27/06/08
Le "réfugié politique" devenu Français par la grâce de la nationalité de sa femme, et ancien président du parlement israélien, ne sait décidément plus quoi faire pour prouver quil existe encore. Après avoir écrit un livre où il somme les Juifs de « Vaincre Hitler » (façon moderne de dénoncer la mémoire de ce peuple), et avoir signé la pétition de la honte intitulée « Pour Charles Enderlin » (autre façon de dénoncer toute exigence de justice et de vérité pour Israël), le voilà qui se permet de faire aux Israéliens une proposition sur leur avenir, lors dun colloque auquel il participait dans la ville arabe de Baqa El Garbia. Selon ses dires, la formule « deux Etats pour deux peuples » nest plus du tout dactualité, et seule une « fédération israélo-palestinienne » qui comprendrait « les deux entités nationales » serait encore de mise, car « il ny a pas assez de place pour deux pays distincts » (sic ! devinez lequel doit disparaître, suite à cette proposition ?).
Après sêtre "réfugié" en France et sêtre retrouvé en compagnie dautres tristes alter-Juifs, comme Rony Baumann, Eyal Sivan, Esther Benbassa et Théo Klein, le voici qui réclame subrepticement pour les sionistes le même sort dapatride quil a librement choisi. Car tout autre choix quun Etat juif pour le peuple juif équivaudrait à un retour à un avenir semblable au triste passé.
Quon en juge ! Pour la réalisation de cette fédération, Burg propose que lEtat hébreu renonce « à sa souveraineté sur le mont du Temple », et les Palestiniens, à « la mise en pratique du droit au retour des réfugiés ». Comme si les deux demandes séquivalaient ! Lune exigeant un renoncement de ce qui fut le ciment de tout un peuple à travers les millénaires, lautre, à une revendication que même le droit international ne reconnaît pas explicitement.
Mais admettons ! La fédération israélo-palestinienne, dénommée - pourquoi pas ? - Isratine créée, que deviennent les demandes des Juifs (en danger ou non) de diaspora pour une immigration dans cette fédération ? Qui peut réellement croire que la loi de retour sera encore en vigueur alors ? Sauf, évidemment, à reconnaître un même droit aux millions de "réfugiés palestiniens" non seulement en "Palestine", mais au cur même de ce qui est actuellement lEtat dIsraël. Il sera alors aisé de comprendre que, sous le nombre de musulmans et des bulletins de vote, Isratine se transformera lentement mais sûrement en "Palestine", et les Juifs israéliens, en apatrides, ou en dhimmis, rejoignant en cela le sort de leurs frères juifs de diaspora qui ne pourront plus compter sur Israël pour les défendre en cas de nécessité.
Bref ! Si lon voulait encore une preuve de la haine de soi des alter-Juifs, la proposition dAvraham Burg en est lexpression par excellence.
© Victor Perez
Mis en ligne le 27 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











