29/06/09
The Jerusalem Post, 28 juin
Texte original anglais : "European funding for the narrative war".
Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org
Note aux responsables de sites et blogs: Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-16697-145-7-financement-europeen-narratif-guerre-gerald-steinberg.html
Les efforts européens pour que l'Europe joue un rôle majeur dans les discussions de paix israélo-arabes ont à nouveau été éclipsés, cette fois, par linitiative du Président des Etats-Unis, Barack Obama.
Pour augmenter la visibilité de lEurope, le nombre des visites officielles sest accru, et plusieurs colloques académiques sont consacrés au rôle de lEurope. Par exemple, hier, lUniversité Hébraïque a inauguré un colloque de trois jours, sous le titre ambitieux, « Soutenir les forces de modération dans le conflit israélo-palestinien : Le rôle de lUnion Européenne après la Guerre de Gaza ».
Pour les diplomates et les acteurs politiques, un « échange de vues, franc et honnête » sur la problématique européenne antécédente en milieu universitaire pourrait être très utile pour corriger des décennies de jugements erronés. Par exemple, au cours du processus d'Oslo, l'Union Européenne et ses Etats membres étaient convaincus que Yasser Arafat était une "force de modération" et lui avaient fourni, ainsi quà ses acolytes du Fatah des valises pleines dun argent estimé nécessaire pour « huiler les rouages » du processus de paix et de létablissement dun Etat palestinien. Au lieu de cela, largent est allé sur des comptes bancaires à létranger et [a servi à financer le] terrorisme.
En Europe, il y a eu très peu danalyses indépendantes de ces échecs diplomatiques, politiques et autres. Craignant dêtre mis dans lembarras, ou pire, les officiels ont rejeté les appels à une investigation indépendante, jusquà ce que le Parlement Européen contraigne la Commission Européenne à réaliser une enquête (connue sous le nom de rapport OLAF [1]). Mais des années plus tard, ce rapport reste top secret, ce qui signifie quapparemment, peu, si ce nest aucune des leçons nont été tirées.
Etant donné cet état de fait et la difficulté quéprouve lEurope à sanalyser elle-même, une recherche académique sérieuse et des colloques peuvent jouer un rôle très positif. Malheureusement, beaucoup de ces discussions de la politique européenne font appel à des orateurs et à des personnalités officielles qui préfèrent sermonner les Israéliens plutôt que denquêter sur leur propre contribution à léchec. Parallèlement, dimportantes questions ayant trait aux dysfonctionnements des politiques menées sont manifestement absentes de ces colloques.
Un sujet systématiquement évité dans le cadre de la recherche quasi officielle et des colloques, est le financement européen massif dOrganisations Non Gouvernementales (ONG) radicales, dont les activités alimentent le conflit au lieu de « soutenir les forces de modération », comme le proclame le titre de ce colloque. Par lintermédiaire du "Programme de Barcelone" et de projets daide, la Commission Européenne et les gouvernements qui en sont membres, versent, chaque année, des dizaines de millions deuros à des ONG palestiniennes, israéliennes et autres. Les objectifs affichés incluent la promotion de la démocratie, de la paix et des droits de lhomme, mais les résultats sont souvent contreproductifs et alimentent le conflit.
Ces ONG orchestrent la diabolisation et la délégitimation dIsraël, par des labels tels que « apartheid », « crimes de guerre », sur la base de la stratégie adoptée lors du Forum des ONG de la Conférence de Durban, en 2001. Par exemple, le financement européen dune ONG est le principal moteur des "offensives juridiques" [2] contre des militaires et de hauts responsables civils israéliens une forme dagression de guerre douce par lintermédiaire des tribunaux, qui accompagne la "guerre dure" par voie de terrorisme. La procédure en cours en Espagne (pays choisi pour ses attitudes indulgentes en matière de juridiction universelle) est menée par le Centre Palestinien pour les Droits de lHomme [sigle anglais, PCHR], qui est financé par la Commission Européenne, la Norvège, lIrlande, le Danemark, la Suisse et dautres gouvernements. En fait, le PCHR est une force centrale dans la diabolisation dIsraël par les ONG et la guerre politique quelles mènent contre lEtat juif.
Ces procédures de guerre juridique (lawfare), financées par lEurope, ne sont quune partie dun processus beaucoup plus vaste, mené par des ONG extrêmement politisées, situées en Israël, qui cherchent à réduire à néant les politiques gouvernementales ; il sagit de groupes comme B'Tselem, Yesh Din, Machsom Watch, Bimkom, Ir Amim, Adalah, Mossawa, etc. (LUnion Européenne finance ces ONG en prétendant quil sagit de projets limités, mais les montants constituent souvent le gros du budget de fonctionnement.)
Un examen des activités des ONG financées par lEurope démontre quelles ne contribuent pas à « soutenir les forces de modération ». Beaucoup ont des activités de promotion de campagnes de boycott anti-israélien, de propositions visant à létablissement dun Etat unique (ce qui signifie lélimination dIsraël en tant quEtat juif), outre quelles soumettent des exigences tendancieuses aux commissions d"enquête" de lUnion Européenne.
Un débat sérieux autour de ces questions devrait donner lieu à des interrogations telles que : Comment cela se produit-il ? Qui guide ces décisions ? Pourquoi les fonds gouvernementaux européens qui financent les ONG sont-ils utilisés pour torpiller le compromis, lacceptation mutuelle et la solution à deux Etats que lEurope affirme soutenir ?
Le chaos qui règne dans le financement de lUnion Européenne et les fréquentes imbrications ajoutent à ces problèmes, outre quil ny a pas de coordinateur, ni de source centrale de données. Les règles européennes de transparence nont pas cours en ce domaine, et on ne dispose ni de comptes-rendus ni de protocoles des allocations attribuées aux ONG dans le cadre des programmes de la Commission Européenne. Les noms et les conflits dintérêts des responsables de ces politiques sont soustraits à lexamen public. Les processus dévaluation, sils existent, sont secrets, ce qui rend difficile denvisager des changements constructifs.
Quand NGO Monitor a été dans limpossibilité dobtenir les documents les plus élémentaires et a menacé dintenter des poursuites pour non-respect des règles européennes de transparence, les fonctionnaires européens ont envoyé un CD contenant environ 50 documents, dont la plupart des informations utiles avaient été supprimées, en ce compris les noms des organisations partenaires des ONG et les critères dévaluation. Il était impossible de déchiffrer le peu de déclarations sans valeur et les chiffres qui restaient, ce qui rendait irréalisable une évaluation constructive.
Ces questions devraient être en tête de liste des ordres du jour des entretiens et des colloques comme celui qui a lieu à lUniversité Hébraïque. Malheureusement, ces sujets "difficiles" et les conflits sont largement évités. Des intitulés apaisants mais trompeurs, tel « Soutenir les forces de modération », prennent le pas sur lexamen loyal du soutien européen au "harcèlement juridique", au "droit au retour » et au rejet palestiniens.
Gerald M. Steinberg *
© The Jerusalem Post
* Lauteur dirige le département de science politique à lUniversité Bar-Ilan et est directeur de NGO Monitor [3].
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Notes du traducteur
[1] Office de Lutte Antifraude. Sur cette enquête, voir, entre autres : "Escroqueries à la bienfaisance: lUE enquête" (2. Fraudes palestiniennes massives).
[2] Littéralement, 'guerre du droit' ; le terme anglais, "lawfare", est difficile à traduire littéralement ; à ce sujet, voir Eyal Weizman, "Offensive par le Droit à Gaza".
[3] Sur cette organisation courageuse et incontournable, voir, entre autres, "A propos de NGO Monitor".
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[Texte aimablement signalé par le Dr A. Lerner, de IMRA.]
Mis en ligne le 29 juin 2009, par











