Mise à jour : 19/07/07
17/07/07
Des catholiques ont violemment critiqué les analyses et les conclusions de l'article que j'ai récemment mis en ligne à ce propos sur le présent site (1). Certains dentre eux mont adressé des mails amers, me reprochant de me mettre à la remorque dune presse mal informée, voire malfaisante, dinquiéter inutilement Juifs et chrétiens, et même, pour lun dentre eux particulièrement remonté contre moi, de faire uvre de « désinformation » pour « régler des comptes personnels avec lEglise catholique » (sic). Une information, publiée récemment par le très sérieux quotidien suisse Le Temps (2), démontre que je navais pas fait fausse route en exprimant mon inquiétude que la remise en course du missel de 1962 nentraîne celle de la prière alors en vigueur pour la conversion des Juifs, dans loffice du Vendredi-Saint. Je précise ici, pour celles et ceux qui en douteraient, quen tant que chercheur engagé depuis 40 ans dans létude des rapports difficiles entre le judaïsme et le christianisme des origines jusquà nos jours, mon empathie envers le christianisme ne s'est jamais démentie. Je serais donc heureux que soit avérée la conclusion optimiste du spécialiste du rite tridentin, cité dans larticle du Temps : « la prière pour la conversion des juifs ne sera
plus prononcée ».
A en croire cet article (3) - que nous communique fort opportunément labbé Alain René Arbez, de Genève -, "une prière «pour la conversion des Juifs», prononcée uniquement dans la liturgie du Vendredi-Saint, «subsiste » bien, "dans le missel de 1962, le seul autorisé par le pape pour la célébration du rite tridentin". Et lon nous précise - ce que javais moi-même souligné dans mon article précité - que cette prière "évoque un «peuple aveugle» et implore Dieu afin que les Juifs «reconnaissent la lumière de votre vérité, qu'est le Christ, et qu'ils soient arrachés à leurs ténèbres»".
Larticle apporte aussi les précisions intéressantes qui suivent :
"pour l'éditeur genevois, Grégory Solari, spécialiste du rite tridentin, cette polémique n'a pas lieu d'être. Le motu proprio (4) spécifie en effet que lors des messes célébrées «sans peuple», tout prêtre catholique peut utiliser le missel de 1962 ou le missel de la messe moderne promulgué en 1970, sauf pendant la période pa
Le caractère péremptoire de laffirmation finale de ce spécialiste semble être le fruit dun raisonnement a fortiori implicite. En effet, si lusage du "Missel romain publié en 1962 par Jean XXIII" est prohibé "durant le saint triduum" (6), et ce sagissant de "messes sans assistance", linterdiction simpose, à plus forte raison, sagissant de "messes avec assistance".
Toutefois, léditeur genevois précité croit bon de rester prudent, puisquil mitige son affirmation dun sage "en principe" : "La prière pour la conversion des Juifs ne sera donc en principe plus prononcée".
Il reste qu'il s'agit là d'une situation passablement compliquée, voire susceptible de générer la confusion. Qui en effet, sera garant de ce qui se passera dans telle paroisse, ou telle communauté religieuse, durant les célébrations du Triduum ? Le risque est grand que certains groupes de fidèles, dont le moins qu'on puisse en dire est que le peuple juif est le cadet de leur souci, ou qui sont loin d'avoir donné leur assentiment intime à la Déclaration Nostra Aetate, 4, profitent de l'occasion pour réciter cette prière, ce qui pourrait entraîner des plaintes multiples de personnes et d'organisations juives, offusquées de ce que des réflexes antijudaïques invétérés refassent ainsi surface. Le plus simple - et le plus radical - ne serait-il pas que cette prière contestée soit purement et simplement supprimée du Missel romain en question ? Mais peut-être est-ce beaucoup demander (7).
Comme dit au début de cet article, en ce qui me concerne, je souhaite vivement que l'affirmation du spécialiste précité soit avérée, pour que ne se rouvrent pas des plaies juives mal cicatrisées, ni quéclate une nouvelle di
Menahem Macina
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Notes
(1) "Les catholiques prieront-ils à nouveau (en latin), pour la conversion des Juifs ?"
(2) Patricia Briel, "Messe en latin : Des Juifs sinquiètent", Le Temps, 10 juillet 2007. Larticle nest accessible quaux abonnés du journal, mais on peut en lire la teneur intégrale sur le site Altermedia.info.
(3) Les mises en grasses, ici et plus loin, de certains passages des citations extraites de larticle, ne figurent pas dans loriginal, elles sont de mon initiative et ont pour but de mettre en exergue des points qui me paraissent importants.
(4) Voir, sur notre site, la traduction française de ce Motu Proprio.
(5) Le spécialiste fait allusion, sans le citer, à larticle 2 du dit Motu Proprio : "Aux Messes célébrées sans [assistance de fidèles], tout prêtre catholique de rite latin, qu'il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 par Jean XXIII, ou le Missel romain promulgué en 1970 par Paul VI, et cela quel que soit le jour, sauf le Triduum sacré. Pour célébrer ainsi selon l'un ou l'autre missel, le prêtre n'a besoin d'aucune autorisation, ni du Siège apostolique, ni de son Ordinaire [évêque du lieu]." Et en latin, pour les spécialistes : "In Missis sine populo celebratis, quilibet sacerdos catholicus ritus latini, sive saecularis sive religiosus, uti potest aut Missali Romano a beato Papa Ioanne XXIII anno 1962 edito, aut Missali Romano a Summo Pontifice Paulo VI anno 1970 promulgato, et quidem qualibet die, excepto Triduo Sacro. Ad talem celebrationem secundum unum alterumve Missale, sacerdos nulla eget licentia, nec Sedis Apostolicae nec Ordinarii sui."
(6) Le triduum pa
(7) Il m'est particulièrement agréable de lire, aujourd'hui 19 juillet, que le bras droit de Benoît XVI, lui-même, envisage cette possibilité. Voir "Messe en latin: Le bras droit droit du pape pour un retrait de la prière sur les Juifs (AFP)".
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Mis en ligne le 17 juillet 2007, par M.











