02/05/08
Jai devant moi le numéro 18, du 4 mai, de lhebdomadaire catholique Dimanche Express. En première page un titre "Israël a 60 ans", qui ma dabord fait penser quen cette occasion festive, ce média éviterait de salir cet Etat, comme il lavait fait dans son numéro 16, du 20 avril, dont référence en note 1. Espoir vite assombri par le sous-titre : "Un anniversaire en demi-teinte".
Mon inquiétude se confirma bien vite à la lecture de lencadré suivant, précédant léditorial (nous sommes en première page, je le précise) :
"Les 8 et 9 mai prochains, lEtat dIsraël commémorera le soixantième anniversaire de sa création. Mais si le cur des habitants de ce pays est à la fête, ce nest pas le cas des Palestiniens, qui attendent depuis soixante ans la fin de leur exil, ou des Arabes israéliens, qui ont toujours le sentiment, aujourdhui, dêtre des citoyens de seconde zone."
Sévère entrée en matière donc, mais ce nest rien à côté de ce qui suit. Extraits.
"
on peut sinterroger sur le sens quil peut y avoir à célébrer un tel événement, alors que les Palestiniens ne disposent toujours pas, aujourdhui, dun Etat digne de ce nom [
] Même les Israéliens commencent à en avoir assez de toute cette violence. Non seulement ils se rendent compte quil leur sera impossible dy mettre fin par la répression militaire, mais ils ont conscience également du coût économique important que cette forme dapartheid représente pour eux."
Ceci pour la première page. Je nai pas besoin dinsister, je pense, sur lignominie qui consiste à défigurer la démocratie israélienne en accusant son Etat de pratiquer lapartheid - en français : la ségrégation (raciale).
Cest vrai, joubliais que chacun peut voir, dans les villes israéliennes, de Jérusalem à Beersheva, des autobus israéliens sur lesquels sétale lavertissement infamant : « Interdit aux Palestiniens ». Même chose pour les commerces et certains édifices publics, comme les cinémas, les théâtres, les douches, les lavoirs, les toilettes publiques, etc. (Israelis only réservé aux Israéliens).
Jentends dici les exclamations :
- Vous êtes fou ! Ces choses nexistent pas !
- Ah bon ! Pourtant, la ségrégation, cétait cela, sauf quà la place des mots "Israéliens" et "Palestiniens", il y avait "Blancs" et "Noirs".
- Vous pouvez ironiser, mais lapartheid existe bel et bien, même sil affecte une autre forme.
- Ah oui ? Laquelle ?
- Eh bien, tous les avantages sont pour les Israéliens et les inconvénients pour les Palestiniens. Les Israéliens semparent de leurs terres, ou les grignotent : bref, il y a mille manières de pratiquer lapartheid.
- Donc, si je vous comprends bien, peu importent linjustice ou lexaction, leur qualification est toujours la même : apartheid. A ce compte, une firme qui lemporte sur ses concurrents pratique lapartheid à leur égard
Dialogue fictif, peut-être encore que
-, surréaliste sans aucun doute, mais qui rend bien la situation, à la manière dont une caricature accentue les défauts dun visage pour mieux tourner son propriétaire en dérision. Car dérision est bien lattitude que méritent ces billevesées.
Vous me direz que des hommes dEtat, des politiciens et des intellectuels de renom considèrent Israël comme un Etat ségrégationniste. C'est, hélas, le cas, mais sont-ils crédibles pour autant? L'injustice ou l'aberration des jugements sommaires, quels que soient ceux qui les profèrent, ne sont pas chose nouvelle.
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Durant des siècles les autorités chrétiennes ont nié que cest la terre qui tourne autour du soleil et non linverse, parce que la Bible écrit que le soleil se lève et se couche
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Durant des siècles et jusquau début du XXe, des millions de gens dont une majorité de chrétiens ont cru que les Juifs étaient une engeance maléfique.
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On les a accusés de saigner des enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans la fabrication de leur pain azyme à Pâques.
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On les a accusés dempoisonner les puits, de répandre la peste, de pratiquer lusure, de séduire les innocentes femmes chrétiennes, de fomenter des complots internationaux, dêtre des capitalistes monstrueux, des révolutionnaires, puis des communistes assassins, etc., etc.
Cest du passé, me direz-vous. Certes. Mais je trouve que le présent, en ce qui concerne la réputation des Juifs, a un goût de déjà vu.
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Le peuple maléfique de jadis, cest "lentité sioniste" daujourdhui.
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Lusure juive traditionnelle, cest le capitalisme juif daujourdhui.
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Les Protocoles des Sages de Sion dhier, ce sont les "lobbies juifs" daujourdhui.
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A la formule, "le judaïsme, voilà lennemi", a succédé "le sionisme, voilà lennemi".
Cest un peu comme si le futur Antéchrist disait à chacun dentre nous, comme je lai entendu confusément, dans un cauchemar récent :
« Sache bien, petit juif, que quel que soit le nom que tu te donnes, lhabit que tu endosses, les actes que tu poses, les livres que tu écris, les progrès de lhumanité auxquels tu as contribués, les vies que les tiens ont perdues pour défendre les patries dans lesquelles ton peuple de nomades a vécu : tout cela ne te sauvera pas de la haine que tu mérites
Quant au pays que tu as volé aux pauvres Arabes, en prétendant que tu y as vécu il y a quelques années-lumière, tu peux bien lavoir cultivé, mis en valeur, modernisé, cela ne te servira à rien, car tout te sera ôté pour être donné à ceux que ton peuple na cessé de mépriser
»
Je me suis réveillé, trempé de sueur, avec, sur les lèvres, le cri inarticulé que javais émis avant de reprendre pied dans la réalité : « Pourquoi ? »
Oui, ennemis chrétiens de lhebdomadaire belge dans lequel vous clouez l'Etat juif au pilori, sur 3 pages, pourquoi navez-vous interviewé quun seul Israélien, respectable certes, puisquil a même été ambassadeur dIsraël en France, mais dont sont bien connues les sympathies pour les "nouveaux historiens", le "post-sionisme", et une vision politique pro-palestinienne du futur des relations entre Israël et les Arabes, en général, et les Palestiniens en particulier ? Pourquoi lui donnez-vous deux fois la parole (en pages 2 et 3), à lexclusion de tout autre point de vue israélien ?
Est-ce là faire preuve dobjectivité et de pluralisme ?
Quelles qualités avez-vous pour vous ériger en juges dun peuple confronté à la haine irrédentiste de populations qui en veulent à son existence même, et confronté à lun des casse-tête géopolitiques les plus insolubles qui soient ? Votre sympathie compassionnelle pour les Palestiniens, et lidéologie qui va avec, vous tiennent lieu de culture historique et politique. Témoin ce jugement sur lexistence dIsraël au Moyen-Orient (p. 3):
"Une existence
controversée, tant a été grand le retentissement dans lopinion publique mondiale de la volonté expansionniste de ce pays, de la politique du fait accompli, et de la souffrance quil a infligée au peuple palestinien
»
Quant au niveau de connaissances historiques de lun des contributeurs de ce numéro, un certain Guy Mathoux, l'énormité suivante qu'il profère, disqualifie définitivement votre hebdomadaire, au moins pour ce qui est de porter un jugement sain sur un peuple innocent de ce dont vous l'accusez :
« La Palestine
alors sous mandat britannique, fit lobjet dun partage par lassemblée de lONU, le 29 novembre 1947, entre les Juifs nouvellement arrivés et les Arabes palestiniens qui occupaient cette terre depuis près de deux mille ans
»
DEUX MILLE ANS !...
Menahem Macina
© upjf.org
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(1) Voir : "Incitation à la haine d'Israël dans un hebdomadaire catholique belge".
(2) Voir : "Bethléem : la vérité, cest secondaire ?".
(3) Flavius Josèphe, historien écrivain juif, qui relata les péripéties de la révolte juive contre Rome et rédigea une histoire du peuple juif depuis ses origines jusquau début du IIe siècle de notre ère. On peut douter de ses qualités dhistorien, puisquil ne mentionne pas ces fameux Palestiniens dont parle Monsieur Mathoux. Ce qui est sûr cest que cette ethnie vénérable fut assez sage et avisée pour ne pas se révolter contre la grande puissance invincible de lépoque, ce qui lui a permis de subsister jusquà ce jour, pour le plus grand bonheur des écrivains révisionnistes et palestinolâtres comme M. Mathoux.
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Mis en ligne le 02 mai 2008, par M.











