14/01/08
Arlette Chabot a écrit à Richard Prasquier pour lui présenter ses excuses à la suite du commentaire de Philippe Rochot, qui avait qualifié de « dérapage » les paroles de George Bush, sur le caractère juif de lEtat dIsraël.
Dans un courrier adressé le 11 janvier au président du CRIF, la directrice générale adjointe chargée de linformation, écrit :
« Jai pris connaissance du communiqué émanant du CRIF concernant le commentaire du voyage du président Bush en Israël diffusé dans le journal de 20 heures du mercredi 9 janvier. Vous retenez la formule du journaliste qualifiant de "dérapage de langage" la phrase du président américain parlant de la "sécurité dIsraël en tant quEtat Juif". La formulation journalistique aurait dû être différente, de manière à ce quil soit clairement établi que cette critique avait été exprimée par des responsables palestiniens. Notre journaliste Philippe Rochot est un journaliste très expérimenté. Ce jour-là exceptionnellement il a été maladroit, mais en aucun cas il na voulu être malhonnête. Pour éviter tout malentendu je vous présente nos excuses, vos remarques ayant été comprises et acceptées. »
Cette lettre faisait suite au communiqué du CRIF publié ce même jour, sous le titre "Israël est lEtat juif".
Le CRIF déplorait
« que le journaliste de France 2, Philippe Rochot ait "dérapé" lui-même très gravement en qualifiant de dérapage les paroles du Président George W Bush sur le caractère juif de l'Etat d'Israël, le 9 janvier dernier dans le cadre du journal télévisé de 20 heures. »
Le communiqué se poursuivait comme suit :
« Le CRIF rappelle que la notion d'Etat juif était incluse dans le vote des Nations Unies du 29 novembre 1947 qui a conduit à la création de l'Etat d'Israël. La solution d'un Etat juif aux côtés d'un Etat palestinien est la seule base sur laquelle des négociations peuvent être engagées. Bien entendu, le caractère juif de cet Etat nempêche pas, comme cest le cas, les arabes israéliens dexercer leur droit de pleine citoyenneté. En faisant valoir son propre point de vue militant pour délégitimer les déclarations parfaitement normales du président des Etats-Unis, le journaliste Philippe Rochot a failli à l'éthique de son métier. Ses propos, qui vont à l'encontre des prises de position de l'ensemble de la classe politique française, engagent la chaîne nationale France 2. Le CRIF attend des dirigeants de France 2 une réaction sans équivoque à ces déclarations d'une extrême gravité. »
© CRIF
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Remarques de Menahem Macina
[1] Piteuse esquive, et surtout non conforme à la vérité des faits. En effet, voici la transcription littérale des paroles de Philippe Rochot, telles que je les cite dans mon article: "Cachez cet "Etat juif" que je ne saurais voir !". La nouvelle mode palestinienne qui plaît à la presse: « Le Président Bush affirme sa volonté dinstaurer une paix durable, mais avec un dérapage de langage : "Lalliance entre nos deux pays contribue à garantir la sécurité dIsraël en tant quEtat juif". Parler dEtat juif, cest oublier quun million de musulmans arabes sont citoyens israéliens. Les Palestiniens qui ont manifesté à Gaza constatent que lAmérique reconnaît un caractère juif à loccupation des Territoires et empêche ainsi le retour des réfugiés. » Loin que Rochot ait rapporté "maladroit[ement]" les propos des responsables palestiniens, il justifie sa prise de position militante en faveur des Palestiniens, en mettant lui-même dans leur bouche SA thèse à lui, à savoir : que « lAmérique [en] reconnai[ssant] un caractère juif à loccupation des Territoires
empêche ainsi le retour des réfugiés ». Une fois de plus, Madame Chabot ment, ou du moins enjolive la vérité, pour sauver la mise à son journaliste, comme elle le fait depuis plus de six ans pour sauver celle de Charles Enderlin, embourbé dans ses contradictions à propos de laffaire al-Dura.
[2] Pour mémoire, Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur, avait publié dans le numéro 1931 (semaine du jeudi 8 novembre 2001), un lamentable article de sa fille, Sara Daniel, intitulé "Quand, en Jordanie, la 'tradition' tue. Le cauchemar des crimes dhonneur". Elle y accusait l'armée israélienne 'de violer intentionnellement les femmes palestiniennes, dans le dessein prémédité de les faire exécuter par leurs propres familles'. Voir : "Tsahal, une armée de violeurs ?". Pour défendre sa fille, Jean Daniel arguait dune erreur technique, les guillemets qui assortissaient les accusations (censées être proférées par des Palestiniens), navaient pas été reproduits à limpression. Argument dont je métais méchamment gaussé dans un éditorial vengeur ; voir "Des guillemets qui tombent... mal".
[3] Allusion à la célèbre boutade de lhomme dEtat britannique à Chamberlain, après les honteux accords de Munich, en 1938, qui cédaient tout à Hitler pour une vague promesse de paix : «Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ».
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Mis en ligne le 14 janvier 2008, par M.











