27/02/08
AFP, Paris 20h 50
La cour d'appel de Paris a longuement disséqué, mercredi, le reportage réalisé en 2000 et signé par le journaliste de France 2, Charles Enderlin, sur la mort d'un enfant palestinien, afin de déterminer s'il avait été truqué, comme l'en accuse Philippe Karsenty, poursuivi pour diffamation.
Le 22 novembre 2004, Philippe Karsenty, directeur de Media-ratings, qui se présente comme une agence de notation des médias, avait, sur son site Internet, qualifié de "supercherie" et de "série de scènes jouées" un reportage du correspondant permanent de France 2 à Jérusalem, tourné dans la bande de Gaza et diffusé le 30 septembre 2000.
Un Palestinien de 12 ans, Mohammed, protégé par son père, Jamal al-Doura, perdait la vie lors d'un échange de tirs entre l'armée israélienne et des activistes palestiniens.
Les images de l'enfant avaient été très largement diffusées dans le monde entier et avaient donné lieu à une controverse sur l'origine des tirs ayant provoqué sa mort.
En première instance, le 19 octobre 2006, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé Philippe Karsenty coupable de diffamation. Estimant qu'il avait injustement accusé Charles Enderlin d'avoir truqué ce reportage, les juges l'avaient condamné à payer 1.000 euros d'amende et à verser un euro de dommages-intérêts à France 2 et à son journaliste.
La directrice de l'information de France 2 Arlette Chabot est elle-même montée au front. S'il y avait eu trucage, "ne croyez-vous pas qu'en huit ans, le gouvernement israélien n'aurait pas réagi ?", s'interrogeait-elle ainsi avant le début de l'audience.
Durant plus de quatre heures, Philippe Karsenty et Charles Enderlin ont tenté de convaincre la cour de leur bonne foi, à coup de preuves vidéo, ou de témoignages.
Les points de désaccord étaient nombreux: là où France 2 voit du sang, Karsenty voit un mouchoir rouge. Là où France 2 signale les graves blessures que porte Jamal al-Doura, Karsenty répond, rapport médical à l'appui, qu'elles remontent à 1992. Là où Karsenty affirme que l'enfant n'est pas mort dans les bras de son père, France 2 raconte comment l'ambulancier qui l'a emmené à l'hôpital a ramassé ses viscères.
Le procès devait s'achever dans la soirée et la cour mettre son arrêt en délibéré.
© La Tribune de Genève
Mis en ligne le 27 février 2008, par M.











