Texte repris du Blog de Charles Enderlin
Cher Elie Barnavi
Dessin de Plantu sur le Blog de France 2
Vous avez toujours su défendre avec talent les positions israéliennes et jattendais votre intervention dans ce débat avec curiosité ; mais, là, vous mavez étonné. Ancien ambassadeur, vous avez certainement un niveau dhabilitation « sécuritaire » vous permettant laccès à certains dossiers du Shabak, le service de sécurité intérieure israélien. Un simple coup de fil à Tel Aviv vous aurait évité de publier des inexactitudes.
Pour le Shabak, Talal Abou Rahmeh qui a filmé la mort de Mohammed A-Dura, nest pas un propagandiste palestinien et nest soupçonné daucune activité subversive anti-israélienne comme vous laffirmez. La réponse que nous avons reçue de ce service et dautres lorsquil a fallu obtenir pour Talal une autorisation dentrée en territoire israélien, était la suivante : « Il est blanc comme neige ». Les accusations que vous portez contre lui sont fausses et inadmissibles.
Vous mettez en doute la crédibilité des rushes tournés par Talal. Là aussi, je dois prouver que labsurde est faux. Que des images tournées par un cameraman sous le feu ne sont pas léquivalent dune caméra de surveillance, comme dans un supermarché
Oui, Talal na filmé que ce que les circonstances permettaient. Ces scènes dIntifada ont également été tournées par dautres cameramen qui se trouvaient sur place, notamment dAssociated Press et de Reuters. De nombreux confrères y étaient dès le lendemain, le 1er octobre 2000, ainsi que les jours et les semaines suivantes. Plusieurs se sont retrouvés, couchés au sol, entre deux feux.
Nous avons présenté à la justice des témoignages qui contredisent lopinion de vos « experts » parisiens. Pourquoi vous contentez-vous de lavis de gens qui nont jamais mis les pieds à Gaza, ou assisté à ce genre daffrontement ? Pour notre part, lorsque cette campagne de diffamation a débuté, nous avons présenté les images à un médecin légiste, qui a conclu que les mouvements de lenfant étaient consistants avec lagonie. (Selon le dictionnaire : les instants qui précèdent la mort).
Selon vous les cicatrices du père, Jamal a-Dura, seraient dues à des coups de couteau, et donc, ne proviendraient pas de balles reçues le 30 septembre 2000 à Netzarim. Si vous aviez contacté Jamal avant de publier votre éditorial, il vous aurait décrit les soins quil a reçus à lhôpital Shifa de Gaza ; [il vous aurait] communiqué les radios qui montrent sa blessure au bassin. Le compte-rendu des opérations subies à lhôpital militaire dAmman, où, dailleurs, il a reçu les visites de deux journalistes israéliens, Tom Segev et Semadar Peri, également du Roi Abdallah. Croyez-vous quil [le roi] aurait serré la main dun imitateur ?
Vous laissez entendre quil y aurait « bien dautres choses ». Jamal aurait des choses à cacher. Décryptage : laccusation circule sur le net : trafiquant de drogue, il aurait été blessé au cours dune bagarre avec dautres narcos
Problème : Israël naccorde pas de permis de travail à de tels criminels. Or, Jamal a travaillé en toute légalité chez une enseignante de luniversité de Tel Aviv, qui le raconte dans un livre. Soyons logiques : cela fait beaucoup dacteurs. Des centaines de jeunes Palestiniens devant la position israélienne de Netzarim à Gaza, les médecins palestiniens, les chirurgiens jordaniens, le roi Abdallah, les cameramen dAP et de Reuters. Et les services de renseignement israéliens nauraient pas la moindre preuve ?
Vous proposez une enquête internationale mais sur quoi ? Les accusations contre France 2 et moi-même portent sur une mise en scène avec fausses blessures du père et fausse mort de lenfant. Nous avons depuis longtemps indiqué que nous étions favorables à une expertise médicale réalisée par des experts internationaux sur lorigine des cicatrices (déjà publiquement montrées) de Jamal Al-Dura. De même, le père de Mohammed est daccord pour que lon procède à lexhumation du corps de lenfant pour réaliser des tests ADN (sous expertise internationale). De notre côté, nous attendons la preuve de ce quaffirme notre accusateur depuis des années : « Mohammed est vivant et vend des fruits à Gaza ».
Quant à la comparaison avec le massacre de Deir Yassin, en 1948, qui, selon vous, « seul, aurait eu des conséquences plus graves » je vous en laisse lentière responsabilité.
© Charles Enderlin
Mis en ligne le 25 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











