Al-Dura: La cour d'appel de Paris examine un reportage contesté de France 2 (Le Monde)
Karsenty, un "croisement aigri de Faurisson et de Thierry Meyssan", n'hésite pas à dire un avocat de France 2 et de Ch. Enderlin, en audience publique. Amis, imaginez ce qui serait arrivé à l'un de nous autres, "imbéciles de tous bords", s'il avait osé "articuler le quart de la moitié du commencement d'une"... telle insulte [*]. Les avocats ont de ces libertés de langage, que la liberté d'expression ne connaît pas. (Menahem Macina).
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28/02/08
La cour d'appel de Paris examine un reportage contesté de France 2
LE MONDE | 28.02.08 | 15h34 Mis à jour le 28.02.08 | 15h34
L'affaire empoisonne France 2 depuis bientôt huit ans. Mercredi 27 février, la directrice de l'information, Arlette Chabot, a tenu à assister à l'audience devant la 11e chambre de la cour d'appel de Paris qui jugeait Philippe Karsenty, directeur du site Internet Media-Ratings, poursuivi pour avoir diffamé son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin.
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M. Karsenty avait repris et relayé, en 2004, les accusations lancées par une agence franco-israélienne, Metula News Agency (Ména), sur les images montrant Mohamed Al Dura, 12 ans, atteint mortellement par une rafale de balles alors qu'il se trouvait dans les bras de son père, lors d'un échange de tirs entre Israéliens et Palestiniens dans la bande de Gaza en septembre 2000. Devenues emblématiques de la cause palestinienne, utilisées comme propagande par des groupes terroristes, ces images réalisées par le cameraman de France 2, Talal Abu Ramah, et commentées par Charles Enderlin, étaient qualifiées par M. Karsenty de "supercherie", "imposture" et "mascarade".
Condamné en octobre 2006 par la 17e chambre du tribunal correctionnel, M. Karsenty a fait appel de ce jugement. Dans un climat particulièrement tendu, les deux parties se sont à nouveau affrontées, vidéos à l'appui. Alors que M. Karsenty avait mis en cause la réalité de la mort de l'enfant, Mme Chabot et M. Enderlin ont indiqué que son père, Jamal Al Dura, était prêt à autoriser son exhumation pour une analyse ADN, mais ils se sont montrés moins affirmatifs sur l'origine des tirs qui l'ont tué.
M. Karsenty a maintenu ses accusations de "mise en scène" de l'information.
"Il y a une industrie du faux reportage à Gaza. J'ose attaquer l'icône Mohamed, défendue par l'icône médiatique Charles Enderlin. Mais l'histoire me donnera raison",
a-t-il affirmé.
"Charles Enderlin est un bon journaliste. Et parce qu'il est un bon journaliste, il n'est pas manichéen, c'est pour cela qu'il est détesté par les imbéciles de tous bords", [Mise en exergue de la Rédaction d'upjf.org.]
a observé son avocat, Me Francis Szpiner, en qualifiant M. Karsenty de
"croisement aigri de Faurisson et de Thierry Meyssan". [Mise en exergue de la Rédaction d'upjf.org.]
Estimant que les propos tenus par M. Karsenty étaient "incontestablement diffamatoires", l'avocat général Antoine Bartoli a requis la confirmation du jugement du tribunal. La cour rendra son arrêt le 21 mai.
Pascale Robert-Diard
Article paru dans l'édition du 29.02.08
© Le Monde
[Texte aimablement signalé par G. Hod, Israël.]
[*] Allusion à ce passage de la célèbre "Tirade du nez", de Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand) :
Eussiez-vous eu, dailleurs, linvention quil faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous nen eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement dune, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas quun autre me les serve.
Cliché emprunté au Blog de Marcus.
Mis en ligne le 28 février 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org