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Transcription intégrale de lHebdo du médiateur de France 2 du 17 juin 2006
Deux téléspectateurs juifs ont défendu vaillamment, voire brillamment, la position d'Israël et de nombreux Juifs, face au nouveau lynchage médiatique dont sont l'objet l'Etat d'Israël et son armée. Face à eux, outre le Modérateur, qui a été discret et correct, deux "fauves" de la presse, Eric Monier et Charles Enderlin qui, piqués au vif, se sont livrés, l'un à un plaidoyer pro domo arbitraire et pitoyable, l'autre, fidèle à son image, à une attaque en règle de l'armée israélienne et à un rejet catégorique des reproches, pourtant modérés, adressés par les deux internautes juifs qui ont pris part au débat aux journalistes et à la Rédaction de la chaîne France 2. Le texte ci-après est la transcription intégrale de leurs échanges, souvent vigoureux. Il est suivi de mes commentaires, critiques, voire acerbes, là où il m'est apparu que les propos des journalistes méritaient un tel traitement. (Menahem Macina).
18/06/06
Vraisemblable : qui est, à bon droit, considéré comme vrai, qui semble vrai.Le Petit Robert
Transcription réalisée par Menahem Macina, sur la base de la vidéo de l'émission.
Modérateur : La semaine dernière, une explosion sur la plage de Gaza a fait 7 morts, des civils palestiniens. Larmée israélienne est montrée du doigt. Quelques jours plus tard, elle est blanchie, suite à une enquête interne. Vous nous reprochez davoir accusé larmée israélienne sans preuves.
[
.]
[Présentation des intervenants]
Emilie Dorra, bonjour, vous êtes consultante. Vous êtes de la région parisienne.
Un téléspectateur, Michel Cohen, en direct des studios de France 3 à Lyon. Bonjour, Monsieur.
Eric Monier, chef adjoint du service Etranger, qui nous donnera les explications qui simposent [
]
Charles Enderlin, correspondant permanent [de France 2] à Jérusalem. Bonjour Charles [
]
Vous nous avez envoyé un courriel où vous disiez que nous étions de mauvaise foi et que nous étions pro-palestiniens et que nous crachions sur Israël.
Les sujets. Premier sujet : vendredi 9 juin : une bombe explose sur une plage de Gaza. Bilan : sept civils palestiniens tués. Première dépêche : il sagirait dun obus tiré par larmée israélienne. Israël décide, dailleurs, douvrir tout de suite une enquête. Extrait :
"Le bord de mer, à Gaza, traditionnel lieu des pique-niques le vendredi, jour férié et de prière. Au large, un bateau de guerre de la marine israélienne. Sur cette plage, cet après-midi, un couple et trois de leurs enfants ont été tués par un obus. Un obus de marine israélien, affirme cet homme en colère. Là-bas, sur la plage, les habitants de Gaza ne quittent pas du regard le bateau de guerre. Le gouvernement israélien, lui, réfutant un tir de la marine, a néanmoins ordonné, ce soir, louverture dune enquête."
[Texte dun SMS à lécran : ] "Encore une fois vous passez des infos et accusez larmée israélienne sans avoir vérifié les faits." Roland S.]
Modérateur : Alors, avant de vous donner la parole, Mademoiselle, Messieurs, je vous propose un deuxième extrait du journal de 20h, 11 juin, et qui était signé Eric Monier. Le Premier Ministre israélien, Ehoud Olmert, regrette la mort des civils palestiniens, et promet de faire la lumière sur cette affaire. Un bombardement au cours duquel une enfant de dix ans a perdu toute sa famille. Une image qui vous a agacés et également le commentaire :
"Une armée israélienne sur la sellette, après la très vraisemblable bavure de vendredi après midi. Les images de Houda courant au milieu des cadavres de ses parents [1] ont fait le tour du monde et ému une partie de lopinion publique israélienne [images dune mini-manifestation de quelques dizaines dactivistes israéliens de gauche]. A Tel Aviv, quelques manifestants de gauche réclamaient [lire : demandaient] des comptes aux militaires. Avant de senvoler pour une visite à Londres et à Paris, le Premier Ministre, Ehoud Olmert, a exprimé ses regrets pour ces victimes innocentes, tout en prenant la défense de son armée. Dans les Territoires, où trois jours de deuil ont été décrétés, la jeune Ouda est devenue une héroïne, enjeu de la lutte dinfluence des différents clans rivaux palestiniens, enchaînant des interviewes empreint[e]s démotion. Le Président de lAutorité Palestinienne, Mahmoud Abbas a même annoncé quil adoptait la jeune orpheline.
[Texte dun SMS à lécran ] : Pourquoi le journaliste a-t-il eu lindécence de filmer cette enfant ? France 2 se transformerait-elle en chaîne à sensations ? Aurelia M.
Modérateur : Alors, Emilie Dorra, vous mavez envoyé un courriel, doù votre présence, ici, sur le plateau, en estimant que nous étions, un front, en fait un fond pro-palestinien et que nous étions vraiment de mauvaise foi et que nous crachions sur Israël
E. Dorra : Oui, tout à fait. Javoue que cest surtout
jai réagi au sujet de vendredi avec
vraiment sous le coup de lémotion. Parce que je suis quelquun qui est très touché par ce sujet, et cest vrai que jai été assez impulsive dans ma réponse
Modérateur [qui interrompt] :
sévère
E. Dorra : Oui, assez sévère même. Il ma semblé que ce nétait pas la première fois quon traitait une information comme ça et sans vérifier, si vous voulez, la véracité des faits, et en affirmant finalement quelque chose sans attendre les résultats dune enquête. Ce que je trouve grave, parce que, dans un conflit qui est aussi terrible et qui dure aussi depuis aussi longtemps et qui touche énormément de gens, je pense quaffirmer quelque chose comme ça peut renverser une opinion publique et peut également, peut-être, empêcher une éventuelle résolution du conflit, et on souhaite tous une résolution de conflit. Donc il faut aller dans ce sens-là.
Médiateur : Alors, peut-être que Eric Monier peut apporter une première réponse ?
Monier : Euh, oui, ce que je peux dire, cest que jétais effectivement à Jérusalem à ce moment-là et
vous parlez démotion : cette émotion, elle était palpable, elle était partout. Cette information, qui nous est arrivée pratiquement en même temps que les images, nous a semblé quelque chose dabsolument important, il fallait le montrer. Je voulais simplement vous dire un petit mot : dans mon commentaire, pour moi, il y a un mot qui est très important, qui est « vraisemblablement » [2]. Et chaque fois que jai parlé de « bavure »
Interruption du Modérateur qui renchérit : On vous a bien entendu
Monier :
voilà, ce que très vite
dailleurs, larmée israélienne disait, parce que les premiers commentaires de larmée israélienne allaient dans ce sens, moi, jai ajouté ce mot « vraisemblablement », parce que je pense que je faisais mon métier en disant « vraisemblablement » à ce moment-là.
Modérateur : Alors, on va se tourner vers Michel Cohen, qui est à Lyon, et qui a été aussi très choqué par les propos qui ont été tenus à lantenne.
Michel Cohen : Oui bien sûr, choqué, comme beaucoup de gens, mais en même temps, le mot « vraisemblablement », cest un mot qui est dangereux. Parce que si vous dites « vraisemblablement » et que vous énoncez un fait qui est dangereux et qui peut avoir une implication, vous pouvez tout dire. Parce que, que va retenir lopinion publique ? Le fait que vous annoncez derrière [à la suite de cet adverbe], pas le mot « vraisemblablement ». Donc là, il y a un côté manipulation qui est dangereux. Donc, cest la raison pour laquelle je vous demande, bien évidemment, de vérifier un fait avant de dire « vraisemblablement ». On avait eu un peu la même chose, rappelez-vous, il y a quelques années, avec la mort du petit Mohammed al-Dura, et on sétait aperçu, après enquête - mais ultérieure - quil était impossible de dire doù provenaient les balles qui, malheureusement, avaient frappé cet enfant. Donc, je crois, quil faut aller un peu plus loin que dire « vraisemblablement », ou pas « vraisemblablement », il faut voir leffet que vous produisez lorsque vous énoncez des faits de ce genre et lorsque vous montrez une enfant en pleurs sur une plage, qui déplore, bien évidemment, comme tout le monde, la mort de son père, et à côté de ça, un grand bateau de guerre israélien que vous pointez du doigt, dun doigt vengeur, et ça, ça déclenche des réactions chez les gens, et ces réactions qui sont déclenchées, on peut les comprendre, et cest ça auquel [lire : à quoi] il faut faire attention
Médiateur [qui interrompt] : Merci, merci, pour cette première réaction. Je vous propose un commentaire rapide dEric Monier, et puis nous poursuivrons le débat ensuite. Eric...
Eric Monier : Monsieur, vous venez de donner un peu la preuve de votre démarche, cest-à-dire vous choisissez de faire le tri dans le commentaire. Vous prenez ce qui vous intéresse et qui sert votre argument, et vous laissez le reste. « Vraisemblablement » est un mot que jai prononcé, « bavure », « vraisemblablement », je vous rappelle quà ce moment-là, les Américains eux-mêmes parlaient de bavure. Tous les mots comptent, et ne faites pas le tri ainsi dans les commentaires qui vous sont livrés [3].
M. Cohen : Non, mais il ne sagit pas, Monsieur Monier, de faire un tri. Il sagit danalyser, froidement et factuellement, après coup, ce qui sest passé. Que, sur le coup de lémotion, on puisse retenir une version ou une autre, ça cest le propre de chaque individu. Vous savez que, dans une communication, il y a un émetteur et un récepteur, et quand vous communiquez, lémetteur va émettre cent pour cent, le récepteur va recevoir quoi ? Vingt pour cent, trente pour cent ? Et cest la façon dont vous avez présenté les choses qui [est] dramatique. Cest la mise en rapport et en perspective de lenfant, dun côté, et du bateau de guerre de lautre. Et [quand vous dites] « vraisemblablement », les gens nentendent pas forcément. Ce que je veux dire par là, cest que tout le monde na pas la capacité danalyse dun journaliste, tout le monde na pas la capacité danalyse de quelquun qui, par exemple, est intellectuel. Il faut faire attention à ce que vous produisez comme effet. Et les effets que vous produisez, je peux les décrire
Médiateur [qui interrompt Cohen: Oui, Michel Cohen, effectivement, on va en parler tout à lheure, je vous propose de reprendre le cours de la conversation après un extrait du reportage de Charles Enderlin, diffusé à 20h mardi 13 [juin]. Les autorités militaires israéliennes donnent le résultat de lenquête, suite à lexplosion mortelle, donc, de la plage de Gaza et, conclusion : larmée israélienne est hors de cause. Le correspondant, Charles Enderlin, conclut dailleurs ce reportage de cette manière :
Ce soir larmée israélienne rejette toute responsabilité dans cette tragédie. Selon les résultats dune enquête interne, lexplosion ne serait pas due à un obus, mais à une charge ou une mine déposées par le Hamas. A Gaza, lexpert dune ONG américaine a affirmé, au contraire, quil sagissait bien dun obus israélien de 155 mm. Il a même montré un shrapnel quil aurait trouvé sur place. En labsence dune enquête indépendante, en bonne et due forme, ce sera aux opinions publiques de trancher entre ces deux versions.
[Texte dun SMS à lécran ] : A aucun moment les journalistes nont évoqué la possibilité de léclatement dune mine déposée par le Hamas. Marcel R.[Texte dun autre SMS à lécran ] : Je ne paye pas une redevance pour quon me serve la propagande israélienne. Frédéric P.
Modérateur : Oui, cest des opinions un peu différentes. Alors, Emilie Dorra, que pensez-vous
parce que là, on a la totalité du déroulement de laffaire. On a donné les conclusions de lenquête.
E. Dorra : Tout à fait. Simplement, il y a eu des corr[ectifs] qui ont été apportées depuis vendredi, il y a eu dautres éléments, et, malheureusement, on nen a pas fait une [présentation] comme on a pu le voir pour vendredi, [où] on a vu les « massacres israéliens », les « carnages israéliens ». [Tandis que les correctifs] là, les journalistes ne l[es] ont pas mis en avant-première [lire : en exergue] : Attention, ce ne sont peut-être pas les Israéliens qui ont
ça a été mis dans de petits encadrés [on voit Monier qui dément, de la tête], dailleurs, le reportage de M. Enderlin le prouve, dans un sens, parce quil va nous montrer la seule personne qui conteste, justement, les conclusions israéliennes. Et il a été prouvé que cette personne na pas pu trouver dobus, parce que les experts égyptiens, palestiniens et israéliens [4] ont nettoyé la plage après le drame. Il na pas pu trouver dobus
[elle se trouble et le Modérateur linterrompt :]
Modérateur : Alors, Charles Enderlin, vous qui êtes notre correspondant permanent, bonjour, Charles. Que répondez-vous à ce que dit Emilie Dorra ?
Charles Enderlin : Tout simplement que cest faux [5]. Lexpert en question est un des experts qui sest exprimé au moment où je diffusais mon sujet [6], et, depuis, nous avons des suites sur lenquête [7]. Maintenant, je dois vous dire que, selon, par exemple, deux commentateurs militaires du quotidien Haaretz, hier [à propos de] lenquête du général Meir Kleiti, du général israélien, il a commis trois erreurs en décrivant [lire : établissant] la chronologie de lévénement, cela est confirmé aujourdhui par une contre-enquête effectuée par le quotidien britannique, Independent [8], donc tout ça continue. Maintenant, il ne faut pas oublier que, trois jours après ce drame, cette tragédie sur la plage, nous avons eu un autre bombardement israélien à Gaza, en pleine ville, et là nous avons eu neuf civils palestiniens qui ont été tués [9]. Il ny a pas eu la moindre contestation de la part des autorités israéliennes, qui ont apporté leurs explications. Tout cela se poursuit. Nous avons régulièrement, à partir du moment où nous avons des bombardements, il y a ce quon appelle des dommages collatéraux. En loccurrence, nous assistons à une véritable offensive contre une image, une image qui gêne [10]. Lorsquil ny a pas dimage, tout cela passe sans aucun problème. Maintenant, Monsieur Cohen a évoqué laffaire Mohammed al-Dura, dil y a
au début de lIntifada. Eh bien, je me permets de vous rappeler que, le mois dernier, un tribunal de Tel Aviv a produit [lire : rendu] un jugement selon lequel lenquête effectuée par larmée israélienne, après la mort du petit Mohammed, eh bien, cette enquête n'était pas scientifique, pas professionnelle, et avait démarré avec des idées préconçues [11]. Donc, nous considérons les enquêtes de larmée israélienne avec la même crédibilité que [sic] nous considérons les autres enquêtes. Nous sommes des journalistes, nous ne sommes pas des scientifiques. Nous agissons en fonction
nous réagissons en fonction des réactions des uns et des autres. Lorsque larmée israélienne commence par dire : oui, cest vrai, cest un obus israélien [12] et ensuite, dit : cest pas nous, et ensuite, lance [lire : ordonne] une enquête, nous suivons les choses avec toute la
avec beaucoup de
beaucoup de précautions.
Médiateur : Michel Cohen.
M. Cohen : Je ne crois pas que vous prenez autant de précautions que vous le dites. Cest pas comme ça que ça se passe. Si vous montrez, en fait, une image dune enfant sur une plage et que vous mettez un doigt pointeur [lire : vous pointez un doigt accusateur], eh bien, vous produisez un effet. Et cest ça qui est critiquable. Cest la raison pour laquelle [dans] un conflit aussi passionnel, il faut prendre quelques précautions normales. Bien sûr que après quelques... [blanc dans l'enregistrement] qui va vous donner des éléments sur telle ou telle chose, je le comprends parfaitement. Mais cest leffet que vous produisez dès le démarrage qui est dangereux et qui érige [lire : dresse], finalement, des communautés les unes contre les autres, ou qui, parce que des gens ne voudraient pas forcément être dans des communautés, les enferme par le résultat, donc, de ce genre de propos. Voilà le danger. Le danger, il est uniquement dans la communication, dans leffet que vous produisez. Ce qu'il faudrait comprendre une bonne fois pour toutes, cest que vous avez un pouvoir énorme deffet sur les gens, en particulier les gens qui nont pas forcément les capacités que vous avez, vous, de comprendre, danalyser et de réagir froidement et factuellement.
Modérateur : Michel Cohen, effectivement, doù la précision de Charles Enderlin, il disait les précautions sont chaque fois nécessaires [sadressant à Monier], vous en avez fait la preuve ce week-end.
E. Monier : [Sur un ton vif] Moi, je suis frappé par quelque chose : je vous trouve tous les deux - et pardon de vous parler comme ça je vous trouve pleins de certitudes. Nous, nous doutons. Bernard Lebrun, qui a fait ce quon appelle ici une cabine, cest-à-dire un commentaire de Paris. Je doute. Charles Enderlin vient de vous donner sa version des faits, qui est totalement imprégnée par ce doute [13]. Et moi, je vous trouve pleins de certitudes. Je voulais rajouter quelque chose aussi : jai vu un certain nombre de courriels qui sont arrivés, il y a à peu près autant de gens qui nous reprochent dêtre pro-Palestiniens [lire : « pro-Israéliens], ça devrait quand même vous poser quelques petites questions
[14]
Modérateur : Alors, Michel Cohen, je vous ai entendu réagir.
M. Cohen : Cest exactement ce que je veux vous dire. Nous, nous doutons en permanence, et parce que nous, nous doutons, nous, téléspectateurs, nous napprouvons pas le fait que vous disiez [lire : présentiez] quelque chose comme un fait, en mettant simplement le mot « vraisemblable » au milieu
E. Monier [interrompant Cohen] Quest-ce que vous auriez proposé ? Que nous censurions ces images, en attendant de les passer dans trois mois
E. Dorra [interrompant Monier] : Non, non, les passer mais attendre les conclusions de lenquête, Monsieur, tout simplement
E. Monier : Donc ça veut dire que pour vous, lenquête est là, alors on déciderait de ne pas passer cette image ?
E. Dorra : Non. Je pense quil faut attendre, justement, les conclusions dune enquête avant daffirmer quelque chose. Là, vous avez affirmé que cétait larmée israélienne et que cétaient des tirs dobus israéliens
E. Monier [dun ton sec] Mademoiselle, cette enquête elle-même [lisraélienne] est contestée.
E. Dorra : [tandis que Monier essaie de poursuivre]
Mais pourquoi on prend des informations palestiniennes pour argent comptant et pourquoi on ne prend pas
E. Monier [linterrompant grossièrement] Cest pas des informations palestiniennes, elle [la version israélienne] est contestée par des gens qui ont travaillé pour le Pentagone et qui, aujourdhui, sont dans des ONG qui ont pignon sur rue [15].
E. Dorra : Même Kofi Annan, aujourdhui, nous dit quil regrette davoir réagi comme ça à lenquête israélienne, et quil aurait dû y accorder plus de crédit.
Modérateur : Emilie, on va écouter Charles. Charles
Ch. Enderlin : Il y a eu dans le passé, au cours de ces cinq dernières années, un certain nombre de cas où, effectivement, larmée israélienne nous a présenté des images, en nous disant : regardez, voici ce qui se passe côté israélien. Il sest avéré que ces images ont été très contestées par la suite, également, bien entendu, par la presse israélienne, par des journalistes israéliens [16]. Nous sommes bien obligés de renvoyer les uns et les autres dos à dos. Pour nous, la crédibilité israélienne [17], sauf lorsquil y a des témoins absolus [18], lorsque le journaliste est sur place et nous ne sommes pas toujours sur place...[19]. Comme toutes les chaînes internationales, nous travaillons avec des correspondants et nous utilisons des images dagences, dont la crédibilité, en général, est à peu près totale. Nous vérifions, nous faisons confiance à nos correspondants. Cest à partir de cela que nous passons [les images]. Maintenant, lorsquune image qui nest pas très favorable à Israël vous gêne, effectivement, vous lancez
Nous avons de véritables campagnes dintimidation. On ne veut pas quon passe certaines images qui sont gênantes pour Israël [20]. Cest vrai, je le comprends, ce genre de campagne, à la limite, est parfois vraiment insupportable. Maintenant, lorsque nous avons des images qui sont difficiles pour les Palestiniens, les attentats, lorsque nous diffusons les scènes terribles qui suivent un attentat anti-israélien, là, silence radio [21]. Vous nallez pas nous critiquer en disant : un petite fille israélienne pleure ses parents tués [22]. Simplement, nous avons à chaque fois ce genre de campagne lorsquil y a une image de ce genre. Encore une fois, je ne vous ai pas entendus réagir sur les neuf morts civils dus au tir de missile sur un des militants du Jihad islamique à Gaza.
E. Dorra :
Jai déjà dit, M. Enderlin, à quel point jai été attristée dapprendre la mort de cette famille, et que je suis très peinée pour cette petite Ouda ; et franchement ça été des images terribles, et moi, cest vrai que, là, je ne réagis pas au nom dune
Cest moi que je défends et cest mes pensées à moi. Je suis une jeune fille, jai 23 ans, jai pas forcément les connais
je ne suis pas une professionnelle de la communication comme vous pouvez tous lêtre autour de cette table, et vous-même, Monsieur Enderlin. Je réagis avec mon cur, et cest comme ça. Maintenant, ça ma énormément touchée et ça me hante, cette image de cette jeune fille qui voit le cadavre de son père. Ça me hante. Maintenant, je nai pas le souvenir davoir vu beaucoup denfants israéliens touchés par des attentats dans les bus, ou des choses comme ça. Parce quil faut rappeler quand même une chose, cest que la cible des Israéliens, ce ne sont pas les civils palestiniens, au contraire.
Modérateur : Alors, merci pour ce témoignage émouvant. Je vous propose de donner un dernier mot à M. Michel Cohen, à Lyon. Un dernier mot pour conclure, sans conclure parce que [le débat] est toujours ouvert.
M. Cohen : Oui. On ne peut pas conclure, bien évidemment, sur un sujet aussi passionnel. La seule chose, cest quil faudrait quand même apaiser un peu les uns et les autres. Aujourdhui, par exemple, il ny a pas dimages qui viennent de Sdérot, la localité qui est à côté de Gaza et qui reçoit des missiles Qassam toute la journée [22]. Et pourtant, il y a aussi des enfants qui peuvent perdre aussi leurs parents, ou des parents qui perdent leurs enfants. Bien sûr que les choses sont épouvantables. La seule chose que je vous demande, cest pas dêtre dun côté ou de lautre, cest pas du tout cela. Cest dessayer darrondir [les angles] et dapaiser les passions. Parce quaprès, il y a des traductions qui se font dans le cadre de la population. Une question pour ouvrir la conclusion. Je voudrais vous poser une simple question à tous : Comment se fait-il quon parle si souvent dune population qui représente un millième de la population mondiale ? [23]
Modérateur : Ecoutez, ce que je propose, cest quon se retrouve. On aura loccasion den reparler au mois de septembre, car il y a [lire: il y aura] justement le procès sur l'assassinat ou la mort du petit Mohammed al-Dura. Merci en tout cas pour ce débat. Un échange musclé. Il a eu le mérite de mettre en évidence la difficulté de travailler, pour les journalistes, et lextrême sensibilité - on la constaté sur ce plateau -, des téléspectateurs sur certains dossiers comme le conflit du Proche-Orient. [Se tournant vers Emilie Dorra] Merci davoir accepté de participer. Merci M. Cohen. Merci, Charles. C'est la règle de cette émission du Médiateur.
[Ma reconnaissance va à soeur Maggy Kraentzel - une religieuse catholique, amie dévouée des Juifs et d'Israël -, qui a corrigé les inévitables coquilles d'un texte, aussi long que difficile, ainsi qu'à Hector Chemla - fidèle internaute juif et vaillant défenseur de la cause de notre peuple et de son Etat -, qui a complété les passages manquants et rétabli dans leur intégrité des mots que j'avais mal compris à l'audition de la vidéo. Menahem Macina.]
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Remarques et commentaires du transcripteur :
[1] Faux : on la amenée devant le seul cadavre de son père, comme le prouve la vidéo diffusée. On voit la petite fille que lon vient vraisemblablement damener sur place, se diriger vers le cadavre de son père, pour ensuite se jeter et se rouler sur le sable en faisant de ses bras des gestes de détresse. Visiblement, elle reproduit les attitudes de mères palestiniennes endeuillées quelle a eu loccasion de voir, au fil des reportages incessants de la TV de lAutorité Palestinienne, sur de tels sujets.
[2] En fait, comme le prouve la phrase qui figure dans son second reportage du 11 juin, Monier na pas utilisé ladverbe en question, mais a parlé explicitement de « la très vraisemblable bavure de larmée israélienne ».
[3] Le caractère agressif, voire rageur de Monier naura échappé à aucune personne de bonne foi. En disant dentrée de jeu : « Monsieur, vous venez de donner un peu la preuve de votre démarche », Monier tente de déstabiliser son interlocuteur en laccusant de parti pris. La suite le prouve, lorsque Monier attaque frontalement : « vous choisissez de faire le tri dans le commentaire. Vous prenez ce qui vous intéresse et qui sert votre argument, et vous laissez le reste. » Impossible déviter largument ad hominem et la réponse du berger à la bergère : cest précisément ce quont fait les journalistes de France 2 dans la couverture médiatique de cette affaire. Ils ont « pris ce qui les intéressait » : laccusation gravissime palestinienne et le renfort que lui apportait dun militant oèngiste, et ils ont « laissé le reste » - la dénégation israélienne et le résultat de son enquête interne. Accessoirement, invoquer le fait que « les Américains eux-mêmes parlaient de bavure », est un argument polémique pitoyable. LES Américains, cest qui ? Y a-t-il eu un référendum auprès de la population américaine ou même un simple sondage dopinion ? Non, bien sûr. Outre l"expert" oèngiste, lun ou lautre journaliste américain a sans doute tenu des propos sceptiques à légard de la thèse israélienne, cest le jeu de la libre opinion, mais est que lon peut présenter sérieusement ces deux ou trois opinions comme représentant lopinion DES AMERICAINS ?
[4] Ici, de toute évidence, la jeune fille se trompe : les Israéliens nont pas participé au nettoyage des lieux, cela se saurait.
[5] « Cest faux ». On reconnaît là la morgue et le ton dintimidation de lhomme qui nhésite pas à accuser autrui de mensonge, alors quà lépoque de laffaire al-Dura, lui-même na pas hésité à affirmer faussement, durant des mois, quil sétait interdit de diffuser les 30 minutes dagonie de lenfant, lesquelles vérification faite après examen de France 2, se sont avérées navoir jamais existé.
[6] Les expressions creuses : nous avons des suites sur lenquête
tout ça continue
tout cela se poursuit
démontrent lindigence de largumentation dEnderlin.
[7] « Un des experts », dit Enderlin, laissant entendre quil y en a dautres qui se sont exprimés. Mais ni leurs noms, ni leurs conclusions ne nous sont communiqués.
[8] Enderlin ne précise pas quelles sont les « trois erreurs » de lenquête israélienne. Il joue lIndependent, contre la commission militaire israélienne, sans nous dire en quoi largumentation de ce journal infirme celle des Israéliens, ni sur quelle base il la privilégie, à ce quil semble.
[9] Il sagit, comme on le sait sans doute, des 9 civils palestiniens qui sétaient massés auprès dun véhicule transportant des fusées, quun premier tir de missile israélien avait manqué, et qui ont été tués par la seconde salve. En bonne logique on peut penser à première vue quil sagit dune bévue oratoire. Largument est hors sujet, dira-t-on. Emporté par son élan, Enderlin parle dun événement qui sest passé plusieurs jours plus tard et qui na absolument rien à voir avec le drame de la plage de Gaza. Raisonner ainsi serait mal connaître les ressorts de lobsession anti-israélienne du journaliste de France 2. Ce quil veut dire est très clair bien que ce soit indigne et répugnant. Je traduis : Comment voulez-vous faire confiance au rapport dune commission qui récuse une « bavure » [évidente] de son armée et qui en commet une autre, pire encore, EN PLEINE VILLE. Le but méprisable dEnderlin est clair et sa méthode redoutablement efficace. Il démontre, de manière apparemment indiscutable, que des gens qui nhésitent pas à tirer sur un véhicule qui circule dans une rue densément peuplée, prouvent quils se moquent éperdument des pertes humaines collatérales que provoque leur détermination d'éliminer leurs ennemis. Par conséquent quand ils refusent dadmettre la possibilité quun de leurs tirs ait pu être la cause du massacre de la plage de Gaza, leur cynisme dans le cas du massacre de civils causé par deux de leurs missiles air-terre, rend leurs dénégations totalement non crédibles. CQFD.
[10] Ici, cest lEnderlin de laffaire al-Dura qui pointe loreille. Lhomme on nose dire le Juif et lIsraélien qui a jeté lopprobre sur tout un peuple et sur une des armées dont léthique combattante est lune des plus élevées (si pas la plus haute) du monde, récidive aujourdhui. Poursuivi par les images du mitraillage du petit Mohammed al-Dura, prises par son caméraman, quil a commentées et accréditées, que sa chaîne a choisi de mettre gratuitement à la disposition des télévisions du monde entier pour les diffuser, et qui lui collent à la réputation comme la tunique de Nessus à la peau dHercule, Enderlin revit son cauchemar. En parlant d« une véritable offensive contre une image, une image qui gêne », il pense au pluriel, à des images, des images qui gênent, celles de la mort réelle, ou mise en scène du petit Mohammed al-Dura. Dans ce contexte on comprend mieux sa hargne à défendre ces nouvelles images de Gaza et sa féroce détermination de déclarer, une fois de plus, coupable, lEtat qui la reçu, jadis, en tant que nouvel immigrant, qui la aidé à sinsérer dans la société israélienne et à en apprendre la langue, et qui na pas usé de son pouvoir discrétionnaire pour lui faire retirer, comme il le mériterait, son accréditation de journaliste. Lhistoire fera justice de cet « accusateur de nos frères » (Ap 12, 10, et cf. Za 3, 1).
[11] Il faut durgence mettre la main sur un reportage digne de foi concernant le procès auquel fait allusion Enderlin. La chose est assez singulière pour mériter une enquête. En quoi consistait ce procès ? Qui la intenté et contre qui ? Et sil sagissait, à linverse de ce que tend à nous faire accroire Enderlin, dune action intentée contre Tsahal, par des citoyens scandalisés de la manière, en effet, maladroite et expéditive dont larmée israélienne a clos cette affaire épineuse, allant même jusquà laisser détruire (volontairement ou involontairement tous les éléments matériels (y compris le mur criblé de balles et le fût cimenté contre lesquels sabritaient le père et lenfant al-Dura) qui eussent permis de reconstituer les faits avec précision, au lieu deffectuer cette reconstitution avec un morceau de mur fabriqué à cet effet, et de procéder à des vérifications balistiques sur base de reconstitution des tirs effectués par les soldats, à partir d'un remblais de sable érigé par les militaires et censé représenter lendroit où étaient postés les défenseurs de la position israélienne, censés avoir tiré les balles mortelles. Ceci étant dit, une fois de plus, un tel argument - qui sent furieusement le "deus ex machina" - semble plutôt artificiel et ressortit davantage au domaine de lapologétique quà celui de la recherche de la vérité, quimpose aux journalistes leur charte éthique.
[12] Au cas où certain(e)s en douteraient, il faut souligner que jamais un représentant autorisé de Tsahal na prononcé ce mots, littéralement ou avec quelque variante que ce soit : « oui, cest vrai, cest un obus israélien ». Ce qui est vrai cest que des officiels, politiques et militaires, ont exprimé des regrets, voire des excuses pour la mort des civils palestiniens, mais, instruits par lerreur de certains haut gradés de Tsahal, qui, au moment du mitraillage des al-Dura, avaient trop vite et imprudemment reconnu une bavure de Tsahal, cette fois, il ny a pas eu reconnaissance de culpabilité (pas même accidentelle). Donc, une fois de plus, Enderlin ne dit pas la vérité, ou en présente une version partielle et déformée, pour la faire coïncider avec ses thèses accusatrices de lEtat dIsraël et de son armée.
[13] Ainsi selon M. Monier, « la version des faits » [dEnderlin], serait « totalement imprégnée par le doute ». Le toupet du chef adjoint à la section Etranger de France 2, atteint des sommets et dépasse les limites du tolérable. Il nest que de relire les affirmations dEnderlin lui-même, retranscrites ci-dessus, pour constater que le correspondant permanent de France 2 en Israël et collègue de Monier na pas le moindre doute. Mieux, il est, comme toujours et plus que jamais, sûr davoir raison sur toute la ligne. Ce sont les tenants des thèses quil combat qui sont des menteurs ou des dénégateurs.
[14] Encore une expression de la morgue, qui semble décidément être la note distinctive de léquipe du service Etranger de France 2 quand il est question du conflit palestino-israélien.
[15] Sil suffisait davoir « travaillé pour le Pentagone » et dappartenir « aujourdhui à des ONG qui ont pignon sur rue », comme laffirme triomphalement Monier afin dériger en icône de la compétence, de lobjectivité et de la recherche éperdue de la vérité, le seul « témoin à charge de la thèse israélienne » qui a donné une conférence de presse, le monde médiatique serait une pépinière de saints, et cela se saurait. A ce stade, on est en droit de se poser une question : Monier est-il dune naïveté hors du commun, ou nous prend-il pour des boeufs ? Quel journaliste ignore encore aujourdhui que les ONG sont toutes, sans exception des lobbies. Certaines ont incontestablement des buts honorables, mais beaucoup, tout en ayant, au moins sur le papier, mais aussi sur le terrain, comme Oxfam, par exemple, des buts honorables ont également des objectifs politiques à peine masqués. Or, comme chacun sait, être anti-israélien et propalestinien aujourdhui est très "tendance". Un tel badge idéologique vous ouvre à peu près toutes les portes et tous les budgets (onusiens, européens, voire arabes). Cest la cause-vedette, le brevet de considération facile à acquérir, gratuit même, le plus souvent. Et que faut-il pour être admis à lexamen ? Une seule chose : retenir le mantra suivant :
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Version longue : "Israël, casqué-botté, hyper-équipé en armes, hyper-financé par les Etats-Unis, chouchou des Libéraux américains et de la plupart de leurs homonymes dans le monde, béni et couvert dalléluias par les chrétiens sionistes, Israël que nous admirions tant, quand les rescapés de lHolocauste, qui avaient proclamé ce jeune Etat, faisaient fleurir le désert, bâtissaient des villes et vivaient en bonne intelligence avec les Arabes et les Palestiniens, Israël, il nous faut le dire, à notre grand regret, est devenu, ni plus ni moins, un Etat-voyou, qui refuse dobtempérer aux décisions de lONU et se sert de sa force militaire écrasante pour opprimer tout un peuple et le léser dune grande partie de son territoire. Autant nous avons, alors, approuvé sa création et lavons admis dans le chur des nations, autant, dorénavant, face au degré de déchéance morale et politique que ce pays a atteint et à son entêtement diabolique à prétendre avoir raison contre le monde entier, nous sommes contraints de douter de la justesse, voire de la justice de la décision originelle de l'assemblée des nations concernant sa légitimité. Aussi, envisageons-nous sérieusement, de contraindre Israël, par tous les moyens - y compris, si nécessaire, par le recours à la force armée -, de céder aux exigences palestiniennes, raisonnables et légitimes, et de faire confiance aux nations honnêtes que nous sommes, pour assurer sa sécurité. "
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Version courte : "Israël a fait la preuve quil est un Etat raciste et impérialiste en bafouant quotidiennement les droits les plus élémentaires du peuple palestinien, et en nhésitant pas à recourir aux massacres et aux assassinats pour imposer sa volonté au peuple palestinien sans défense."
[16] A nouveau, laccusation éhontée : Israël ment. Il présente des preuves falsifiées. Visiblement Enderlin confond les Israéliens avec ses protégés : les Palestiniens. Pourtant, il sait pertinemment que :
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Israël ne massacre pas des enfants comme ceux qui ont été assassinés et défigurés dans une grotte, il y a quelques années ;
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Israël ne lynche pas ses prisonniers comme la populace palestinienne la fait de deux réservistes israéliens égarés en territoire palestinien ;
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Israël ne fabrique pas des vidéos truquées comme celle de laccident dune militante pacifiste, dont la chute accidentelle sous un bulldozer a été présentée comme un écrasement volontaire par le conducteur israélien de lengin ;
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Israël norganise pas des mises en scènes comme celle de lenterrement truqué du faux mort palestinien de Jénine, qui tombe de sa civière.
Ce que sait Enderlin, par contre, cest que la propagande ment sans vergogne et accuse Israël de tous les maux. La liste de ces calomnies est tellement longue quelle lasserait les lecteurs. On se limitera donc au prétendu "carnage" de Jénine et aux affirmations démentielles du porte-parole dArafat, alors, dont les propos étaient repris avec ferveur par la quasi-totalité des journalistes du monde. Souvenons-nous que l'on parlait, à l'époque, dabord de "milliers de morts palestiniens", puis, de "1.500 victimes au moins", enfin, de "plusieurs centaines", jusquà ce qu'une commission internationale fasse taire ces calomnies en concluant à un bilan maximum dune cinquantaine de Palestiniens, presque tous tués les armes à la main (sans parler d'une trentaine de soldats israéliens déchiquetés par l'explosion d'une maison palestinienne piégée, qu'ils inspectaient).
[17] Enderlin nayant pas achevé cette phrase, nous ne saurons pas ce quil pense de la « crédibilité israélienne »
mais nous pouvons nous en douter !
[18] Quand les arguments solides et raisonnables font défaut, la rhétorique sefforce de pallier lindigence du propos. Tel est le cas de lemploi, par Enderlin, de lexpression « témoins absolus ». Ladjectif "incontestable" eût amplement fait laffaire. Mais, ici, comme en matière de finances de lEtat, linflation a pour but de masquer le déficit des convictions, voire la banqueroute prochaine de la crédibilité.
[19] Encore une réminiscence, probablement involontaire. « Nous ne sommes pas toujours sur place
» dit Enderlin. Comme il a raison. Il nempêche, lors du mitraillage du petit Al-Dura, le journaliste de France 2 nétait pas « sur place », précisément. Ce qui ne la pas empêché de donner aux téléspectateurs limpression du direct par la superposition de son commentaire sur les images prises, plusieurs heures auparavant, par son caméraman palestinien, Abu Rahma. Et cest le même homme qui sérige en preux défenseur de la « difficile profession de correspondant de presse ». Quelle dérision !
[20] Une fois de plus, "laccusateur de ses frères" pose en victime. Il est, se plaint-il, en butte « à de véritables campagnes dintimidation ». Il accuse même : « On ne veut pas quon passe certaines images qui sont gênantes pour Israël ». Pourtant, les intervenants ont parlé, se sont expliqués, ont fait part de leur désarroi. Sont-ce là les « intimidateurs » auxquels il a fait allusion ? Ont-ils dit : « Nous ne voulons pas que vous passiez des images qui sont gênantes pour Israël » ? Non, bien sûr. Mais Enderlin nécoute rien. Atteint dune forme aiguë dautisme moral, doublé dune paranoïa qui lui fait considérer comme des attaques personnelles, voire de la diffamation, toute remise en cause de sa couverture journalistique, comme si le simple fait de contester sa version des événements constituait un crime de lèse-majesté médiatique, passible de rien moins que les tribunaux, comme lont expérimenté les prévenus qui vont devoir répondre, à lautomne, de laccusation de diffamation et de calomnie, sur plainte conjointe de France 2 et de Charles Enderlin.
[21] Phrase stupéfiante. Il vaut la peine de la reproduire : «
lorsque nous avons des images qui sont difficiles pour les Palestiniens, les attentats, lorsque nous diffusons les scènes terribles qui suivent un attentat anti-israélien, là, silence radio. » Ainsi, selon ce parangon de discernement moral, nous devrions comprendre que le fait de diffuser les images (ô combien aseptisées, car les Juifs respectent trop limage de Dieu quest le corps de lêtre humain pour lexposer sans vergogne, comme le font les Palestiniens - précisément dans ce cas de figure du mort de la plage de Gaza !), est difficile (à supporter, je suppose) pour les Palestiniens ! Et les derniers mots de la phrase sont encore plus abjects : « là, silence radio ». Autrement dit, quand des membres civils et innocents de leur famille ou de leur peuple sont assassinés de la manière la plus horrible, les Juifs et les Israéliens ont limpudeur de trouver cela normal, voire de ne pas piper un mot ! Parce que M. Enderlin sattend sans doute à ce que nous le remerciions, lui et des confrères, quand ils font des reportages sur le meurtre des leurs, alors que, sauf exceptions rarissimes, le but principal de nombreux journalistes est la recherche du scoop et lobtention dune notoriété qui sera dautant plus grande quils auront fait fort dans lhorreur, le drame, ou lémotion !
[22] Cest vrai : bravo à Michel Cohen ! Parce que le grand absent de ce débat et de la quasi-totalité des reportages antérieurs sur le drame de Gaza, cest le "silence radio" (pour reprendre la triviale image dEnderlin) qui est observé sur la CAUSE originelle de cette débauche de violence et de morts innocentes : les fusées palestiniennes qui ne cessent de pleuvoir sur les localités israéliennes proches de la Bande Gaza. Certes, elles tuent rarement, mais elles blessent, parfois gravement et causent des dommages matériels plus ou moins considérables, mais surtout elles restent une menace mortelle permanente et, comme telles, elles rendent la vie impossible aux habitants de ces villes. Cest dailleurs bien ce que veulent les jusquau-boutistes palestiniens : décourager les Juifs dhabiter sur cette terre, de continuer à combattre pour survivre. De cela, pas un mot. De cela, les journalistes et lopinion publique nont cure. La preuve, ils nen parlent pas et quand ils le font, cest - comble de perversion ! pour accuser, avec plus ou moins de circonlocutions prudentes pour rester politiquement corrects, les Israéliens de navoir que ce quils méritent. Et quelque part dans leurs pensées fétides non exprimées - si ce nest en milieu sûr, entre ennemis jurés dIsraël volètent, telles des feuilles mortes en décomposition soulevées par le vent de la haine, des pensées telles que celles-ci :
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Après tout, ce ne sont que des occupants.
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Est-ce quon pleurait un "salaud de Schleu" quand il tombait sous les balles des Résistants ?
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Est-ce quon a pleuré sur la défaite des nazis et de larmée allemande ?
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Cest triste à dire, mais les victimes dhier sont devenues les bourreaux daujourdhui.
[23] Saluons, une fois de plus, la présence desprit et lintelligence de ce digne représentant de notre peuple, Michel Cohen, qui a tiré, au moment où lon sy attendait le moins, la "flèche du Parthe" : « Comment se fait-il quon parle si souvent dune population qui représente un millième de la population mondiale ? » Javais, pour ma part fait une comparaison analogue, en superficie cette fois, à propos de laffirmation hénaurme selon laquelle Tsahal avait rasé le camp de réfugiés de Jénine. Je me permets de renvoyer à cet article et aux photos quil contient et qui illustrent la différence entre la fiction meurtrière de certains journalistes haïsseurs dIsraël et la triviale réalité des faits. Voir : "Jénine: Combien y a-t-il de charognards de la presse sur 100 m par 100 m ?" ?
Menahem Macina
Avec la collaboration involontaire de lHebdo du Médiateur de lInfo de France.
© upjf.org
Mis en ligne le 18 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











