18 novembre 2007.
Linformation ne vaut pas jugement, alors, pourquoi ce silence de la "grande" presse et des télévisions au sujet des deux audiences relatives à laffaire Al-Dura ?
En France, oui, en France, dans notre capitale, deux audiences se sont déroulées (les 19 septembre et 14 novembre) destinées à savoir si, le 30 septembre 2000, les images filmées par un correspondant palestinien de France 2, diffusées le soir même, et offertes (gratuitement ?) aux télévisions étrangères saccordaient, à tout le moins, au commentaire qui en a été fait.
Laffaire était dimportance, puisque ces images
- ont alimenté une Intifada meurtrière ;
- ont servi de toile de fond à légorgement du journaliste américain Daniel Pearle ;
- ont été utilisées pour éditer des timbres-poste dans de nombreux pays ;
- ont motivé lédification dun immense monument sur la principale place publique dune capitale africaine.
Au total, des images au retentissement mondial et ayant donné lieu à un cortège dexactions meurtrières.
Laffaire était également dimportance, puisque, depuis 7 ans, une contestation se prolonge, dune part, sur la signification des images diffusées et, dautre part, sur [les raisons du] refus de France 2 de présenter la totalité du film pris par le caméraman (dune durée de 27 minutes, selon ce dernier), dont, en particulier, la lente agonie de lenfant Al-Dura, supposé mort atteint par les balles de soldats israéliens, « longues minutes, insoutenables », selon le commentateur.
Le 14 novembre 2007, à la demande de la présidente de la cour dappel, une partie de ce film (18 minutes sur 27) était présentée devant une assistance nombreuse. Cherchez, vous ne trouverez pas la relation de cette audience dans nos quotidiens et nos hebdomadaires ! Même le long communiqué de lAgence France Presse nest pas repris, alors que nous savions tout du conflit commercial dun chanteur nonagénaire.
Personne, ou presque personne, ne demandait à la presse de prendre parti sur léventualité « de caméras naïves, ou à lobjectif déformant ». Linformation ne vaut pas jugement et relater simplement la tenue dune audience, sur un sujet dune pareille importance, aurait été le service minimum.
Pourquoi cette abstention prolongée ? « Volonté » ? « Soumission » ? « Carence » ? (1). « Loi du silence, seule loi non publiée au journal officiel, mais « la seule qui soit vraiment respectée dans ce pays » (2) ? Pour Sophie Coignard et Alexandre Wickham « Lomertà fonctionne le plus souvent de manière tacite. Mais elle régit dans le moindre détail tout ce dont il est impossible de parler
la France nest pas menacée par un excès de transparence »
Parfaitement décrits dans louvrage, les piliers de la « loi du silence
des journalistes » paraissent solides. Toutefois, la presse et la télévision persistent à oublier deux choses : ce sont aussi les contribuables qui les financent, et nos citoyens « pour choisir doivent savoir » (2). Nous ne leur demandons rien de plus !
© Gabriel Lévy
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(1) Gabriel Lévy : Désinformer : soumission, volonté ou carence ? Atlantis Institute , 2 novembre 2006.
(2) Sophie Coignard et Alexandre Wickham : « Lomertà Française ». Albin Michel, octobre 1999, pp. 361.
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Mis en ligne le 18 novembre 2007, par M.











