Anne-Lorraine Schmitt: Mise au point du père de l'assassinée
Je ne commenterai pas ce texte, par respect pour le drame que vivent les parents de l'assassinée. Il n'empêche que je trouve suspecte la divulgation tardive, par des sites catholiques, de l'intention qu'aurait exprimée le Chef de l'Etat d'assister aux obsèques. On ne dit pas que la famille a décliné cette éventualité, mais que "la présence [du président] aurait entraîné la présence de journalistes et de caméras, qui aurait entaché le recueillement et la ferveur souhaités par la famille". L'argument me paraît peu crédible. A ce compte, une visite de M. Sarkozy à Auschwitz serait inopportune en ce qu'elle risquerait d'"entacher le recueillement et la ferveur souhaités" par les survivants de l'Holocauste. Une telle argumentation a toutes les allures d'une justification bien-pensante de la différence de traitement que mon article [*] avait soulignée. Il n'y était d'ailleurs pas question de l'absence du président de la République, mais du deux poids deux mesures de la couverture médiatique française massive du deuil consécutif à la mort de deux victimes d'un accident de la circulation - perversement érigé en conséquence d'un acharnement policier anti-"jeunes des banlieues" -, comparé à l'extrême "discrétion" dont cette même presse avait fait preuve à propos de l'assassinée du RER D. Enfin, le fait que M. Schmitt ait "refusé toute prise de vue à l'intérieur de la cathédrale", n'empêchait nullement les journalistes de couvrir l'événement de l'extérieur, où se trouvaient plus d'un millier de personnes qui n'avaient pu trouver place dans l'édifice. Je ne puis me départir d'un réel malaise face à ce qui m'apparaît comme un discours démobilisateur, dont l'effet pervers principal est de justifier l'injustifiable : la complaisance écoeurante de trop nombreux journalistes pour les violents et les injustes, et leur oblitération de la souffrance des innocents. Je me permets de rappeler à ces chrétiens l'invective du prophète Ezéchiel (13, 10) : "ils égarent mon peuple en disant: Paix ! alors qu'il n'y a pas de paix." (Menahem Macina).
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[*] "Où était la presse audiovisuelle française lors des funérailles de lassassinée du RER D ?".
07/12/07
Sous le titre "Précisions importantes du père d'Anne-Lorraine", le site Chrétienté.info diffuse et reprend à son compte le communiqué suivant d'un blogue catholique intitulé "Le Salon beige" (les 'grasses' sont le fait du blogue en question).
"Après contact avec lui, monsieur Schmitt nous autorise à communiquer dans un souci de paix, de vérité et de charité :
La famille d'Anne-Lorraine a souhaité vivre les jours qui ont précédé l'enterrement dans le recueillement et la prière et a demandé que son intimité soit strictement préservée.
Cette attitude très digne a été respectée par les responsables politiques de notre pays dont monsieur Schmitt confirme que l'attitude, même discrète, a vraiment été à la hauteur du drame.
Le Chef de l'Etat avait fait part aux parents d'Anne-Lorraine de son intention de se rendre aux obsèques, mais sa présence aurait entrainé la présence de journalistes et de caméras qui aurait entaché le recueillement et la ferveur souhaités par la famille, qui, rappelons-le, avait refusé toute prise de vue à l'intérieur de la cathédrale.
Monsieur Schmitt entrevoit tout le soutien dont sa famille est entourée et en particulier de la part de cette belle jeunesse venue en foule à Senlis et dont les témoignages sont si nombreux. Il sait déjà le dur combat qu'il va devoir mener pour que ce genre de drame ne se renouvelle pas et demande, dans un souci de cohérence de son action, que ne soient pas organisées de manifestation ou de marche au nom d'Anne-Lorraine.
Par ailleurs, contrairement à ce qui circule sur le net, Anne-Lorraine n'était pas fiancée.
Monsieur Schmitt a approuvé ces lignes par nous écrites. N'hésitons pas à les faire circuler autour de nous et à les faire nôtres."
Le Salon Beige
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Note de la Rédaction d'upjf.org
Le père d'Anne-Lorraine Schmitt a donné une interview qui figure sur le Net, sous le titre : Je pourrai peut-être pardonner à l'assassin de ma fille
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Mis en ligne le 7 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org