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Texte original : "We did not abandon
Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org
Au fil des développements concernant laffaire France 2 - Al-Dura, durant les dernières semaines, beaucoup ont émis de sévères critiques à lencontre de ce qui est perçu comme le silence de ladministration gouvernementale israélienne sur la question. Cette impression, qui nest pas totalement infondée, est néanmoins inexacte.
Certes, durant les sept années écoulées depuis la première diffusion de la scène montrant un père palestinien et son fils pris dans un échange de tirs - dans laquelle il a été affirmé quIsraël avait délibérément abattu le jeune garçon , des fonctionnaires israéliens responsables de la diplomatie publique ont omis de se concerter pour arrêter une position officielle. En conséquence, la conviction de certains responsables officiels que toute référence à ces images emblématiques ne servirait qu'à perpétuer les dommages déjà causés à la réputation dIsraël à l'étranger, est devenue la position officieuse.
Si lon peut discuter du bien-fondé de cette attitude, dautres membres du gouvernement, qui avaient exprimé leur hostilité ouverte à légard de ceux qui mettaient en cause la crédibilité du reportage de France 2, lavaient fait pour des raisons personnelles et politiques.
Cependant, jamais aucune de ces personnalités gouvernementales navait réellement examiné la quantité colossale de preuves qui contredisaient les affirmations émises dans le reportage initial de France 2. Ces responsables politiques israéliens manquaient aussi de la maturité intellectuelle indispensable pour être au fait du phénomène, largement répandu, qui prévaut dans les territoires palestiniens, de la manipulation des médias. Or, cette perception est fondamentale pour comprendre quune telle calomnie ait pu avoir été forgée dentrée de jeu.
Cette situation a été abusivement exploitée par France 2 pour suggérer, par la suite, quIsraël était daccord avec le postulat de son reportage. Avant cela, elle se référait, de manière répétitive, à la reconnaissance initiale, par Israël, de la responsabilité de lincident, comme à un indice de lexactitude du reportage. Depuis le début, France 2 sest abstenue de révéler que la position initiale dIsraël se basait uniquement sur le reportage monté [1], sans quon ait donné aux responsables israéliens la possibilité de vérifier les faits, en toute indépendance, avant de répondre.
Le fait quIsraël nait pas retiré leur accréditation aux correspondants de France 2 a également fait lobjet de critiques. Mais des journalistes travaillant pour des médias palestiniens, libanais, syriens, et même iraniens, sont officiellement accrédités par Israël. Cela témoigne de la tolérance et de la nature de la démocratie israélienne, mais nimplique ni approbation du contenu de leurs reportages, ni appréciation de leurs aptitudes professionnelles.
Ceux qui se focalisent sur ces trois points ne tiennent pas compte du fait quIsraël na pas cessé, dans le même temps, davoir une position plus active de contestation du reportage de France 2. Immédiatement après que l'histoire ait inondé les médias internationaux, le 30 septembre 2000, le commandant des opérations sur le front sud, le major général Yom Tov Samia, diligentait une enquête non militaire sur les événements relatés par France 2. Du fait de son rang, il sagissait dune enquête officielle. Il a réuni une équipe d'experts, qui comprenait [entre autres NDT], un spécialiste de missiles balistiques et un juriste. Dirigés par le physicien Nahum Shahaf, ils furent les premiers à examiner en détail les événements et à analyser la séquence filmée diffusée par France 2.
Le contenu de lanalyse et ses résultats furent remis au conseiller du Premier ministre pour la presse étrangère, le Dr Raanan Gissin, puis à moi-même, début 2001. Après avoir passé des dizaines dheures à examiner le matériau, et seulement après que tous les problèmes aient été traités de manière satisfaisante à nos yeux, notre scepticisme initial se mua en certitude que les accusations formulées contre Israël, dans le reportage de France 2, navaient aucun fondement. Forts de cette connaissance, Gissin et moi, en notre qualité de représentants de lEtat dIsraël, avons mis en cause lhonnêteté du reportage de France 2, lors de certains entretiens de presse.
Les fonctionnaires civils ne doivent, ni ne peuvent exprimer des vues ou des opinions personnelles. Ils répondent à leurs supérieurs, conformément aux positions des élus du Gouvernement. Tous les actes ou déclarations dun fonctionnaire du gouvernement ont des conséquences juridiques pour lEtat et doivent donc satisfaire aux critères du Bureau du Procureur général, sous peine de sexposer à ne pas bénéficier de sa protection en cas de procédure judiciaire.
Assez vite, France 2 en Israël exigea des excuses, et menaça, à trois reprises, le Bureau du Premier ministre de poursuites judiciaires, pour des déclarations émises par le Service de presse du Gouvernement à propos du reportage Al-Dura. A chaque fois, ses allégations ont été rejetées après que le bien-fondé des déclarations de ce service ait été démontré, vérifié et juridiquement approuvé par le Bureau du procureur général, en accord et avec le soutien du Bureau du Premier ministre.
En 2005, le directeur du Service National de Sécurité, le major général de réserve, Giora Eiland, a exposé des arguments qui contestaient le récit de France 2. Les résultats de l'enquête mettant en cause la crédibilité de la séquence vidéo de France 2 étaient si écrasants, que Eiland rétracta la reconnaissance initiale par Tsahal de sa responsabilité dans lévénement allégué, et adressa une lettre dans ce sens au tribunal français [2].
Le procès en diffamation intenté à
LEtat dIsraël na pas abandonné Karsenty et na pas gardé le silence sur la question du comportement professionnel de France 2 dans laffaire al-Dura. Cependant, une nation na pas toujours la liberté dagir de la même manière quun individu. Il ne faut pas en déduire que les fonctionnaires du Gouvernement israélien ne peuvent pas tirer les enseignements de la situation.
Lune des plus importantes leçons de cette affaire a été que nous ne devons pas nous hâter dassumer la responsabilité daccusations avant que les faits aient été établis.
La découverte de la vérité à propos de cette affaire a montré quIsraël peut aussi bénéficier des efforts de personnes privées et de professionnels dans le domaine des médias, du droit, de la balistique, de la physique, etc. De tels experts peuvent analyser des prises de vues, mises en scène ou trafiquées, qui sont offertes aux médias comme des faits, et vérifier leur exactitude avant que limage devienne emblématique.
Daniel Seaman *
© The Jerusalem Post
* Lauteur est directeur du Bureau de Presse du Gouvernement.
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Notes du traducteur
[1] Il sagit de la vidéo de 59 secondes, réalisée à partir des 26 minutes de rushes.
[2] "Une lettre de Tsahal à Ch. Enderlin, qui infirme les allégations du tribunal français" (10 septembre 2007).
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Mis en ligne le 26 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











