lundi 14 janvier 2008
Monsieur le Président,
Messieurs les Membres du Conseil,
A travers vous jadresse à toute la nation saoudienne le salut fraternel de la France.
Ce salut, je veux ladresser aussi à toute la nation arabe et à toute la communauté des croyants. Je noublie pas que pour tous les musulmans lArabie Saoudite cest une terre sacrée où le Prophète a recueilli la parole de Dieu pour lenseigner aux hommes.
Tous les musulmans à travers le monde pensent cela de lArabie Saoudite.
Dici partit il y a 14 siècles le grand élan de piété, de ferveur, de foi qui allait tout emporter sur son passage, qui allait convertir tant de peuples et faire naître lune des plus grandes, des plus belles civilisations que le monde ait connu[es].
Ici, en Arabie Saoudite, ce sont les lieux les plus saints de lIslam, vers lesquels chaque Musulman dans le monde se tourne pour prier.
Sans doute, Musulmans, Juifs et Chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Sans doute nont-ils pas la même manière de vénérer Dieu, de le prier, de le servir. Mais au fond, qui pourrait contester que cest bien le même Dieu auquel sadressent leurs prières ?
Que cest bien le même besoin de croire. Que cest le même besoin despérer qui leur fait tourner leurs regards et leurs mains vers le Ciel pour implorer la miséricorde de Dieu, le Dieu de la Bible, le Dieu des Evangiles et le Dieu du Coran ?
Finalement, le Dieu unique des religions du Livre.
Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cur de chaque homme.
Dieu qui nasservit pas lhomme mais qui le libère.
Dieu qui est le rempart contre lorgueil démesuré et la folie des hommes.
Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message dhumilité et damour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect.
Ce message, il a souvent été dénaturé. Ce message, il a souvent été détourné. Beaucoup de crimes dans lHistoire ont été commis au nom de la religion, qui navaient en réalité rien à voir avec elle, qui étaient un reniement, qui étaient une trahison de la religion.
Les crimes qui ont été commis au nom de la religion nétaient pas dictés par la piété, ces crimes nétaient pas dictés par le sentiment religieux, ces crimes nétaient pas dictés par la foi, ils étaient dictés par le sectarisme, par le fanatisme, par la volonté de puissance sans limite. Souvent le sentiment religieux a été instrumentalisé, souvent il a servi de prétexte pour atteindre dautres objectifs et pour satisfaire dautres intérêts. Et aujourdhui, encore, je laffirme devant vous, ce nest pas le sentiment religieux qui est dangereux. Cest son utilisation à des fins politiques régressives au service dune nouvelle barbarie.
Tous ces excès, toutes ces dérives doivent-ils nous amener à condamner la religion ? Je laffirme, je réponds non, car le remède serait pire que le mal. Le sentiment religieux nest pas plus condamnable à cause du fanatisme que le sentiment national ne lest à cause du nationalisme.
En tant que chef dun Etat qui repose sur le principe de la séparation de lEglise et de lEtat, je nai pas à exprimer ma préférence pour une croyance plutôt que pour une autre. Je dois les respecter toutes, je dois garantir que chacun puisse librement croire ou ne pas croire, que chacun puisse pratiquer son culte dans la dignité.
Je respecte ceux qui croient au Ciel autant que ceux qui ny croient pas.
Jai le devoir de faire en sorte que chacun, quil soit juif, catholique, protestant, musulman, athée, franc-maçon ou rationaliste, se sente heureux de vivre en France, se sente libre, se sente respecté dans ses convictions, dans ses valeurs, dans ses origines.
Mais jai le devoir aussi de préserver lhéritage dune longue histoire, dune culture, et, jose le mot, dune civilisation. Et je ne connais pas de pays dont lhéritage, dont la culture, dont la civilisation, naient pas de racines religieuses.
Je ne connais pas de culture, pas de civilisation où la morale, même si elle incorpore bien dautres influences philosophiques, nait un tant soit peu une origine religieuse.
Dans le fond de chaque civilisation il y a quelque chose de religieux, quelque chose qui vient de la religion. Et dans chaque civilisation il y a aussi quelque chose duniversel, quelque chose qui la relie à toutes les autres civilisations.
Et dailleurs, depuis que la civilisation est apparue face à la barbarie, depuis que les relations entre les hommes ont cessé dêtre exclusivement fondées sur la brutalité et sur la violence, depuis que, par un effort toujours recommencé sur lui-même, lHomme a cherché, sans toujours y parvenir, à domestiquer ses instincts, les civilisations se rencontrent, dialoguent, échangent, se fécondent les unes les autres.
Il ny a pas de civilisation qui ne soit le produit dun métissage. LOccident a recueilli lhéritage grec grâce à la civilisation musulmane. Et ce que fut la civilisation de la Grèce antique, elle le devait pour une large part à ce quelle avait hérité de lEgypte et de lOrient.
Cest peut-être dans le religieux que ce quil y a duniversel dans les civilisations est le plus fort. Ce sont les religions, malgré tous les forfaits qui ont pu être perpétrés en leur nom, qui nous ont, les premières, appris les principes de la morale universelle, lidée universelle de la dignité humaine, la valeur universelle de la liberté et de la responsabilité, de lhonnêteté et de la droiture.
Sa Majesté le Roi Abdallah na pas dit autre chose en adressant aux pèlerins venus du monde entier ces paroles magnifiques de vérité et de sagesse :
« Les grandes religions divines se rassemblent autour dun certain nombre de principes communs et partagent les grandes valeurs de tolérance. Ces valeurs font dans leur ensemble lesprit dhumanité et distinguent lHomme des autres créatures. Je veux parler des valeurs dintégrité morale dans la parole et laction, la tolérance, la solidarité, légalité, la dignité et le souci de cette pierre angulaire pour chaque société, à savoir la famille (
).
Quil me soit permis, poursuit Sa Majesté, dinviter tous ceux à qui parviendront ces mots à nous rappeler ce qui réunit les religions, les croyances et les cultures. » Lorsque Sa Majesté parle ainsi, elle parle de valeurs universelles, elle pourrait parler au nom de tous les hommes.
Cette vérité quil y a dans toutes les religions, les croyances et les cultures quelque chose duniversel qui permet à tous les hommes de se reconnaître comme faisant partie de lHumanité, de se parler, de se comprendre, de se respecter, de saimer. Je le dis devant votre Conseil, cette vérité, car cest bien une vérité, nous avons tous, en Arabie Saoudite comme en France, le devoir de la promouvoir parce que cest par elle que nous pouvons vaincre la barbarie de ces barbares qui naccordent aucun prix à la vie et à la dignité de la personne humaine.
Cette vérité nous avons le devoir de la faire reconnaître parce que sa reconnaissance est la condition de la paix, la condition de la fraternité et la condition du progrès humain.
LHomme nest pas sur Terre pour détruire la vie, mais pour la donner.
Lhomme nest pas sur Terre pour haïr, mais pour aimer.
Lhomme nest pas sur Terre pour transmettre à ses enfants moins quil na reçu mais davantage.
Cest au fond ce quenseignent toutes les grandes religions et toutes les grandes philosophies. Cest lessence de toute culture et de toute civilisation.
Cest ce sur quoi nous devons fonder la politique de civilisation dont le monde a aujourdhui un urgent besoin.
Alors, mes chers amis dArabie Saoudite, il ne sagit pas de chercher à imposer un modèle unique de civilisation.
Ce serait répéter une fois de plus lerreur tragique qui dans le passé a provoqué tant de malheurs.
Ce serait nier les identités.
Ce serait faire le jeu de tous les extrémismes.
Ce serait susciter non la paix et la fraternité mais la violence, la guerre et le terrorisme, car rien nest plus dangereux quune identité blessée, quune identité humiliée. Une identité humiliée, cest une identité radicalisée. Si la globalisation provoque tant de critiques, tant de crispations, tant de rejets, cest dabord parce quelle est trop souvent ressentie comme une menace pour les identités. La vie de lHomme na pas quune dimension matérielle. Il ne suffit pas à lHomme de consommer pour être heureux.
Une politique de civilisation, cest une politique qui se donne pour but de civiliser la globalisation. Cest une politique qui intègre la dimension intellectuelle, morale, spirituelle. Cest une politique qui cherche à conjurer la menace du choc des civilisations en mettant laccent sur ce qui réunit les hommes, par-delà ce qui les oppose. Une politique de civilisation, cest une politique de la diversité, cest une politique qui fait du respect de la diversité des opinions, des cultures, des croyances, des religions, un principe universel. Mes chers amis saoudiens, la diversité ce nest pas seulement une valeur occidentale. Cest une valeur qui doit être commune à toutes les civilisations. Dailleurs, la diversité, cétait une valeur qui était à lhonneur à Alexandrie, à Constantine, à Cordoue. Cest une valeur que jai voulu faire respecter en France en créant le Conseil du Culte Musulman.
Cest la valeur qui minspire quand je veux faciliter la construction de mosquées en France pour que les musulmans français puissent prier dans des lieux de culte décents.
Cest la volonté de promouvoir la diversité comme valeur, qui sous-tend la politique française au Liban. Comme lArabie saoudite, la France ne ménagera aucun effort pour que le Parlement libanais puisse élire dans les meilleurs délais un Président en qui se reconnaîtront les composantes de la nation libanaise dans leur diversité. La France appuie sans réserve le plan de la Ligue arabe, qui rejoint en tous points ses propositions. Mais la diversité, ce nest pas bien en France, et ce nest pas mal ailleurs. La diversité est une nécessité civilisatrice. Une politique de civilisation, cest une politique de solidarité, une politique de partage. Cest une politique qui ne veut pas seulement soccuper des conséquences, mais qui veut aussi sattaquer aux causes, aux causes de la misère, aux causes de linégalité.
Cest une politique qui reconnaît tous les hommes et tous les peuples égaux en droits, égaux en devoirs, égaux en dignité, cest une politique qui place la vie au-dessus de tout. Cest une politique des intérêts vitaux de lhumanité.
Cest une politique de responsabilité vis-à-vis des générations futures, vis-à-vis, Monsieur le Président, de la planète.
Cest une politique qui veut lutter contre les dérives de la modernité, qui veut lutter contre les excès de la technique, de léconomie, de la finance, qui veut lutter contre la pollution, contre la dégradation de lenvironnement. Cest une politique du développement durable.
Mais une politique de civilisation, cest dabord une politique de justice. Car le sentiment dinjustice nourrit la haine.
Justice pour le peuple palestinien, cest la condition de la paix et de la sécurité dIsraël. Je salue le plan de règlement de Sa Majesté le Roi Abdallah, approuvé par la Ligue arabe. Depuis les conférences dAnnapolis et de Paris, lespoir renaît. Une paix juste est possible avec la création, dès cette année, dun Etat palestinien viable et moderne. Oui, la paix est possible ! Aucun effort ne devra être épargné pour y parvenir par la négociation entre les parties. La communauté internationale tout entière doit être prête à accompagner avec détermination la mise en oeuvre dun accord.
La justice, nous la devons à tous les peuples opprimés, à tous les exploités, à tous ceux qui souffrent de ne pas voir reconnue leur dignité dêtre humain. La justice, nous la devons à toutes les femmes, à tous les enfants martyrisés dans le monde, si nous voulons pouvoir vivre en paix sur cette Terre, si nous voulons pouvoir arracher du cur des hommes le ressentiment et la vengeance.
Cest parce quelle veut uvrer pour la justice que la France veut parler à tout le monde. Comment faire progresser la justice si lon ne parle pas à ceux qui commettent des injustices ?
Cest pour la justice quau nom de la France, devant lAssemblée Générale des Nations Unies, jai appelé le monde au partage plus équitable des rentes [lire : revenus] et à un New Deal économique et écologique à léchelle de la planète.
Cest au nom de la justice que la France a pris linitiative de réunir la conférence des Etats donateurs en faveur de lAutorité palestinienne.
Cest au nom de la justice quelle sest engagée si fortement en faveur de la cause de lindépendance du Liban et de la cause du Darfour où se joue lun des plus terribles drames humains de notre époque.
Cest au nom de la justice que la France soutient que laccès au nucléaire civil doit être un droit pour tous les peuples.
Cest au nom de la justice que la France plaide pour le co-développement.
Cest pour que sapaise le sentiment dinjustice, pour que sapaisent les rancurs et les haines, que la France a pris linitiative de proposer à tous les pays riverains de la Méditerranée de sunir dans lUnion pour la Méditerranée autour de lidée du partage, de la solidarité, de la compréhension et du respect.
Ce que propose la France, avec lItalie et avec lEspagne, cest den finir avec le caractère profondément inégalitaire du dialogue entre le Nord et le Sud et de sengager dans la voie dune association où chaque pays de la Méditerranée aura une part égale.
Ce ne sera plus le Nord qui viendra donner des leçons au Sud, ce sera un échange où chacun apprendra de lautre, ce sera un effort partagé où chacun contribuera à forger une destinée commune.
Chacun, remontant aux sources de ce quil est et de ce quil croit, retrouvera les origines communes, ce qui rapproche les religions du Livre et les civilisations qui en sont issues, et tous ensemble, je dis bien tous ensemble, héritiers du judaïsme, du christianisme, de lIslam, nous re-souvenant de ce que nous devons à lEgypte, à la Grèce et à Rome, ayant tous ensemble dans le cur quelque chose qui nous rattache à Alexandrie, à Jérusalem et à Cordoue, eh bien, nous apprendrons à parler dune même voix à tous les hommes dun grand rêve de civilisation plus fort que la bêtise, plus fort que la violence, plus fort que la haine.
La politique de civilisation, cest ce que font tous ceux qui, au sein même de lIslam - comme des autres religions -, luttent contre le fanatisme et contre le terrorisme, ceux qui en appellent aux valeurs fondamentales de lIslam pour combattre lintégrisme. Lintégrisme, cest la négation de lIslam.
La politique de civilisation, cest ce que font tous ceux qui uvrent pour un Islam ouvert, un Islam qui se souvient des siècles où il était le symbole de louverture desprit et de la tolérance, qui se souvient que ses savants traduisirent Aristote et Platon et quils furent pendant des siècles, les savants de lislam, à la pointe du progrès des sciences.
La politique de civilisation, cest ce que font tous ceux qui sefforcent de concilier le progrès et la tradition, de faire la synthèse entre lidentité profonde de lIslam et la modernité sans choquer la conscience des croyants. Cest ce que fait lArabie Saoudite, sous limpulsion de Sa Majesté le Roi Abdallah.
Cest ce que fait le Président Moubarak en Egypte avec la sagesse qui est la sienne.
Cest ce que fait Sa Majesté le Roi du Maroc, quand, par touches successives, il fait évoluer le droit des femmes.
Sur la condition des femmes, sur la liberté dexpression, lArabie saoudite elle aussi sest mise en mouvement. Lentement, certes, mais qui ne serait impressionné par les changements qui se sont produits en quelques années, dans le respect de lintégrité des lieux saints de lIslam, qui est une exigence avec laquelle le Royaume ne peut pas transiger et qui loblige à être pour les croyants du monde entier un modèle de piété et de fidélité à la tradition ?
Cest à cause de cette exigence, cest à cause de ce que représente lArabie Saoudite pour tous les musulmans, à cause aussi de lautorité morale et religieuse du Roi Abdallah, que ce qui se passe chez vous est si important. Et quand, en juin 2006, six femmes sont pour la première fois désignées comme administratrices du Conseil Consultatif, cela représente ici une évolution dont je mesure bien la portée et que je salue.
Cest ici, en Arabie Saoudite, que le changement est le plus délicat, le plus difficile sans doute, mais cest ici aussi, il faut que vous en ayez conscience, que ce changement a la plus grande valeur symbolique, la plus grande portée pour le monde.
Le rôle déquilibre et de modération que joue lArabie Saoudite na pas seulement une importance régionale. Il a une importance mondiale.
Votre rôle ne sinscrit pas dans le court terme. Votre rôle sinscrit dans la longue durée de lhistoire des civilisations.
Ici, en Arabie Saoudite, se joue le rapport de lIslam avec la modernité. Ici, en Arabie Saoudite, lIslam démontrera une forme de modernité qui lui est propre, qui ne viendra pas détruire son identité, qui nentrera pas en conflit avec la foi.
Cest cela qui donne à lArabie Saoudite une importance si grande sur la scène du monde.
Quand Sa Majesté le Roi Abdallah rencontre le Pape, ce geste a plus dimportance pour la paix et pour lavenir de la civilisation que bien des conférences internationales.
En faisant ce geste dune portée immense, dune portée symbolique, il signifie au monde, ce geste, quaux yeux du Roi, le temps nest plus pour les religions à se combattre entre elles, mais à combattre ensemble contre le recul des valeurs morales et spirituelles, contre le matérialisme, contre les excès de lindividualisme.
En faisant ce geste, Sa Majesté indique la voie du salut qui nest pas dans la fermeture et dans le rejet, mais dans louverture aux autres et au monde.
Tout ce qui se passe ici, toute la politique de lArabie Saoudite, tout ce quexprime, tout ce que fait Sa Majesté le Roi Abdallah montre une volonté non de rejeter la modernité mais de lapprivoiser pour la transformer, et la mettre au service dune certaine idée de lHomme, dun projet de civilisation.
Cest la voie que la France, par ailleurs si différente du point de vue de sa tradition, de sa culture, de son histoire, a elle aussi choisie.
La France ne veut pas être seulement un partenaire économique stratégique pour lArabie Saoudite, même si, dans ce domaine comme dans le domaine scientifique ou technique, nous avons dénormes choses à faire ensemble. La France veut être aussi, pour lArabie Saoudite, un partenaire politique, parce que lArabie Saoudite et la France partagent les mêmes objectifs dune politique de civilisation, parce que lArabie Saoudite et la France ont le même souci de tout faire pour que soit évité le choc des civilisations et la guerre des religions, parce que lArabie Saoudite et la France ont toutes deux, dans le monde, chacune à sa manière, une influence morale qui leur fait un devoir de se battre pour la paix et pour la justice.
LArabie Saoudite et la France nont pas seulement des intérêts en commun. Elles ont aussi un idéal commun. Elles doivent sunir pour le faire progresser malgré toutes les forces qui dans le monde sy opposent.
Vous lavez compris, Monsieur le Président, Messieurs, la France veut être lamie de lArabie Saoudite.
La France veut être lamie du monde arabe.
Une amie qui ne cherche pas à donner des leçons mais qui dit la vérité.
Une amie qui ne demande rien, mais qui est là quand on a besoin delle.
Mesdames et Messieurs, vive lamitié franco-saoudienne ! Vive lamitié franco-arabe !
[Texte aimablement transmis par Michel-Louis Levy.]
Mis en ligne le 16 janvier 2008, par M.











