Le professeur Yehoshua Hats nous parle du programme denseignement du centre Gilo, de lUniversité hébraïque de Jérusalem, quil a mis en place, avec dautres enseignants, et dont lun des buts est une meilleure connaissance mutuelle entre jeunes Juifs et Arabes.
Cette expérience a lieu dans le campus universitaire du Mont Scopus, au centre Gilo. Cette formation se déroule sur 3 ans détudes, par classes à effectif restreint (une fois par semaine). Les cours sont suivis par des Juifs, religieux et non religieux, et des Arabes israéliens. Il y a, dans chaque classe, trois professeurs : un Juif religieux, un Juif laïc et un Arabe, et autant détudiants juifs que dArabes.
Doù vient ce nom de "Centre Gilo" ?
« Cest le nom dun millionnaire américain qui travaille dans le domaine de la haute technologie. Il donne de largent pour les projets démocratiques et la coexistence entre les deux peuples. Il est très attaché au respect mutuel, que lon ne trouve pas forcément aujourdhui dans les autres classes. »
Le professeur Hats explique :
« Ce programme est une formation à la citoyenneté et au droit civique, destinée à des élèves qui préparent leur baccalauréat [...] Ils ont donc entre 16 et 18 ans. Au baccalauréat, ils ont un examen portant sur les lois civiles, et, au départ, ce qui les a motivés à venir à ce cours est de pouvoir gagner des points. »
Voici quelques sujets qui sont abordés dans les 5 unités de valeur [programme] que les étudiants doivent suivre :
1) Quest ce quune démocratie ? Lidéal démocratique, les principes des lois démocratiques, le rôle de la loi, les limites de lautorité gouvernementale, les fondations légales de lEtat dIsraël, Israël comme Etat juif, etc.
2) le gouvernement et les hommes politiques en Israël, les partis politiques et les élections en Israël, les droits humains et civiques en Israël, etc.
3) Lentreprise individuelle.
4 et 5) Les étudiants doivent choisir deux sujets parmi les suivants : Etat et religion, Etat dIsraël et société, les citoyens arabes israéliens, la sécurité nationale en Israël, économie israélienne et politiques sociales, etc.
Dans la classe, les cours sont donnés en arabe et en hébreu. Mais les Arabes connaissent presque toujours lhébreu alors que les Juifs ne connaissent pas larabe. Au fond deux-mêmes, il y a une résistance à connaître larabe, car cest connaître la langue de lennemi. Au tableau, les professeurs écrivent en arabe et en hébreu. Le professeur Hats me confie quaprès ce projet, il aimerait faire quelque chose pour que les Juifs apprennent larabe. « Toutefois, explique-t-il, cest beaucoup plus difficile que lhébreu, malgré une parenté [sémantique] originelle », et il admet quil y a une difficulté supplémentaire pour les nouveaux immigrants, qui doivent dabord apprendre lhébreu.
Lenseignement inclut des cours théoriques, des rencontres avec des personnalités politiques ou publiques, des discussions et des visites dans des institutions gouvernementales. Cela permet à chaque étudiant de développer un sens civique actif, une approche critique de la citoyenneté.
En Israël, il y a beaucoup de problèmes entre les personnes : Arabes et Juifs ; entre les Juifs eux-mêmes, religieux ou non. Par exemple, les Arabes de Jérusalem sont résidents permanents en Israël, ils peuvent voter aux élections municipales, mais pas pour élire les députés à la Knesset.
« Dans tout pays démocratique comme en Israël, il existe des groupes différents. Ce qui est important, cest quils puissent vivre ensemble. Comment vivre une démocratie quand il y a beaucoup de cultures différentes ? », sinterroge Hats.
Les étudiants approfondissent leur connaissance et leur compréhension des concepts de base de la citoyenneté, des lois, du gouvernement, etc. Ils participent à des discussions sur des problèmes fondamentaux qui se posent à Israël en tant quEtat juif et démocratique.
Cette formation est portée à la connaissance du public par voie dannonces dans les journaux et dans les écoles. Il y a aussi des associations qui donnent de largent pour des projets comme celui-ci.
Il y a encore un autre problème : chez les Juifs religieux orthodoxes, les filles et les garçons nétudient pas ensemble. Il ny a donc pas beaucoup de publicité dans les écoles religieuses. Actuellement, deux écoles religieuses participent pourtant au programme. Cette année particulièrement, ce sont les filles religieuses qui sont les plus motivées.
« Ce qui est important, dans ce cours, cest quArabes et Juifs travaillent ensemble, étudient ensemble, se découvrent les uns les autres. Par exemple il y a environ 3 mois, un rabbin ultra-orthodoxe (haredi) est venu parler à la classe de ce quil croit. Il est prêt à revenir avec joie ! », conclut le professeur Hats.
Agnès Staes
© Un écho dIsraël
Mis en ligne le 25 avril 2008, par M.











