27/02/08
Sur le site de Guysen International News.
Comme disent les enfants, France 2, sa directrice de linformation Arlette Chabot, Charles Enderlin et son cameraman palestinien auteur des images controversées, Talal Abou Rahma (2) ont tout faux.
Réfutant lassertion originelle de Talal Abou Rahma (2), laccusation constante de Charles Enderlin visant Tsahal (3), et les on-ne-sait-pas-lorigine-des-tirs dArlette Chabot (4), une partie essentielle de la vérité dans laffaire al-Dura est prouvée grâce au rapport Examen technique et balistique dun expert en armes et munitions hautement qualifié : expert près de la Cour dappel de Paris et agréé par la Cour de cassation.
Me Patrick Maisonneuve, un des deux avocats de Philippe Karsenty, a demandé que, dans le respect du contradictoire, cet expert témoin soit cité afin quil réponde aux questions de la Cour et des avocats et que son rapport soit discuté.
Mes Bénédicte Amblard et Francis Szpiner, avocats de France 2 et de son correspondant en Israël Charles Enderlin, nont pas souhaité que cet expert réponde de son travail auprès de la Cour au motif que « des gens, postérieurement aux affirmations de M. Karsenty, viennent confirmer ce quil a dit ».
Pourtant la défense des parties civiles a volontiers cité des témoignages censés prouver lanimosité de Philippe Karsenty à légard de Charles Enderlin et qui sont postérieurs aux déclarations du prévenu
Et si, dans sa plaidoirie, Me Francis Szpiner a ironisé sur lexpression « possibilité sérieuse », il ne tenait quà lui dinterroger cet expert pour en connaître lexacte signification.
La Cour a rejeté la demande daudition de ce témoin.
Des mises en scène
La mission confiée par Philippe Karsenty à cet expert : « déterminer si la « mort » de lenfant Mohamed [al-Dura] et les « blessures » subies par son père Jamal ont pu techniquement se produire dans les conditions indiquées dans le reportage de France 2 ».
Etayé de figures, de photos, dimages et de cartes, ce rapport en date du 19 février 2008 comprend 90 pages. Il résulte de létude des images de France 2 et des agences de presse - France 2, Associated Press, Reuters, BBC - disponibles « dans les mois ayant suivi lincident du 30 septembre 2000 ». Lexpert a aussi « effectué des recherches concernant les armes utilisées à lépoque des faits et effectué des essais de tir ».
Séquence après séquence, il dissèque les images du reportage de France 2 dune durée de 57 secondes, et il décrit le contexte général en se fondant sur des cartes et des images.
En un style direct, clair et simple, par un raisonnement empreint de savoir technique, de logique et de bon sens, il liste les invraisemblances : simulation de blessures par plusieurs Palestiniens emportés par des ambulances, absence de sang sur les vêtements des al-Dura, sur le mur derrière eux et sur le sol, chiffon rouge déplacé par le petit Mohamed al-Dura censé avoir été blessé mortellement afin de visualiser une blessure sanglante, etc.
Lexpert est surpris que « seul le reporter de France 2 a filmé lépisode de la « mort » de lenfant, alors que de nombreux autres cameramen étaient présents sur les lieux. Il est difficile de comprendre pourquoi, en pleine action, le caméraman de lagence Reuters et un journaliste viennent se placer juste à côté de lenfant. En effet, si les Israéliens tirent effectivement à ce moment-là, les deux reporters ne sont pas protégés par le baril et risquent donc dêtre atteints à tout moment ».
Lauteur de cette étude présente les armes pouvant avoir été utilisées par les protagonistes : fusils dassaut américains de type M 16 ou lun de ses dérivés pour les soldats israéliens et fusils dassaut de type Kalashnikov pour les tireurs palestiniens.
Au fil du reportage de France 2, il recense les traces sur le mur derrière les al-Dura pouvant être des impacts de projectiles. Il analyse leur origine et les angles de tir possibles : en oblique à partir du poste israélien (angle de tirs de 35° par rapport au mur), perpendiculairement à partir de la position palestinienne (angle de 90° par rapport au mur).
Après avoir procédé à des essais balistiques sur des parpaings comparables à ceux qui constituent ce mur, il exonère Tsahal de la responsabilité des impacts de projectiles sur ce mur, et en impute la responsabilité aux Palestiniens.
Cinglant, il conclut : « Aucun élément objectif ne nous permet de conclure que lenfant a été tué et son père blessé dans les conditions qui ressortent du reportage de France 2. Il est sérieusement possible quil sagisse dune mise en scène ». Au vu des solides arguments précédents, cette possibilité sérieuse est un euphémisme.
Telle est aussi la conclusion de Philippe Karsenty, condamné en 2006, en première instance (5), pour diffamation à légard de France 2 et de son correspondant en Israël, Charles Enderlin, pour avoir évoqué des « scènes jouées », un « faux reportage » et une « imposture médiatique ».
EXTRAITS DU RAPPORT DE LEXPERT EN BALISTIQUE
LE CONTEXTE GENERAL
« Des manifestants, en grande majorité des jeunes gens et des enfants, jettent des pierres sur le poste israélien. Lambiance générale est bon enfant, des gens se promènent tranquillement et des véhicules circulent sur la route de Gaza. Des jeunes et un homme près dune jeep semblent blessés, mais il sagit de simulations, dans plusieurs cas identifiés ».

LE REPORTAGE DE FRANCE 2
« Selon le plan qui semble à léchelle, le mirador israélien est situé à environ 80 mètres et le cameraman de France 2 à une dizaine de mètres du père et de lenfant.
Un coup de feu atteint le mur, au-dessus de Jamal et de Mohammed [al-Dura]. Au total, huit impacts sont présents sur ce mur, après que le fils [al-Dura] soit allongé et immobile, et un impact non traversant sur le baril. La séquence correspondant [à] linstant [où] Mohamed a été éventuellement blessé est floue. De nombreux éléments sont de nature à mettre en doute que le père et le fils ont été atteints par des projectiles. Selon les
Jamal aurait été touché au bras droit, au ventre et aux membres inférieurs, alors quaucune trace dimpact ou de sang nest visible sur ses vêtements. De plus, lemplacement des « blessures » était masqué soit par le baril, soit par le corps de son fils, qui étaient en écran entre les tireurs et lui. Il na donc pas pu être atteint dans les conditions décrites par France 2.
Talal Abou Rahma déclare que des tirs ont été dirigés sur Jamal et Mohamed al-Dura pendant au minimum quarante minutes. Si tel avait été le cas, et en supposant quun seul tireur ait concentré ses coups de feu dans leur direction pendant tout ce temps, ce nest pas huit impacts qui auraient été constatés sur le mur, mais au minimum deux mille ».
« De nombreux coups de feu sont audibles tout au long des reportages, sans quil soit possible den définir lorigine. Plusieurs palestiniens sont filmés alors quils tirent, certains même en lair. Par contre, aucun tir provenant du mirador israélien nest visible pendant toute la séquence.Le poste de police israélien est situé à quatre-vingts mètres de lendroit où Jamal et Mohamed al-Dura sont réfugiés. En fonction du plan qui nous a été fourni, langle de tir est de lordre de 36° par rapport au mur situé derrière eux. Dans cette situation, le père et lenfant nont pas pu être atteints par les Israéliens. Il est incontestable quau moins un projectile a touché le mur devant lequel se trouvaient le père et le fils, puisque ce tir est visible sur le film de France 2. Cependant, ce tir correspond à un coup de feu tiré perpendiculairement au mur et ne peut provenir que du poste palestinien « Pita », ou de tireurs isolés situés dans le même axe que ce dernier.
Les autres impacts sur le mur peuvent provenir de tirs effectués alors que Jamal et Mohamed al-Dura ne se trouvaient pas derrière le baril, puisque les coups de feu nont pas été filmés.
Les armes utilisées sont des fusils dassaut, capables de tirer par rafales et dont la cadence de tir est de six cents à huit cents coups à la minute. En supposant même quun seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE, alors que huit impacts seulement sont visibles sur le mur et un sur le baril. Il est donc impossible que des tirs, concentrés sur la zone où se trouvaient Jamal et Mohamed al-Dura pendant plusieurs dizaines de minutes, comme le déclare le cameraman de France 2, aient pu provoquer si peu dimpacts sur le mur devant lequel ils se trouvaient. Les impacts produits par lutilisation des deux armes Colt M 16 et Kalashnikov sont de forme pratiquement circulaire dans le cas des essais réalisés perpendiculairement au plan de la cible et ils sont de forme ovalaire à grand axe horizontal lorsque les tirs sont effectués selon un angle de 35° par rapport à la cible. Les orifices relevés dans le mur devant lequel se trouvaient Jamal et Mohamed al-Dura sont soit de forme circulaire, soit de forme ovalaire à grand axe vertical, ce qui correspond à des coups de feu tirés soit perpendiculairement au plan de la cible, soit plus ou moins de haut en bas ou de bas en haut. Ces traces sont incompatibles avec des tirs pouvant provenir de droite à gauche ou de gauche à droite ».
« Après sa blessure, lenfant sallonge sur les genoux de son père. Sa main droite couvre son visage. Deux mouvements sont nettement visibles sur le document de la BBC couvrant les dix secondes postérieures à la « mort » annoncée par France 2.
Il soulève la main, lève le bras et regarde en direction de la caméra, ce qui prouve quil nest pas mort. Il soulève également sa jambe droite, ce qui est impossible sil a été atteint au genou, mais également sil a été touché gravement au ventre.
Une blessure par arme de guerre à labdomen, produit une importante hémorragie, et par conséquent, un épanchement sanguin conséquent et immédiat
Si la blessure au ventre avait été transfixiante comme le déclare un médecin, des projections de sang et de chair seraient visibles sur le mur, ce qui napparaît pas sur les photographies de la BBC couvrant les dix secondes qui suivent le reportage de France.
La présence dun cameraman de lagence Reuters et dun autre journaliste aux côtés de Mohamed est inexplicable, car ces deux reporters ne sont pas couverts par le baril et peuvent donc être blessés ou tués à tout moment.
Les images de Jamal al-Dura prises à lhôpital montrent des bandages au bras et à lavant-bras droit, au côté droit de labdomen, à la cuisse droite ainsi quaux deux jambes. Compte tenu de la position que la victime occupait, il na pas pu être touché en tous ces points du corps lorsquil se trouvait derrière le baril, dautant plus que son corps était partiellement masqué par celui de son fils. Par conséquent, si ces blessures sont réelles, elles nont pas pu se produire dans les circonstances relatées par France 2. Dans lhypothèse où les coups de feu proviennent du poste israélien, et en tenant compte de langle de tir possible, seuls les membres inférieurs pouvaient éventuellement être atteints, car les autres parties du corps étaient abritées derrière le baril, qui, par ailleurs, ne présente pas de trace dimpact conforme aux blessures.
Si Mohamed et Jamal al-Dura, à labri derrière le baril, ne pouvaient pas être atteints par les Israéliens, ils nauraient pu être touchés que par des tirs provenant du poste « Pita » tenu par les Palestiniens, ou par des militaires placés dans le même axe.
Il est incontestable quau moins un projectile a touché le mur devant lequel se trouvaient le père et le fils, puisque ce tir est visible sur le film de France 2. Cependant, ce tir correspond à un coup de feu tiré perpendiculairement au mur et ne peut provenir que du poste palestinien « Pita », ou de tireurs isolés situés dans le même axe que ce dernier.
Les autres impacts sur le mur peuvent provenir de tirs effectués alors que Jamal et Mohamed al-Dura ne se trouvaient pas derrière le baril, puisque les coups de feu nont pas été filmés.
Aucun élément objectif ne nous permet de conclure que lenfant a été tué et son père blessé dans les conditions qui ressortent du reportage de France 2. Il est sérieusement possible quil sagisse dune mise en scène ».
Véronique Chemla pour Guysen International News
Photos et cartes : © DR
(1) www.m-r.fr.
(2) Talal Abu Rahma a affirmé sous serment le 3 octobre 2000 : « Lenfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par larmée israélienne » . Il sest rétracté le 30 septembre 2002.
(3) Dans son reportage au JT de France 2 du 30 septembre 2000, Charles Enderlin disait en voix off : « Près de limplantation de Netzarim (bande de Gaza)
Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père, gravement blessé ».
(4) Le 18 novembre 2004, embarrassée par laffaire al-Dura, France 2 organisait une conférence de presse pour expliquer sa position. Arlette Chabot assenait quon ignorait lorigine des tirs incriminés. En décembre 2004, elle indiquait, sur Radio J, quon ne pouvait pas dire à 100% doù venaient ces tirs.
(5) Véronique Chemla, "La justice française se prononcera sur les images controversées de la mort de Mohamed al-Dura", 19 septembre 2006.
Photos et cartes : © DR
© Guysen International News
Mis en ligne le 28 février 2008, par M.











