[*] "Pour la suppression des journalistes-éponges tout dévoués à la cause palestinienne". http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-13899-145-7-suppression-journalistes-eponges-tout-devoues-cause-palestinienne-macina.html
(Info # 012003/8) [Analyse] réalisée pour © Metula News Agency [**]
Washington, le 12 mars 2008
A lépoque soviétique, le pouvoir communiste avait mis le marché de linformation dans les mains de la grande agence de presse UPI (United Press International) : soit M. Untel, grand reporter, qui les gênait fort, cessait dexercer en Europe centrale et orientale, soit lUPI cesserait dêtre accréditée dans tous les pays du bloc communiste. Que croyez-vous quil arriva ? LUPI céda. On n'allait tout de même pas sacrifier la présence de lagence dans cette vaste région pour un seul journaliste, si excellent fût-il.
Le cas se produisit et se reproduisit sans cesse, de 1918 à 1990. Cette manière de procéder renaît aujourdhui de ses cendres, sous des formes légèrement moins grossières, en Russie poutinienne ; de temps en temps, on y tue un journaliste dinvestigation étranger, pour "encourager" les autres à lautocensure. Dans lenfer pâteux de Vladimir Poutine, les guébistes ont repris les mauvaises habitudes, suspendues un temps pour réparation et réfection. Mais ce qui importe ici, cest le mécanisme mis en oeuvre.
Dans une société non libre, linformation est une denrée rare. Plus elle est contrôlée par le pouvoir despotique ou dictatorial, plus elle est difficile à trouver, à extraire, à diffuser. Le contrôle crée la rareté, et la valeur. Qui contrôle les flux dinformations sempare dune « hauteur stratégique », expression de Lénine, qui ne pouvait se passer de la métaphore militaire, même quand il parlait de camembert ou de blinis. Qui contrôle le flux dinformations contrôle les perceptions. Cest ainsi que lOccident entier croyait tout uniment, jusquà 1990, que lAllemagne de lEst était « la huitième économie du monde », alors quil sagissait en fait dun tas de rouille obsolète, improductif et mal agencé. La surprise fut totale lorsquon découvrit la vérité des faits (laquelle était dailleurs parfaitement disponible au niveau micro-économique pour quiconque, Allemand, avait de la famille à lEst, à laquelle il rendait visite : mais Müller ou Schmidt, les pauvres, nétaient ni « journalistes » ni « experts » et navaient donc pas voix au chapitre).
La méthode du contrôle est celle du raton laveur : le contrôleur-censeur étrécit au maximum le flux (le courant dinformations), en y dressant des obstacles insurpassables ; il place un barrage au gué et le tour est joué. Il suffit de contrôler le barrage sans avoir besoin de contrôler lampleur du courant, la largeur du fleuve, etc. Le Kremlin était en mesure de choisir les correspondants qui seraient accrédités, ceux qui seraient pourchassés et ceux à qui on offrirait les interviews exclusives, laccès aux puissants du jour. Les autres, qui soccupaient de dissidents, on les matraquait, on les expulsait, on les contraignait à lautocensure pour rester en poste ! Voilà qui permettait de sélectionner les porteurs de nouvelles, désormais placées entre des mains amies, favorablement disposées et sans danger.
Ce nest pas que tous les pourvoyeurs dinformation en poste à Moscou, Prague, etc., aient été des vendus, des pourris mais ils avaient vendu leur âme au diable, même un bout dâme. Goethe nous a parlé, dans le Faust, des conséquences funestes de ces marchés de dupes. Les meilleurs analystes occidentaux étaient interdits de séjour ; restaient les autres, ceux qui avaient des complaisances. Ils ne faisaient que leur métier, comme dautres, dans un autre domaine, qui avaient obéi aux ordres. La même chose valait pour les chercheurs, quon ne laissait entrer et chercher que sur une base hautement sélective et orientée. Labsence des meilleurs « médiocrisait » les produits, ce qui faisait, bien sûr, laffaire du régime.
Le régime chinois a une vieille pratique de ce genre de méthode. Vous voulez rencontrer vos collègues à Pékin ? Vous voulez aller faire des études sur le terrain ? Ah ! mais il vous faut un visa, un hukou (certificat de résidence), ceci, cela et encore autre chose. Et ne vous occupez donc pas de tel ou tel sujet, cest mauvais pour la santé. Et si vous déplaisez, plus question de mettre les pieds en Chine, comme feu lun de mes amis, éminent sinologue, qui avait fort déplu : interdit de séjour ! Il faut dailleurs reconnaître que les choses ont sensiblement changé à Pékin : les zones dindifférence forcée et de « mauvaise santé » ont très considérablement diminué, sans avoir lactualité nous le rappelle complètement disparu.
Le principe, donc, est celui-ci : contrôler le flux de linformation pour contrôler sa direction, ses courants, sa teneur. Soumis à restriction, le flux devient tributaire du pouvoir, quel quil soit. La logique économique est implacable : il est indispensable dêtre présents sur place, il faut donc saccommoder des conditions qui y règnent et se soumettre aux desiderata de ce pouvoir. Une fois lâme vendue, plus question de la récupérer, ou, en termes économiques : on a tant investi dans une entreprise pourrie quon ne peut plus la laisser filer, il faut renflouer à jet continu. Cest un principe dinvestissement : linvestisseur doit juger si le prix payé pour la valeur excède le profit escompté ou représente une décote. Les choix faits par les médias sont, au départ, économiques, mais se chargent, au fur et à mesure du temps qui passe, de lourds fardeaux politiques.
Sil est un coin du monde où la restriction-contrôle règne en maîtresse : cest le Moyen-Orient arabo- musulman. LEgypte, au totalitarisme mou, le royaume wahhabite, au despotisme borné et aveugle, même lIran de ces ayatollahs adroits et manipulateurs, le Liban, où les Syriens vous tueront pour un verre de thé à la menthe, ne sont pas les cas les plus significatifs. Explorons.
On sait que la chaîne CNN, en particulier, passa un accord durable avec Saddam Hussein : le dictateur, ultérieurement pendu mais alors tout-puissant, leur offrait dêtre les seuls journalistes occidentaux en poste à Bagdad ; la contrepartie : autocensure et complaisance envers le régime. Cest dégoûtant, mais ainsi va CNN. La chaîne passa sous les Fourches Caudines du nouveau Saladin. La soumission la dhimmitude du journaliste occidental sont passées dans les moeurs. Elles y côtoient la dhimmitude des ONG, de lONU, des représentants humbles et soumis de lUnion Européenne. Naccablons pas les médias : ils font comme tout le monde.
Et le cas le plus intéressant, la MENA en a donné, au fil des années, une documentation foisonnante, cest ce qui se passe dans les territoires régis par le Hamas et l« Autorité » palestinienne depuis Arafat.
Les grands médias fournisseurs des réseaux dinformation internationaux nont, pour la plupart dentre eux, pas de correspondants occidentaux en poste permanent à Gaza ni en Judée-Samarie. Les correspondants permanents sont basés à Jérusalem, quelquefois à Tel-Aviv. Le terrain est couvert par des stringers (pigistes) et cameramen-photographes palestiniens qui, eux, sont sur place. Ils nourrissent leurs patrons de feed dinformation. Sans eux, pas de reportages, sauf quand leurs majestés les correspondants vont faire une virée protégée. Mais la couverture quotidienne vient des stringers.
Ce sont eux qui collectent linformation sur le terrain. Prenons un exemple entre dix mille : je lis à la Une du Washington Post du 3 mars un article de tête sur les cinq jours daction de Tsahal à Gaza. Je passe brièvement sur les petites infamies de composition on démarre avec le « spasme de violence », on poursuit avec « une offensive israélienne qui a enragé les Palestiniens », on continue avec la « guerre criminelle contre le peuple palestinien », dont parle ce vieux mâtin dAbbas. Israël ne prévoit pas de sarrêter, continue larticle (!).
Tout cela, cest la propagande anti-israélienne normale, on sy attend. Puis vient le matériau descriptif de terrain, le reportage de proximité : il sagit presque exclusivement dexacerber, dexhiber la souffrance palestinienne, celle des civils en particulier. Larticle mentionne en long et en large des Palestiniens moyens, qui, évidemment, accusent Bush et les Etats-Unis (?!), dénoncent le fait que ce sont « les enfants palestiniens qui meurent ». Hôpitaux, blessés, morts, mamans, etc. Pas une fois larticle ne suggérera que le Hamas empile les civils comme boucliers humains dans et sous les maisons utilisées pour lancer les Qassam. Le mensonge par omission est colossal, délibéré, orienté.
Au bas de larticle, on lit « notre correspondant spécial, Reyham Abdulkarim, à Gaza City, a contribué à cet article ». Avec ce « journaliste » palestinien, nous touchons du doigt le principe de restriction-censure-manipulation.
Depuis les débuts de lère Arafat, lexercice des professions dinformation dans les Territoires est totalement soumis à lacceptation par les informateurs dun marché impératif : quiconque publiera quoi que ce soit qui pourrait « ternir limage de la lutte du peuple palestinien » aura les jambes cassées, sera kidnappé et battu, verra ses proches inquiétés. A la rigueur, les journalistes occidentaux pourraient échapper aux menaces, sils avaient le moindre iota de courage, ou tout simplement de dignité professionnelle. Mais ils sont trop occupés à lécher les parties sensibles de ces bons Palestiniens, et trop obsessionnellement opposés à Israël, pour sen soucier.
Quant aux stringers palestiniens locaux, ils sont tout à la dévotion du pouvoir. Ils ont compris (même sans les menaces et les bastonnades - qui sont tout de même bien utiles pour encourager les sentiments nationaux) quon peut vivre ou mourir selon ce que lon écrit. Ils écrivent bien. Ils photographient bien. Ils filment bien. Ils sont non seulement des menteurs, et des truqueurs, ils font partie intégrante de lappareil de propagande du Hamas ou de l« Autorité ». Ce sont des soldats enrôlés par force, idéologie, ou les deux à la fois. Ils sont et ils ne sont que - des instruments de la guerre politique et médiatique menée par le monde arabo-musulman contre Israël. Ce quils envoient est non seulement dénué de valeur dinformation ; il ne sagit QUE de désinformation. Ce ne sont pas des journalistes, ce sont des spécialistes de lagit-prop, des désinformateurs professionnels. Leur job est de monopoliser, de truquer, de biaiser les images et les mots qui sortent des Territoires.
Leurs pseudo-reportages passent directement à Reuters, la BBC, lAFP et autres, qui les rediffusent dans la presse et la télévision du monde entier ; ou qui passent à labjection pure quest al Jazzera et ses alter ego, non moins ignobles, que sont les télévisions arabes. Lidée dinformation est étrangère au monde arabe, où les « nouvelles » sont lapanage des autorités, l« information » est une fonction parmi dautres de lEtat.
Corruption et trucage des agences occidentales, simulation et faussaires palestiniens. Que faire ?
Premièrement, il faut sattaquer au problème des correspondants internationaux. Jai été interviewé des dizaines de fois par la BBC, pour ne parler que delle. Quand les grinçantes pimbêches ultragauchistes de la radiotélévision britannique parlent dIsraël, la haine suinte, le ressentiment vaniteux ruisselle, le désir de détruire sexacerbe. Franchement, je préférerais dîner avec le Ku Klux Klan, qui, au moins, ne prétend à rien sauf à lantisémitisme obsessif, sans le déguiser de motifs humanitaires, pacifistes et sentencieux.
Je ne vois par pourquoi Israël donnerait une accréditation de journalistes aux militants de sa propre disparition. Sils veulent aller faire leur sale besogne, quils la fassent sans aucune aide ni protection de lEtat. Sil leur arrivait malheur, eh bien, ce sont les risques du métier. La même chose vaut pour les infâmes ONG, dont luvre principale et lobjet sont le discrédit et la destruction dIsraël, et pour la racaille onusienne, qui a, depuis un demi-siècle, pris le parti de se ranger entièrement sous la bannière islamo-nationaliste.
Ah ! mais le ministère israélien des affaires étrangères tient trop à la considération et au respect de la bonne société internationale. Que dirait-on, à lONU, au Pen Club, à Oxford et à Harvard, dans les clubs diplomatiques ? Que diraient « nos collègues » du Quai dOrsay ? Ils seraient bien capables de nous critiquer ! LUnion Européenne froncerait les sourcils. Tsipi Livni et Cie semblent plus tenir à leur bonne renommée dans la jet-set quaux intérêts dIsraël. En fait, ils préfèrent brader ceux-ci afin de conserver celle-là. Pas doffense, même légère ! Quimporte limage de la nation et de lEtat, puisquil faut jouir de lestime des « collègues » ! Mieux vaut être un membre estimé (croit-on) de la grande famille du snobisme intellectuel de la bien-pensance. Il y a là comme une exhalaison de Juifs allemands assimilés, qui ne pouvaient rien croire avant de passer les portes de lEnfer. Livni, les autres, en cas de catastrophes, pourraient toujours écrire leurs tristes mémoires, élégiaques évocations dun monde disparu. On suggère comme titre : Jai échappé au four crématoire atomique mon héroïque évasion.
Non, Israël devra choisir, en intériorisant le principe de linterprétation économique de la guerre politique. Pour ne pas la perdre, pour la gagner, il faut impérativement appliquer le principe du raton laveur. Il faut empêcher la monopolisation et laltération de linformation en provenance des Territoires. Cela veut dire que les stringers palestiniens ne doivent pas être reconnus comme journalistes. Ce sont des agents ennemis, non des journalistes, qui doivent être traités pour ce quils sont, des rouages dans la machine de guerre arabo-djihadiste, qui opère pour détruire Israël.
En temps de guerre, on fusille les espions et les agents ennemis, on ne leur remet pas des cartes de presse.
Ah ! les belles âmes de la communauté internationale brailleront. Un ministère des Affaires Etrangères digne de ce nom ne laisserait passer aucune occasion de dire à Javier Solana : « Taisez-vous, assassin, complice ! ». Ça jetterait un froid. Ça romprait avec le ronron diplomatique.
Mais aussi, pourquoi ne pas faire payer ces pourvoyeurs de meurtres ? Une déclaration de lUE condamne Israël pour « usage disproportionné de la force » ? Le cabinet israélien annonce, en liant les deux événements, quà titre de mesure dautodéfense, un nouveau bloc dimplantations sera construit près de Jérusalem. Il sera nommé « Europe ». Si cest le ministre anglais qui ouvre son sifflet, le bloc sera baptisé « York », pour le pogrom du même nom, ou « Héritage de Bevin », du nom du virulent judéophobe travailliste, ministre des Affaires Etrangères, qui voulut assassiner le Yishouv (le Foyer National Juif, Israël avant sa proclamation dindépendance. Ndlr.).
Faisons travailler notre imagination. Les ONG, ça sexpulse. Israël, pour agir comme agissent les bons Juifs, en a bien assez toléré. Les Israéliens sont des citoyens internationaux modèles, ces braves gens. En entrant dans les chambres à gaz, Herr Professor Salomon Wertheimer disait encore Bitte schön, sans doute pour exprimer sa gratitude de mourir par du gaz allemand.
La guerre politique doit être menée. La guerre de linformation en est une composante essentielle. Je ne parle même pas de la lamentable politique de linformation à létranger du ministère des Affaires Etrangères dIsraël ! Il est indispensable à lEtat hébreu de libérer linformation palestinienne ! Tant que celle-ci reste soumise au totalitarisme des puissances au pouvoir, la crucifixion dIsraël comme « Juif des nations » a le champ libre. Le monopole exercé dans les Territoires favorise la mise en condition, lembrigadement, la « sidération » des Palestiniens eux-mêmes
A lépoque de Staline - le fait est authentique -, quand on tournait le bouton de sélection de la TSF, tous les postes étaient identiques, cétait Radio Moscou. Comment sétonner du crétinisme servile de la population soviétique ? De même, tout ce que répercute la presse internationale au monde de l« information » palestinienne, cest la ligne qua créée la direction palestinienne. Cercle vicieux. Cest lui quil faut rompre. La guerre politique nest pas plus jolie que la guerre elle-même. On fait la guerre pour survivre. Pour survivre, il faut faire la guerre politique.
Laurent Murawiec
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Mis en ligne le 20 mars 2008, par M.
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