Sur le blog "Point mort".
Le 5 juin, je faisais remarquer que « le Tribunal na pas tranché sur le fond de laffaire qui ne peut lêtre, éventuellement, que par une commission denquête internationale. Le 7 juin, Freddy Herschkowitz (via UPJF) confirme : En ayant diffusé un reportage bidouillé incitant à la haine, ayant entraîné de nombreuses victimes, ils [Enderlin et France 2] devront alors comparaître devant un Tribunal dAssises, ou peut-être même un Tribunal International, pour crime de guerre
». Sans doute, mais cela naura jamais lieu parce quaprès avoir été rangé à Neuilly, Philippe Karsenty a été relaxé, point barre. Laffaire en restera là.
Pourtant, Freddy Herschkowitz a peut-être eu une intuition en concluant son article par une phrase paradoxale : « Donc vivement une enquête judiciaire pour laver France 2 et Enderlin de tout soupçon. » Et pourquoi pas ?
Nous vivons dans un monde entièrement sous lemprise de loutil postindustriel (mondial) de la communication. « Le reportage bidouillé » de Charles Enderlin est une sorte de catastrophe naturelle médiatico-culturelle, un enchaînement rapide de décisions non réfléchies, mais respectant, semble-t-il, les procédures professionnelles, tout au moins jusquà sa diffusion mondiale gratuite. Pourquoi avoir dérogé aux règles professionnelles en distribuant gratuitement ce reportage ? Nest-ce pas justement cette décision-là qui a multiplié à linfini limposture (volontaire ou pas ?) provoquant immanquablement des réactions disproportionnées de la part des milieux culturellement ultra sensibles au sujet montré ?
Je ne peux mempêcher de faire le rapprochement avec laffaire des caricatures de Mahomet, voire à celle du discours de Ratisbonne, de Benoît XVI. Dans toutes ces affaires, ce qui provoque les violences, cest la diffusion mondiale dun produit non formaté pour cette échelle de diffusion, mais, au départ, réservé à un public ciblé et parfois extrêmement limité. Même dans le cas de laffaire Al Dura, si le reportage navait été diffusé que sur France 2, il serait certainement passé comme une lettre à la poste et sans conséquences outrageusement dramatiques comme de nombreux autres reportages pourtant tout aussi faux (guerre psychologique, propagande, etc.) et destinés aussi à maintenir laudimat des JT en jouant sur lémotion aux heures de grande écoute. (Ces valeurs sont critiquables, mais ce nest pas lobjet de ce post). Les productions "pallywoodiennes" ne sont pas une exclusivité de France 2, mais, sur ce coup-là, quelquun, à France 2, a commis une très grave faute professionnelle ayant entraîné la mort (sans intention de la donner ?) en distribuant gratuitement ce reportage.
Cest cela quune enquête judiciaire sérieuse et indépendante devrait mettre au jour pour permettre - pourquoi pas ? - de « laver France 2 et Charles Enderlin de tout soupçon », mais surtout de mettre en évidence les risques et les dangers de jouer avec la mondialisation comme certains pyromanes inconscients, pervers ou cyniques, jouent avec le feu. Jen arrive à soupçonner que, contrairement à certaines réactions fort enthousiastes au sujet de la relaxe de Philippe Karsenty, le Tribunal nait, en réalité, détourné les regards du vrai coupable qui ne sera probablement jamais inquiété, afin de sauvegarder les intérêts supérieurs de la France.
Eric Gaillot
© Point mort
Mis en ligne le 8 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











