Info # 020903/8) [Analyse]
1ère partie : Courage fuyons !
La fièvre autour de lAffaire Al-Dura a enfin gagné Israël. Pendant des années planait le doute sur lintérêt que portaient les Israéliens et leurs autorités au bras de fer qui met aux prises Charles EnderlinFrance 2 à la Ména, ainsi que leurs alliés et sympathisants respectifs. Le doute en question fit longtemps les affaires de la chaîne publique française, qui se plaisait à isoler notre démarche, tentant de la présenter comme linitiative dhurluberlus que personne ne suivait, même dans leur propre pays.
Au niveau des autorités, le Bureau Gouvernemental du Journalisme, rattaché à celui du Premier ministre, avait pourtant, dès 2004, mis les points sur les i et affirmé sans réserves, par lintermédiaire de son directeur, Daniel Seaman, que le reportage de FR 2 était une mise en scène.
Le porte-parole de larmée, quant à lui, défend que Tsahal na pas tué Mohamed Al-Dura, dans lattente, pour se prononcer sur laccusation de mise en scène, de recevoir les rushes quil a demandés par écrit à la chaîne française. La réponse quil a reçue à ses courriers est pour le moins déroutante : cest non, mais Enderlin se propose de présenter lui-même, en séance privée, des images à des généraux supérieurs. Ce qui fait une belle jambe à Tsahal, intéressée par lanalyse professionnelle des rushes dAbou Rahma afin de faire avancer son enquête.
Larmée israélienne, première concernée selon la décision du Tribunal correctionnel de Paris, est ainsi empêchée de consulter les rushes présentés à la justice française en présence dun public nombreux. Vous avez dit bizarre, cest effectivement bizarre
Mais, pendant quà Paris, Philippe Karsenty sescrimait, fin février, à la Cour dappel, contre Mademoiselle Chabot et Charles Enderlin [voir lexcellent compte rendu de
A quand une initiative similaire de la part dun média tricolore, se demandent en soupirant les Français désireux de se faire une conviction sur la base des conclusions des uns et des autres, et non sur les seules insultes de Mademoiselle Chabot et dEnderlin contre leurs détracteurs ?
Yoram Shefer fit les choses en grand, nhésitant pas à se rendre dans la capitale française à loccasion du visionnement des rushes. Les enquêteurs de lAffaire, Nahum Shahaf et Stéphane Juffa, pour notre agence, de même que la journaliste allemande, Esther Shapira, répondirent favorablement à la demande dentrevue de Shefer. Les autres personnes mêlées à la dispute et au procès Karsenty firent de même, ainsi quun professeur israélien, spécialiste des médias.
Lorsque vint le tour dEnderlin dêtre sollicité, celui-ci invoqua une action en cours, intentée contre lEtat par lassociation davocats, Shurat ha-din (Le for [3] de la Justice), à la Cour suprême à Jérusalem (1), pour arguer quil ne pouvait pas participer à lenquête. Surpris, le réalisateur se tourna vers létude davocats Aaronsohn Sher Aboulafia Amoday & Co., ayant accepté de représenter le correspondant de FR2 en Israël, pour obtenir les détails du refus. Maître Louise Sportas infirma les allégations de son client, expliquant quil ne sagissait pas de la même affaire et quil était libre de participer à lémission.
Me Sportas accompagna toutefois son acceptation de la condition, très inhabituelle en matière médiatique, que Charles Enderlin fût accompagné de son conseil lors de linterview. Re-surprise du réalisateur, qui, après avoir pesé le pour et le contre, soucieux de permettre à lun des principaux intéressés de sexprimer sur un différend qui le concerne au premier chef, décida de se plier à létrange condition posée par linterviewé.
Sensuivit une longue discussion de préparation entre Shefer et Enderlin, à laquelle le premier cité fut prié de se rendre sans micro et sans caméra et de sengager à ne rien dévoiler du contenu de cette rencontre - Enderlin nage décidément dans la transparence. A lissue de la rencontre, en dépit de la concession extraordinaire octroyée par Shefer aux usages journalistiques, [Enderlin] préféra ne pas participer au documentaire.
Toujours animé du même souci déquité, le réalisateur demanda à Enderlin de lui indiquer le nom de quelquun qui pourrait représenter son point de vue lors du débat qui suivrait lémission. Enderlin avança le nom de lex-numéro 2 du contre-espionnage israélien, Israël Hasson. Tout laisse à penser que les deux hommes se connaissent bien, puisque, quelques jours plus tard, Enderlin rappela Shefer pour lui demander pourquoi il navait pas encore contacté Hasson.
Finalement, Israël Hasson participa au débat. Un débat qui réunit deux autres intervenants : Gideon Levy, qui collabore à Haaretz, et Daniel Seaman, le directeur, déjà cité, du Bureau Gouvernemental du Journalisme.
Seaman répéta, lors de la discussion, que le reportage de FR 2 relevait assurément dune mise en scène. Levy, lun des chefs de file du post-sionisme et vedette israélienne dAl Jazzera, annonça que, bien quil nait pas consulté la moindre enquête au sujet de lAffaire Al-Dura, il était certain que Tsahal avait bel et bien tué lenfant.
Quant à Hasson, son intervention changea lissue de lémission, de virulent K.O contre Enderlin-France 2, en nette victoire aux points de leurs adversaires. Hasson fut le canot de sauvetage du navire des "antidreyfusards" qui, lundi dernier, prit leau de toutes parts.
Parlant bien, distingué, mais surtout auréolé par sa pénultième fonction, Hasson adopta une ligne de défense peu orthodoxe : il choisit de ne rien prendre en compte des preuves de la mise en scène, qui pullulaient dans le film de Shefer. Il annonça, en vrac, avec un sang-froid qui le disputait à linconséquence, quaucun élément du documentaire napportait la moindre évidence de lexistence dune mise en scène.
Même lanalyse de lexpert médical, le chirurgien, retrouvé par la Ména, Yehuda David, qui avait opéré le "père", Jamal Al-Dura, en 1994 à lhôpital Tel Hashomer, ne vint pas troubler la tactique du partisan dEnderlin. Pourtant, parmi les nombreuses preuves indiscutables référencées dans le film, le témoignage du Dr David est pour le moins incisif. Ce dernier démontra que les images des cicatrices, distribuées à la presse par Arlette Chabot, lors de sa "réunion dinformation" de novembre 2004, censées apporter la preuve de ce que Jamal avait été blessé par les balles de Tsahal en septembre 2000, sont en fait des cicatrices dues à une altercation avec des miliciens palestiniens en 1992, soit huit ans avant l"incident" de Nétzarim. Qui plus est, Yehuda David fit la démonstration médicale de ce que les cicatrices exhibées par Chabot étaient le résultat de blessures causées par un objet coupant, un couteau ou une hache, et non par des balles.
Ce qui interloque, dans cette seule démonstration scientifique, cest que lanalyse peut être refaite par nimporte quel médecin légiste, et quelle mènera invariablement aux mêmes conclusions. Ce qui interpelle, cest quil sagit en fait dune seconde imposture de la part de France 2, venant sajouter à la diffusion mondiale des images de la mise en scène de Nétzarim.

"Mohammed du matin", ou de l'après-midi ? (Cliché extrait de l'émission Mabat Shani, ici ajouté par www.upjf.org)
A la chaîne française, qui a réitéré son offre, devant la Cour dappel, dexhumer le corps du Mohammed du matin [4] ce que nous avons accepté immédiatement, sans pour autant causer deffet chez nos contempteurs, nous proposons de commencer par présenter les cicatrices de Jamal à des médecins légistes neutres, au lieu de les faire filmer par un caméraman parjure.
Il y a fort à parier que le clan des "antidreyfusards" fera comme sil navait pas lu cette suggestion, ce qui démontre, si cétait encore nécessaire, que leur démarche consiste à enterrer la réalité et non à la porter au grand jour.
Jean Tsadik
© Metula News Agency
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Note de lauteur
(1) Shurat ha-din demande à la Cour suprême dIsraël que le gouvernement retire les accréditations journalistiques de Charles Enderlin et de Talal Abou Rahma pour leur mise en scène de lAffaire Al-Dura.
A suivre
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Voir : " «Al-Dura : spin ou symbole ?». Reportage exclusif de la TV israélienne ".
[2] J'avais signalé cette émission, le 4 mars, dans mon bref article " « Al-Dura, diversion médiatique ou symbole ? » L'affaire Al-Dura à la TV israélienne ".
[3] "Mot qui vient du latin. Chez les Romains, le tribunal se trouvait établi sur la place publique, le 'Forum'. Il s'emploie dans certaines expressions juridiques tel "la loi du for", traduction de "lex fori" utilisée en particulier en droit international pour exprimer que la loi qui doit être appliquée à une situation déterminée est la législation du lieu où la juridiction qui a été saisie, est établie." (Dictionnaire du Droit privé, par S. Braudo, Conseiller honoraire à la Cour d'appel de Versailles, 2004). En langage courant, on parle aussi de "for interne", ainsi que de "for externe", et par métaphore, de for intérieur - la conscience. En ce qui concerne le nom symbolique (tiré du Talmud) que s'est donné l'association d'avocats Shurat haDin, je le traduirais plutôt par "le cadre de la loi".
[4] Allusion à la découverte du physicien Nahum Shahaf, quun enfant, mort dans des circonstances inconnues, avait été amené à lhôpital avant midi, alors que lenfant censé avoir été tué par Tsahal serait mort vers 15h le même jour. Doù la question : les photos montrées à la presse par le médecin palestinien sont-elles celles du « Mohammed du matin », comme le dit ironiquement Tsadik, ou celles du Mohammed de laprès-midi, prétendument tué par des tirs de Tsahal ?
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Mis en ligne le 09 mars 2008, par M.
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2ème partie : Vous avez dit "dextrême droite" ? (suite et fin), Jean Tsadik
Retour à Yisraël Hasson, qui allégua que si lEtat dIsraël avait eu des doutes quant à ce qui sest réellement passé, le 30 septembre 2000 à Nétzarim, il aurait chargé le Shabak (le Contre-espionnage, dont Hasson était le no. 2) de lenquête, et que la vérité naurait pas échappé à ces spécialistes tout-puissants. Le Shabak est lil qui voit tout et qui sait tout, cest du moins sa réputation.
Excellente démonstration de jeu en touche du champion dEnderlin, il faut le reconnaître. Mais il est impossible de sarrêter sur cette prestation sans parler un peu plus en détails de son auteur : car, depuis quil a quitté le Shabak, ce Monsieur Hasson est entré en politique. Et pas dans nimporte quel parti, puisquil sagit d"Israël Beiténou", (Israël notre maison), la formation dAvigdor Lieberman. Or, si le Likoud représente la droite israélienne et le Mafdal (Parti des religieux nationaux), les partisans de ce que Charles Enderlin appelle les "colons", Israël Beiténou est encore plus à droite. A lendroit depuis lequel, plus à droite encore, il ny a plus quun immense précipice.
Le chef de file du désormais député Hasson, 3ème de liste, est une réplique intéressante du Christophe Blocher suisse, ou de Jean-Marie Le Pen. Cest Lieberman et le parti de Hasson qui proposent le transfert forcé de tous les Arabes israéliens vers le territoire de lAutorité Palestinienne. Cest encore Lieberman qui, en temps de paix, avait suggéré de bombarder le barrage dAssouan afin de noyer lEgypte sous les eaux du Nil.
Cest ici lendroit ou jamais de rappeler que Mlle Chabot, Enderlin et leurs amis ont coutume duser contre nous de linjure politique, en diffusant à la cantonade que nous ferions partie de lextrême droite israélienne. Pour ma part, javoue ne jamais avoir eu aucun contact avec les populistes dIsraël Beiténou et que je préférerais me couper un bras plutôt que de serrer la main de lun de ses députés. Dont acte.
Ce qui nest pas moins intéressant, cest de remarquer que Hasson na pas rejoint immédiatement les bancs du parlement après avoir quitté le service national. Il a dabord transité par les affaires de pétrole, jouissant de lappui financier dun personnage glauque du nom dOvadia Coco. Un individu qui sest rempli les poches ce nest pas nous qui le disons, mais notre confrère Uri Blau, dans un article dinvestigation très léché de huit pages, consacré à Hasson et Coco, publié (en hébreu uniquement) dans la livraison dHaaretz du 1er mai 2006 en vendant du pétrole à lAutorité Palestinienne.
Or, Blau sétonne que Hasson prétende quil navait jamais entendu parler dOvadia Coco pendant quil était sous-chef du Shabak. "Parmi tous les agents du Shabak dans le monde", écrit Blau, "cest Hasson qui prétend avec force quil navait jamais entendu les rumeurs au sujet des appartements secrets de Coco, de ses démêlés devant la justice pénale et de ses relations avec la direction palestinienne".
Pourtant, au Bureau du contrôle de lhabitant qui ne connaît ni ne voit tout, à la différence du Shabak, on connaît très bien Coco. Des ex-agents de Hasson dans le Shabak, savent parfaitement de qui il sagit. "Des articles ont été publiés à son sujet, dès 1998, et vous (Hasson), vous navez pas entendu son nom durant votre service", sinterroge Blau. Yisraël Hasson joue létonné, insistant sur le fait que, durant son service, il ne savait presque pas qui était ce personnage "qui allait et venait, à sa guise, entre les bureaux de Rajoub, Dahlan et Rachid. Ces bureaux quil (Hasson) avait personnellement la tâche, dans le cadre de ses fonctions au Shabak, de surveiller".
Voilà, en résumé, pour le pedigree et la crédibilité de celui qui vient de sauver Enderlin de la grande tasse, par un tour de passe-passe digne de Dany Larry. Le Shabak aurait dû tout connaître de lAffaire A-Dura, mais son numéro deux ignorait les activités sulfureuses de son sponsor Ovadia Coco. Coco, qui promenait les enfants des huiles frelatées de lAP dans les centres commerciaux israéliens pour les couvrir de jouets. Dur à avaler, non, mon cher Watson ?
Le site dinformation Ynet, qui appartient au quotidien israélien jouissant de la plus large diffusion nationale, a publié, deux jours après la projection du documentaire, dans sa rubrique "Opinions", un article (en hébreu) au vitriol, dYzar Beer, le directeur général de lassociation "Lécoute-Centre pour la Défense de la Démocratie en Israël". Dans ce texte, Beer accuse "les médias israéliens qui refusent de croire que lenfant a été tué par des balles de Tsahal".
De plus, lauteur de cette réaction remet en doute sans en donner la raison - les preuves techniques, notamment balistiques, établissant que lenfant du film de FR2 na pas pu être la cible des soldats israéliens. Beer y dénigre le physicien Nahum Shahaf, le qualifiant dilluminé, et y dépeint la Ména sous les traits dune "agence de presse de droite".
Il prétend qu"Enderlin a remporté ses procès en diffamation, ce qui implique que ses reportages journalistiques ont été vérifiés par le tribunal français et se sont avérés véridiques".
La lettre de Beer à Ynet a soulevé un immense tollé parmi les lecteurs, qui ont réagi en publiant des centaines de commentaires écoeurés. En outre, de très nombreuses personnes ont appelé notre rédaction à Métula pour nous signaler que leur commentaire avait été censuré par Ynet.
Jai traduit pour vous certains titres des réactions des lecteurs, qui donnent une idée précise de leurs sentiments : - Vous faites erreur ! Le sujet (la Controverse de Nétzarim) revêt une importance sans pareille Peut-être est-ce vous qui refusez dadmettre la vérité ! Ca devient ennuyeux dentendre à nouveau des Juifs qui se haïssent eux-mêmes Une atteinte à lintelligence Une tentative de fermer les bouches Beer le pathétique tente de sauver la propagande ignoble de lennemi La mort de lenfant Mohamemd A-Dura est une accusation arabe typique Quelle relation existe-t-il entre vous et la démocratie ? En résumé : nous avons crucifié Jésus et à chaque fête de Pâque, nous égorgeons quelques bébés Démagogie Le libre choix dêtre
aveugle Nous avons tous vu les images du mort qui se met tout à coup à courir Naïveté ou stupidité ? Le Monsieur ignore donc ce quest la démocratie La balistique est un outil objectif lors dun procès pénal Des mensonges comme les vôtres démontrent à quel point il est encore plus important de dévoiler la vérité etc.
En dépit des réactions quasi unanimes des lecteurs et de lintérêt suscité par la lettre dYzar Beer, Ynet refuse, jusquà maintenant, et pour une raison opaque, de publier les articles dopinion quil a reçus de ses contradicteurs, notamment la réaction de Nahum Shahaf, insulté par Beer.
Cest alors un autre media Internet, de la même importance que Ynet les deux figurent parmi les 20 000 sites les plus fréquentés au monde Nfc (News First Class) qui a répondu à Yzar Beer, par la plume de léditorialiste Boaz Moscowitch. Son article (en hébreu) débute par le sous-titre suivant : "Lhomme qui se prétend le défenseur de la démocratie israélienne soppose au droit de personnes différentes de lui de se servir de la science, denquêter sur la vérité et de publier leurs conclusions. Qui est ici original et illuminé ?".
La suite nest pas tendre pour Beer, cest le moins que je puisse en dire : à preuve sa photographie, avec la légende : "Fasciste typique".

La photo dYzar Beer dans Nfc
munie de la légende : "Fasciste typique"
Quant à lauteur du documentaire, Yoram Shefer, il a rédigé une lettre ouverte à Yzar Beer, dont il a bien voulu nous faire parvenir une copie. Shefer y dresse la liste des contrevérités apparaissant dans le texte de Beer, quil affirme être " (
) parsemé derreurs et de distorsions, et dicté par la colère sacrée, qui ne recèle pas, ne serait-ce que dun seul argument rationnel établi ".
Le réalisateur y reprend Beer à propos des procès qui se déroulent en France, pour lui assener que les quatre personnes poursuivies lont été pour avoir tenu des propos outrageants et que "cela na aucun rapport avec lauthenticité du reportage original dEnderlin. Dommage que vous ayez déformé les faits. Jaurais demandé", poursuit Shefer, "comment se fait-il que les Français nassignent pas Nahum Shahaf ou Stéphane Juffa, que vous mentionnez dans votre article, et qui ont tenu des propos autrement plus graves. Et la réponse est quils nosent, semble-t-il, pas, car ils perdraient le procès".
A propos de Shahaf : "en dépit du dédain quil suscite auprès de personnes spécifiques, cest un homme extrêmement sérieux (
) Un personnage sérieux à faire peur, et lanalyse balistique quil a réalisée sur lincident du carrefour ne sapproche pas du plancher de ses capacités scientifiques".
Au sujet de Stéphane Juffa : "il ne dirige pas une agence de presse de droite. Il sagit dune idiotie absolue nayant jamais subi le moindre contrôle. Il fut observateur de scrutin pour Meretz (parti de la gauche israélienne) lors délections récentes. Il compte parmi les instigateurs de Shalom Akhshav (oui, Shalom Akhshav) et lagence emploie également des rédacteurs du Liban, de Jordanie et de lAutorité Palestinienne. De même que Luc Rosenzweig [1], un ex-rédacteur en chef du Monde, pas précisément un média caractéristique de droite. La Ména est reprise dans tout le monde francophone, cest vérifié.
Pourquoi faites-vous abstraction des contradictions intérieures du photographe Talal Abou Rahma ? " Qui a affirmé à Nahum Shahaf (pièce enregistrée. Ndlr.) "Je nai jamais prétendu que ce sont les soldats israéliens qui ont tué lenfant".
Ce ne sont pas "des amis qui parlent de Talal"", précise Shefer, "cest Talal lui-même qui sembrouille. Comme jai tenté de le faire entendre à Enderlin, un témoin qui présente des contradictions internes est un témoin non crédible, et Talal est le témoin central de cette affaire".
Yoram Shefer termine sa lettre à Beer par ce paragraphe, qui témoigne dune grande intégrité intellectuelle. Je vous le livre également tel quel, ne trouvant rien à y ajouter :
"Cest le lieu, par ailleurs, de préciser que, personnellement, je ne crois pas que lincident A-Dura ait été mis en scène. Mais, dabord, ma conviction intime na pas dimportance et na pas été exprimée dans mon reportage. Secondement, jadmets quil sagit dune perception subjective de ma part. Je nai, malheureusement, aucun élément concret à opposer à Nahum Shahaf et à Stéphane Juffa. Doù que jaie tenté de les surprendre (et croyez-moi que je nai pas cessé dessayer durant les interviews), ils ont pu répondre à chaque argument. Parallèlement, je pense quEnderlin a décidé dans lempressement, sans sappuyer sur aucun fait solide, que les soldats de Tsahal ont tué A-Dura, et quainsi, il sest érigé en juge. A cause de ce manque de prudence, il aurait dû, à mon avis, présenter ses excuses, ce quil na jamais fait.".
La projection du film de Yoram Shefer nest quun début ; maintenant quil sen est saisi, le public israélien nabandonnera pas lAffaire avant que la vérité soit révélée au grand jour. Les Israéliens sont parfois lents à la détente, mais ils sont têtus comme des mules et amoureux passionnés de la vérité, ce sont des traits de caractère bien connus chez eux. Quant au débat global, la contribution du député dextrême droite, Yisraël Hasson, et les mises au point de Shefer ont permis de déterminer quil traverse les frontières politiques, et que les tentatives dEnderlin et de Chabot de nous faire effectuer le salut nazi nétaient quune misérable échappatoire.
Cest aussi une leçon de démocratie pour ceux qui croyaient quIsraël, dans son entièreté, soutenait la thèse de la mise en scène. Israël est divisé, à limage des Juifs français. Cest irritant, agaçant de voir des intellectuels israéliens soutenir, sans avoir le moindre argument à présenter, les auteurs dune parodie grossière dassassinat, destinée uniquement à ternir leur propre image. Cest certes insupportable de stupidité, mais cest la loi de la véritable démocratie : laisser chacun sexprimer, même sil ne dispose daucun argument sérieux, et surtout lorsquon nest pas daccord avec lui.
Cest une leçon déthique populaire administrée par Shefer et les Israéliens à Enderlin, Chabot, les médias français, Yzar Beer et leurs partisans. Leur option consiste à bâillonner leurs contempteurs, par des invectives sectaires et des actions en justice contre des seconds couteaux. Ils vont payer très cher cette leçon de civisme médiatique. Dailleurs, ils ont déjà commencé à régler leur ardoise.
Jean Tsadik
Note :
[1] Notre ami Luc Rosenzweig a cessé, en 2006, sa contribution à la Ména.
© Metula News Agency
Mis en ligne le 09 mars 2008, par M.











