Un écho dIsraël 41 : mai - juin 2008
Editorial
Texte repris du site de Un écho dIsraël
Il est frappant de consulter les photos sélectionnées par certains journaux étrangers pour résumer les 60 ans dIsraël. On y voit surtout des clichés de batailles (cest vrai quIsraël a connu 7 guerres sur cette courte période), des Palestiniens qui se soulèvent contre les forces doccupation et, bien sûr, le célèbre « mur de la honte ». Heureusement, il y a eu Begin et Rabin qui ont fait respectivement la paix avec lEgypte et la Jordanie. Ce sont les seules photos sans canons pointés...
Un prêtre de Jérusalem a déclaré cette semaine que le pays célèbre 60 ans dillégitimité. Si cet ecclésiastique acceptait de me suivre sur le mont Herzl à Jérusalem, je lui montrerais les nombreuses tombes sur lesquelles il est gravé « anonyme ». Ce sont des rescapés de la Shoah, qui, à leur descente de bateau se sont retrouvés avec un fusil à la main pour ne pas risquer une seconde fois de disparaître. Dans de nombreux cas, on navait même pas enregistré leur nom. Ils sont morts anonymes. Ce sont des rescapés de Birkenau et dAuschwitz, qui ont versé leur sang (sans quon leur demande leur avis) pour que leurs fils et petit-fils puissent vivre en toute liberté loin de ceux qui veulent lextermination des Juifs. Israël est un Etat-refuge. Ne loublions jamais.
Comme chaque année, le jour de lIndépendance, je suis invité chez des amis pour le traditionnel barbecue. Jy rencontre Nurit, mère de trois enfants. Nous parlons de la journée de la veille, consacrée au souvenir des soldats tués. Elle a un seul garçon et me confie quelle prie tous les jours pour quil ne senrôle pas dans une unité combattante. Elle ne veut pas le perdre. Elle a les larmes aux yeux.
Quelques minutes plus tard, elle me raconte quelle travaille dans un jardin denfants, à Tel Aviv. Il y a de nombreux enfants de travailleurs étrangers, ainsi quun bambin palestinien. Elle mexplique que, grâce à une organisation humanitaire israélienne, une mère célibataire palestinienne est cachée à Tel Aviv. Elle a été sauvée de justesse de la mort. Son propre frère la recherche toujours pour la tuer. Personne ne sait que lenfant est Palestinien. On lui a donné un nom juif et il parle hébreu. Et Nurit de conclure : « Il est un peu plus jeune que mon fils. Qui me dit quun jour, il ne se battra pas contre mon garçon ? » Dans ces quelques mots, était résumé le drame israélien daujourdhui.
Jean-Marie Allafort
© Un écho dIsraël
Mis en ligne le 16 mai 2008, par M.











