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Compte rendu d'audience à la Cour d'appel, à propos de l'affaire al-Dura, par V. Chemla
Pardonnez-moi de revenir sur l’affaire Al-Dura, à moins d’une heure de ma précédente mise en ligne. Mais un ami a attiré mon attention sur le remarquable compte rendu d’audience rédigé par Véronique Chemla pour l’excellente agence de Presse Guysen International. Bien qu’on puisse le lire sur le site de notre prestigieux confrère, nous avons cru utile de le reproduire ici pour nos Internautes, et nous comptons sur la large diffusion qu’ils en feront sans doute auprès de leurs relations pour faire connaître ce reportage palpitant. (Menahem Macina).
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20/09/07

 

[Voir aussi le dossier de l’enquête détaillée et documentée, réalisée par le cinéaste Pierre Rehov entre octobre 2000 et juin 2001 (© UPJF) et la remarquable vidéo, réalisée et commentée en français fin 2006, par le prof. R. Landes, expliquant et illustrant les nombreuses mises en scène réalisées par des Palestiniens, le jour de l’incident al-Dura. Celles et ceux qui n'ont pas suivi les débats qui font rage, depuis 7 ans, dans les médias et surtout dans la blogosphère, pourront faire un choix dans la liste de quelque 230 articles relatifs à cette affaire, en ligne sur le site debriefing.org. M. Macina].


Guysen International News.

19 septembre 2007 

La Cour d’appel de Paris a examiné, le 19 septembre 2007, l’appel formé par Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (M-R), condamné pour diffamation dans l’affaire al-Dura, qui l’oppose à France 2 et à son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin. Devant les incohérences du reportage de France 2, diffusé le 30 septembre 2000, soulevées par l’appelant, la Cour a demandé aux intimés - la chaîne publique et son journaliste - de lui fournir les 27 minutes de rushes, afin de savoir si cette chaîne a alors diffusé des images mises en scène et ne correspondant pas à la situation réelle au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, à l’automne 2000.

Les faits sont têtus. Les juges persévérants, et les rushes incontournables.

Telle pourrait être la conclusion de l’audience pleine de rebondissements devant la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris, présidée, avec une autorité constante dans sa fermeté, par Laurence Trébucq.

Celle-ci s’oppose d’abord à la présentation du document composé d’extraits d’images de France 2 sur le grand écran amené par Philippe Karsenty. Elle veut voir les images présentées par France 2 à l’époque des faits. Toutes, dans leur ordre de diffusion, et non un montage.

« L’icône médiatique de l’Intifada II »

Dès la fin du résumé de l’affaire par une conseillère de la Cour, Me Marc Lévy, avocat de Philippe Karsenty, explique les raisons pour lesquelles il demande la communication des rushes du reportage incriminé et leur expertise technique :

 

« Le TGI estime : "Vous ne pouvez pas inférer de ce que 90 % des images des rushes sont des scènes [de guerre] jouées, que les 10% restants sont aussi des images de scènes jouées". Pour apprécier ceux-ci, il faut une expertise afin de déterminer s’il s’agit du même lieu, s’il y a eu des coupes, des actions répétées. Déjà, 90 %, c’est une forte indication... Il faut un minimum de loyauté dans les débats judiciaires en matière de diffamation. Le Parquet s’était ému [du refus de France 2 de communiquer ses rushes] ».

Une argumentation qui ne convainc pas l’avocat général, Antoine Bartoli, qui susurre :

 

« Sont poursuivis les propos imputés à Philippe Karsenty, pas les rushes. Pour apprécier ses affirmations [notamment dans son communiqué de presse du 22 novembre 2004], il faut se placer au moment où ses propos ont été tenus, sans avoir connaissance des rushes. Qu’apporterait l’expertise technique en matière de diffamation ? »

« Cette communication n’a pas lieu d’être »,

 

assène Me Bénédicte Amblard, qui campe sur cette position depuis un an. Et d’ajouter dédaigneusement :

 

« La France n’a pas à déférer à la demande de Philippe Karsenty qui juge que c’est un élément important ! C’est sans incidence et sans fondement pratique ».

 

Et d’alléguer une instrumentalisation par l’agence de presse, Metula News Agency, (Mena). Et de citer, à son renfort, la journaliste Elisabeth Schemla.

Me Marc Lévy précise pourtant que l’historien américain,

 

« Richard Landes a pu voir ces rushes, et sur la foi de ses déclarations, Philippe Karsenty a mené son enquête et tenu ses propos ».

La présidente est dubitative, et prononce une suspension d’audience.

Au bout d’une dizaine de minutes, la Cour

 

« joint l’incident au fond et se réserve la possibilité d’y revenir lors des débats ».

Donc, sur le petit écran du poste de télévision placé près des magistrats, vont défiler les images des reportages diffusés par France 2, lors de ses JT, à l’automne 2000.

Dès l’abord, Laurence Trébucq refuse de confier la télécommande à l’appelant qui souhaite effectuer des arrêts sur images et analyser certaines images :

 

« M. Karsenty n’est pas maître du jeu ».

30 septembre 2000. Charles Enderlin commente ainsi un reportage de 50 secondes du cameraman palestinien, Talal Abu Rahma, diffusé par le JT de France 2 [On peut le visionner sur le site du Prof. R. Landes, Second Draft. Note de la Rédaction d'upjf.org] :

 

« Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».

Très vite, Philippe Karsenty, tendu, va énumérer, avec clarté, en mots simples, les principales bizarreries et incohérences des images diffusées par les JT de France 2, à l’automne 2000.

Lesquelles ?

 

« Une ambulance qui démarre deux secondes après qu’un Palestinien soit touché. Les al-Dura se sont rendus à un marché de voitures d’occasion, alors que ce jour-là était décrété grève générale, donc tous les magasins étaient fermés. L’impact rond des balles qui viennent d’en face, donc de la position palestinienne. L’absence de tirs en provenance de la position israélienne, malgré les affirmations de Charles Enderlin. L’absence de sang [sur les corps] alors que Mohamed al-Dura aurait été touché par trois balles, et son père par 12. Des images floues. L’incohérence des mouvements de l’enfant présumé mort. Le cameraman de Reuters est à un mètre des al-Dura, et n’est pas touché par la pluie de balles. Y a-t-il eu 40 ou 45 minutes de tirs ? »

Me Bénédicte Amblard [avocate de Fr2 et Ch. Enderlin] montre de légers signes d’agacement. Au fur et à mesure que les questions de la présidente se font plus pressantes et de plus en plus précises, le teint de l'avocate pâlit et ses joues s’empourprent. L’audience ne se déroule pas aussi facilement qu’à l’automne 2006. La présidente est curieuse. On peut suivre aisément sa démarche intellectuelle dans la recherche de la vérité, par sa volonté de distinguer les images authentiques, des images jouées par les Palestiniens. On peut aussi repérer ses difficultés à trouver les mots pour désigner ces deux genres d’images par ses tâtonnements linguistiques.

« Les critères de PHILTRE [sur cette méthodologie, voir le site Media-Ratings. Note de la Rédaction d'upjf.org] ont été violés [selon Philippe Karsenty]. Les scènes diffusées le 30 septembre font partie des fameux rushes que Philippe Karsenty n’a pas pu voir. Parmi ces rushes, y a-t-il des mises en scène qui éventuellement ont été diffusées par France 2 ? »,

 

questionne la présidente de la Cour. C’est LA question au centre des débats.

« Non »,

 

répond aussitôt Me Bénédicte Amblard.

Dans le public, quelqu'un s’indigne à mi-voix :

 

« La scène de l’ambulance est jouée ! »

La présidente de la Cour s'enquiert :

« Le cameraman a-t-il été entendu ? »

 

« Non »,

 

précise Me Marc Lévy, avant d’indiquer que Talal Abu Rahma s’est rétracté, le 30 septembre 2002, après avoir initialement affirmé sous serment le 3 octobre 2000 :

 

« L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne ».

La présidente de la Cour regarde le plafond, demeure songeuse, embarrassée, silencieuse, puis décide :

 

« La Cour va se retirer ».

De retour dans la salle d’audience, la présidente annonce, à la surprise générale :

 

« La Cour estime devoir voir ces rushes ». 

 

Elle demande s’il sera possible de les produire lors d’une prochaine audience, et prévoit une audience au fond, après avoir envisagé une expertise.

Me Bénédicte Amblard exprime ses réticences, tout en précisant que ces rushes sont à Paris.

Voici quelques jours, Charles Enderlin a invité Ben-Dror Yémini, rédacteur en chef de la rubrique Opinion, de Maariv, à visionner chez lui (’’at home’’), en Israël, ces rushes…

La présidente réitère sa demande en usant de l’euphémisme :

 

« C’est un souhait de la Cour ».

Nouvelle pause pour permettre à Me Bénédicte Amblard de demander à ses clients de lui indiquer un délai pour communiquer ces rushes.


Nouvelle reprise d’audience.

L’avocate des intimés déclare n’avoir pas pu joindre ses clients.

La Cour rendra un arrêt le 3 octobre 2007. Elle prévoit de visionner ces rushes le 14 novembre 2007 et entendra les parties sur le fond, le 27 février 2008.


Une affaire emblématique

Curieusement, la défense de France 2 et de Charles Enderlin demeure immuable, figée dans un refus de plus en plus problématique, préjudiciable à tous : pas de communication des rushes. Sans avoir perçu que le contexte a changé et que l’affaire al-Dura ternissait l’image de la France dans le monde, et, au premier rang, celle de la chaîne du service public.

Le 14 août 2007, Richard Prasquier, nouveau président du
CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a demandé ces rushes à France 2.

Le 10 septembre 2007, l’armée israélienne les a demandés également. Daniel Seaman, directeur du bureau de presse du gouvernement israélien, avait qualifié le "meurtre" de Mohamed al-Dura de canular [plus exactement : 'supercherie' – hoax, en anglais. Note de la Rédaction d'upjf.org].

ZOA (Organisation sioniste d’Amérique) [voir son site Web. Note de la Rédaction d'upjf.org], CAMERA (Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America) [Voir son site Web. Note de la Rédaction d'upjf.org], et l’association américaine StandWithUs [voir son site Web. Note de la Rédaction d'upjf.org], exhortent à attirer l’attention du Président de la République, Nicolas Sarkozy, sur le refus de France 2 de communiquer ses rushes. Un chef d’Etat dont la lutte, en tant que ministre de l’Intérieur, contre l’antisémitisme en France, est louée par les grandes associations juives d’Outre-Atlantique.

En près de quinze jours, la pétition intitulée '' France 2: Release the Secret Muhammad al Durah Tapes! '', destinée à Patrick de Carolis, le président de France Télévisions, et consultable sur le site de Petitiononline [voir la page de cette pétition. Note de la Rédaction d'upjf.org], a déjà recueilli 4 533 signatures, et pas seulement en France.

Si aucun journaliste de grands médias français n’est présent lors de cette audience devant la Cour d’appel de Paris, TheMediaLine, [voir, p. ex. "The Al Durah Hoax". Note de la Rédaction d'upjf.org]  FrontPageMagazine [voir, p. ex., "A New Dreyfus Affair", By Joanna Chandler". Note de la Rédaction d'upjf.org], The Jerusalem Post [voir, p. ex. "IDF demands uncut al-Dura tape". Note de la Rédaction d'upjf.org], Maariv [voir, p. ex. "ורק ישראל שותקת". Note de la Rédaction d'upjf.org], The Washington Times (« A possible hoax », une possible supercherie) [voir cet article sur le site du Washinton Times. Note de la Rédaction d'upjf.org], [tout ceci, sans parler des blogues, surtout les anglophones, qui ne sont pas en reste - voir, entre de autres nombreux autres : "Nous accusons !", par Melanie Philips, sur son son blogue ; et "The France 2 trials: the wheels of French justice grind slow…", sur celui de Neo-Neocon. Note de la Rédaction d'upjf.org], etc., évoquent, sur un ton alarmant, l’affaire al-Dura :
 

 

" La mort de Mohamed [al-Dura] a été un événement médiatique mis en scène visant à ternir la réputation de l’Etat d’Israël et à le diaboliser aux yeux de la communauté internationale en présentant les soldats israéliens comme des tueurs ciblant délibérément des enfants… Cette histoire a causé un dommage à l’honneur et à la dignité de l’Etat d’Israël, et a induit une violence et un terrorisme gratuits contre les Juifs en Israël et dans le monde ".

 

Et d’évoquer l’assassinat barbare de deux soldats réservistes israéliens, Yosef Avrahami et Vadim Novesche, le 12 octobre 2000, celui du journaliste américain juif, Daniel Pearl, en janvier 2002, etc.

Or, la seule transmission de ces rushes suffirait à mettre un terme à la polémique qui enfle, dans le monde entier, depuis des années, incitant certains à démarquer les points communs avec l’affaire Dreyfus : implication d’une institution publique nationale, accusation grave – meurtre d’un enfant - portée contre des soldats de l’Etat juif, antisémitisme attisé. Mais, dans l’affaire al-Dura, pas de Zola, ni de Clémenceau… Simplement des personnes isolées qui se battent, sur divers continents, pour faire éclater la vérité.

En persistant dans son refus, France 2 met dans une situation inconfortable Patrick de Carolis, président de France Télévisions et co-auteur, avec Bernadette Chirac, du livre Conversation (Plon). Un dirigeant que, selon Le Canard enchaîné, l’Elysée aimerait bien remplacer…

France 2 ne répond pas ainsi au souci de transparence des citoyens qui s’interrogent sur le rôle des médias, leur crédibilité, leurs devoirs, leur éthique et leurs responsabilités, leur impartialité, ou leur implication dans des causes partisanes.


Pallywood, la propagande médiatique palestinienne

[Voir l'article "Pallywood", en anglais, sur le site de Wikipedia. Note de la Rédaction d'upjf.org.]



L’incident al-Dura s’est-il produit [de la manière dont] Charles Enderlin et Talal Abu Rahma l’ont décrit, ou est-il une des nombreuses scènes de guerre de Pallywood, cette industrie palestinienne de la propagande ?

Pallywood ? C’est un néologisme forgé, à partir de Palestine et Hollywood, par l’historien américain, Richard Landes, pour désigner la production d’images de la propagande de l’Autorité palestinienne (AP) visant à ternir l’image d’Israël. Peut-être - et malheureusement - la seule réussite de l’AP.

Une quasi-industrie médiatique et un secret de Polichinelle. Une fabrication ad nauseam de ces images fausses haineuses ('faux-tos') qui n’a rien à envier à Hezbollywood. Mais qui ne serait rien sans ses relais et reprises éventuelles par des médias dans le monde entier. Et avec des conséquences terribles.

Pallywood produit ces saynètes filmées, interprétées par des acteurs amateurs, dans des décors réels, avec des réalisateurs peu ou prou professionnels, selon des scénographies manichéennes, rôdées, pillées dans la Bible, voire répétitives (foule qui court), des sons récurrents (alarmes des ambulances, tirs d’armes), des stéréotypes lassants. [On peut voir la plupart de ces saynètes, sur la longue, mais remarquable vidéo (en anglais), qui figure sur YouTube. Note de la Rédaction d'upjf.org]. 

Des exemples ? - Une Palestinienne face à un char israélien, un gamin palestinien lançant une pierre à l’aide de sa fronde...

Un raté de Pallywood : le mort palestinien qui tombe à deux reprises de son linceul, et y remonte prestement, provoquant la panique de la foule qui accompagne le faux cortège funéraire ! [Voir: "Faux enterrement de Jénine: une mise en scène pour les besoins d'un film". Note d'upjf.org.]

L’incident al-Dura est-il une de ces saynètes, qui a eu le malheur d’être prise pour authentique et d’induire tant de tragédies ?

Mohamed al-Dura est-il un martyr de la cause palestinienne ? Ou l’enfant ainsi nommé est-il un acteur amateur d’une historiette filmée et diffusée comme authentique ?

Ces questions seront au centre des prochains débats judiciaires.

Quelle est la part de ces acteurs de scènes de guerre jouées dans le macabre décompte diffusé par les Palestiniens et repris, souvent sans distanciation, par de nombreux médias ?

Quel est le nombre de cameramen palestiniens qui, comme Talal Abu Rahma, considèrent leur « métier comme un moyen de défendre la cause palestinienne » ?

Combien de médias ont présenté des saynètes de guerre jouées, comme authentiques, soit involontairement, soit par ignorance, ou par crédulité, par confiance, par militantisme, par complicité, par peur de représailles, ou mus par la vanité, qui rend aveugle et imprudente, de détenir un scoop ?

Si cet incident a été joué et a si bien fonctionné, cela révélerait-il l’absence d’un contrôle efficace dans la chaîne journalistique et [faudrait-il y voir la preuve] que les esprits étaient prêts à accepter ces images et leurs commentaires ?

Si l’on enlevait toutes ces saynètes palestiniennes jouées et présentées comme des faits authentiques, s’apercevrait-on du très lourd tribut humain – essentiellement des civils, et notamment des enfants, parfois des bébés – imposé aux habitants de l’Etat juif par le terrorisme palestinien, soutenu, financé – notamment via une manne internationale -, et encouragé par l’Autorité palestinienne ?

Un tribut sous-estimé dans les comparaisons avec des statistiques palestiniennes, qui seraient désormais, comme leurs images, ô combien sujettes à caution…

Véronique Chemla

 

© Guysen International News

 

Voir aussi :

 

[Texte aimablement signalé par P. Lurçat, de Jérusalem.]

A l'exception du cliché du Palais de Justice, les autres ont été ajoutés par la Rédaction d'upjf.org

 

Mis en ligne le 20 septembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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