Union des Patrons et Professionnels Juifs de France
Vous êtes : Accueil » Tribune/Opinions» Contributeurs Spécialisés
Contributeurs Spécialisés
L'anti-israélisme du sous-préfet Guigue a pignon sur rue chez L'Harmattan
Il m’a paru utile de signaler au moins trois ouvrages de B. Guigue dont j’ai connaissance. Leur impact anti-israélien est d’autant plus effectif – et donc redoutable -, qu’ils sont parus chez un éditeur réputé sérieux, et que tant leur brièveté que le caractère « agréable » de l’écriture de l’un d’entre eux au moins (à en croire son recenseur), charment le lecteur et ont plus de chances de le convaincre que des ouvrages remarquables, mais aussi plus copieux et/ou plus exigeants. On retiendra l’antidote fourni par le recenseur, "sous le prétexte de dénoncer les « mythes pro-israéliens", on assiste à la transformation des "mythes pro-palestiniens" en vérités authentiques ». (Menahem Macina).
Imprimer    Envoyer à un ami 

22/03/08

 

Ci-après les brèves recensions des trois ouvrages de cet auteur, dont nous avons épinglé, avec d'autres l'anti-israélisme militant. (Voir : Bruno Guigue, "Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU", et  "Un sous-préfet diffame Israël".).

 

 

Bruno Guigue, Aux origines du conflit israélo-arabe. L’invisible remords de l’Occident. L’Harmattan, Coll. Comprendre le Moyen-Orient, 1998, 110 p.

 

Recension par le prof. Yves Chevalier, dans Sens, 2000/5, pp. 285-286.

 

 

La thèse que défend Bruno Guigue, ancien élève de l’Ecole normale supérieure et de l’Ena, n’est pas nouvelle : la proclamation de l’Etat d’Israël, il y a cinquante ans, a été une injustice flagrante envers la population palestinienne, sur laquelle l’Occident a transféré la charge de « réparer » le mal fait aux Juifs par l’antisémitisme ; et ce péché originel de l’Occident rend compte, par le privilège éthique qu’il confère à l’Etat d’Israël, de la politique d’arrogance et de supériorité de l’Etat juif. L’Occident – il faut lire en fait, les nations d’origine et d’inspiration chrétiennes – en accordant la reconnaissance internationale à un Etat pratiquant le déni de droit envers la population autochtone, n’a fait que prolonger au XXe siècle l’ethnocentrisme qui était déjà au fondement de l’extermination des populations amérindiennes après la découverte du Nouveau monde, du dépeuplement systématique du continent africain par la traite des Noirs, des atrocités commises au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par les puissances coloniales, et même du génocide perpétré par les nazis à l’encontre du peuple juif.

 

Pour le démontrer, l’auteur propose ici un essai qui veut « mettre en question le point de vue qui fut longtemps dominant dans les sphères occidentales » en remontant jusqu’aux origines de l’antisémitisme européen. Car c’est bien là, pour lui, la clé du problème : dans le complexe judéo-européen où le Juif joue un rôle à la fois de miroir et de victime maximale – autant, au stade de la bonne conscience, par la systémacité de la persécution, qu’au stade de la mauvaise conscience, par le laxisme envers ses exigences, et en particulier envers l’intransigeance des dirigeants israéliens. De ce fait, il insiste sur l’ambivalence de la tradition chrétienne – lui opposant l’ouverture de l’islam, qui, « à l’inverse, a su accueillir en son sein les fils d’Israël ».

 

Il y aurait beaucoup à dire à propos d’une telle thèse : discuter telle ou telle affirmation, montrer que telle interprétation reste indécidable ; surtout qu’elle repose sur un postulat suivant lequel l’Etat d’Israël trouve sa seule légitimité dans le devoir de réparation à l’égard des rescapés de la Shoah. Si cette dimension n’est probablement pas absente, en particulier lors du vote, en 1947, du plan de partage, c’est diminuer drastiquement la signification de la fondation de l’Etat que de l’y restreindre.

 

Et l’Occident – terme générique qui demanderait à être précisé – est peut-être ce qu’en dit Bruno Guigue, cet espèce de monstre de bonne conscience, habile à transférer sur l’Autre sa propre responsabilité. Il est, heureusement, aussi autre chose. L’histoire « révisionniste » qu’en propose l’Auteur reste peu satisfaisante.

 

Yves Chevalier

 

-----------------------------

 

Bruno Guigue, Aux origines du conflit israélo-arabe. L’invisible remords de l’Occident. L’Harmattan, Coll. Comprendre le Moyen-Orient, [rééd.] 2002, 190 p.

 

Recension par le prof. Yves Chevalier, dans Sens, 2004/6, pp. 342-343.

 

 

L’Auteur, ancien élève de l’ENA et collaborateur de la revue des Etudes, réédite ici, sous une forme actualisée, un ouvrage déjà paru chez L’Harmattan, en 1998 (voir recension ci-dessus). La thèse reste la même, ce qui ne saurait surprendre : que la guerre engagée par les Etats-Unis contre le terrorisme international éloigne, même si d’aucuns pensent le contraire, une solution équitable du conflit, conduisant les Palestiniens au choix biaisé entre une résignation sans espoir et une révolte sans issue. Et l’Occident, depuis cinquante ans, loin de faire pression sur Israël pour qu’il limite ses ambitions, n’a fait qu’encourager ce dernier en le confortant dans son sentiment de supériorité morale. A l’inverse, la partie palestinienne est, a priori, suspectée d’arrière-pensées, et c’est pour cela qu’Israël ne peut et ne doit pas lui faire confiance…

 

Que les politiques d’Israël, des Palestiniens ou des Etats-Unis ne soient pas toujours claires, nul ne le niera ; qu’elles aient même été plus d’une fois maladroites, cela ne fait aucun doute… Et peut-être l’Occident – mais la notion est trop vaste pour être vraiment pertinente : il faudrait préciser – a-t-il sa propre responsabilité dans la situation actuelle. Mais en rendre Israël seul responsable, avec la bénédiction de l’Occident, c’est pratiquer l’exagération que l’on reproche précisément aux « autres » de faire. Et s’il ne faut pas conforter Israël dans sa bonne conscience, il ne faudrait pas non plus conforter les Palestiniens dans la leur, à moins que ce que l’on recherche soit précisément d’enfoncer les uns comme les autres dans l’impasse où ils sont déjà.

 

Yves Chevalier

 

-----------------------------

 

 

Bruno Guigue, La guerre des mots. L’Harmattan, Coll. Comprendre le Moyen-Orient, [rééd.] 2003, 110 p.

 

Recension par le prof. Yves Chevalier, dans Sens, 2004/6, p. 343.

 

 

Il ne s’agit nullement de « comprendre le Moyen-Orient » (comme le titre de la collection le laisserait penser), mais de dénoncer ce que l’Auteur appelle la « narration dominante » en Europe, et en France en particulier, où [selon l’auteur] la propagande israélienne est complaisamment relayée par des intellectuels qui ont pignon sur rue.

 

Certes, comme il n’y a pas, selon lui, de solution militaire au conflit, l’issue de ce dernier se joue au niveau de l’opinion publique internationale ; ce qui expliquerait la « guerre des mots » que se livrent les commentateurs. Mais alors que l’on croyait – et un certain nombre d’études essayaient de le montrer – qu’une désinformation et une diabolisation étaient en œuvre, dans les médias européens, pour donner d’Israël une image déformée, Bruno Guigue entend nous démontrer que désinformation et diabolisation touchent les Palestiniens et leur juste cause, et que les intellectuels juifs, pour l’essentiel, y prennent une part active. Qu’un prétendu « retour de l’antisémitisme » est instrumentalisé comme moyen de propagande pro-israélienne ; que la présentation de donnée dans la presse pour expliquer l’échec des négociations israélo-palestiniennes sous l’égide des Américains désigne systématiquement la responsabilité de la délégation palestinienne, et en premier lieu d’Arafat lui-même, mais occulte aussi systématiquement la responsabilité – pour ne pas dire plus – de la délégation israélienne… [Il s’agissait alors des négociations de Camp David].

 

L’ouvrage est agréablement écrit, la démonstration habile. Il convaincra ceux qui, faute de connaissances historiques sérieuses et adéquates, ne pourront pas prendre le recul nécessaire pour adopter une attitude critique et faire le départ entre mythes et réalité. Car c’est bien à cela qu’on assiste ici, sous prétexte de dénoncer les « mythes pro-israéliens », à la transformation des « mythes pro-palestiniens » en vérités authentiques.


Un manichéisme inacceptable.

 

Yves Chevalier

Professeur à l’Université de Tours et directeur de la revue Sens

 

© Sens * 

 

 

* Sens: Juifs et chrétiens dans le monde aujourd'hui est une revue publiée mensuellement à Paris par l'Amitié judéo-chrétienne de France. Voir aussi "L'Amitié Judéo-Chrétienne de France (A.J.-C.F.) et la revue Sens".

 

 

Mis en ligne le 22 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

World wild web consortium
Moteur de recherche google
Search Engine google
Search Engine Yahoo
Moteur de recherche Yahoo
Moteur de recherche voila
GUYSEN ISRAEL News
AC-Medias.org
Agence Juive pour Israël
Alexandre Del Valle (site)
Aliya (Fondation Leavi)
Ambassade d'Israël en France
Ambassade d'Israël en Belgique
Amitiés Québec-Israël
Antisémitisme.info
Aroutz7
Belsef
Calendrier juif
Chrétiens et juifs
CID-Info
Communauté online
Connec'Sion.com
Conscience Politique
Consistoire de Paris
Coordination Lutte antisémitisme
CRIF
Desinfos.com
Die Jüdische (en allemand)
Europolitica
Facts of Israel (bilingue)
Famous Jews
France-Israël
Franceisrael.info
Guysen
Hébreu (Morim)
Hebreunet.org
Histoire juive
Infoweb-J
Honestreporting
Israel Hasbarah Committee
Israël Magazine (fr)
Isranews.com
IsraTV
Jerusalem Post (français)
JTA
Judeoscope (Québec)
KKL
Laïc-info
Lutte contre le négationnisme
MediaLine
MEMRI (presse arabe traduite)
Middle East sites
Ministère israélien de l'Aliyah
Myths and facts
Négation de la Shoah
Objectif Information
Observatoire Médias Palestiniens
Palestine Facts
Palestinian Medias Watch (PMW)
Presse mondiale sur le Web
Primo-Europe
Proche-orient.info
Révisionisme démasqué
Shalom Israël
Sionisme (un siècle de)
Tsahal en anglais
UEJF
Un écho d'Israël
UNIFAN, portail de l'alyah francophone
Valeurs actuelles