Union des Patrons et Professionnels Juifs de France
Vous êtes : AccueilNoeudRacine
Contributeurs Spécialisés
De Jérusalem à Jérusalem. Aller simple (10): "Ils sont frais, mes enfants"… Laurent Cudkowicz
10ème épisode de l’histoire originale de l’alyah d’une famille juive moyenne…
Imprimer    Envoyer à un ami 

24/08/08

 
Texte repris du site Causeur.fr, d’Elisabeth Lévy et Gil Mihaely

 

En Israël, les enfants sont des rois. C’est en tous cas, l’image que j’en ai aujourd’hui. Il n’est pas rare, si un père réprimande son jeune fils dans la rue ou dans l’autobus, qu’il se fasse à son tour sermonner par les passants – “Laisse-le tranquille ce gosse… C’est un enfant, et puis dans quelques années il devra aller à l’armée, alors qu’est-ce que tu commences déjà à l’embêter maintenant…”

Si les enfants sont rois, nous leurs parents, sommes leurs chambellans, parce que nous le voulons bien. C’est-à-dire que, comme des milliards d’autres parents, nous ne vivons, pratiquement, que par eux et pour eux. Je laisse un “pratiquement”, parce que je ne suis pas absolument certain que lorsque j’ouvre une bonne bouteille de Mount Hermon Red (une de mes dernières dégustations de vin rouge du Golan ce week-end), ce soit vraiment considéré comme pour le bien des enfants. Bref, pour revenir à nos moutons (ou nos enfants), l’une des tâches les plus importantes était de trouver une école pour chacun d’eux, et ce ne fut pas la moindre. Pour ceux qui auraient raté l’épisode dans lequel je vous les présentais, je vous rappelle que nous (c’est-à-dire ma femme Valérie et moi) avons quatre enfants (non pas chacun, ensemble). Nous avons tous les âges et tous les sexes en magasin, ma bonne dame.

Nous avons du seize ans en fille, très beau modèle, très intéressante à écouter, de compagnie très agréable comme son nom Noémie l’indique 1. Elle sera la seule à poursuivre sa scolarité dans le système français. Entrant en classe de première dans quelques semaines, elle aurait eu bien trop peu de temps pour s’adapter avant le bac. De ce fait, son intégration à la société israélienne sera peut-être un peu plus longue, mais la ligne, c’est “Passe ton bac d’abord”. Sauf que cela ne se passe pas à Lens comme dans le film de Maurice Pialat, mais à Givat Washington (prononcer Guivat), un vaste campus qui accueille, outre ce petit lycée-internat français, des structures de formation destinées aux futurs professeurs d’enseignement général et de sport. Les équipements sportifs sont très nombreux, aussi nous a-t-on garanti que la graisse que nous confierons à cet établissement nous sera retournée sous forme de muscle. Je vous tiendrai au courant de l’évolution de la situation.

Nous pouvons aussi vous proposer du garçon, quatorze ans, très belle prestation. C’est vraiment du grand, du beau, du blond, bref l’homme parfait, mais encore à l’état d’adolescent. C’est-à-dire que, de temps en temps, il est un peu bruyant, mais cela s’améliore avec l’âge. D’ailleurs, il ne manque pas de courage, puisqu’il a choisi, avec notre accord, la voie la plus difficile sur le plan scolaire. Il intègre l’équivalent de la 3e dans une école complètement israélienne située à l’autre bout de la ville. Or, l’hébreu est pour lui une langue étrangère même s’il en maîtrise déjà les bases grâce aux cours qu’il suit, comme ses sœurs, tous les matins.

Son collège est également un internat, ce qui est très courant en Israël, même si les enfants habitent dans la même ville que leurs parents – les enfants-rois, c’est formidable, mais parfois un peu épuisant. Elie quittera donc le foyer familial tous les dimanches matin. Il y reviendra pour une nuit le mardi soir et deux shabbats sur trois. Les premières semaines de scolarité seront cruciales pour lui qui sera confronté, concomitamment, à une nouvelle langue, de nouveaux camarades qui, pour la plupart, se connaissent depuis la petite enfance, une nouvelle mentalité, l’éloignement de la maison, en somme une montagne qu’il s’apprête à gravir. Sans oublier qu’il a dû changer de club de football : sa chambre n’arbore plus les couleurs du FC Metz, mais celle du Betar Jerusalem. J’attends avec une impatience que j’ai beaucoup de mal à dissimuler (si, si, vraiment), le soir où je ne pourrai refuser de l’accompagner à un match.

Nous avons aussi en magasin du sept ans, en fille. Tamar, comme la belle-fille de Yehouda dans la Bible, elle sait précisément ce qu’elle veut. Elle sait comment elle veut s’habiller, elle sait ce qu’elle veut lire et ce avec quoi elle veut jouer. Elle s’exprime aussi très bien (et beaucoup) dans sa langue maternelle en français. J’attends avec impatience de voir cela en hébreu. Elle a une très bonne vision d’elle-même : en juillet dernier, alors que je lui demandais, à son retour de deux semaines de camp scout, si certains enfants pleuraient parfois parce qu’ils se languissaient de la maison, elle m’a fait cette réponse laconique : “Oui, moi.” Devant ma surprise, voire ma frayeur de père-poule 2, elle m’a tendrement regardé et dit : “Mais Papa, c’est normal ! J’ai sept ans !” Tamar, va entrer dans l’équivalent du CE2, dans l’école israélienne du quartier. Normalement et si tout va bien, elle bénéficiera de quelques cours d’hébreu en petits groupes avec d’autres enfants récemment immigrés. Je me trompe peut-être, mais je vois bien Tamar me donner des cours d’hébreu dans quelques mois, et m’aider à comprendre Haaretz ou Yedioth Aharonoth 3 (soyons éclectique).

Enfin, nous avons un superbe article, notre tout dernier arrivage en date. C’est du garçon en quatre ans. Il s’appelle Ben, et comme son nom l’indique, c’est notre fils 4. Il est tout à la fois très joueur, colérique, rigolo, de bonne humeur, de mauvaise humeur et il va fréquenter le jardin d’enfants du quartier. Lui aussi s’exprime très bien et beaucoup (moins que Tamar toutefois qui a la médaille d’or) dans sa langue maternelle. J’attends avec impatience ses progrès en hébreu.

La rentrée scolaire a lieu dans deux semaines, le même jour, à la même heure, pour les quatre écoles différentes, et les deux parents doivent être présents. Israël est le pays des miracles, donc nous trouverons une solution.

 

Laurent Cudkowicz


© Causeur

 

  1. Noémie, qui vient du mot hébreu na’am, que l’on peut traduire par agréable.
  2. La version masculine de mère-poule.
  3. Deux grands quotidiens israéliens, dont le premier serait "de référence", si vous voyez ce que je veux dire…
  4. Ben veut dire fils, entre autres, en hébreu.

 

Mis en ligne le 03 septembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

World wild web consortium
Moteur de recherche google
Search Engine google
Search Engine Yahoo
Moteur de recherche Yahoo
Moteur de recherche voila
GUYSEN ISRAEL News
AC-Medias.org
Agence Juive pour Israël
Alexandre Del Valle (site)
Aliya (Fondation Leavi)
Ambassade d'Israël en France
Ambassade d'Israël en Belgique
Amitiés Québec-Israël
Antisémitisme.info
Aroutz7
Belsef
Calendrier juif
Chrétiens et juifs
CID-Info
Communauté online
Connec'Sion.com
Conscience Politique
Consistoire de Paris
Coordination Lutte antisémitisme
CRIF
Desinfos.com
Die Jüdische (en allemand)
Europolitica
Facts of Israel (bilingue)
Famous Jews
France-Israël
Franceisrael.info
Guysen
Hébreu (Morim)
Hebreunet.org
Histoire juive
Infoweb-J
Honestreporting
Israel Hasbarah Committee
Israël Magazine (fr)
Isranews.com
IsraTV
Jerusalem Post (français)
JTA
Judeoscope (Québec)
KKL
Laïc-info
Lutte contre le négationnisme
MediaLine
MEMRI (presse arabe traduite)
Middle East sites
Ministère israélien de l'Aliyah
Myths and facts
Négation de la Shoah
Objectif Information
Observatoire Médias Palestiniens
Palestine Facts
Palestinian Medias Watch (PMW)
Presse mondiale sur le Web
Primo-Europe
Proche-orient.info
Révisionisme démasqué
Shalom Israël
Sionisme (un siècle de)
Tsahal en anglais
UEJF
Un écho d'Israël
UNIFAN, portail de l'alyah francophone
Valeurs actuelles