Washington, 11 février 2008
Il marrive rarement dêtre estomaqué par un article, ou par son contenu. Il nest pas besoin dêtre blasé pour ça, mais seulement davoir une certaine expérience des choses. Mais javoue avoir été soufflé par un article tout récent, Barack Obamas Middle East Expert (L « expert » ès-Moyen Orient de Barack Obama), paru dans la revue The American Thinker.
On y parle du conseiller de notre fringant candidat à la candidature présidentielle Démocrate en matière de Moyen-Orient. Il sagit dun homme qui ne fait pas la Une, mais qui fait partie des éminences grises. Il sappelle Robert Malley. Je le connaissais de nom, pour avoir vu sa signature ici et là, en haut ou au bas darticles pro-palestiniens en diable et anti-israéliens sans modération, avec un talent tout particulier pour la contre-vérité et laffabulation.
Je savais quil avait fait partie de la délégation américaine aux pourparlers de Camp David en 2000, quoiquà un rang très subalterne. Je savais, en outre, quil était linventeur dune légende, reprise avec avidité par tout ce que la planète compte dArafatophiles, à savoir que léchec de ces pourparlers était au moins partagé, à parts égales, par Ehud Barack, présenté comme rigide et intransigeant, alors que ce brave M. Arafat navait fait que défendre son bout de gras. Que Bill Clinton et son super négociateur sur le Moyen-Orient, Dennis Ross, aient, sans la moindre équivoque, accusé Arafat davoir torpillé toute laffaire, nempêcha pas ce frimeur dinventer pour les besoins de la Cause (palestinienne) une légende urbaine bien utile, ni de la répéter comme il sied à un officier de lagit-prop, afin que les autres menteurs, la Propagandastaffel du Monde ou de France 2 puissent se fournir en viandes faisandées.

Robert Malley, l"expert" de Barack Obama pour le Moyen-Orient
Ce que jignorais, et que mapprend larticle cité, cest que notre homme a un pedigree, et ce qui minterloque, cest la nature de cet arbre généalogique : Simon Malley, son père, de famille syrienne, né au Caire, « journaliste » et agent de Nasser, fut le fondateur dAfrique-Asie, le journal gaucho tiers-mondiste qui se « battait » pour la « libération » des zopprimés. Il adorait Fidel Castro, le héros massacreur, quil interviewa avec amour. Maman, américaine, travaillait à la délégation du FLN algérien aux Nations Unies, ce qui, je vous le concède, vous prédispose au mensonge systématique. Ami dArafat et de tout ce que la planète comptait de dictateurs « progressistes », il poussa le bouchon si loin quil finit par être expulsé de France ce qui, avouons-le aussi, narrivait pas à tout le monde, tant la République était, à lépoque, accueillante pour tout ce qui était anti-américain, anti-israélien, anti-occidental, prosoviétique, etc. souvenons-nous de Khomeiny !
On se demande bien ce que la France giscardienne, qui nen finissait jamais de faire des risettes obséquieuses au monde arabe - voir le ridicule « dialogue Nord-Sud », qui permit à Giscard de se faire mousser - et au monde soviétique - voir lépisode du « petit télégraphiste de Varsovie » -, possédait dans ses dossiers pour éjecter ce monsieur. On se demande même sil nétait pas copain avec Henri Curiel, lhomme clé du KGB dans les réseaux tiers-mondistes. Il faudra se renseigner.
Quant au fils de son père, le petit Robert, il a construit toute une carrière de propagandiste anti-israélien. Un cursus qui la fait directeur du Moyen-Orient à lInternational Crisis Group, le « think tank » snobinard de lestablishment diplomatique international, dont lobjet principal est le billet davion de première classe, et la conformité la plus conforme aux idées reçues du status quo. Joubliais la présence au Conseil de lICG de lépouvantable milliardaire dextrême gauche, George Soros, lun des hommes les plus dangereux de la planète, auquel rien de ce qui est anti-américain nest étranger.
Robert Malley se répand depuis des années dans les médias, écrit avec son compère, Hussein Agha, ancien conseiller dArafat, des articles dopinion dans lesquels le mensonge coule à flot, jusquà en mouiller le journal sur lequel il est imprimé. Malley est favorable à une politique d « engagement » avec le Hamas, le Hezbollah, la Syrie et lIran, avec Muqtada al-Sadr, lassassin hirsute des faubourgs chiites de Bagdad. Seul Israël, surprenez-vous, ne mérite aucun « engagement » mais uniquement dêtre forcé de faire ceci ou cela. Robert Malley, hagiographe dArafat et de lextrémisme arabo-musulman, menteur de première classe.
Eh bien, Robert Malley est conseiller dObama pour le Moyen-Orient. Voilà qui est révélateur et inquiétant tout à la fois. Ces choix ne sont jamais innocents. Parmi ses collègues conseillers de la campagne dObama, on trouve Zbigniew Brzezinski, lappariteur qui ouvrit la porte aux ayatollahs iraniens, encore tout auréolé de la gloire acquise comme Conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, il y a trente ans ; Richard A. Clarke, dont cétait la responsabilité de coincer al-Qaeda, mais qui loupa le coche de main de maître ; Lawrence J. Korb, mouche du coche depuis trente ans et gauchiste façon establishment des affaires de défense ; Anthony Lake, qui , Conseiller à la sécurité nationale de Clinton, dut renoncer à présenter sa candidature à la direction de la CIA, pour cause dactions passées du côté des ennemis du renseignement américain ; labominable Bruce O. Riedel, analyste CIA, dont javais disséqué naguère, dans ces pages, le congénital crétinisme politique
Quelle équipe !
Soyons juste, on y trouve aussi des gens honorables, comme lambassadeur susmentionné, Dennis Ross. La brochette de ces conseillers est néanmoins inquiétante, car elle permet de voir, par anticipation, ce que pourrait être la politique internationale dObama : une « quaidorsite » suraiguë (cest la maladie qui consiste à ne marcher que sur un pied en terrain miné, celui de la diplomatie, en samputant du second, le militaire). On négocierait à perte de vue. Pire, la composition de la brochette montre à quel point le banditisme politico-djhadi est bienvenu dans la Gauche américaine. Cest ce que représente Malley. Ce qui mestomaque, cest la « Longue Marche » dans lEstablishment, du banditisme politique gauchiste, marxo-guévariste et assimilé.
Laurent Murawiec
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Mis en ligne le 1er février 2008, par M.
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