25 janvier 2008
Sur le site de Townhall
Original anglais : " Will Venezuela Be Judenrein ? "
Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org

Des soldats de la garde nationale vénézuélienne patrouillent le long du fleuve Tachira,
pour réprimer la contrebande de pétrole et de denrées alimentaires. 23 janvier 2008
© Reuters/Luis Robayo (Venezuela).
Le 1er décembre 2007, une vingtaine de policiers lourdement armés ont fait une descente dans un Centre communautaire juif de Caracas, où plusieurs centaines de personnes célébraient un mariage. La police, équivalent vénézuélien du FBI, a affirmé être à la recherche darmes et dune preuve « dactivité subversive ».
Ils nont pas trouvé darmes. Quant à lactivité subversive, il faut savoir que, dans un Etat de style pré-dictatorial comme celui dHugo Chavez au Vénézuéla, la subversion est une notion très élastique. Le moindre doute concernant le régime de Chavez peut facilement en tenir lieu.
Cette petite opération théâtrale de harcèlement nest quun exemple récent dune série de mesures préoccupantes prises par le gouvernement Chavez à lencontre de ses citoyens juifs. Le même centre communautaire avait fait lobjet dune descente de police, un matin de 2004, à lheure où lon conduit les enfants à lécole en autobus. Le régime qui senorgueillit de sa chaude amitié avec lIran dAhmadinejad et Cuba de Castro sest également lancé dans une propagande antisémite et anti-israélienne régulière. Il y a un peu plus dun an, dans un discours prononcé la veille de Noël, Chavez, avait déclaré :
« le monde a de la richesse pour tous, mais certaines minorités, tels les descendants du peuple même qui a crucifié le Christ, se sont emparés de toute la richesse du monde ».
Pendant la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël, Chavez a de plus en plus monté le ton, accusant les Israéliens de se conduire comme des nazis. Lors dune récente visite à Washington D.C., Gustavo Aristegui, le ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme du parti dopposition en Espagne, a révélé à un groupe du Hudson Institute que le Hamas et le Hezbollah ont maintenant toute liberté daction au Vénézuéla. Des publications du ministère de la culture du gouvernement affichent des titres comme « La Question Juive », avec, en couverture, une étoile de David superposée à une croix gammée. Des Juifs ont été accusés de complicité dans le meurtre dun procureur. Un article, paru dans un important journal de Caracas, El Diario, demandait sil nallait pas falloir « expulser [les Juifs] du pays ».
Plus récemment, ainsi que le rapporte le journal Forward, Chavez sest servi de la chaîne de télévision gouvernementale pour se lancer dans de
« longues divagations sur la présence dagents du Mossad, censés agir dans le pays pour renverser le régime de Chavez, avec le soutien des Etats-Unis et des forces dopposition au Vénézuéla ».
Lanimateur de lémission la interrompu pour sinterroger sur la loyauté des Juifs au Vénézuéla.
Au début du régime de Chavez, la communauté juive du Vénézuéla comptait environ 30.000 membres. Des statistiques sûres sont difficiles à obtenir, mais la plupart des estimations, à ce jour, estiment que ce nombre se situe entre 8.000 et 15.000. Environ 50 % des membres de la communauté juive du Vénézuéla étaient venus en réfugiés dans ce pays pour échapper aux nazis, durant la Seconde Guerre Mondiale. Ni eux, ni leurs enfants navaient besoin de beaucoup de persuasion pour percevoir le danger. Les descentes de police, la propagande, la presse hostile, avaient suffi. Mais ensuite, notez-le bien, lhomme à qui Chavez a confié la sécurité intérieure était Tarek al Assaimi, fils de lenvoyé de Saddam Hussein au Vénézuéla.
Un tollé de la part des autres Juifs de par le monde était prévisible et il y en a eu un. Mais aux Etats-Unis, nombre de dirigeants de grandes organisations juives cherchent à étouffer ceux qui, comme les rabbins Avi Weiss et Shmuel Herzfeld, de la Coalition for Jewish Concerns, pressent les membres du Congrès dorganiser des auditions sur ce problème. Weiss relate que le Député démocrate, Elliott Engel (de New York) voulait procéder à une audition, mais quil en a été dissuadé par
Dina Siegel Vann sest exprimée au nom du Congrès Juif Américain [AJC], dans une libre opinion publiée par le Miami Herald, pour stigmatiser ceux qui veulent donner à leur protestation le plus de publicité possible. « Crier et hurler en arguant quil y va de la sécurité des Etats-Unis peut sembler une bonne chose à certains, écrit-elle, mais le but de lexercice nest pas de satisfaire leurs besoins, mais plutôt de garantir la sécurité et le bien-être de milliers de Juifs vénézuéliens
» Titre de larticle : « Recourons à la diplomatie, pas à des protestations publiques ».
Certes, la diplomatie a sa place, mais ce nest pas de cela quil sagit. Quand lUnion Soviétique refusait les visas de sortie aux Juifs qui voulaient émigrer, et persécutait ceux qui cherchaient à partir, seules les protestations bruyantes et tenaces des Juifs des Etats-Unis et dailleurs (parallèlement aux actions du Congrès) ont amené les Soviétiques à céder. Bill Buckley ironisait, à lépoque, en disant quil espérait que les Soviétiques libèrent tous les Juifs qui veulent émigrer sauf un pour maintenir vivace la pression juive, si utile pour
Mona Charen
© Townhall
Mis en ligne le 28 janvier 2008, par M.











