* Voir "Les mises en scène du Hamas dénoncées par des journalistes palestiniens".
26/01/08
Question ?
Que peut faire, pour sauver son honneur, un journal qui a présenté comme une "information" un bluff propagandiste palestinien, gros comme une montagne en loccurrence, le faux "black out" de Gaza ? Voici quelques propositions, assorties de leurs avantages et de leurs inconvénients.
- Objecter que tout le monde peut se tromper.
- Possible. Mais alors, la Rédaction de ce média doit reconnaître que ses journalistes sont atteints dun grave défaut visuel, ou dune distraction intellectuelle congénitale et donc rédhibitoire pour lexercice de ce métier.
- Sexcuser, sans entrer dans les détails, pour ne pas aggraver son cas.
- Plutôt crever. Un média ne reconnaît son erreur que sil na pas déchappatoire.
- Ce semble bien être le cas ici, puisque, comme beaucoup lont remarqué, sur le cliché de Reuters que le Time a eu limprudence (ou le culot) de mettre en première page, on voit le jour jaillir par une porte malencontreusement ouverte au fond de la salle, la lumière de lextérieur transparaître au travers du rideau bleu de gauche, et un rai lumineux filtrer du rideau de droite, mal tiré.
- Juste, mais quà cela ne tienne : il est rare quun chat perde léquilibre, et, dans la quasi-totalité des cas où cela arrive, cet animal retombe immanquablement sur ses pattes.
Démonstration
Premier épisode : Sur une copie décran de la page du Time du 24 janvier 2008, réalisée par A. Jean-Mairet, figure le fameux cliché, sous lequel on peut lire la légende suivante :
Black out
The Israeli embargo has left the Gaza Strip without electricity. The Palestinian Parliament was forced to meet by candlelight on Tuesday.
[Lembargo israélien a privé délectricité la bande de Gaza. Le Parlement palestinien a été contraint de se réunir, mardi, à la lumière des bougies.]
Deuxième épisode : Dans lédition du 26 janvier 2008, la légende a subi une modification - subtile, mais, on le verra, définitivement fatale à la déontologie de ce journal. Il nest plus dit que le Parlement « été contraint de se réunir
à la lumière des bougies », mais quil « sest réuni
à la lumière des bougies
pour souligner sa détresse
»
Black out
The Israeli embargo has left the Gaza Strip without electricity. To emphasize its plight the Palestinian Parliament met by candlelight on Tuesday.
[Lembargo israélien a privé délectricité la bande de Gaza. Pour souligner sa situation désespérée, le Parlement palestinien sest réuni, mardi, à la lumière des bougies.]
Ah ! quen termes galants ces choses-là sont dites
Vous avez bien compris. Le chat est retombé sur ses pattes. Plutôt que dadmettre que ses journalistes sont aveugles, ou quelle en pince pour les Palestiniens, en général, et pour le Hamas, en particulier, la Rédaction du Time préfère pratiquer le rewriting révisionniste, dans le style :
- Euh
nous avons voulu dire que si les parlementaires du Hamas ont fait ça
- Vous voulez dire "cette mise en scène" ?
-
siéger symboliquement dans lobscurité, justement en plein jour, cest, bien entendu, pour "souligner" ce qui attend la malheureuse population de Gaza, si Israël coupe le courant
Vous avez dit : Errare humanum est, perseverare diabolicum ?
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Voici le texte consacré à la même acrobatie, qua mis en ligne sur son blog Alain Jean-Mairet, le 26 janvier :

Le 24 janvier, TIME présentait limage ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause dIsraël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, dune part la bande de Gaza avait largement assez délectricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et, dautre part, la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour, histoire de plaire aux antisémites, actuels et potentiels, de ce monde. Le TIME mentait donc ici, à deux reprises, à ses lecteurs.
Peu après, des journalistes palestiniens informaient le Jerusalem Post de la supercherie et quelques blogs, dont celui-ci, dévoilaient le pot-aux-roses. Entre-temps, même la rédaction de TIME a dû trouver que les traits de lumière, bien visibles à travers les rideaux de chaque côté de la salle, et la clarté parfaite régnant hors de la pièce, comme le révèle la porte ouverte au fond à gauche, gênaient un peu trop la démonstration et a modifié la légende de la photo, sans sexcuser davoir trompé le monde et en continuant daffirmer, de manière tout simplement mensongère, quIsraël a laissé la bande de Gaza sans électricité.
Voici la version du 24 janvier (dont javais pris la peine de faire une copie décran):
Blackout
Lembargo israélien a laissé la bande de Gaza sans électricité. Le Parlement palestinien a été forcé de se réunir à la lueur des chandelles mardi soir.
et celle de ce matin (copie décran):
Blackout
Lembargo israélien a laissé la bande de Gaza sans électricité. Pour mettre en évidence sa situation désespérée, le Parlement sest réuni mardi à la lueur des chandelles.
Ce ne sont pas des erreurs. Ce sont des mensonges qualifiés poursuivant (impunément ?) des objectifs politiques.
Ce nest pas moi qui dirai le contraire !
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 26 janvier 2008, par M.












