Union des Patrons et Professionnels Juifs de France
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Contributeurs Spécialisés
Un certain nombre de choses précises sur l’affaire qui m’oppose à Johan Weisz, et sur Primo-Europe
Il est toujours délicat, voire hasardeux - outre que ce peut être dangereux - de s’immiscer dans une querelle ou une polémique, dont on ne connaît que les opinions contradictoires des protagonistes, qui sont le plus souvent des antagonistes. C’est pourquoi, avant de me décider à mettre en ligne ce texte que m’a adressé Guy Millière, je l’ai lu et relu très attentivement. Je ne me suis pas décidé à lui donner tribune parce que je crois qu’il a raison - bien qu’il me semble que ce soit le cas. Je le fais parce que son texte est admirablement éthique et même pathétique. Cet homme souffre : c’est clair. Avec fierté, avec dignité, certes, mais il a mal. Non pas, comme il serait facile de l’induire de manière erronée, parce qu’il est traîné en justice et qu’il encourt une condamnation pécuniaire assez lourde. Pas non plus parce qu’il est insupportable pour un intellectuel tel que lui, qui reste indéfectiblement fidèle à ses convictions, d’être victime d’un procès d’intention. Pas même parce que des littérateurs nains, incapables de se mesurer à l’élévation de sa pensée et au tranchant de sa critique, impitoyable mais jamais déloyale, se réfugient dans les robes des magistrats, et en profitent au passage pour engranger, à ses dépens, en dommages et intérêts, des dividendes bien supérieurs à ce que leur rapportent des droits d’auteurs aussi anémiques que leur prose. Si je le fais, c’est surtout parce que cet homme s’estime trahi par les responsables du site, qui, solidairement mis en examen pour diffamation, en tant qu’éditeurs, aux côtés de l’auteur, ont plaidé l’inadvertance des bénévoles, et abandonné l'éditorialiste en plein champ de bataille, le laissant seul exposé aux rigueurs de la justice. Je donne tribune à Guy Millière parce que c’est un grand homme et une grande conscience - qualité qui se fait, hélas, trop rare de nos jours -, et parce que je suis scandalisé de la manière dont on le traite. Ce faisant, ce n’est pas à cet auteur que je rends service, mais à notre site et aux internautes qui le lisent avec empathie. Car, dans un avenir qui est peut-être proche, quand les Jean Fréron [*] de la littérature polémique de bas étage auront été piqués par un serpent voltairien, et que leur prose besogneuse ne sera plus évoquée qu’à cause des rossées que lui auront infligées de grandes plumes, telle celle de Guy Millière, tous ceux et celles qui auront défendu son talent et sa rigueur morale pourront s’enorgueillir de lui être restés fidèles quand les gens en cour et à la mode lui tournaient le dos avec ingratitude. (Menahem Macina).
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[*] Fréron : écrivassier pesant, qui dut son passage à la postérité au quatrain, aussi cruel que célèbre, que lui consacra Voltaire : "L’autre jour au fond d’un vallon, Un serpent piqua Jean Fréron. Savez-vous ce qui arriva ? – Ce fut le serpent qui creva".

 

04/02/08

Je n’entends pas commenter ici le procès qui m’a été intenté suite à une première plainte déposée contre moi par Johan Weisz. Je laisse la justice suivre son cours, et je n’ai rien à dire sur ce point précis. Un verdict sera rendu au début du mois de mars. Johan Weisz ayant déposé une seconde plainte pour un second article, il y aura un second procès, début mars encore, que je ne commenterai pas davantage, ni avant, ni, bien sûr, pendant qu’il aura lieu. Tout juste pourrais-je dire que m’intenter deux procès en deux mois dénote pour le moins un acharnement forcené et une volonté de détruire : or, je n’attribue pas, bien sûr, cet acharnement à la justice, mais au plaignant seulement, et à ceux qui l’instrumentalisent.

Des journalistes qui, eux, en ont le droit et dont c’est le métier, ont apporté leurs commentaires sur le premier procès, qui vient d’avoir lieu. Des positions se sont trouvées affirmées, et se sont révélées contradictoires. Des différences sont apparues  que je ne veux aucunement laisser au passé, car elles peuvent avoir un impact sur le futur.


Je veux ici dire un certain nombre de choses précises qui me semblent devoir être dites.


1.
Je n’ai aucun intérêt personnel concret de quelque sorte que ce soit à défendre le droit d’Israël à exister, à tenter, autant que faire se peut, de rétablir la vérité historique et présente concernant la situation au Proche-Orient, et à m’insurger contre le racisme et l’antisémitisme. Je n’ai, dans ces combats, hélas, que des coups à recevoir, et parfois de très mauvais coups. J’ai été diffamé, sali. J’ai reçu des menaces. J’ai perdu des contrats de travail. Ce qui me motive est de l’ordre de l’éthique, de la droiture, du respect de la liberté et de l’essentielle dignité de l’être humain. J’essaie de faire le travail difficile de la connaissance, et pour le faire aussi bien que possible, je lis chaque mois des milliers de pages en plusieurs langues. Je passe mes lectures au crible de mes valeurs. Je ne puis admettre le mensonge et la falsification. Je pense qu’il existe du bien et du mal, et je situe du côté du mal le totalitarisme sous toutes ses formes, le fanatisme sous tous ses visages, le terrorisme, le meurtre et a fortiori le meurtre de masse : la liste n’est pas exhaustive. Je considère que tout ce qui va dans le sens de la liberté de parler, de s’informer, d’aller et venir, de décider de sa vie, de choisir, de créer, d’entreprendre va dans le sens du bien. J’ai eu des activités artistiques et rien ne dit que je ne retournerai pas vers elles. Je me suis gardé de tout engagement politique, sauf à de très rares moments, et je m’en suis gardé, car j’ai compris depuis longtemps que la politique pouvait impliquer des compromis et la quête non pas du bien, mais du moindre mal ; or, il m’est difficile de me limiter à la tactique et au moindre mal. Ce sont les circonstances -  je m’en suis expliqué ailleurs - qui m’ont conduit à m’impliquer dans certains débats : la confrontation brutale avec la tragédie des boat people, ou avec les survivants de l’archipel du goulag, la rencontre de rescapés d’Auschwitz. La seule question que je me sois posée avant de m’impliquer a été de savoir ce qui me semblait juste, et ensuite de me tenir à ce qui me semblait juste. J’ai pu y perdre, je l’ai dit. Ce que je n’aurais jamais accepté de laisser derrière moi pourrait tenir en quelques mots simples : la droiture, l’honneur, le respect de la parole donnée, le refus absolu de la fourberie et de la duplicité. J’ai écrit une vingtaine de livres et j’en ai d’autres en chantier. J’ai écrit et publié aussi des milliers d’articles et j’en écrirai des milliers d’autres. Si je devais me compromettre ou compromettre mon intégrité, je changerais d’activité. J’ai parlé et je parle encore, quand l’occasion m’en est donnée, sur de multiples radios et télévisions sans transiger sur mes idées et en tenant les mêmes mots, qu’il s’agisse de France 24 ou de RFI, de France 24 ou de France 3, de TF1 ou de Radio J, de RCJ ou de Radio Courtoisie. Je laisse aux néo-staliniens collectivistes l’art obtus de l’amalgame, et je dis que ma parole est une et indivisible. J’ai perdu le droit de parler sur RMC pour avoir refusé qu’un interlocuteur relativise la shoah


2.
J’ai, dans ce contexte, des amis : tous ceux qui se battent pour les causes et les idées qui me sont chères, qu’ils soient juifs, musulmans, chrétiens, bouddhistes, athées ou autres, et qu’ils soient d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique, ou d’Océanie. J’ai des ennemis : les dictateurs, les terroristes, les adeptes du totalitarisme et du fanatisme. Et je n’attends rien de mes ennemis, sinon le pire. Je conçois que, parmi mes pires ennemis, il y ait racistes, antisémites et ennemis d’Israël et des Etats-Unis. J’ai des adversaires, que je ne confonds pas avec mes ennemis : parmi mes adversaires, il y a ceux qui disent poursuivre les mêmes fins que moi, et qui me semblent se tromper, mais avec une certaine droiture. Je suis prêt à débattre avec eux, et je les respecte.


3.
Je ne classe pas Johan Weisz dans la catégorie des ennemis, mais je ne puis absolument pas le classer dans la catégorie des adversaires que je respecte : bien au-delà des plaintes à répétition qu’il a déposées contre moi, je pense, en effet, qu’il est imprégné d’un dogmatisme et d’une absence de scrupules absolument effroyables. J’aimerais qu’il me démontre le contraire, je respecte, en général, la présomption d’innocence, mais l’expérience m’empêche de le présumer innocent. Il est jeune, je sais, et j’ai été jeune aussi : la fougue de la jeunesse peut rendre arrogant, inciter à penser qu’on sait tout, alors qu’on ne sait rien, pousser à considérer que la fin justifie les moyens. Je ne veux pas tout excuser par la jeunesse. Et j’entends, lorsqu’il retrouvera, si cela doit lui arriver un jour, le sens des réalités, qu’il comprenne qu’il y a des choses qui ne se font pas, que certaines pratiques sont absolument inadmissibles, et que certains propos ourlés de haine ou de mépris peuvent faire très mal, être vécus comme des provocations, et inciter à la réplique.

Je persiste : Johan Weisz a procédé d’une manière inadmissible pour recueillir des témoignages et a tronqué ceux-ci d’une manière que nul ne peut équitablement considérer comme honnête.

Je persiste aussi : écrire un livre où l’on accuse des juifs de vouloir en acheter d’autres, et ces autres d’être, pour partie, à vendre, surtout dans un contexte d’antisémitisme, ne peut que contribuer à l’antisémitisme.

Je persiste encore : des débats de ce genre devraient se régler en dehors des tribunaux, et vouloir les faire régler par les tribunaux, surtout vouloir saigner financièrement son adversaire, ne relève pas du tout de l’idée que je me fais de la liberté de parole.

J’ai écrit des articles polémiques qui ont pu blesser Johan Weisz, mais il semble n’avoir toujours pas perçu que sa façon de traiter les autres peut les blesser, eux aussi, et porter atteinte à leur honorabilité de manière très grave.

Il semble ne pas comprendre que traîner des gens dans la boue peut avoir des conséquences. Johan Weisz, s’il avait été confronté à des gens aussi procéduriers que lui, aurait fait face à une bonne douzaine de procès en diffamation. Il a détruit des réputations, voire des vies humaines, en provoquant des pertes de contrats.

Il s’étonne d’avoir des difficultés de travail et veut les attribuer aux répliques qu’il s’est attirées par ses provocations. J’aurais tendance à lui dire que s’il veut travailler, il doit comprendre que se comporter en journaliste honnête est important pour garder un minimum de crédibilité, même dans une époque de journalisme trash.

Il doit comprendre aussi qu’accuser Israël d’avoir procédé à une "offre publique d’achat sur les juifs de France" signifie, en bon français, qu’il y a des juifs qui entendent en acheter d’autres et que, parmi ces autres, il y en a qui sont à vendre : si je rencontrais ce genre de propos dans un journal d’extrême droite, je n’en serais pas surpris. S’ils étaient qualifiés par d’autres que moi de nauséabonds, je n’en serais pas vraiment surpris non plus, mais je me garderai de reprendre à mon compte le mot nauséabond. Je sais qu’on me lit très attentivement et avec des intentions pas vraiment bienveillantes.

Appeler un chapitre « l’aubaine de la haine » pour parler de la haine antisémite me semble relever, au mieux - vraiment au mieux - du mauvais goût. Je ne suis pas du tout certain que les juifs qui se sont fait agresser par des antisémites aient considéré la haine qu’ils subissaient concrètement comme une aubaine. A la place de Johan Weisz, j’aurais pensé que j’ai fait, au mieux, une très grosse erreur, et j’aurais tenté de faire amende honorable, mais je ne suis pas Johan Weisz et j’aurais eu honte bien avant, vraiment bien avant… Monica Lewinski est passée à la postérité pour une pratique sexuelle qui s’appelait autrefois, en anglais, « the blow job » [fellation], je ne pense pas que Johan Weisz entend sérieusement et lucidement laisser derrière lui une réputation qui ferait de lui un symbole de quelque chose de… Je laisse délibérément la phrase en suspens.

*  *

*

4. Je pensais compter parmi mes amis les gens de Primo Europe, association, a priori sympathique, de lutte contre la désinformation au Proche-Orient. J’ai partagé le pain et le couvert avec nombre d’entre eux. Je les ai crus et je veux toujours les croire sincères et de bonne volonté. J’ai cru et je voudrais toujours croire que nous menons les mêmes combats. Tout se passe néanmoins comme si un mauvais génie qui condamnait à la démence ceux dont il s’empare avait gagné Primo-Europe pendant quelques jours. Je l’ai dit à ceux de ses membres avec qui je parlais encore voici peu, et j’ai traces et témoins de conversations téléphoniques, cela n’a, semble-t-il, servi à rien.

Je n’ai rien contre Primo, et Primo a publié des critiques vives du livre de Weisz, puis une réponse de Weisz - qui a été édulcorée tant elle était violente -, et enfin d’autres réponses, dont la mienne. Primo a, à l’époque, fait son travail : des auteurs écrivent, la publication choisit ce qu’elle estime bon de publier, puis elle publie. Primo a été attaqué en justice, par Weisz, pour ma réponse telle que publiée.

J’ai si peu contre Primo que j’ai accepté que Primo fasse des collectes de fonds sur le nom de Primo et sur mon nom, aux fins de payer les frais de justice : des fonds sont arrivés. Je n’ai rien demandé à Primo.

Je n’ai rien contre Primo, et c’est pour cela que nous avons, mon épouse et moi, tenté, pendant des mois, par téléphone ou par mail, de coordonner nos réponses à la plainte. Cela s’est fait en vain : Pierre Lefebvre a eu très peur et nous l’a dit. Ce sera sa parole contre la mienne, et s’il est pasteur protestant, j‘ai un passé et une réputation qui me donnent crédibilité. Ceux qui connaissent Keltoum, mon épouse, connaissent sa droiture et son parcours. Pierre Lefebvre est passé de la peur tétanique à une absolue sérénité peu de jours avant le procès. Ce sera encore ma parole et celle de mon épouse contre la sienne.

Le jour du procès, il m’a dit - je l’affirme et je signe - être d’humeur offensive, et solidaire de ce que j’avais écrit, et j’ai des témoins, hélas, puisque c’est ainsi que je dois raisonner désormais. Etant là plus de quatre heures avant l’audience, comme les avocats, nous avons eu amplement le temps de parler. J’ai demandé une fois encore - et j’ai des témoins - à ce que nous coordonnions notre défense, et j’ai dit très explicitement à Pierre Lefebvre et à Ghislain Di Caro que je ne me dissocierais en aucun cas de Primo. Pierre Lefebvre peut dire le contraire : à sa place, j’aurais du mal, et j’aurais à rendre des comptes à ma conscience et à ma foi chrétienne, mais je ne suis pas Pierre Lefebvre.

Je ne dirai rien du procès, je l’ai dit en commençant ce texte. J’entends, selon l’expression consacrée, faire confiance à la justice de mon pays. J’ai pu penser, en lisant Primo, qu’un amalgame très malveillant était fait dans les commentaires de Primo, entre un texte que j’ai rédigé sur la liberté de parole et le compte-rendu du procès. Cet amalgame me semble inadmissible, et je le dis ici. Il me semble peu digne d’une association comme Primo, et à même de jeter une ombre sur sa réputation, je le dis aussi. La Mena a ses sources et a le droit de rédiger un compte-rendu d’audience, comme toute agence de presse. Je n’écrirai qu’une seule chose à ce sujet, et une seule : ce compte-rendu publié par la Mena me semble proche de mes souvenirs.

Je pourrais voir aisément, dans ce qui ressemble à de la malveillance de la part de Primo, une volonté de me salir et, au vu de certaines phrases mises en ligne, un désir de pratiquer l’intimidation : mais je me trompe sans aucun doute. Primo ne pourrait en aucun cas utiliser ce genre de procédés, et en particulier, recourir à l’intimidation, non. C’est évident. J’ai lu la Charte de Primo.

Je tiens à dire néanmoins que je ne me reconnais pas, dans les mots de « volte-face », utilisés par Primo à mon égard, et je les considère comme attentatoires à mon honneur, l’un des mots simples que je citais plus haut et auxquels je suis très attaché. Je ne reconnais strictement rien de la défense qui a été la mienne ou de celle de mes représentants, dans la façon dont Primo les décrit. Je trouve, mais c’est un sentiment personnel, dans les communiqués de Primo, un style juridique et une rhétorique que je me contenterai de qualifier d’étranges, ou de bizarres. « Vous avez dit bizarres ? »

Au nom des valeurs qui sont les miennes, j’entends ici inciter Primo à se ressaisir et à sortir d’une dérive, peut-être passagère, mais dangereuse. L’intégrité, la rigueur, valent, quelles que soient les circonstances, surtout en contexte d’épreuve. Les risques font partie de la vie. Se battre pour la liberté implique la possibilité d’être attaqué et de voir ceux qui vous attaquent ne reculer devant rien, même les coups les plus bas : c’est dans ces circonstances que le courage se manifeste. Et si l’on perd tout courage dans un moment décisif, on prend le risque de cesser d’être crédible : c’est une considération générale. Si l’on abandonne ses amis dans un moment décisif, on prend le risque de perdre durablement des amis : c’est encore une considération générale. La confiance est une chose qui peut se révéler très solide si elle résiste aux épreuves : elle peut aussi se casser en un instant, et, comme une porcelaine fine, elle se recolle très difficilement. C’est, une troisième fois, une considération très générale que je sème aux quatre vents, et que reprendra qui entend les reprendre.


Dans un communiqué, Primo a dit ouvrir grand ses colonnes à Johan Weisz, mais ne me fait pas, bien sûr, ce genre de proposition : c’est un choix clair, très clair. C’est un choix qui, comme on dit, donne à penser.

Primo s’est excusé auprès de Johan Weisz. C’est une décision qui, là encore, donne à penser. Je sais que Stéphane Juffa n’a pas bougé de Metula au Nord d’Israël, même lorsque tombait la mitraille du Hezbollah : c’est à ce genre de comportement que je reconnais un homme digne de ce nom.

Primo pourra continuer à publier des textes de gens que j’estime. Ce que je puis qualifier, au mieux, comme un moment d’égarement - et je suis généreux -, ce que je devrais qualifier, au minimum, d’absence de courage face à l’épreuve [*] - et je suis, là encore, très généreux (et je ne parle même pas de ce qui m’a semblé ressembler à de l’intimidation) - restera à mes yeux une tache indélébile qui, si je la portais, me semblerait relever de ce que je devrais laver au plus vite si je voulais continuer à prétendre mener les combats que j’entends mener.

Peut-être ai-je une façon de me sentir sale qui n’appartient qu’à moi, mais je puis encore me regarder dans les yeux lorsque je fais face à un miroir. Dois-je préciser que c’est là non pas une considération générale, mais une confession personnelle ? 


© Guy Millière

 

[*] Le blogue Lessakele (prononcer lessakel), qui reprend le texte de G. Millière, est beaucoup plus sévère et parle de "déballonnade".

 

Mis en ligne le 4 février 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

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