
Dans un entretien avec Caroline Fourest, de ProChoix *, Jean-Yves Camus, chercheur à l'IRIS, spécialiste des questions liées aux extrémismes, et ancien directeur de la communication du consistoire de Paris, évoque les critiques virulentes dont il est lobjet pour avoir signé lappel en faveur de Charles Enderlin, et tente de sexpliquer en ces termes :
«
cette signature ne vaut pas approbation du reportage de Charles Enderlin sur la mort de Mohammed al-Dura et de lutilisation anti-israélienne qui en a été faite. Elle veut simplement condamner lacharnement qui le [Enderlin] frappe depuis 7 ans et vise à le démolir professionnellement, à laccuser dêtre anti-israélien, et à condamner la thèse du groupe qui le poursuit de sa vindicte, pour qui Mohammed al Dura est toujours vivant, le reportage étant, selon ces gens, un simple montage, une fiction.
Et de préciser :
« Le texte que jai signé comprend une phrase, dont je me démarque, qui attribue formellement la mort de lenfant à des tirs israéliens. Or, cela nest pas certain, car il a pu aussi être victime de balles palestiniennes. Sur le fond, ma position est quil faut aboutir rapidement à ce quune enquête indépendante détermine les responsabilités de chacun. Cest précisément ce que demande Jean Daniel, qui a signé lappel pour Enderlin, lui aussi. Je le répète, sur cette affaire, on peut déplorer la rapidité du commentaire attribuant la responsabilité de la mort de al-Dura à larmée israélienne, mais on ne peut pas faire de Charles Enderlin une sorte de traître à son pays et à son peuple, voire un faussaire de mauvaise foi. Cela manque de mesure. Et si on est libre de défendre la thèse selon laquelle cette mort est un montage, on doit rester libre aussi de dire quelle ne lest pas. »
Dont acte. Passons sur la contradiction flagrante entre cette "clarification" visant à nuancer la caution que Camus a choisi daccorder à une pétition, dont il reconnaît lui-même quelle exprime des positions quil ne partage pas. Il reste que, à linstar de Charles Enderlin, il met indûment sur le même plan les propos incontrôlés et excessifs de certains, et les reproches, beaucoup plus équilibrés et circonstanciés - que la Cour dAppel de Paris a dailleurs pris en compte - émis à lencontre du reportage et de ceux qui lui ont donné une diffusion planétaire indue, avec les conséquences tragiques que lon sait, par
Un intellectuel tel que J.-Y. Camus a le devoir de peser la portée de ses prises de position. Il ne doit donc pas sétonner que se détournent de lui des membres de la communauté juive, qui n'appartiennent pas tous, tant sen faut, au « groupe qui poursuit [Ch. Enderlin de sa vindicte », comme il l'affirme dans son interview, ni ne sont « des individus
engagés dans une campagne de négation et de discrédit
obstinée et haineuse [qui] sefforce de salir la dignité professionnelle de
Charles Enderlin », comme sefforce de le faire accroire le texte de lAppel « Pour Charles Enderlin », diffusé par le site du Nouvel Observateur.
Menahem Macina
* Voir : "Repli communautaire juif : 3 questions à Jean-Yves Camus".
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Mis en ligne le 26 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











