15/01/08
Sur le site de Jewish World Review
Texte original anglais : "Misplaced faith".
Traduction française : Menahem Macina
Au cours de son récent voyage en Israël, le Président Bush a visité plusieurs lieux qui corroborent sa foi, dont Bethléem et la Mer de Galilée. Ensuite, faisant montre dune foi plus grande que celle qui consiste à croire que Jésus a pu marcher sur les eaux, il a affirmé que la paix pourrait sétablir entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes voisins. Le premier acte de foi a quelques racines historiques et des témoins ; le second est fondé sur limagination.
Depuis 1937, il y a eu 18 tentatives formelles, par voie de commissions, de conférences, de résolutions, de sommets et autres initiatives, pour persuader lagneau juif de se coucher près du lion arabe [1]. Tout cela a échoué. La récente tentative du Président Bush, comme celles dautres présidents avant lui, échouera, elle aussi, quel que soit le niveau de rhétorique ou de pression, qui sera mis en oeuvre pour peser sur Israël afin quil « en fasse plus ». Comme lécrit Hillel Halkin dans lédition de janvier de Commentary,
« Quand après de multiples tentatives, on ne parvient pas à résoudre un problème, il est raisonnable de soupçonner quil est insoluble, au moins de la manière quon imagine. »
Cette sorte de fausse conception stipule que la partie palestinienne, conjointement aux pays arabes et musulmans, cessera d'essayer de détruire Israël si un nouvel État est créé dans la région. Un tel Etat - renforcé par un "droit de retour" qui submergera Israël dennemis du sionisme et confortera ceux qui, persuadés que la fin de lEtat juif est proche, sont déterminés à le détruire -, mettra un terme à lexistence moderne dIsraël.
Alors que la visite du président était proche, on aurait pu sattendre à ce que les Palestiniens, sils étaient intéressés à la paix, mettraient au moins une sourdine à leurs divagations anti-israéliennes. Mais, selon Palestinian Media Watch, la station de télévision dobédience gouvernementale a, au contraire,
« intensifié sa rhétorique dincitation à la destruction d'Israël, et sest faite lavocate de la "libération" de Haïfa, Tibériade, Acre et Tel Aviv »,
villes qui ne sont pas concernées par le débat sur l"occupation", par Israël, du territoire palestinien.
Cest dans ce contexte que le Président Bush a évoqué la nécessité dun surcroît de concessions israéliennes aux Palestiniens (dont le démantèlement dhabitations situées sur des territoires revendiqués par les Palestiniens), pour parvenir à un accord de paix, assorti dune promesse dun contrôle du processus, qui serait garant de tout accord. Les contrôleurs ne se verront pas accorder de pouvoirs contraignants. Le caractère illusoire dun tel processus de contrôle a été mis en lumière lors des précédents accords, qui exigeaient de la partie palestinienne quelle mette un terme à la terreur, quelle cesse dutiliser la télévision pour inciter à la violence contre les juifs, quelle réforme les livres scolaires qui enseignent la haine des juifs et des chrétiens, et quelle respecte une limitation dans le nombre de policiers palestiniens habilités à porter des armes. Or, le gouvernement palestinien na respecté aucune de ces clauses. Mais plutôt que de reconnaître quils sont profondément enfoncés dans ce "grand bourbier" [2], les grands benêts de ladministration Bush invitent à "aller de lavant".
Aucune déclaration, aucun acte, sermon, ou propos politique crédibles émis par le monde arabo-palestino-musulman, ne laisse le moindre espoir dune renonciation à leur objectif déclaré de détruire Israël et de "libérer" les territoires arabes.
Des ennemis honnêtes reconnaîtront que la formule inclut les territoires "occupés" à partir de 1948, quand Israël devint un Etat, sur décision des Nations unies.
Au lieu dun projet crédible pour contrer les djihadistes et les "libérationnistes" déterminés à détruire Israël (et les Etats-Unis), ladministration Bush continue à pratiquer une foi basée sur lillusion quils se sont créée. Puisque, après toutes les concessions dIsraël, ses ennemis nont pas fait un seul pas vers la paix, sur quoi se fonde lidée que davantage de concessions transformeront une voie à sens unique en une grande artère à deux voies?
Même si un accord est conclu, le mieux quon puisse attendre de la partie palestinienne est une accalmie temporaire de la violence, qui sera suivie par linvention dun prétexte pour déclencher plus de violences et exiger de nouvelles concessions.
Le Président Bush a réitéré un thème familier en Israël, selon lequel il croit que le don de la paix accordé par Dieu est pour tous et pas seulement pour les Américains. Si cest le cas, pourquoi ceux qui vivent dans des Etats arabes et musulmans oppresseurs, ne renversent-ils pas leurs dictateurs de dirigeants ? Pourquoi ces gens "non-libres" ne soutiennent-ils pas la cause de la liberté dans les pays où certains se réfugient, au lieu de chercher à les miner et à se séparer de la culture et de la vie nationales ? Leur conception de la liberté est de se libérer de notre liberté et dimposer la charia à tout le monde.
Au lieu de simpliquer dans ce manquement à un engagement, auquel (lAmérique) ne peut apporter de solution, il semble quil soit temps de faire machine arrière, de laisser les parties combattre tout leur saoul à ce propos, jusquà ce que, comme en Irlande du Nord, elles parviennent à un accord de paix de leur cru, après que les deux camps soient épuisés et dégoûtés de se battre.
Cette dernière campagne de Bush pour la paix ne peut que générer plus de conflit et moins de stabilité pour « lami » américain.
Cal Thomas
© Jewish World Review
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Notes du traducteur
[1] Allusion à Isaïe 11, 6. Lironie rappelle celle de la blague classique. Une société israélienne avisée a créé un "zoo messianique", pour reconstituer la faune et la flore bibliques. Les touristes se bousculent. Un tableau vivant surtout crée la sensation. On y voit un lion couché aux côtés dune brebis. Un visiteur stupéfait demande au guide : « Mais comment la brebis peut-elle survivre sans que le lion la dévore ? ». Réponse : « On la remplace chaque jour par une nouvelle ». Cest le lieu également de rappeler la fable de La Fontaine, "Les loups et les brebis", qui narre le pacte cynique et trompeur proposé par les loups au berger et à ses chiens, et aux termes duquel les loups sengagent à ne plus dévorer les brebis, pourvu que lui et ses chiens cessent de leur faire la guerre. Un jour, au mépris cynique de leur promesse, les loups rompent le pacte : profitant de labsence du berger, ils massacrent les chiens et dévorent les brebis. On retiendra la dernière phrase (qui sapplique étonnamment au risque que fait courir à « lagneau juif », dont parle Cal Thomas, le naïf berger américain, en le convaincant de sallonger aux côtés du "lion arabe") : "Nous pouvons conclure de là qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle. La paix est fort bonne de soi ; j'en conviens; mais de quoi sert-elle avec des ennemis sans foi ?". Voir aussi : " Version israélienne du 'loup et de lagneau', censés vivre en paix... ".
[2] Lauteur emploie lexpression "Waist Deep in the Big Muddy", qui est le titre dune chanson écrite par Pete Seeger, en 1963, durant la Guerre du Vietnam. Elle conte lhistoire des soldats dun peloton, embourbé, en Louisiane, en 1942, auxquels leur capitaine avait ordonné de continuer à avancer, jusquà ce quils senfoncent finalement jusquau cou. Cétait une métaphore de la Guerre du Vietnam, dans sa globalité, et de la manière dont les Etats-Unis continuaient à senfoncer de plus en plus profondément dans la guerre et sy trouvaient finalement entraînés au point que toute retraite leur était presque impossible, ce qui ne les empêcha pas dordonner de continuer à aller de lavant. (Daprès larticle "Waist Deep in the Big Muddy", du site Wikipedia.
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Mis en ligne le 15 janvier 2008, par M.











