20 mars 2008
Selon un sondage du Figaro, portant sur 3 850 personnes, 93 % des Français estiment que lEtat ne doit pas payer pour la grâce des membres de lArche de Zoé (1). En revanche, ils ont admis (allègrement ?) le prix exorbitant de la libération des infirmières bulgares : les voyages de nos émissaires, le périple du président et de ses collaborateurs, les espèces sonnantes et trébuchantes, sans oublier le coût politique de linvitation faite à M. Khadafi, ni le ridicule de sa réception à Paris dans sa guitoune. Rappelons surtout, selon les termes de la conférence de presse donnée dans notre pays, lavenir que ce dernier nous destine : « Sans épée, sans fusil, sans conquête, les 50 millions de musulmans en Europe la transformeront bientôt en continent musulman » (2)
Demandons-nous aussi pourquoi la quasi-totalité des Français manifeste une telle différence de traitement entre les membres de lArche de Zoé et Madame Betancourt, une binationale, partie imprudemment quérir des suffrages pour être élue présidente
dun pays étranger (3). Son équipée nétait pas moins fantasque que celle des membres de lArche de Zoé. Au moins ces derniers navaient-ils pas organisé cette équipée en vue dun intérêt personnel, mais animés dun souci humanitaire.
Pourtant, la somme qui a déjà été consacrée à la campagne visant à la libération de Madame Betancourt est considérable, probablement plus élevée que celle réclamée par les autorités tchadiennes. Pour ne citer que la partie émergée de liceberg : un avion gros porteur de larmée de lair pour une tentative ratée dévasion (4), les nombreux voyages des uns et des autres (parmi lesquels les otages colombiens libérés) payés par le Quai dOrsay. Autant de manuvres, au demeurant, qui nont fait quaugmenter le prix de lotage. Illogique, en vérité !
Le plus grave est le prix politique que les Français, là encore, ont accepté de payer : la reconnaissance par la France dun groupe de terroristes, enrichis par le commerce de la drogue et celui du rapt, les entretiens secrets avec des assassins, et la perspective honteuse dune rencontre au plus haut niveau. Cette rencontre, sollicitée par notre président, se déroulerait « à la frontière » dun Etat ayant démocratiquement élu ses dirigeants. Comptons sur M. Chavez - il sait si bien le faire - pour organiser, dans la jungle, un cérémonial digne de lentrevue du Camp du Drap dOr. Si vous pensez encore que « le crime ne paie pas », soyez certains, en revanche, que le terrorisme paie toujours.
Bon, il semble que les Français soient encore logiques, puisquils napplaudissent plus au spectacle, quils napprécient pas les « coups », quils mégotent, désormais, leur soutien au président.
Sont-ce donc les Français, ou leur élus, qui ont cessé dêtre cartésiens ? Nos concitoyens ont voté pour des représentants de la droite en mai 2007 et, le lendemain, le gouvernement comptait un quarteron dadversaires de la veille (5). Récemment, à loccasion des élections municipales, les électeurs étaient mis en garde par le parti de droite contre le danger dun retour des partis de gauche, mais on leur annonçait tout de go que « louverture » à gauche se poursuivrait. Comportement non seulement illogique, mais cynique et infructueux.
Qui nous fera croire encore que le bon sens est la chose le mieux partagée en France ?
©
------------------------
1. Le Figaro, 10 mars 2008.
2. Le Figaro, 19 décembre 2007.
3. "Le syndrome de Bogota", Réseau Liberté, 12 décembre 2007.
4. "LIngridgate, ou la France perdue dans le labyrinthe colombien", Le Figaro, 14 février 2006.
5. "Louverture. Attention aux courants dair", sur le site Aubagne-sur-le-cours, 12 mai 2007.
------------------------
Mis en ligne le 21 mars 2008, par M.











