Dans un précédent article, en date du 8 septembre, intitulé "Controverse entre V. Perez et Ch. Enderlin, concernant les blessures de Jamal al-Dura", javais procédé à des analyses et émis des appréciations qui, bien quelles fussent parfaitement légitimes et entrent dans le cadre de ma fonction, mavaient valu lire de M. Perez. Cest dailleurs à la lumière de ce conflit larvé (qui dure depuis 2005), quil faut lire les récents échanges houleux entre lui et moi (voir : "[Al-DuraEnderlinFrance 2] "Les zigzags de Charles Enderlin", V. Perez (Article modifié)".
Du coup, jai cru bon de ne pas ajouter à sa frustration en passant sous silence une autre de ses plaintes. En effet, dans un mail quil madressait le 12 septembre (et auquel javais dabord estimé quil nétait pas nécessaire de réagir), M. Perez trouvait « dommage que [je] ne reproduise pas également le sous-entendu de "racisme" envers le médecin palestinien », quil croyait lire dans un commentaire de Charles Enderlin.
Pour clarifier les choses, voici, verbatim et sans corrections typographiques, le commentaire en question, tel quil figure sur le blog du correspondant de France 2 à Jérusalem :
2. Le jeudi 11 septembre 2008 à 13:45, par Charles Enderlin
« Il faut le faire! Le chirurgien qui a opéré Jamal a Dura à l'hopital Shifa le 30 septembre 2000 est moins crédible que le chirurgien israélien qui l'a opéré en 1993! Mais, pour monsieur Perez, c'est un palestinien donc... Ce qu'il dit est sujet à caution... Bien entendu, les chirurgiens qui l'ont opéré et soigné à l'hopital militaire d'Amman à plusieurs reprises en octobre 2000 sont des menteurs de meme que les journalistes israéliens qui sont allés lui rendre visite ou le roi Abdallah .. Il faut souligner que le médecin israélien en question n'a jamais contacté Jamal a Dura pour lui demander l'autorisation de lever le secret médical et publier son dossier. Il n'a jamais contacté France 2 pour avoir accès à toutes les images tournées le 1 octobre à l'hopital Shifa. Visiblement, pour lui le secret médical n'existe pas lorsqu'il s'agit d'un palestinien. »
Jai mis en rouge le membre de phrase que M. Perez considère comme « un sous-entendu de mon racisme envers le médecin palestinien
», comme il me lécrivait dans le mail évoqué plus haut.
Quiconque a une maîtrise suffisante de la prose française ne sétonnera pas que je ne voie aucune allusion au racisme présumé de V. Perez, dans cette phrase de Ch. Enderlin. Ce que le journaliste exprime, cest tout bonnement son agacement devant le fait quon discrédite le rapport dun praticien, au seul motif quil est Palestinien, et donc
forcément partial par solidarité.
A ce compte, si ce médecin avait dit que deux et deux font quatre, il eût fallu mettre en doute ses compétences arithmétiques en raison du fait quil est Palestinien. Honnêtement, si quelquun prête le flanc au soupçon de racisme (ce que Ch. Enderlin ne dit pas !), cest celui qui excipe de la nationalité du médecin de lhôpital Shifa, pour insinuer que son rapport médical est sujet à caution en raison du soupçon que sa teneur est tributaire de lidéologie pro-palestinienne, qui doit "forcément" être la sienne.
Pourtant, largument de Ch. Enderlin na rien de scandaleux, et encore moins de raciste. Il ne fait que stigmatiser les soupçons réciproques trop souvent émis à lencontre des propos de journalistes, et à fortiori de ceux dhommes dEtat ou de chefs de partis, selon le camp politique et/ou de lidéologie, réels ou supposés, de leurs auteurs. Il suffit dêtre étiqueté "conservateur", aux Etats-Unis, "de droite", ou "libéral", en Europe, pour être diabolisé par un contradicteur de gauche, lui-même étiqueté "démocrate", aux Etats-Unis, "de gauche", ou "socialiste" (voir marxiste), en Europe. Cette polarisation idéologique des opinions nous vaut des guerres de mots et des lynchages médiatiques, au cours desquels, outre les insultes et noms doiseaux habituels, fusent des épithètes, où le fanatisme le dispute à la grossièreté, telles que "gauchistes", "fachos", "cocos", "capitalistes", "racistes", "esclavagistes"
jen passe et des meilleures
Dans ce contexte passionnel, il va de soi que la vérité se sent nue et vulnérable et quelle encourt de sérieux risques dagression si elle ose sexposer sur la place publique.
Cest pourquoi je confesse quil ma fallu une bonne dose de courage (ou dinconscience ?) pour soumettre au discernement des internautes, ce que jai appelé les "Pièces à verser au dossier du futur groupe de travail dexperts indépendants". Il contient, entre autres, un rapport du professeur (israélien) Raphaël Walden, qui établit, sans contestation possible, que les blessures de Jamal al-Dura sont authentiques et graves.
Pour linstant, personne na encore osé révoquer "publiquement" en doute son témoignage. Il faut dire qu'il émane d'un spécialiste de chirurgie vasculaire. Jai traduit sa lettre dans larticle précité (Annexe 2 bis).
Silence donc, en public, mais en privé, il en va tout autrement. Cest que R. Walden a lénorme "inconvénient" de faire partie du comité directeur de lONG "Physicians for Human Rights" (Médecins pour les droits de lHomme).
« Pourquoi navez-vous pas mentionné son engagement pro-palestinien ? », ma écrit un internaute. Et il est revenu à la charge, à plusieurs reprises, affirmant, entre autres, qu'il "peut contester en toute objectivité que montrer des radios en affirmant qu'elles correspondent aux blessures de Jamal al-Dura ne prouve strictement rien, encore moins si ce reportage est tourné par Talal abu Rahma...".
Tout dabord, je précise que l'ONG dont est membre le Prof. Walden est israélo-palestinienne. Je sais que Be-tselem l'est également et quelle fait preuve dun parti pris anti-israélien parfois scandaleux. Je sais aussi que les membres de ces ONG ont un préjugé favorable à légard de ceux quils considèrent comme les « victimes », en raison du fait quils sont les plus faibles, et quils ont tendance à diaboliser les Israéliens, quils considèrent comme les « agresseurs », en raison du fait quils sont les plus forts. Cest là une attitude compassionnelle (aux racines chrétiennes évidentes, quoique ces gens sen défendent !), qui incline ceux qui laffichent à faire bon marché de la vérité des faits - antichambre du mensonge caractérisé, auquel certains militants ont, hélas, recours, à une dose au moins égale à celle des militants palestiniens les plus radicaux.
Pour toutes ces raisons, jestime que jeter - explicitement, ou de manière allusive le doute sur lauthenticité dun rapport dexpertise médicale, parce quil émane dun médecin qui milite pour les droits de lhomme, cest une attitude qui va bien au delà du procès dopinion - procédé déjà suffisamment indigne. A mon sens c'est un "blood libel".
Cest pourquoi également, je reviens sur mon refus antérieur cinglant, opposé à linternaute auquel jai fait allusion plus haut, de faire état de lappartenance du professeur Walden à lONG israélo-palestinienne, "Physicians for Human Rights".
Nous verrons bien si quelquun ose dire tout haut ce qui se murmure tout bas dans les "chaumières virtuelles". Non parce quil est interdit dexprimer un doute ou une opinion, mais pour avertir quiconque osera le faire, en ce cas d'espèce, quil aura intérêt à produire des preuves indiscutables du bien-fondé de ses affirmations, ou insinuations.
Il y va de notre éthique juive.
Menahem Macina
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Mis en ligne le 26 septembre 2008, par











