07/06/08
Trèves darguties philosophiques et de vérités symboliques.
Descendons de la stratosphère et, les pieds fermement sur terre, parlons du reportage dEnderlin et de France 2 et examinons-en laspect judiciaire.
Nous savons que les mots tuent. Brasillach a été fusillé à ce titre.
Les images tuent également.
Le reportage de Charles Enderlin et de France 2 a tué.
Daniel Pearl a été égorgé sous limage symbolique de ce reportage.
Deux soldats israéliens ont été dépecés aux cris de Al-Dura. Notons au passage que les véritables images de ce lynchage-là nont jamais fait le tour du monde (tout au plus quelques images fortement édulcorées). Pourquoi ?
Au contraire, les auteurs (italiens) de ces images bien authentiques, celles-là, se sont humblement excusés auprès de lAutorité palestinienne et ont juré de ne plus jamais représenter les Palestiniens sous un aspect négatif. Pourquoi ?
Donc le reportage de Charles Enderlin et de France 2 a tué.
Si ce reportage a fait lobjet dune manipulation, à nimporte quel niveau, il y a lieu de le qualifier de crime. Or de lourdes présomptions pèsent sur ce reportage.
Cette affaire est extrêmement complexe. De nombreux professionnels ont émis des doutes au sujet de son authenticité. Et, au fur et à mesure que de nouveaux éléments apparaissent, de plus en plus nombreux sont les doutes qui se font jour.
Pour émettre un jugement sérieux, il est indispensable de parfaitement connaître le dossier. Cest le très grand mérite de Madame Trébucq davoir étudié cet immense dossier à fond, ce que seuls ceux qui en ont une connaissance approfondie peuvent comprendre. Bien que nayant à se prononcer que sur une plainte en diffamation, la juge a néanmoins eu le courage de se prononcer indirectement sur le fond. Ses attendus sont dévastateurs pour France 2 et pour Enderlin.
Répétons que si le reportage a été bidonné, il faut le qualifier de crime.
Il est plus que temps de juger enfin cette Affaire quant au fond. Les avis des journalistes, des philosophes, décrivains et de café du commerce, cela suffit !
A ce stade, seule une enquête judiciaire transparente, avec experts reconnus neutres, indépendants et de très haut niveau, est capable de démêler les fils de lintrigue. Elle est plus quattendue, elle est indispensable.
Certains proposent un grand débat télévisuel, entre partisans et adversaires dEnderlin.
Non, de grâce non. On y verrait le cirque habituel et inaudible des suspects usuels sempoignant à qui mieux mieux, sy coupant grossièrement et mutuellement la parole sous lil amusé ou affolé dun modérateur, incapable de maintenir un semblant dordre, ou pas intéressé à le faire. Les faits seraient évacués devant les opinions politiques des intervenants, et finalement la plus grande gueule sortirait gagnante. Un débat à la française (ceux qui ont assisté à un débat anglo-saxon me comprendront) avec Arlette Chabot comme modérateur, ce serait distrayant, mais est hors de question !
Enderlin et France 2 ont tout à y gagner : si lenquête judiciaire conclut à lauthenticité du reportage, comme ils en sont persuadés et dailleurs le proclament, ils en sortiront grandis et triomphants, leurs adversaires seront traînés dans la boue. Ils nont rien à perdre.
Sauf évidemment si lenquête devait aboutir à la conclusion inverse, ils devront alors assumer leur pleine responsabilité, comme nimporte quel citoyen ou organisation lambda.
En ayant diffusé un reportage bidouillé incitant à la haine, ayant entraîné de nombreuses victimes, ils devront alors comparaître devant un Tribunal dAssises, ou peut-être même un Tribunal International, pour crime de guerre. Pour avoir encouragé la diffusion de leur reportage à travers toute la planète et suscité la haine à lencontre dun pays, le délit pourrait même être qualifié de crime contre lhumanité ?
Peut-être devront-ils même payer des indemnités aux victimes ?
Donc vivement une enquête judiciaire pour laver France 2 et Enderlin de tout soupçon.
© Freddy Herschkowitz
Mis en ligne le 7 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











