici encore donc, Jamal Al-Dura aurait joué la comédie en compagnie dun enfant. Cette thèse a été clairement énoncée par Philippe Karsenty (4) lors du procès en diffamation qui la opposé à France 2 et à Charles Enderlin :
« Mohammed Al-Dura est mort le matin et, l'après midi, son père Jamal, sourire aux lèvres, a joué la scène de la mort d'un autre enfant » (5).
Elle se fonde sur les témoignages de deux médecins palestiniens de l'hôpital Shifa, à Gaza, qui auraient déclaré qu'on leur a apporté le cadavre du petit Mohammed avant 13 heures alors que les tirs nont débuté que vers 15 heures.
Selon la troisième thèse, enfin, lenfant est bien mort, mais il a été tué délibérément par les Palestiniens à des fins de propagande. La forme des impacts de balles observables sur le muret contre lequel Mohammed Al-Dura et son père étaient adossés ne laisserait aucun doute à ce sujet.
Récapitulons :
1) « Mohammed Al-Dura nest pas mort » ;
2) « dailleurs, ce nétait pas Mohammed Al-Dura » ;
3) « de toutes façons, ce sont les Palestiniens qui lont tué ».
Les trois thèses sexcluant mutuellement, on ne peut sempêcher de penser à la fameuse histoire freudienne du chaudron (6). Les partisans de ces thèses révèlent, par là même, leur véritable motivation. Non pas la recherche, scrupuleuse, de la vérité, mais la recherche, par tous les moyens, dune autre vérité dont on sait, depuis X-Files, quelle est « ailleurs ». Cette image, tragique, dun père et de son fils recroquevillés contre un muret ; cette image érigée en emblème à la fois du « martyre palestinien » et du « sadisme israélien » ; cette image déclinée sur tous les modes dans les manuels scolaires, sur des tee-shirts, des timbres-poste , placardée le long des routes en Cisjordanie et jusquau Mali (7) ; cette image réactualisant lantique accusation antijuive de « crime rituel » (8) ; cette image donnant lieu à toutes les manipulations sur les médias arabes (9) ; cette image achevant de faire des soldats israéliens des « tueurs denfants » (10) ; cette image incrustée dans la vidéo de lassassinat du journaliste juif américain Daniel Pearl ; cette image, gênante, fâcheuse, il fallait la discréditer. Il fallait briser licône Al-Dura, quitte à soutenir, simultanément, une chose et son contraire (11).
Ce discours conspirationniste, qui dénonce rien moins que « la plus grande imposture de lhistoire de laudiovisuel », a été formulé pour la première fois de manière systématique dans un documentaire (12) de 20 minutes produit par la
Certes, les soupçons de manipulation qui pèsent sur les images en provenance du Proche-Orient hélas pour de bonnes raisons (15) ont fait le lit de la théorie du complot sur la mort de Mohammed Al-Dura. Or, les autorités israéliennes auraient classé « secret défense » pour dix ans un rapport interne de Tsahal sur les événements de Netzarim du 30 septembre 2000. Gageons que si elles étaient en possession de preuves irréfutables de nature à disculper leurs soldats, elles les auraient diffusées. De plus, il est désormais établi que les ripostes de larmée israélienne se sont caractérisées, lors de la Seconde Intifada, par lutilisation massive de balles réelles : dans le premier mois (fin septembre-fin octobre 2000), 33 Palestiniens de moins de 18 ans ont perdu la vie (16). Plus dun par jour ! Pourquoi est-il si difficile de concevoir que Mohammed Al-Dura puisse être lun deux ?
Non, décidément, il faut que le jeune garçon ait été un acteur. A la rigueur, on veut bien consentir à ce quil soit mort, mais alors il faut quil ait été la victime de balles palestiniennes. Et comme on ne veut pas renoncer à la thèse selon laquelle toute la scène a été montée à des fins de propagande, il faut bien arriver à la conclusion, logique, que Mohammed Al-Dura a été tué délibérément par ses compatriotes à linsu ou avec la complicité de son père.
Cette thèse suppose, chez celui qui la soutient, une bien sombre image des Palestiniens. Laccusation de « tueur denfants », dont on affuble à satiété larmée israélienne, est retournée comme un gant, contre ses contempteurs. Retour à lenvoyeur : les vrais tueurs denfants, affirme le discours conspirationniste, ce sont les Palestiniens eux-mêmes. Le travail, salubre, consistant à dédiaboliser lEtat dIsraël passe ici par une diabolisation en retour de la figure du Palestinien. Le récit conspirationniste démythifie les Israéliens en remythifiant leurs ennemis.
Selon un procédé désormais éprouvé, ils nhésitent pas à inverser ce que les juristes appellent la « charge de la preuve ». Tout commence avec la critique du reportage de France 2 et des affirmations imprudentes de Charles Enderlin au soir du 30 septembre 2000 :
« Il est 15h, tout vient de basculer près de limplantation de Netzarim, dans la bande de Gaza. Les Palestiniens ont tiré à balles réelles, les Israéliens ripostent. Ambulances, journalistes et simples passants sont pris entre deux feux Ici Jamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs venus de la position israélienne. Mohammed a douze ans ; son père tente de le protéger. Il fait des signes, mais une nouvelle rafale. Mohammed est mort et son père gravement blessé ».
Il est exact que laffirmation « Mohammed est mort » est apposée sur les images de lenfant et de son père après quils ont été atteints par une rafale de balles qui causera la mort du jeune garçon mais avant que lenfant ne décède, au sens strict. De la même manière, le commentaire de Charles Enderlin (« Jamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs venus de la position israélienne ») laisse entendre, dune part, que les tirs étaient délibérés ce que rien ne permet daffirmer , dautre part, que la provenance « israélienne » des tirs est un fait établi ce qui nest pas le cas , au point que, le 7 octobre 2000, le médiateur de France 2, Jean-Claude Allanic, ira jusquà parler de l« assassinat dun enfant ». Deux mois plus tard, cependant, le 27 novembre 2000, le JT de France 2 fera état de la controverse existant sur lorigine des tirs (17). Bien sûr, le mal était déjà fait et les commentaires introductifs du présentateur, Claude Sérillon, ont pu donner limpression que France 2 cherchait à enfoncer le clou (18). Mais, cette première critique étant posée, on assiste à une série de glissements vers la thèse conspirationniste.
Daucuns vont sappliquer à insinuer le doute sur la véracité des images elles-mêmes. Bien que nayant jamais mis les pieds à Gaza, ils mettent en avant des éléments troublants tels que les déclarations de Talal Abu Rahmeh, ou les rushes de la vidéo, qui feraient apparaître, dans les minutes précédant la fusillade, des « scènes jouées » de guerre urbaine. Ils se focalisent sur des détails (un trépied de caméra, un bout de tissu rouge, etc.), des zones dombre (aucune balle naurait été récupérée, bien que Talal Abu Rahmeh prétende les avoir lui-même filmées (19)), des informations non recoupées (les soldats israéliens auraient tiré exclusivement au coup par coup ce jour-là), ou encore des rumeurs (Jamal Al-Dura serait un ancien trafiquant de drogue). Ils sétonnent quaucune autopsie du corps de lenfant nait été diligentée, ou encore que seul Talal Abu Rahmeh ait pu filmer lenfant et son père, alors que plusieurs autres cameramen étaient présents sur les lieux. Ils sinterrogent pesamment sur le fait quil nexiste aucune image filmée de lévacuation en ambulance de Mohammed Al-Dura ou de son arrivée à lhôpital. Ils se demandent pour quelle raison on entend Talal Abu Rahmeh crier, à deux reprises, « lenfant est mort ! » (en arabe : « Mat el waled ! »), alors même que le père et lenfant nont pas encore été touchés par les tirs (20).
Deuxième glissement : ils émettent des hypothèses invérifiables (lanalyse des angles de tirs disculperait larmée israélienne) et des affirmations péremptoires (les derniers mouvements de lenfant ne seraient pas naturels, ils ne seraient pas compatibles avec lagonie). Ils prennent à témoin les spectateurs que nous sommes sur la base dimages floues, nous invitant à constater, par nous-mêmes, quil ny a aucune trace de sang sur le tee-shirt du père ou sur les vêtements de lenfant. Ils suggèrent enfin que Charles Enderlin, à qui ils font le reproche davoir commenté des images dune fusillade à laquelle il na pas assisté, puisquil se trouvait alors à Ramallah, en Cisjordanie, a été victime dune manipulation de son cameraman (21).
Dernier glissement : les éléments troublants et les hypothèses invérifiables finissent par former un faisceau dindices érigés en « preuves » accablantes de la supercherie. Cest alors que le discours conspirationniste simpose. Ceux qui le défendent font valoir de nouvelles conclusions, qui contredisent la version qui nous a été présentée à lorigine : « non seulement les Israéliens nont pas tué Al-Dura... mais ce dernier nest pas mort ce 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim » (22). CQFD. Dès lors, les soupçons se font accusations et on commence à traîner Charles Enderlin dans la boue, qui en lui décernant un « Prix de la désinformation » (23), qui en le traitant d« ennemi de lintérieur » (24), de « faussaire récidiviste », de « fauteur de guerre », ou encore de « criminel de laudiovisuel » (sic) (25). Ainsi chauffés à blanc, quelques imbéciles sont allés jusquà le menacer de mort et à agresser son épouse.
Une autre des caractéristiques de la pensée du soupçon est que « rien narrive par hasard ». « Que faisaient le père et le fils à cette intersection ce jour-là, cachés derrière un baril de béton ? Pourquoi ne se sont-ils pas mis à labri ? », sinterroge-t-on. A ces questions, faussement naïves, on est tenté de répondre que comme tous les civils fauchés par des balles au milieu dune fusillade de rue, les Al-Dura passaient par là, tout bêtement. Et que, pétrifiés par la peur, ils ont choisi dattendre la fin de la fusillade. Mais pour le récit conspirationniste, laffaire est entendue : « lenfant et son père sont les acteurs dun film de propagande ; ils jouent la comédie ». Et de présenter, en guise de preuve indiscutable, les images des rushes de France 2 où lon peut discerner, en fonction de linterprétation que lon en fait, tantôt des mises en scène de « blessures imaginaires », tantôt de vraies blessures, accompagnées dun certain théâtralisme. La vérité, ici, est une question dinterprétation. Les uns voient des « scènes jouées » cest le cas de Denis Jeambar, Daniel Leconte (26) et de plusieurs de leurs confrères (27). Les autres comme léditorialiste israélien Larry Derfner, auteur dun des articles les plus impartiaux sur cette affaire (28) ne voient que « jets de pierre, tirs, fumée, feu, gaz lacrymogène ». Mais, à supposer que des Palestiniens se livraient à des saynètes de ce genre, cela prouverait-il pour autant que le passage de la fusillade est une mise en scène ? A cet égard, les arguments de Richard Landes (29) (les deux doigts passant devant lobjectif de Talal Abu Rahmeh seraient le signe dune « deuxième prise » [2]; les jeunes Palestiniens passant en courant devant les Al-Dura ne seraient que des figurants en train de « dégager le plateau » ; etc.) ne convainquent que les convaincus.
Reste le caractère confus, contradictoire (30) et, pour tout dire, très troublant (31) des déclarations de Talal Abu Rahmeh. A cet égard, formulons une hypothèse qui vaut ce quelle vaut mais qui en vaut bien dautres : ce jour-là, au carrefour de Netzarim, à Gaza, Talal Abu Rahmeh saisit les images de lagonie dun enfant sous une rafale de balles dont il ignore, en réalité, la provenance. Certain que les tirs viennent de la position israélienne, Talal Abu Rahmeh appelle Charles Enderlin pour lui raconter la scène à laquelle il vient dassister. Ce dernier, parce quil fait une confiance absolue à son cameraman avec lequel il travaille depuis plus de dix ans, mais aussi parce que ces images correspondent à la vision quil se fait de « la réalité de la situation » (32) que partage, dans un premier temps, larmée israélienne elle-même (33) , les commente en reprenant la description des événements, telle quelle lui a été faite, cest-à-dire en attribuant lorigine des tirs ayant touché le père et le fils, à la position israélienne, tout en indiquant que ce sont les Palestiniens qui ont déclenché la fusillade.
Plus tard, après que ces images aient fait le tour du monde (34), Talal Abu Rahmeh, devenu un héros de la cause palestinienne, aura exagéré les choses en déclarant notamment que les tirs israéliens avaient duré trois quarts dheure trois quarts dheure pendant lesquels le père et son fils nauraient pas cessé dêtre mitraillés ! , et que les soldats israéliens avaient abattu lenfant « intentionnellement et de sang froid ». Puis, témoignant devant la journaliste allemande Esther Schapira, Talal Abu Rahmeh aura été rattrapé par les incohérences de ses propres déclarations. Revenant à une version plus sobre, et sans doute plus fidèle à la réalité, il se rétractera deux ans plus tard, assurant navoir jamais dit que les tirs avaient été intentionnels.
Pour qui accepte de les prendre au sérieux et de les soumettre à lexamen, les thèses conspirationnistes soulèvent de nombreuses interrogations auxquelles aucune explication satisfaisante na encore été apportée :
1/ Comment le secret dun tel « bidonnage » aurait-il pu être gardé jusquà aujourdhui alors quil impliquerait un nombre aussi élevé de personnes : Talal Abu Rahmeh ; les cameramen dAssociated Press et de Reuters, présents sur les lieux de la fusillade ; la famille Al-Dura ; des dizaines de jeunes palestiniens devant la position israélienne de Netzarim ; les médecins palestiniens qui ont prononcé le décès du jeune garçon à lhôpital Shifa de Gaza ; les chirurgiens qui ont opéré le père, Jamal Al-Dura (35) ; les infirmières et autres membres de léquipe médicale de lhôpital militaire dAmman, où Jamal Al-Dura a séjourné pendant quatre mois, etc.
2/ A supposer que Mohammed Al-Dura soit encore en vie, qui est lenfant qui a été enterré à sa place ? Et pourquoi Jamal Al-Dura, son père, se risquerait-il aujourdhui à accepter que la dépouille de son fils soit exhumée, dans le cadre dune nouvelle enquête, pour procéder à des tests ADN ?
3/ Si, au contraire, ce nest pas Mohammed Al-Dura qui apparaît dans le reportage de Charles Enderlin, qui donc est cet enfant qui se serait retrouvé, ce jour-là, derrière un baril de béton, aux côtés de Jamal Al-Dura ?
4/ Si lenfant a été abattu par des activistes palestiniens afin den faire un martyr, pourquoi auraient-ils laissé le père en vie ? Surtout, comment Jamal Al-Dura aurait-il pu laisser tuer son propre fils ? Et puisque lenfant a bien été victime dune rafale de balles ce jour-là, pourquoi aurait-on eu besoin dun chiffon rouge pour simuler une tache de sang ? De la même manière, puisquil simulait si bien lagonie (lenfant aurait lancé un regard de « connivence » en direction du cameraman), pourquoi laurait-on éliminé ?
5/ Si Talal Abu Rahmeh est un bon faussaire, pourquoi na-t-il pas tout simplement envoyé à Charles Enderlin de fausses images expurgées des fameux rushes qui sont si sujets à controverse ? Si, au contraire, cest un piètre metteur en scène au point de passer ses deux doigts devant lobjectif afin dindiquer quil entame une « deuxième prise » , comment se fait-il quil ny ait aucune trace de montage sur sa cassette vidéo (selon les conclusions dexperts indépendants qui ont authentifié la cassette pour le compte de France 2) ?
6/ Comment des Palestiniens, qui nauraient rien eu dautre à leur disposition quun bout de tissu rouge pour simuler une tache de sang, seraient-ils parvenus à falsifier le dossier médical du père, en y incluant notamment de fausses radios montrant sa blessure au bassin (36) ?
7/ Si Jamal Al-Dura joue si mal la comédie (certains prétendent quon le voit sourire pendant la fusillade et que les signes quil fait en direction de la caméra de Talal Abu Rahmeh signifient quil demande des instructions), comment a-t-il pu si bien simuler ses blessures devant lambassadeur de Jordanie en Israël qui la accompagné en ambulance depuis Gaza à Amman pour quil soit soigné dans un hôpital militaire , le roi Abdallah de Jordanie qui est venu lui rendre visite à lhôpital , et les journalistes israéliens Tom Segev et Semadar Peri qui lui ont également rendu visite à lépoque ?
La vieille question de Cicéron, « à qui profite le crime ? », ajoutée aux déclarations de Talal Abu Rahmeh dont on a appris quil était aussi un militant (37) et à l'impossibilité de reconstituer la scène du drame (aucune balle n'a été récupérée et le site originel a été rasé par larmée israélienne une semaine après la fusillade) ont instillé le doute. De sorte que discuter de laffaire Al-Dura revient à avancer en terrain miné. Il semble aujourdhui impossible de critiquer les thèses conspirationnistes sans être rangé parmi ceux qui attribuent lorigine des tirs à « la position israélienne » (38). Compte tenu de lincroyable virulence des attaques menées contre Charles Enderlin, il semble tout aussi impossible de critiquer le fond ou la forme de son reportage sans passer pour un extrémiste, partisan de la théorie du complot, un « conspira-sioniste » (39). Une situation dautant plus regrettable quil est permis de douter de la crédibilité dun des principaux soutiens dEnderlin, lavocat Guillaume Weill-Raynal, celui-ci ayant consacré une partie dun de ses livres (40) à examiner très sérieusement lhypothèse que Thierry Meyssan (41) puisse être un agent à la solde des néo-conservateurs américains !
Ajoutons quaucun des pourfendeurs de la théorie du complot ne sest à ce jour attristé de ce que Jamal Al-Dura colporte lui-même une autre thèse conspirationniste selon laquelle les Israéliens tuent délibérément les enfants palestiniens afin danéantir son peuple (42).
A lheure actuelle, il demeure impossible de savoir doù provenaient les balles qui ont causé la mort de Mohammed Al-Dura. Sur ce point, les uns et les autres, en fonction de leurs sensibilités, continueront de croire ce qui les arrange. Il est malheureusement vain dessayer de leur en faire démordre.
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Talal Abu Rahmeh a la conviction que les tirs provenaient de lavant-poste israélien.
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A linstar des journalistes Esther Schapira, Denis Jeambar et Daniel Leconte, qui rejettent tous lidée dune mise en scène, Larry Derfner pense, de son côté, « que ce sont probablement des tireurs palestiniens, et non israéliens comme on la cru au départ, qui ont tué Mohammed Al-Dura et blessé son père Jamal » (43).
En ce domaine, lagnosticisme semble être la voie de la sagesse. Car il en va de laffaire Al-Dura comme de lassassinat de JFK : on a le sentiment quon ne connaîtra jamais le fin mot de lhistoire. Ainsi que lécrit Meïr Waintrater, directeur de la rédaction de LArche, « les éléments qui ont été diffusés [
] ne permettent pas de porter un jugement définitif sur la matérialité des faits » (44). Cest dailleurs lavis dArlette Chabot, directrice de linformation de France 2.
Le 18 septembre dernier, Patrick de Carolis, PDG de France Télévision, a accepté la création d'une commission d'enquête indépendante sur l'affaire Al-Dura présidée par Patrick Gaubert, président de la LICRA. Charles Enderlin est favorable à cette initiative
Rudy Reichstadt *
© Le meilleur des mondes
* Diplômé de lIEP dAix-en-Provence (2004), administrateur de conspiracywatch.info, observatoire du conspirationnisme et des théories du complot [14].
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Notes de lauteur
(1) Charles Enderlin est le correspondant permanent de France 2 en Israël. Il dirige les bureaux de France 2 à Jérusalem depuis 1991 et y vit depuis la fin des années soixante. Il a la double nationalité franco-israélienne.
(2) Voir le reportage sur le blog de Charles Enderlin.
(3) « Les gens ont pris l'habitude de l'appeler Moham[m]ed Al-Dura car ils pensaient qu'il lui ressemblait, mais il s'agit en fait du vrai Moha[m]med Al-Dura » selon Nahum Shahaf, qui a été chargé de la reconstitution des faits pour le compte dune enquête menée sous lautorité du général israélien Yom Tov Samia (source : Guysen).
(4) Directeur de Media-Ratings, une « agence de notation des médias », Philippe Karsenty a mis en ligne, le 22 novembre 2004, un article intitulé "France 2 Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions", dans lequel il accusait France 2 davoir diffusé un « faux reportage » mettant en scène « la fausse mort de Mohamed Al-Dura ». Après avoir été condamné en première instance, il a été relaxé par la Cour dappel de Paris le 21 mai 2008.
(5) Rapporté sur son blog par Charles Enderlin.
(6) « Je ne tai jamais emprunté ton chaudron ; dailleurs, je te lai rendu en bon état ; et puis, de toutes façons, il était déjà troué ».
(7) Il existe à Bamako, la capitale du Mali, une « Place de lenfant martyr de Palestine » sur laquelle est reproduite, en grand format, limage du père et de son fils sabritant derrière un baril de béton.
(8) Voir, à ce sujet, larticle de Pierre-André Taguieff, " Imposture médiatique et propagande « antisioniste » : une adaptation contemporaine de la légende du « crime rituel juif » ".
(9) Les images du père et de son fils ont été présentées avec, intercalées, celles dun soldat israélien en train de les viser et de tirer afin de supprimer toute incertitude chez le spectateur sur lorigine des tirs.
(10) Bruno Guigue, un sous-préfet en exercice, remercié depuis, relayait encore récemment ce mythe en parlant dIsraël comme du « seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles » [3].
(11) A titre dexemple, souscrivant successivement à la première et à la deuxième thèse, la Mena affirme que « de sérieux doutes pèsent sur la filiation réelle entre Jamal et lenfant de Netzarim ainsi que sur lidentité de celui qui a été inhumé comme étant Mohammed Al-Dura ».
(12) « A-Dura, lenquête », (20 minutes, novembre 2002). Production :
(13) Il sagit dune agence de presse israélienne francophone qui sest donné pour but de « rééquilibrer », au profit dIsraël, la couverture médiatique qui est faite du conflit du Proche-Orient.
(14) « Dans les mois qui ont suivi cet assassinat, des théories délirantes visant à minimiser la responsabilité de l'extrême droite religieuse ont été imaginées. Certains ont ainsi expliqué que le Shin Beth (service de sécurité intérieure), en accord avec Yitzhak Rabin, aurait secrètement chargé le revolver de Yigal Amir avec des balles à blanc. Cette mise en scène devait discréditer la droite israélienne et renforcer le camp de la paix. Mais, à la dernière minute, des balles réelles auraient été replacées dans l'arme. Toutes ces thèses farfelues ont été écartées par la commission d'enquête présidée par le Président de la Cour suprême, Meïr Shamgar » (cf. Nicolas Zomersztajn, "Affaire Al-Dura : la pseudo enquête dune imposture", sur le site du Centre communautaire laïc juif de Belgique.
(15) Cf. la « Une » de Libération du 30 septembre 2000, où lon voyait un policier israélien en train de hurler et brandissant de manière menaçante une matraque devant un jeune homme ensanglanté présenté comme un Palestinien. Titre : « Jérusalem, la provocation ». Légende : « Vendredi sur lesplanade des Mosquées, un soldat israélien et un manifestant palestinien blessé ». Il savérera que le jeune homme en question était un étudiant juif américain du nom de Tuvia Grossman pris à partie et poignardé par des Palestiniens et que le policier israélien était en réalité en train de le défendre. Autre information erronée : la scène ne se déroulait pas sur lesplanade des Mosquées. [4].
(16) Cf. les chiffres de lONG BTselem (Centre israélien dinformation pour les droits de lhomme dans les Territoires occupés) cités dans Charles Enderlin, « Non à la censure à la source », Le Figaro, 27 janvier 2005. [5].
(17) Voir le reportage sur le blog de Charles Enderlin.
(18) Claude Sérillon introduisait le reportage sur lenquête militaire israélienne dans les termes suivants : « "Plausible", cest le qualificatif utilisé par larmée israélienne pour désigner comme responsables de la mort du petit Mohammed, 12 ans, des tirs palestiniens. "Plausible", cela veut dire "qui semble être admis". Mais ce rapport est évidemment très controversé, on se souvient que les responsables militaires israéliens avaient dans un premier temps indiqué comme "probable" lhypothèse selon laquelle lenfant avait été tué par des balles israéliennes ».
(19) Interviewé par Esther Schapira, il indique que la police palestinienne a récupéré les balles et quil les a lui-même filmées [6].
(20) Lexplication a été apportée par Charles Enderlin devant la 11ème chambre de la Cour dappel de Paris le 14 novembre 2007 : « [Mohammed Al-Dura] était en danger. En arabe, on dit que lenfant est mort quand on sait quil va mourir ».
(21) Il est fréquent que les médias occidentaux y compris israéliens travaillent avec des cameramen dorigine palestinienne, seuls à pouvoir opérer dans les Territoires palestiniens lors des moments de tension notamment.
(22) La phrase est tirée dune critique dithyrambique du livre de Gérard Huber, lauteur de Contre-enquête dune mise en scène (éditions Raphaël, 2003) parue sur le site Primo-Europe. Gérard Huber est psychanalyste. A lépoque de la diffusion du reportage de Charles Enderlin sur France 2, il était correspondant bénévole à Paris pour la Mena.
(23) Le 2 octobre 2002, un « Collectif contre la désinformation » (composé notamment de lAssociation pour le bien-être des soldats israéliens et de la Ligue de défense juive) a organisé une manifestation devant les locaux de France Télévision pour remettre symboliquement un « prix de la désinformation » à France 2 et à Charles Enderlin [7]. Jusque-là, ce « prix de la désinformation » était appelé « prix Goebbels de la désinformation » [8]. Selon les organisateurs, il était « attribué à un journaliste ou un support de presse dont le travail de désinformation est dans la digne suite de celui de Joseph Goebbels ». (http://moise.sefarad.org/belsef.php/id/863/ [LIEN INACTIF, Note d'upjf.org.]
(24) « Il est temps que les choses soient rectifiées et que nous nayons pas des ennemis de lintérieur qui nous abattent ». La citation est de Philippe Karsenty. Elle est tirée du documentaire de Stéphane Malterre, « Rumeurs, intox : les nouvelles guerres de l'info », diffusé sur Canal + le 24 avril 2008.
(25) On trouvera un florilège des messages haineux adressés à Charles Enderlin dans une rubrique quil leur a consacrée sur son blog.
(26) « [
] le visionnage permet de relever, avec lapprobation de nos confrères de France 2 présents autour de la table que, dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène. Ils « jouent » à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires » in « Guet-apens dans la guerre des images », Le Figaro, 25 janvier 2005 [9].
(27) Mis devant les images des rushes, Didier Epelbaum (France 2) aurait dit à Denis Jeambar, Daniel Leconte et Luc Rosenzweig : « mais, vous savez, cest toujours comme ça ». Daniel Leconte a confirmé, sur RCJ, le 1er février 2005 [10]: « les gens de France 2 qui étaient autour de la table avec nous ont reconnu ça sans aucun problème ».
(28) Get real about Muhammad al-Dura, Jerusalem Post, 18 juin 2008 ; traduction française de Gérard Eizenberg (La Paix Maintenant) sous le titre "Affaire Mohammed al-Dura - Enderlin : Un peu de bon sens SVP".
(29) Richard Landes est un professeur américain dhistoire médiévale à lUniversité de Boston. Il est lauteur du néologisme « Pallywood » quil définit comme « lindustrie audiovisuelle de propagande palestinienne ». Il a réalisé le film « Al Durah, the birth of an icon » [« Al-Dura, la naissance dune icône »].
(30) Dans sa déposition sous serment au Centre Palestinien pour les Droits de lHomme (PCHR) le 3 octobre 2000, Talal Abu Rahmeh déclare que lenfant a été tué « intentionnellement et de sang froid » par les soldats israéliens. Dans le reportage diffusé au JT de 20h00 de France 2 le lendemain, il déclare : « Je suis sûr que les tirs venaient du côté israélien » [11]. Puis, interrogé par Esther Schapira (dans "Three Bullets and a Dead Child : Who Shot Mohammed al-Dura ?" [« Trois balles et un enfant mort : Qui a tué Mohammed Al-Dura ? »], diffusé sur la chaîne allemande ARD courant mars 2002), il répond quil na jamais dit que les tirs étaient venus de la position israélienne. Enfin, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem le 30 septembre 2002, il soutient : « Je n'ai jamais dit à l'Organisation palestinienne des droits de l'homme que les Israéliens avaient tué intentionnellement ou en connaissance de cause Mohamed Al-Dura et blessé son père » [12].
(31) Interviewé en anglais par Esther Schapira, il explique, confus, que les journalistes ont, pour des raisons de sécurité, « certains secrets », et quils ne peuvent pas « tout donner » (« We have some secrets you know, for our safe. We cannot give anything
everything »).
(32) « pour moi, limage correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie » in Charles Enderlin, « Non à la censure à la source », Le Figaro, 27 janvier 2005.
(33) Sur le moment, le porte-parole de Tsahal, Olivier Rafowicz, nécarte pas la responsabilité israélienne, se bornant à rappeler que les Palestiniens avaient commencé à ouvrir le feu : « Cest vrai, lorsque je traitais linformation, à une certaine époque, nous étions tellement habitués à traiter des milliers dimages et de faits la plupart défavorables à Israël que nous nosions douter de leur authenticité. Il y avait un conflit pour le monde, il y avait les bons et les méchants. Nous étions les méchants, en tout cas perçus comme tels, ce qui expliquait notre politique de communication défensive et de justification de nos actes » in « Faire enfin la lumière sur lAffaire Al-Dura », Infolive.tv, 25 juin 2008. En outre, quelques jours après la fusillade, le général israélien Giora Eiland concédait que, dans des conditions de visibilité restreinte, il était « plausible » que les tirs soient venus de la position israélienne.
(34) « Les images de France 2 sont projetées en boucle sur les télévisions arabes. Gratuitement, puisque l'accord de la chaîne a été obtenu pour que la rediffusion du film ne s'accompagne d'aucune rémunération. Ne serait-il pas indigne de chercher à gagner de l'argent avec un tel drame ? », in Jacques Bertoin (avec Farid Alilat), « Lhorreur manipulée ? », Jeune-Afrique, 23 janvier 2005.
(35) Voir les images tournées à l'hopital Shifa, le 1er octobre 2000 par Talal Abou Rahmeh. On y voit un médecin palestinien décrire les blessures subies la veille à Netzarim par Jamal Al-Dura.
(36) Le dossier médical jordanien de Jamal Al-Dura a été soumis au Professeur Raphaël Walden, de lhôpital Tel Hashomer, spécialiste de la chirurgie vasculaire, ancien officier supérieur de réserve et médecin personnel de lactuel Président de lEtat dIsraël, Shimon Pérès. Son rapport, qui se base sur le dossier médical de lhospitalisation du 1er octobre 2000 de Jamal Al- Dura est consultable ici.
(37) En 2001, alors quil recevait un prix, au Maroc, pour ses images des Al-Dura, Talal Abu Rahmeh a déclaré : « Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple ». Il serait par ailleurs un militant du Fatah. Dans le cadre de son activité professionnelle, il a été interpellé à deux reprises par la police palestinienne (lAutorité palestinienne ne voulant pas quil tourne tel ou tel sujet) puis relâché à la suite des protestations du Bureau de France 2 à Jérusalem.
(38) Cest le cas des signataires de la pétition « Pour Charles Enderlin », parue dans Le Nouvel Observateur, le 27 mai 2008. Au mépris de toutes les précautions qui devraient désormais simposer en la matière, le texte parle en effet de « la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position israélienne ». Le 4 juillet 2008, Mehdi Benchelah persistait à parler, sur Radio France Internationale, de l« assassinat » de Mohammed Al-Dura.
(39) Selon lexpression employée par Alain Finkielkraut sur RCJ le 5 juin 2008 [13].
(40) Les Nouveaux Désinformateurs, éditions Armand Colin, 2007.
(41) Thierry Meyssan dirige le Réseau Voltaire. Il est à lorigine de la théorie conspirationniste selon laquelle aucun avion ne se serait écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2001. Selon lui, les attentats ont été commandités non par Al-Qaïda mais par le gouvernement des Etats-Unis lui-même afin davoir un prétexte pour intervenir militairement en Afghanistan et en Irak.
(42) « The Israelis intend to kill children less than 16 years of age. So they won't grow up and build families. That is how they will annihilate the Palestinian people » [tr. : « Les Israéliens ont pour intention de tuer les enfants de moins de 16 ans. Ainsi, ils ne pourront pas grandir et fonder des familles. Cest ainsi quils anéantiront le peuple palestinien »]. Déclaration de Jamal Al-Dura dans une interview donnée sur un forum de discussion sur Arabia.com, le 30 octobre 2000.
(43) Get real about Muhammad al-Dura, Jerusalem Post, 18 juin 2008 ; traduction française de Gérard Eizenberg (La Paix Maintenant) sous le titre "Affaire Mohammed al-Dura - Enderlin : Un peu de bon sens SVP".
(44) LArche, n° 598, mars 2008, pp. 34-35.
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Notes de Menahem Macina
[1] Voir, à ce sujet, larticle de la journaliste Anat Cygielman, "Lenquête sur laffaire Al-Dura ne convainc pas la presse".
[2] En fait, la théorie est de Nahum Shahaf, et Stéphane Juffa l'a reprise à son compte et répandue. Voir ses propos, illustrés de prises d'image, dans le reportage de Mabat, que j'ai pris la peine de traduire, mais qui n'est pratiquement jamais cité, voir : " « Al-Dura : spin ou symbole ? ». Reportage exclusif de la TV israélienne ".
[3] Voir "Un sous-préfet diffame Israël".
[4] A ce propos, voir : "Les images disent-elles toujours la vérité ? Récit de Tuvia Grossman".
[5] J'ai reproduit le texte de cet article sur debriefing.
[6] Il sera utile de se reporter au film de Mme Shapira et à la transcription de son script : " « Trois balles et un enfant mort »: La vidéo du documentaire dEsther Schapira "; "Transcription intégrale des textes du film dE. Shapira : «3 balles et un enfant mort»".
[7] Voir: V. Chemla, "Une manifestation calme... Prix de la désinformation".
[8] Etant à l'époque, l'un des acteurs de cette manifestation, je puis attester qu'il n'a jamais été question de lier ce prix ironique à la personne odieuse de Goëbbels, même si des pressions ont été exercées en ce sens par certains, au premier stade du projet. Voir "Al-Dura/Fr2: Cétait sans Goebbels, menteurs !".
[9] J'ai retrouvé et diffusé ce texte sur mon site debriefing.
[10] J'ai mis en ligne sur mon site personnel cette interview, sous le titre "Al-Dura/Fr2 Interview D. Jeambar- D. Leconte (RCJ)".
[11] J'ai mis en ligne sur debriefing.org la traduction française qu'a faite le cinéaste Pierre Rehov, de cette déclaration.
[12] J'ai indiqué, en note [6], ci-dessus, les liens aux documents contenant, entre autres, les rétractations de Talal Abu Rahmeh.
[13] Voir, sur debriefing.org : "A. Finkielkraut reconnaît avoir eu du mal à admettre la justesse de la critique envers Enderlin".
[14] Voir, dans les commentaires qui figurent sur ce site, l'échange musclé entre Ph. Karsenty et Rudy Reichstadt.
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[Ma reconnaissance va à Giora Hod (Israël) qui ma, aimablement et opportunément, signalé cet article, que je navais pas repéré.]
Mis en ligne le 12 octobre 2008, par











