Texte original anglais : "High Costs of Israeli Threat against
Traduction française : Freddy Herschkowitz, pour upjf.org
TEHERAN (FNA) - Une remarque dun ministre du cabinet israélien [Mofaz], vendredi 6 juin, laissant entendre quune attaque de lIran par les Etats-Unis ou Israël était possible, a fait senvoler le prix du baril de pétrole de 11 dollars, au niveau record de 139 dollars le baril. Ceci nous donne une idée de ce qui se passerait si ladministration Bush avait la folie dattaquer lIran, ou si elle laissait le régime sioniste le faire.
La plupart des analystes affirment quune attaque de lIran propulserait presque immédiatement le prix du baril de pétrole au-delà des 300 dollars - un niveau qui étranglerait léconomie mondiale et plongerait le monde dans un désastre économique que lon na plus vu depuis que les tarifs Smoot-Hawley ont déclenché la Grande Dépression.
Un commentaire de Dave Lindorff, dans Oped News, affirme que les conséquences en seraient désastreuses.
Les Etats-Unis, qui fonctionnent au pétrole, seraient paralysés. Le prix de lessence et du chauffage domestique doublerait ou triplerait, ce qui, lors du prochain hiver, réduirait au désespoir tous ceux qui habitent au nord de la ligne Mason-Dixon, et causerait lexode massif de tous les retraités de Floride et de lArizona, pour lesquels lair conditionné deviendrait inabordable.
En Chine, dont léconomie repose presque exclusivement sur la production de biens destinés aux consommateurs américains, des centaines de millions de travailleurs se retrouveraient soudainement au chômage. Avec larrêt de leur contribution à leurs familles restées à la campagne, la moitié du pays serait renvoyée à lépoque pré-capitaliste, sans toutefois la garantie de salaire, de logement, de nourriture et de soins de santé. Il est probable que lon assisterait à des troubles sans précédents depuis la Révolution Culturelle.
Le Moyen-Orient, évidemment, exploserait.
En Irak, les combattants se soulèveraient, par solidarité mutuelle et commenceraient à attaquer durement les forces américaines dans ce pays dévasté par la guerre, ce qui, par comparaison, ferait de loffensive du Tet, au Vietnam, en 1968, un simple pique-nique. Là où les Etats-Unis avaient un demi-million de troupes lors de cette guerre du Vietnam, larmée en Irak est déjà tendue jusquau point de rupture et les lignes dapprovisionnement sont à peine défendues.
On peut se demander ce qui se passe dans les plus hautes sphères de la bureaucratie américaine. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, qui, dans le passé, a fait savoir quil nétait pas partisan de la guerre avec lIran, vient de limoger les deux hauts gradés de larmée de lair les plus ardents parmi les fomenteurs de guerre contre lIran.
Ce licenciement-surprise, sans précédent, du Secrétaire de lArmée de lAir, Michael Wynne, et de plus haut gradé de cette arme, le Général T. Michael « Buzz » Moseley, a été officiellement mis sur le compte de leur maniement hasardeux de larsenal nucléaire de la nation, au cours de lannée passée, lors du déplacement inconsidéré et non autorisé de leur emplacement de stockage, le transfert aérien au travers du pays, de six missiles nucléaires de croisière, en position de tir sur une Stratoforteresse B-52, et la découverte, cette même année, de la fourniture à Taiwan, « par inadvertance », de mécanismes de mise à feu de têtes nucléaires de missiles ICBM.
Bien quil soit possible dattribuer ces licenciements aux deux incidents évoqués, de sérieuses questions les concernant demeurent sans réponse, et en particulier celle du vol des missiles de croisière.
Comme je (Lindorff) lai rapporté précédemment sur ce site (Oped news), ainsi que dans Counterpunch Magazine et American Conservative Magazine, il y a eu une demi-douzaine de décès inexpliqués daviateurs américains, y compris deux suicides, qui ont eu lieu juste avant et après ce vol du 30 août dernier, dont aucun na fait lobjet denquête, du moins publiquement, par le Pentagone ou le FBI, daprès les procureurs locaux et les examinateurs médicaux contactés.
Un certain nombre dexperts en manutention darmes nucléaires ont déclaré quil était « impossible » que six têtes de missiles stockées dans des bunkers gardés, dans la base de lArmée de lair de Minot, dans le Dakota du nord, puissent avoir été enlevées, montées sur des missiles de croisière, chargées sur des rampes de lancement sous laile dun B-52, et transportées jusquà la base de lArmée de lAir en Louisiane, le tout « par erreur ».
Ce qui pose inexorablement la question suivante : quel était lobjectif poursuivi pour ces têtes de missiles, si elles nont pas été déplacées de leur entreposage par erreur, et si elles ont été déplacées sans informer léchelon supérieur, y compris Gates au Pentagone ? Il faut se souvenir que cet incident na été rendu public que suite à un rapport fait, en dehors de la chaîne de commandement militaire, à un reporter du Military Times Newspaper, rapport produit par plusieurs informateurs de lArmée de lAir, troublés par ce quils voyaient.
Nous avons déjà été témoins de la démission soudaine du poste de Commandement central de lAmiral William Fallon, dont lopposition véhémente aux discussions de ladministration Bush/Cheney concernant une attaque contre lIran a conduit à son remplacement par le Général David Petreus, plus malléable. Fallon a été écarté par les faucons favorables à la guerre contre lIran, à cause de son opposition à toute attaque. Est-ce que le Secrétaire de lAir Force et le Chef dEtat-Major ont été écartés par Gates à cause de leur position favorable à une attaque ?
Il y a là beaucoup déléments à prendre en considération, mais les préoccupations des spéculateurs pétroliers, qui ont fait monter le prix de 8.6% (et fait baisser la Bourse de 3.2%) en un seul jour, largement sur base de rumeurs de guerre, devraient donner à réfléchir à tous.
Il ne sagit pas seulement du prix du pétrole.
© English Far News
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Remarques du Traducteur :
- En tout état de cause, Mofaz aurait mieux fait de tenir sa langue, et pas spécialement à cause du prix du pétrole.
- Lauteur de larticle ne se pose pas la question de ce qui se passerait si "le régime de lIran" avait lidée de balancer une arme nucléaire sur Israël, ni si celui-ci y répliquait. Ce scénario serait autrement plus grave que lexode des retraités de Floride.
- Il ne se demande pas davantage comment on en est arrivé là : pas de questions sur la responsabilité qui incombe aux pays occidentaux et aux Européens pusillanimes, qui ont négocié pendant des années en pure perte, et nont pris aucune mesure sérieuse pour arrêter la progression de lIran vers lacquisition de larme nucléaire. Et mieux vaut ne pas parler de la Suisse.
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Mis en ligne le 9 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











