Tel Aviv, 5 juin 2008
Maintenant que les feux de la rampe se sont éteints sur votre visite à Jérusalem, Monsieur le Président, le temps est venu de décanter vos beaux discours et gestes et dessayer den faire le bilan pour le peuple israélien. Evoquer ici la fable du Corbeau et du Renard ? Non ! Monsieur le Président, vous nêtes certainement pas le Renard du brave La Fontaine, vous avez suffisamment fait la preuve de votre philosémitisme par vos paroles dithyrambiques et émouvantes. Mais navons-nous pas le droit de nous demander si les Israéliens ne risquent pas de perdre leur fromage, pire, leur plumage ?
Ne vous berceriez-vous pas dune grande illusion dans vos discours damitié et vos gestes en faveur dIsraël ? En effet, trois de vos déclarations nous interpellent :
1) « Il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats vivant côte à côte, et la liberté daccès aux Lieux saints pour toutes les religions. »
- Voulez-vous dire quactuellement, et ce depuis 1967, cette liberté nexiste pas ?
- Ce sont les Israéliens eux-mêmes, qui ne peuvent accéder au Mont du Temple, ne serait-ce que pour prier !
- La scission de la capitale israélienne ne peut se justifier par la présence dune minorité arabe musulmane, même importante. A Paris (comme dans bien dautres capitales), la minorité musulmane, même grandissante dans certains arrondissements comme le XIXe, ne peut justifier la scission administrative de ces quartiers !
- Mais le plus grave, Monsieur le Président, avez-vous pensé quun gouvernement israélien responsable puisse prendre le risque de voir une entité terroriste comme le Hamas, installée au cur de sa capitale ? Ce serait Sdérot à Jérusalem, à portée dun jet de pierres des Kassam ! Faudrait-il alors construire une énorme muraille, une de plus, au centre de la Ville sainte ? Impensable !
2) « Il ne peut y avoir de paix sans arrêt de la "colonisation" des Territoires ».
Cet argument récurrent de la prétendue « occupation » de territoires, qui, en fait, ne sont que « des territoires disputés », si on sen tient au sens juridique du terme "occupation", défini par lONU. En effet, la Judée et la Samarie (quon a rebaptisées "Cisjordanie" !) nont jamais appartenu au peuple palestinien, pour la simple raison que celui-ci nexistait pas en 1967 ! Faut-il rappeler que ce sont les Jordaniens qui, avant 1967, ont occupé ces territoires, sans laval de lONU, donc illégalement, sans que personne ne trouve à y redire, bibliques pour décréter que ce sont des terres arabes, conquises par invasions, alors que des Juifs y ont toujours habité, malgré leur exil forcé, et les remettre maintenant à un peuple créé de toutes pièces depuis 1967 ? Nest-ce pas là, « une pression incitant Israël à en faire toujours davantage pour « la paix », sans quil ne soit rien demandé, ou presque, aux dirigeants palestiniens et, au delà, au monde arabo-musulman ?... Vous ne percevriez donc pas quaucun pays du Moyen-Orient naspire à la paix autant quIsraël
et que les seuls, les uniques obstacles à la paix tiennent à la haine constamment entretenue à lencontre dIsraël dans le monde arabo-musulman et en particulier chez les « Palestiniens ».
3) Monsieur le Président, vous avez déclaré au sujet de lantisémitisme en France : « ça ne sexplique pas, ça se combat ! »
Tout à fait daccord, mais pourquoi cet axiome ne sappliquerait-il pas aussi en Israël ? Cest le seul pays au monde à qui on reproche de se défendre. Pourtant lantisémitisme arabe, est plus virulent, sauvage et barbare quailleurs ! Eduquer les enfants palestiniens, dès leur plus jeune âge, dans les écoles, les mosquées et les médias, à la haine, à la légitimation de la vengeance et la délégitimation dIsraël, cela marquera ces gosses pour toujours. On en voit les "fruits" tragiques chez ces jeunes écervelés, formatés pour « tuer du juif », qui se font sauter avec leur ceinture dexplosifs truffés de clous, au milieu de civils israéliens innocents. Tout est bon pour semer la mort, même les bulldozers ! Il sagit dune idéologie totalitaire, dune idéologie de guerre totale contre les Juifs, mais aussi contre le monde libre dont la France est lun des représentants majeurs ».
Cest cela quil faut combattre, Monsieur le Président. Il eût été bon de le proclamer, que dis-je, le crier du haut de la tribune de la Knesset, mais surtout à Bethléem, aux autorités palestiniennes qui prétendent vouloir la paix.
Faut-il rappeler aussi que cette haine antisémite arabe remonte bien avant la dite "occupation" de 1967. A lépoque du Mandat britannique, les dirigeants arabes - en particulier, le mufti Hadj Amin al Husseini, lallié de Hitler - organisaient des campagnes de meurtres de Juifs, afin daccélérer leur déportation.
La France et lEurope doivent prendre position dans ce combat, et comprendre que si ce nest pas la liberté qui lemporte, ce sera linverse de la liberté, et, en ce cas, les répercussions ne seront pas graves seulement pour Israël mais pèseront dun poids lourd et noir sur tout le continent qui simagine encore être porteur des valeurs des droits de lhomme. Sans quoi, tout le reste nest quillusion dangereuse.
© André Moisan
Les citations sont extraites des documents suivants :
- « Encore quelques pas, Monsieur Sarkozy
» par Guy Millière, paru le 29/06/08 :
- Lettre adressée au Figaro par Pierre Caïn : « Cela ne sexplique pas, ça se combat » (23/06/08) : Infosion lilmoshe@netvision.net.il
- Shalom Israël: Le président Sarkozy à Jérusalem (29/06/08) :www.shalom-israel.info
Mis en ligne le 11 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











