
Il sait aussi sourire et être aimable...
"J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", aurait dit le Président...
- Ce n'est pas ce qu'il a dit aux membres du panel du Parisien...
- L'Elysée a ajouté la phrase lors de la relecture de l'interview à paraître dans Le Parisien...
Et alors ? Ce qui compte c'est le texte qui sera finalement publié dans la presse.
Javoue avoir du mal à comprendre la tempête sémantique - dans un encrier dimprimerie - autour de cette expression de regret du Président Sarkozy, pour s'être laissé aller au propos grossier que l'on sait, à ladresse dun citoyen qui, rappelons-le, avait fait preuve d'incorrection et de familiarité déplacée à l'endroit du Chef de l'Etat.
Résumons. Lundi, Nicolas Sarkozy recevait à lElysée un panel de lecteurs du Parisien et répondait, pendant deux heures, à leurs questions. Comme le précise M. J.-B. de Montvalon, directeur adjoint de la Rédaction du quotidien,
« le rendez-vous avait été pris la semaine dernière, soit avant la visite, samedi, au Salon de l'agriculture, où Nicolas Sarkozy a insulté un visiteur qui refusait de lui serrer la main, lui disant "Casse-toi, alors ! Pauvre con !" ».
Jépargnerai à nos internautes les circonvolutions de langage et les transcriptions de presse des différentes réponses du Président de la République à propos de laltercation de samedi. Il en ressort, en substance, que, pugnace lors de lentretien avec le panel du Parisien (« Ce n'est pas parce qu'on est président qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds »), N. Sarkozy a estimé, quil y avait lieu desquisser une expression dexcuses, dans la version définitive de linterview, approuvée par lElysée. Ce que Le Parisien résume diplomatiquement en ces termes :
« En substance », le président a déclaré avoir « été victime d'une véritable provocation », exprimant l'idée que « quand on le cherche, on le trouve », a expliqué M. de Montvalon. « Je pense que les choses ont mûri, on va dire ça gentiment, au cours de l'après-midi et en soirée, à l'Elysée, en se disant qu'il fallait quand même aller jusqu'à exprimer des regrets », a-t-il estimé.
Je ne voudrais pas jouer la mouche du coche en attribuant à ma suggestion dhier une influence quelle na certainement pas eue sur les rédacteurs de la palinodie du Chef de lEtat - et donc sur l'ajout du "J'aurais mieux fait...", mais je ne bouderai pas mon plaisir de constater que javais vu juste. Jécrivais, en effet (*):
« Que Nicolas Sarkozy marche sur sa dignité égratignée par le quidam provocateur, et trouve une formule conciliatrice pour rattraper son éclat de mauvaise humeur. Il ne doit pas s'octroyer le luxe de s'aliéner des citoyens qui ont pu trouver son attitude inqualifiable, voire se sentir atteints eux-mêmes par linsulte du Chef de lEtat. »
Non sans ajouter, avec ma propension bien connue à l'autodérision :
Simple suggestion... Mais pour qui me prends-je ? »«
Nul doute que des esprits chagrins ou soupçonneux feront preuve de scepticisme à propos de la sincérité de l'expression de ce regret présidentiel. Pour ma part, c'est sans naïveté ni exaltation que j'ai salué, dans mon introduction, cette posture du Chef de l'Etat. En effet, il m'importe peu qu'elle soit sincère, dictée par le réalisme, ou - comme ne manqueront pas de l'affirmer cyniquement certains - ou vise à ne pas endommager une cote de popularité présidentielle à l'étiage, et ce à quelques encablures des élections municipales. L'essentiel, c'est que le Président Sarkozy ait fait preuve de lucidité et de courage en donnant le pas à la raison d'Etat sur l'expression de sa colère personnelle. C'est à cette attitude, digne, cette fois, d'un Chef d'Etat, que j'ai voulu rendre hommage ici.
Menahem Macina
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(*) Voir : Menahem Macina, "Décontraction, oui, grossièreté, non: N. Sarkozy perd son sang-froid et sa dignité".
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Mis en ligne le 26 février 2008, par M.











