1er mai 2008
Chronique de lassociation des contribuables dAubagne
Cocorico : « Nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier », a poursuivi sur sa lancée le président français à Tunis » (1).
Cocorico encore : « Du côté des entrepreneurs français, on affiche un optimisme sans faille : «Il faut reproduire ce miracle de l'Antiquité comme un signe de l'extrême modernité», s'enflamme Laurence Parisot, la patronne du MEDEF » (2).
Serions-nous perpétuellement insatisfaits ? Voilà que des « retombées possibles » nous sont suggérées, et nous bouderions lallégresse attendue !
Nous reviendrons bientôt sur le sujet de l'aide publique au développement (APD), cette « excellente manière de prendre l'argent aux pauvres des pays riches pour le donner aux riches des pays pauvres, qui en rétrocèdent une partie non négligeable aux riches des pays riches » (3).
Imaginons-nous sérieusement que la "pompe" aux financements fonctionnera du sud au nord et non linverse ? Le rapport de la mission parlementaire en convient déjà, lorsquil prévoit 3 297 millions deuros « destinés aux dix partenaires du sud de la méditerranée » (4). Qui financera ces dépenses, qui ne feront quaugmenter au fil des années ? - Les contribuables français, « pauvres des pays riches ». Quant aux retombées, elles iront « aux riches des pays riches », car, ne nous y trompons pas, nos concitoyens paieront deux ou trois fois. Dabord comme contribuables aux budgets de la France et de lEurope, ensuite comme citoyens.
En effet, qui peut les assurer que les rapports commerciaux, aussi ardemment souhaités, avec les pays du sud, préserveront effectivement leurs emplois et quils ninciteront pas, au contraire, les entreprises françaises à délocaliser davantage, puisque des dépenses nouvelles seront mises à la charge des contribuables français, augmentant ainsi le coût de nos produits, au bénéfice des productions réalisées dans les pays du Sud de la Méditerranée ?
Imaginons-nous sérieusement que nous pourrons limiter le nombre de permis de séjour en France pour des ressortissants de pays partenaires à part entière ? Ajoutons à notre tourment la remarque incluse dans le rapport de mission parlementaire, selon laquelle : « Première étape de limmigration depuis lAfrique noire, le Maghreb est un sas vers lEurope » (5).
En définitive, le citoyen paiera, une troisième fois, si lon en croit le rapport, publié par Contribuables Associés, sur « le coût réel de limmigration en France » (6), quil chiffre à 26 milliards deuros par an (représentant le solde net des dépenses annuelles que lEtat consent aux immigrés et les recettes quil encaisse de leur part).
Quand les dirigeants politiques ont des difficultés dans leur propre pays, ils vont chercher des réconforts à létranger, en espérant devenir des « modèles pour le monde entier ». Les chefs dentreprises font de même, en espérant « reproduire les miracles ». Mais les uns comme les autres oublient que « les feux mal couverts nen éclatent que mieux » (Racine).
© Chronique de lassociation des contribuables dAubagne
Notes
1. Le Figaro, 30 avril 2008.
2. Ibid. Toutefois, Madame Parisot, aurait dû se souvenir, surtout étant à Tunis, que son prétendu « miracle de lantiquité » a fait suite au fameux leitmotiv de Caton (« Il faut détruire Carthage »), et quil sest maintenu ( provisoirement) sous la férule des légions romaines. Les colonisations occidentales ont peut-être fait de même dans une période plus récente, mais personne nose aujourdhui les qualifier de « miracle ».
3. Site LInsolent, 31 mai 2007.
4. Rapport dinformation n° 449, Assemblée Nationale, décembre 2007, pages 77 et 78.
5. Audition de M. Jean-François Daguzan. Rapport dinformation n° 449, Assemblée Nationale, page 18.
6. M. Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines, spécialiste des migrations. Contribuables Associés, Monographie n° 14, Mars 2008.
------------------------------------
Mis en ligne le 02 mai 2008, par M.











