
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 641 76 39
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
PESSAH 7ème/8ème
25 AVRIL 2008 21 NISSAN 5768.
|
|
Jérusalem |
Paris |
Toronto |
|
|
|
|
|
|
Entrée |
18.35 |
20.39 |
19.55 |
|
Sortie |
19.54 |
21.53 |
21.02 |
Très chers amis,
Jai le plaisir de vous adresser Un Dvar Thora sur le thème :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même,
le véritable accès à D.ieu.
diffusé à des milliers de personnes francophones dans le monde, via Internet.
Notre Institution est installée dans un immeuble situé face au Mont HERZL où nous serons toujours heureux de vous accueillir ; ce bâtiment porte dorénavant le nom de BEIT YEHOUDA VEHANA au nom de la famille qui a contribué au financement de cette acquisition ; notre reconnaissance est infinie tant pour cette famille que pour tous nos généreux donateurs et amis.

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 641 76 39
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Ces Dvar Thora sont consacrés pour la guérison (refoua chelema)
du fils de Rav Eliahou Elkaïm, Haïm Yéhouda ben Mazaltov
& de HAYA LEA BAT HANA
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabat Chalom et Pessah Cacher Vesaméah,

Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen ztl
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jerusalem Tel: 00 972 2 643 07 20 Fax: 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Tu aimeras ton prochain comme toi-même,
le véritable accès à D.ieu.
Par le Rav Eliahou Elkaïm
« Aime ton prochain comme toi-même ». Cet ordre divin paraît presque surhumain, au-delà de notre nature. Nos maîtres nous ont transmis des méthodes pour nous aider à laccomplir, et ainsi se rapprocher de notre Créateur.
En cette veille des secondes fêtes de PESSAH, nous souhaitions traiter de ce commandement, qui, à force davoir été entendu, est devenu bien souvent un cliché vide de sens.
« Aime ton prochain comme toi-même ; Je suis lEternel » (Lévitique 19 ; 18)
Qui ne connaît pas ce commandement (mitsva), universellement considéré comme lun des fondements de léthique de la Thora ?
Tellement entendu et utilisé que lon y voit une exhortation abstraite, ce qui rend son application difficile, et que lon perd souvent de vue son importance primordiale, soulignée par Rabbi Akiba (Talmud de Jérusalem Nédarim 9 ; 4).
Loin dêtre abstrait, ce commandement fait partie des 248 mitsvoth positives (Assé) que chaque Juif a lobligation daccomplir.
Un texte du Talmud (Chabbath 31 A), relate lhistoire célèbre de ce Non-juif qui vint se présenter devant Hillel pour se convertir, à condition que ce dernier lui enseigne toute la Thora pendant le laps de temps quil pourrait tenir sur un pied.
Hillel lui répondit : « Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas que lon te fasse ». Voilà lessence de toute la Thora, le reste nétant quune conséquence de ce principe de base.
Rabbi Shmouel Eidels (le Maharsha, XVIIe siècle) commente ce passage en précisant que la réponse dHillel fait référence à la mitsva ; «Aime ton prochain comme toi-même ».
Hillel nous révèle quà travers laccomplissement de cette mitsva, on parvient à celui de toute la Thora.
Cest donc le même concept que celui énoncé par Rabbi Akiba.
Si les plus grands maîtres de toutes les générations sont unanimes sur limportance fondamentale de cette mitsva, il est clair que chacun doit mettre tout en uvre pour comprendre profondément le sens de cette loi et rechercher activement les méthodes transmises par nos maîtres afin de laccomplir.
Aucune jalousie
Une première approche est développée par Nahmanide (Lévitique 19 ; 17).
Daprès lui, il est inconcevable que la Thora exige de lhomme daimer son prochain avec la même intensité que soi-même, car cest une exigence qui dépasse le caractère humain.
La Thora elle-même enseigne que : « Ta vie passe avant la vie de ton prochain » (Talmud Baba Metsia 62a).
Pour Nahmanide, le « comme toi-même » exprime le devoir de chaque Juif daimer son prochain au point dêtre heureux de le voir réussir (matériellement et spirituellement) sans que cette réussite néveille aucune jalousie.
Et même si cette réussite dépasse la sienne.
« Cest cette forme damour que la Thora exige de nous, amour qui interdit la moindre jalousie, et qui nous permettra dextirper toute rancur cachée au fond de nous. »
Le Maharsha explique dans le même ordre didée le texte du Talmud cité plus haut. Pour exprimer ce commandement, Hillel a choisi une formulation par la négative : « Ne fais pas à ton prochain ce que tu naimerais pas quon te fasse
»
Il aurait pu choisir une forme à la positive : « Fais à ton prochain ce que tu aimerais quon te fasse. »
Ce choix de la forme négative nest pas fortuit. Cest pour que, lorsquon cherche à accomplir cette mitsva, il ny ait pas de confusion, ni dopposition avec ce que la Thora nous enseigne : « Ta vie passe avant celle de ton prochain ».
Si lon avait exprimé les choses par la positive, on aurait pu arriver à un contresens : tout ce que tu fais pour toi, fais-le à ton prochain, ce qui nest pas lintention de la Thora.
Dans la Thora, le commandement daimer son prochain comme soi-même se trouve placé après ceux de ne pas garder de rancur, ne pas haïr son frère
« Ne fais pas à ton prochain ce que tu naimerais pas que lon te fasse » est donc dans la continuation de ces commandements : « Tu naimerais pas quon te garde rancur, ne le fais pas. Tu naimerais pas que lon te haïsse, ne le fais pas
»
Daprès ces deux approches (Nahmanide et le Maharsha), cest en amont que lon doit travailler pour parvenir au niveau daimer son prochain comme soi-même, et ne pas lui faire ce que lon naimerait pas subir.
En effet, comment parvenir à ne pas jalouser quelquun qui réussit mieux que nous dans le même domaine ? Comment ne pas garder de rancune envers quelquun qui nous a fait du mal ? Ces lois paraissent presque inhumaines, irréalisables.
En réalité, si lon a effectué un travail préparatoire, on peut parvenir à un niveau presque surhumain !
Ce travail consiste à développer en nous la vertu de « ayin tova », un il positif, un il bon, cest-à-dire, dès le départ, considérer lautre avec bienveillance.
« Celui qui a un bon il sera béni » (Proverbes 22 ; 9). Et lon dit que cette qualité était celle qui caractérisait les disciples dAvraham (Pirké Avoth 5 ; 19).
Sur ce verset des Proverbes, le Maharal de Prague (Netiv Ayin Tov chapitre 1) explique :
La différence entre un bon cur et un bon il réside dans le fait que celui qui a seulement un bon cur cherche à faire du bien à lautre. Celui qui a un bon il cherche à combler lautre, il cherche à faire jouir les autres de tout ce dont ils auront besoin, sans limite. Cest pour cela quil mérite la bénédiction divine.
A lextrême opposé, celui qui a un mauvais il est dérangé par la réussite et la prospérité de lautre.
Maïmonide pour sa part, développe une conception différente. Grâce à lui, nous découvrons un aspect légèrement différent de cette mitsva.
Une partie de moi-même
« Il incombe à tous daimer chaque membre du peuple dIsraël comme soi-même, comme il est écrit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Cest pourquoi il faut sefforcer de ne faire que des éloges sur lautre et davoir des égards pour ses biens matériels comme on en a pour les siens propres, et comme lon est attentif à son propre honneur » (Yad haHazaka Hilhot Deot 6 ; 3).
« La mitsva : Tu aimeras ton prochain comme toi-même signifie : tout ce que tu voudrais que les autres fassent pour toi, fais-le pour tes frères» (idem Hilhot Evel 14;1).
Maïmonide fixe une ligne de conduite pour toutes les générations.
Pour mettre en pratique cette mitsva et éveiller des sentiments damour vis à vis de son prochain, il faut agir de façon active pour son bien-être et son honneur.
« Si tu veux tattacher à aimer ton prochain, uvre de façon active pour son bien-être » (Traité de Déreh Eretz Zota chapitre 2 et Orhot tsadikim, Chaar Haahava).
Penser que cest dans laction que lon peut parvenir à aimer son prochain se base sur deux idées-forces, qui dailleurs concernent laccomplissement de la volonté de D.ieu de façon générale.
La première est développée par le Ramhal (Rabbi MochéHaïm Luzzato) dans « Le sentier de rectitude » (chapitre 7).
« Celui qui ne ressent pas dattirance ni de sentiments profonds dans laccomplissement des mitsvot ne doit pas se décourager pour autant.
Dans une première phase, il doit mettre tout son entrain et sa fougue dans cette action, même sil doit pour cela sy forcer.
Ce mouvement presque extérieur, superficiel, va éveiller les sentiments purs et profonds de lâme. Car tel est le processus de mise en marche que la Thora nous révèle.
Comme un moteur qui aurait du mal à démarrer, et quil faut lancer afin de déclencher la mise en marche réelle, lâme a besoin parfois dêtre éveillée et avivée par un mouvement physique.
Le Ramhal cite à lappui les paroles du prophète Osée (6 ; 9) : «Tâchons de connaître, soyons à la poursuite de lEternel. »
En ce qui concerne lamour du prochain, cest le même principe.
uvrer avec énergie au bien-être de lautre, sefforcer de faire ses éloges est le meilleur chemin pour parvenir à éveiller des sentiments damour purs envers son frère.
Et nos maîtres dajouter une nouvelle dimension à ce principe.
Donner mon temps, mon argent, tout ce qui fait partie de moi, cest faire de lautre une partie de moi-même.
Par nature, lhomme est profondément attaché à ce qui lui appartient.
Une partie de moi se trouvant chez lautre, il devient un peu moi-même. Ainsi, va se créer une identification et un amour envers son prochain (RavHaïm Schmoulevitz, Sihot Moussar p.78).
Si tu veux tattacher à lautre, donne-lui de toi-même.
Comme le dit Rav Dessler : « Comment aimer lautre ? En lui donnant. » On peut observer ce phénomène à travers lamour des parents pour leurs enfants.
Lamour le plus fort est sans doute celui quune mère porte à ses enfants, et cest à eux quelle donne le plus. Au départ, ce nest pas parce quelle les aime quelle leur donne. Cest parce quelle leur donne quelle les aime.
Elle a souffert pour les porter, pour leur donner la vie. Elle se lève la nuit pour les nourrir. Et plus elle donne delle-même, plus elle les aime.
Une relation extraordinaire
Les textes des grands kabbalistes nous dévoilent une troisième approche.
Dans son ouvrage « Tomer Déborah », le Ramak (Rabbi Moché Kordovéro) définit et développe les treize attributs de la miséricorde divine Cheloch esré midot chel rahamim).
Le quatrième attribut, dont nous avons déjà parlé dans le dvar Thora sur la parachat Tsav (chabat hagadol) est celui de « Lichéérit Nahalato ».
Le Ramak le définit comme une relation de parenté que D.ieu ressent envers Israël.
Cette relation extraordinaire entraîne que la miséricorde divine ne peut supporter la souffrance dIsraël, de la même façon quun père ou un frère ne peut supporter de voir son parent souffrir.
« De la même façon, chaque membre du peuple dIsraël est un parent proche des autres membres. Car toutes les âmes sont une même unité.
Cest pourquoi il faut rechercher le bien de lautre et avoir un bon il sur sa réussite. Il faut tenter de lhonorer comme lon recherche à être honoré soi-même.
Il faut le considérer comme une partie intégrante de sa propre personne, cest la raison pour laquelle, la Thora nous enjoint : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Cest sensiblement la même idée que le Ramhal exprime dans « Le sentier de rectitude » (chapitre 11).
« La Thora a fixé la règle : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Le comme toi-même est à comprendre comme : sans aucune différence avec toi-même, sans distinction, sans calculs ni arrière-pensée, comme toi-même de façon absolue. »
Cest une nouvelle dimension que nous découvrons ici.
Il sagit en effet de « tester », dévaluer profondément notre foi dans les secrets qui nous sont dévoilés par la Thora sur la relation entre les âmes du peuple dIsraël.
Cest cette foi dans la vérité de la Thora, cette conviction profonde qui nous amènera à nous identifier de façon totale à nos frères, et ainsi à les aimer comme nous nous aimons nous-mêmes (cf. également le Talmud de Jérusalem Nédarim 9 ; 4).
Laffirmation de Rabbi Akiba quand il dit : « Cest un principe fondamental de la Thora » et celle dHillel, qui voit dans cette mitsva le début et le catalyseur de toutes les lois de la Thora, prennent désormais un sens tout à fait nouveau.
Le Temple reconstruit
Daprès cette approche, cest par le sentiment profond de lunité totale du peuple dIsraël que lon parviendra à créer le lien véritable avec Celui qui est le créateur de cette unité, et le Père céleste de toute lhumanité.
Cela nous permet de comprendre lintroduction à la prière du matin fixée par le Ari Zal (Rabbi Isaac Louria) : « Me voici disposé à accomplir le commandement positif : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Cest effectivement un principe fondamental et un moyen dappréhender toute lampleur du message divin.
Pour Maïmonide, le Ramak et le Ramhal, le principe émis par la Thora : « Ta vie passe avant celle de lautre », ne concerne en réalité quun cas très précis et ponctuel, où deux personnes se trouvent dans le désert. Lune possédant une quantité deau suffisante pour ne sauver quune seule personne. Cest seulement dans ce cas, que la Thora enjoint le possesseur de leau de la garder pour lui.
Quoiquil en soit, ces trois approches ne sont en rien contradictoires.
Au contraire, nos maîtres nous ont appris que chaque mitsva comporte des messages et des niveaux de compréhension et dapplication infinis :
« A tout bien, jai vu des limites ; Ta mitsva est infiniment vaste » (Psaumes 119 ; 96).
La mitsva de « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » comporte elle aussi différents niveaux, qui sont contenus dans les trois approches que nous avons développées.
Selon notre niveau moral individuel, nous devons nous attacher à lune des méthodes de nos maîtres, sans pour autant ignorer que le plus haut niveau est celui transmis par le Ramak. Lamour du prochain dans lesprit de la mitsva Tu aimeras ton prochain comme toi-même est lélément réparateur de la haine gratuite (sinat hinam) .
Laccomplissement de cette mitsva à tous les niveaux est indéniablement la clef qui nous ouvrira les portes de la délivrance divine, et nous fera mériter que le Temple, qui fut détruit à cause de la haine gratuite, soit reconstruit, bimhéra beyaménou, Amen.
© upjf.org
Mis en ligne le 25 avril 2008, par M.











