24/09/07
Sur le site de lESISC.

Logo de la page d'accueil du site "Tout sauf Sarkozy"
Peu dhommes politiques français - et en tout cas peu de chefs de lexécutif, à la notable exception de Pierre Mendès-France dans les années cinquante - ont suscité autant de haine que Nicolas Sarkozy. La charge est parfois tellement massive et tellement outrancière que lon ne sait trop sil ne conviendrait pas den rire. Mais ce serait oublier que les relents nauséabonds de lanti-sarkozysme ont un petit côté « années trente » qui fait frémir car, décidément, contre cet homme, tout est permis. Et ce serait négliger le fait que, dans les mois à venir, cette tentative de destruction organisée va monter en puissance.
Nous ne faisons pas allusion ici à lopposition démocratique le Modem, le PS, lextrême gauche qui, faute darriver à se remettre de la défaite et à reconstruire un programme cohérent, se réfugie dans la critique systématique de tout ce que fait, veut, pense et dit le Président. Il est légitime que lopposition soppose même si on peut simplement regretter quelle ne le fasse pas de manière plus intelligente. Nous ne cherchons pas plus de noises aux médias, même quand ils nous font croire que les vacances passées dans une honnête station balnéaire fréquentée par les classes « moyennes supérieures » américaines (« upper middle clas », pour reprendre la terminologie sociologique doutre-atlantique) seraient des « vacances de milliardaire ». Il est vrai que la rage taxatrice française a une fâcheuse tendance à laminer les classes moyennes plus quà les laisser prospérer. Nous nen voulons pas davantage aux médias quand ils font du présumé délit de fuite (à scooter !) dun fils du Président une quasi-affaire dEtat. On pourrait espérer plus de discernement de la part de ceux qui ont pour mission dinformer la société, mais la "people-isation" est passée par là.
Non, ce que nous visons aujourdhui, cest ce magma informe où se rassemblent extrême gauche, extrême droite, tiers-mondistes rassis, pacifistes attardés, antisémites de tous crins et éternels opposants à la « domination américaine ».
Cette mouvance nous inquiète car elle plonge ses racines loin dans le passé. Dans les années trente, les neutralistes entourant le pauvre Daladier tentèrent de nous faire croire que lon pouvait sentendre avec Hitler en se montrant raisonnable et que, à ce prix, on aurait, comme le disait son complice Chamberlain, « la paix pour notre temps » (1). Deux ans plus tard, en se donnant à Pétain, lAssemblée « nationale » réunie à Vichy choisissait très majoritairement la honte de la collaboration plutôt que la continuation de la guerre auprès de lAngleterre, adversaire historique (2).
Plus près de nous, les mêmes, ou leurs enfants, se rêvaient « plutôt rouges que morts », prêts à se soumettre au diktat soviétique plutôt que de payer, par le réarmement, le prix de la liberté. On remarquera que ce sentiment de lâche abandon nest pas propre à un camp, pas plus que ne lest lesprit de résistance : en 1981 et 1982, cest François Mitterrand, Président socialiste qui arpentait lEurope en répétant inlassablement « les pacifistes sont à louest, les missiles sont à lest ».
Aujourdhui, les mêmes encore ou leurs petits-enfants tentent de nous convaincre que lIran ne présente aucun danger, quil est vain de défendre lindépendance du Liban face à la Syrie et quon ne doit pas céder aux sirènes de la guerre pour le pétrole.
Derrière ces attitudes, toujours le même malaise : la honte dexister, la fascination de la force, la haine de la démocratie, le « sanglot de lhomme blanc », et, plus que jamais, lanti-américanisme, devenu, de longue date dans notre pays, un nouveau socialisme des imbéciles.
Or, le désir de rendre à la France la place qui est la sienne sur léchiquier international, et le rapprochement avec Washington et non lalignement sur les Etats-Unis, car on peut être un allié sans être un vassal sont deux des pierres angulaires de la politique étrangère et de la politique de défense de Nicolas Sarkozy, qui a bien compris que seule lalliance des démocraties pouvait permettre de construire un système de sécurité pour le monde contemporain.
Inacceptable vision pour les tenants de la politique de la carpette qui nambitionnent rien de mieux que doffrir à quelques dictateurs le paillasson sur lequel ils pourront essuyer leurs bottes.
Un site Internet né avant les élections et que lon espérait défunt offre une stupéfiante synthèse de cette nouvelle pensée unique, unique dans le sens où elle défère largement extrême gauche et extrême droite dans une nouvelle et fascinante alliance « Rouges-Bruns » : « Tout sauf Sarkozy ».
Dès la page daccueil le ton est donné. Sur bande sonore du chant des partisans, un titre apparaît : « Qui représente-t-il ? Laxe de la haine! ». Puis, une image, Nicolas Sarkozy sur fond de drapeaux américain et israélien.

Sur ce même site, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner est qualifié de « Voix de ses maîtres sionistes » [1], Dominique Strauss Kahn, d« Homme dIsraël » [2], Christine Lagarde, de « Femme des Etats-Unis » [3] et Hervé Morin [4], d'« Homme des Américains ».
Ils sont, bien entendu, soutenus par « un grand patronat, toujours plus avide de gains financiers et moralement dégénéré », qui a pu installer au pouvoir « une bête immonde » [5]. Suivent les habituels délires sur la mondialisation, la main invisible du Groupe de Bilderberg qui ferait la politique des « compagnies pétrolières », ou les divagations du Réseau Voltaire du révisionniste Thierry Meyssan.
Bref, voici Nicolas Sarkozy intronisé « Gouverneur Usraélien » (admirez le subtil jeu de mots) de la France occupée.
Si nous nous arrêtons à ce site outre labjection dune propagande antisémite que lon croyait révolue en France cest parce que nous pensons que cette propagande de haine, qui incite à la guerre civile, ne va pas seulement continuer, mais qu'elle risque fort, dans les mois à venir, de samplifier démesurément.
Car si Nicolas Sarkozy suscite la haine, ce nest pas seulement au titre de son « pro-américanisme », ou de ses origines partiellement juives et parfaitement assumées (il nest pas sans intérêt, de ce point de vue, de souligner que M. Mendès-France - qui, nous lavons rappelé, fut, en son temps, victime des plus basses calomnies - était juif).
Cest aussi et surtout parce quil veut secouer les habitudes du vieux pays, remettre en cause le confort des sacro-saints « avantages acquis », et libérer lénergie dune nation qui a passé les dernières années à contempler son nombril en se lamentant, bref, mettre la France en ordre de bataille pour affronter les défis du siècle.
Trop dintérêts, par ailleurs souvent opposés, convergent pour sopposer à cette mutation en profondeur, indispensable mais douloureuse, pour quelle nentraîne pas une escalade de ce type de propagande. Toute la question étant, dès lors, de savoir jusquà quel point une démocratie doit tolérer ce type de discours de haine.
Claude Moniquet *
* Président de lESISC.
Notes de l'auteur
(1) Déclaration de Neville Chamberlain à son retour de Munich, le 30 septembre 1938.
(2) On rappellera que ce vote fut acquis 569 voix contre 80, les opposants étant membres de la SFIO socialiste, de la gauche démocratique, du Parti radical, de la Gauche indépendante, de lUPF (communistes dissidents opposés au pacte germano-soviétique), des Démocrates chrétiens de la Démocratie populaire, des Républicains indépendants (Droite) et des Radicaux indépendants (Droite).
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Notes de la Rédaction d'upjf.org
[1] Contexte [c'est moi qui souligne] : "A peine rentré de Tel Aviv, où il est resté trois jours pleins à apprendre les leçons de ses maîtres sionistes, Kouchner déclare sa volonté de faire la guerre à l'Iran, menaçant et gesticulant, pensant que son pays a encore les moyens d'entreprendre des guerres coloniales... Ses maîtres sionistes de Tel Aviv lui ont bien fait entendre, pour la enième fois, que l'Iran était un dossier prioritaire pour les sionistes. Depuis des mois, toute la machine médiatique des ministères sionistes, est lancée dans le monde pour faire de l'Iran la nouvelle cible de l'entité coloniale." A quoi on peut ajouter ce lazzi, qui figure dans la rubrique "Qui sommes-nous?" de ce site : "Nomination du fou furieux Kouchner aux Affaires étrangères pour achever la réintégration de la France dans l'Otan et nous entraîner dans une guerre contre l'Iran".
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Mis en ligne le 24 septembre 2007, par M.











