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En admettant sa faute, le gouvernement israélien accrédite le mythe al-Dura, Frimet Roth
Outre l'article pugnace de F. Roth, mère d'une des victimes de l'attentat du Restaurant Sbarro, en 2001, dont la traduction figure, ci-dessous, on notera l'appel énergique de Richard Prasquier, président du CRIF *, qui va heureusement dans le même sens: «France 2 devrait [prendre] une mesure indispensable : l’analyse des images par une équipe d'experts professionnels, pluridisciplinaires et neutres. Ces images ont tué. Elles soulèvent des questions déontologiques fondamentales. Je n'accepterai pas que l'on continue d'esquiver la recherche de la vérité [pour] des motifs secondaires de... bienséance.» (Menahem Macina).
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* Voir: Interview du Dr Richard Prasquier, président du CRIF, par Véronique Chemla, pour Guysen International News

07/02/08

Texte Original : "Truth about lethal Icon: Israeli government’s admission of guilt helps perpetuate al-Dura myth".


Traduction française : Menahem Macina


Un jugement historique à propos de la mort du jeune garçon Mohammed Al-Dura est sur le point d’être rendu par un tribunal français. Si tant de gens l’ignorent, ce n'est pas un hasard. Les récents développements concernant l'exactitude de cette version des faits n’ont fait l’objet d’aucune couverture de presse de la part des grands médias. Les soupçons croissants à l'égard de la version officielle de ce tragique événement, selon laquelle l’enfant aurait été abattu par des soldats israéliens, n’ont été évoqués que par la presse juive. Autant les chaînes mondiales d’informations ont été d’avides consommatrices et pourvoyeuses de l’image emblématique de cet enfant, lorsqu’elle apparut en 2000, autant elles évitent soigneusement le sujet, maintenant que l’affaire se profile de plus en plus comme une supercherie. On ne peut pas dire qu'elles meurent d'envie de faire leur mea culpa.

Certes, leurs correspondants auraient pu suivre l’exemple de l’éditorialiste du Haaretz, Gideon Lévy, par exemple. Apologiste notoire des Palestiniens, il a reconnu qu’il se pouvait qu’après tout, al-Dura n’ait pas été tué par les Israéliens, ce qui ne l’a pas empêché d’écrire, en novembre 2007, que « la question de savoir qui a tué Al-Dura n’est pas importante » et que la recherche de la vérité à ce propos est « une obsession excentrique ».

Mais il existe des Israéliens pour qui la vérité compte encore. Selon eux, le rôle honteux de l’un des acteurs majeurs de cette affaire n’est probablement pas bien connu : celui de leur gouvernement. Le rôle d’Israël dans la perpétuation du mythe Al-Dura a été déconcertant.

Le tir allégué a été filmé par un reporter local, Talal Abu Rahma, pour France 2, le 30 septembre 2000. C’est le correspondant permanent en Israël de la chaîne, Charles Enderlin, qui a préparé l’édition des rushes. Peu de temps après, un second clip, d’une durée de 59 secondes, fut distribué aux médias. Trois jours plus tard, Israël admettait officiellement sa faute et exprimait ses regrets pour la mort de l’enfant. Après une enquête préliminaire bâclée et en l’absence d’autopsie et d’examen des balles – dont aucune ne fut récupérée -, Tsahal déclara :

« Il n’y a aucun moyen de prouver qui a abattu [l’enfant]. Mais d’après les angles de nos tirs, il est possible qu’il ait été touché par nos coups de feu… Il est plausible que [l’enfant et son père] ont été touchés par nos tirs. »

Le commandant de la région et d’autres officiers de haut rang de Tsahal, présents lors des événements, étaient convaincus du contraire. Selon eux, il n’était pas possible que Tsahal les ait touchés. Il n’a pas été tenu compte de leur point de vue.

A ce jour, la seule opinion contradictoire émane de Danny Seaman, directeur du Bureau de Presse du Gouvernement d’Israël. En octobre 2007, il affirmait :

« il n’y avait pas la moindre possibilité d’atteindre (l’enfant et son père) là où ils se cachaient, comme le montre le reportage. »

Rejetant la validité de la présentation officielle des faits, il poursuivait :

« La création du mythe de Mohammed al-Dura a causé beaucoup de tort à l’Etat d’Israël. »

Il l’a appelé

« une diffamation meurtrière explicite à l’encontre de l’Etat… qui est responsable de graves préjudices et de dizaines de morts ».

Mais il est le seul. Le silence de sept ans, observé par ce pays confronté aux preuves solides qui contredisent sa position officielle, a causé un grave dommage à tous les Israéliens. Richard Landes, historien et universitaire américain, qui a travaillé sans relâche à exposer la supercherie, la résume en ces termes :

« Les dirigeants palestiniens ont érigé Mohammed al-Dura en martyr et conditionné une génération d’enfants à désirer la mort pour tuer des Israéliens… Les premiers terroristes-suicide à la bombe ont tous… évoqué al-Dura… Aucune autre image n’a causé une haine plus violente au cours de ce XXIe siècle déchaîné. »

 

Des rushes déconcertants

 

En 2006, France 2 et Enderlin intentèrent un procès contre Philippe Karsenty, directeur d’une agence d’observation des médias, pour avoir dit que l’histoire des al-Dura était un mensonge qui avait causé la mort d’innocents. Le tribunal déclara Karsenty coupable, sans avoir jamais vu les rushes du film controversé. Karsenty interjeta appel et, un an plus tard, le tribunal ordonnait à France 2 de livrer tous ses rushes.

Ce matériau fut montré devant la Cour d’appel, en novembre dernier. Pour l’assistance, il était évident que l’enfant de 12 ans, recroquevillé avec son père, à l’abri d’un baril de métal, n’avait pas été atteint par des tirs israéliens. Les trous faits dans le mur par les projectiles et les nuages de fumée qu’ils causaient indiquent que les tirs provenaient d’une direction qui rend impossible l’incrimination des Israéliens.

Il était clair également que les événements précédents étaient mis en scène. On se limitera à quelques exemples :

  • On voit des jeunes hommes aller et venir en courant tout en jetant des pierres, vraisemblablement en direction de soldats israéliens. Mais aucun de ces jeunes "attaquants" ne se tapit pour éviter les balles.
  • Tandis que les tirs sont censés faire rage, des passants, à l’évidence non impliqués dans ces actions, déambulent sur les lieux.
  • On voit un enfant qui circule tranquillement à bicyclette au milieu de la mêlée.
  • Plusieurs personnes sont tirées et hissées sur des civières jusqu’à des ambulances qui apparaissent à la seconde.
  • Aucun des "victimes" ne présente des signes de véritables blessures ou de douleur.

A en croire certains comptes-rendus, le juge et les spectateurs présents dans la salle d’audience étaient abasourdis et riaient, de temps en temps, de cette mise en scène palestinienne grossière.


Mais l’élément le plus accablant fut l’image finale : Après qu’une voix (celle du caméraman, ou celle du père) ait hurlé, en arabe : « Le garçon est mort », Mohammed baisse sa main qui masquait ses yeux et jette un regard alentour. A aucun stade du film on ne le voit mort, ni même ensanglanté.

En 2003, Enderlin montra l’intégralité des rushes à un visiteur, en justifiant sa foi aveugle dans son authenticité, avec une logique de jardin d’enfants :

« Je le connais bien (le caméraman, Talal). Nos familles se sont rencontrées. »

Et d’ajouter :

« Il ne me mentirait pas… Il ne serait même pas venu à l’idée de Talal de tenter une telle chose. Parce que, pour faire cela, il lui aurait fallu imaginer qu’il pouvait m'impliquer dans une telle mascarade, et comme il savait que ç’aurait été impossible, il n’y aurait même pas songé. »

 

Une gaffe catastrophique

   Photo ajoutée par upjf.org
La semaine dernière, Charles Enderlin s’est exprimé, devant un public restreint, au Centre d’Etudes Européennes de Harvard [*]. Venu pour assurer la promotion de son nouveau livre, il révéla que Yasser Arafat avait contrefait son don de sang pour les victimes des attentats du 11 septembre 2001, qui avait fait les gros titres de la presse. Enderlin affirma que l’événement avait été mis en scène à l'intention des médias, afin de contrer l’effet des images embarrassantes de Palestiniens faisant la fête dans les rues, suite aux attaques contre le World Trade Center et le Pentagone.

Le fait qu’Enderlin ait choisi de parler d’une supercherie palestinienne, illustre à quel point lui-même et tous ceux qui sont impliqués dans la diffusion du mythe al-Dura, continuent à faire preuve d’impudence. Il y a de bonnes raisons à cela. Ils bénéficient du soutien du gouvernement français, soucieux de défendre la réputation de sa chaîne de télévision. C’est dans ce but que le Président Jacques Chirac avait fait déposer en leur faveur un témoignage de bonne réputation, non sollicité, à l’audience du tribunal appelé à statuer sur leur plainte en diffamation.


A quoi il faut ajouter le silence rassurant du gouvernement israélien.

En fait, Enderlin compte beaucoup sur l’incapacité du gouvernement israélien à se défendre. Un journaliste qui assistait à sa conférence de Harvard lui demanda :

« Puisque vous savez que le récit du don de sang par Arafat était fabriqué de toutes pièces, pourquoi rejetez-vous toute possibilité que le mitraillage de Mohammed al-Dura ait pu également être mis en scène ? »

Réponse immédiate d’Enderlin:

« Nous avons eu une réaction de l’armée admettant que ce sont probablement [les soldats de Tsahal qui ont tiré]. »

Le tribunal de première Instance qui a déclaré Karsenty coupable, se référait également, dans ses attendus, au fait qu’Israël n’avait pas rétracté son aveu de culpabilité.

 

Nous voici à quelques semaines [en fait, à 15 jours, aujourd’hui 12 février] de la décision finale. L’appel interjeté par Karsenty a fourni une seconde chance au gouvernement israélien. Il est évident que les dirigeants de ce pays étaient convaincus que si le nom de al-Dura n’était plus jamais mentionné, l’histoire tomberait certainement dans l’oubli. Nous avons suffisamment souffert de cette gaffe catastrophique.

Le gouvernement israélien doit rétracter officiellement son aveu de culpabilité et affirmer sans équivoque qu’il n’a en rien contribué à la mort de al-Dura - si tant est que celui-ci ait été tué. Il faut faire une déclaration publique claire en ce sens, bien avant la décision que doit rendre le tribunal, le 27 février. Les juges français l’écouteront, sans aucun doute, avec fascination.


Reste une question : Nos dirigeants sont-ils prêts à relever le défi ?

 

Frimet Roth *

 

© Ynet

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* Frimet Roth est une écrivaine indépendante qui vit à Jérusalem.

Avec son mari, elle a créé la
Fondation Malki
, dédiée à la mémoire de sa fille, Malki Roth, assassinée lors du massacre du restaurant Sbarro, en 2001.

La fondation qui porte son nom fournit une assistance concrète à des familles israéliennes de toutes confessions, qui prodiguent des soins à domicile à des enfants en difficulté.

On peut contacter Frimet Roth par
e-mail.    

 
Malki Roth, z"l

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Note du traducteur

 

[1] Sur cette conférence, voir aussi, en anglais, le reportage très détaillé du prof. R. Landes, que je n’ai malheureusement pas eu le temps de traduire : "Fisking a Dishonest Storyteller: Charles Enderlin at Harvard".

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Mis en ligne le 12 février 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

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