Extrait repris du site de Tribune Juive.
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Tribune juive : Tenez-vous toujours à votre thèse du divorce nécessaire entre Israéliens et Palestiniens ? Avez-vous le sentiment quon va vers la solution des deux États séparés ?
Amos Oz : Je pense quil ny a pas dautre alternative. Lhistoire est simple. Israël est un petit pays pas plus grand que la Sicile et, dans ce pays, deux peuples différents cohabitent : des Arabes palestiniens, des Juifs israéliens. Ils ne peuvent pas, ils ne veulent pas constituer une grande et joyeuse famille. Dailleurs, ce nest pas une famille, naturellement rassemblée. Ils vivent ensemble par force, sur la même terre, dans le même pays. Il faudra bien le diviser.
TJ : Pourriez-vous vivre sous la menace à Sdérot ?
A. O. : Le mois dernier, je suis allé parler là-bas dans une école avec un groupe décrivains et jai dit publiquement ce que je vous confie aujourdhui.
TJ : Vous restez donc attaché à lidéal sioniste. Mais croyez-vous que les Juifs de la diaspora ont vocation à monter en Israël pour le renforcer ?
A. O. : Je suis sioniste, même si je considère que les promesses des origines du sionisme nont pas été accomplies. Le projet sioniste na jamais établi que tous les Juifs du monde devaient venir vivre en Israël. Il nétait question que dune majorité et nous nen sommes pas loin. Aujourdhui, il y a cinq millions et demi de Juifs en Israël. Ce que nous devons réaliser maintenant, cest un dialogue plus constructif entre nous et la diaspora. Si je devais envoyer un seul message aux Juifs de la diaspora, je leur dirais : apprenez lhébreu, il ny a pas de meilleure clé pour nous comprendre. Ce nest pas la religion qui nous unira car beaucoup dentre nous ne sont pas religieux. La nationalité non plus car nos passeports sont différents. Seule une langue commune nous rattachera à la même culture, la même littérature et les mêmes créations artistiques. Sionistes de tous les pays, apprenez lhébreu !
© Tribune Juive
Mis en ligne le 17 mai 2008, par M.











