9 juin 2008
Texte repris du site Bellaciao. Il a été mis en ligne également sur le site de Indymedia-Lille.
Voici une documentation concernant les récents développements des poursuites en diffamation, intentées par France 2 à lencontre de
« Jamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs venus des positions israéliennes. Mohammed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes (
) Mais une nouvelle rafale. Mohammed est mort et son père grièvement blessé ».
1/ Introduction
2/ Eléments de Documentation
3/ Procès en appel de
4/Articles de Charles Enderlin
5/ Motions de soutien à Charles Enderlin
6/ Le traitement par la presse en France
7/ Sur la notion de diffamation et de bonne foi
8/ Le jugement rendu le 21 mai 2008 : résumé des principaux points et transcription exacte des extraits des paragraphes essentiels.
9/ Annexe : Les personnes citées dans le corps du jugement
I/ INTRODUCTION
« Le 30 septembre 2000, au journal de 20 heures de FRANCE 2, Béatrice Schoenberg annonce « des affrontements et une violence sans précédent ayant fait 15 morts et 500 blessés côté palestinien samedi » en Israël et dans les territoires palestiniens après la visite à Jérusalem dAriel Sharon, président du parti dopposition (
)
« la présentatrice illustre cette information par un reportage dune durée de 57 secondes, signé de Charles ENDERLIN, correspondant permanent de FRANCE 2 au Proche Orient, relatant un échange de tirs à balles réelles à un croisement routier près de limplantation israélienne de Netzarim dans la bande de Gaza, et montrant une scène au cours de laquelle on voyait un père tenter de protéger son enfant de douze ans, Mohammed AL DURA (
)
Charles ENDERLIN commente les images (tournées par Talal Abu Rahma) dans les termes suivants :
« 15 heures, tout vient de basculer au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza. Les Palestiniens ont tiré à balles réelles, les Israéliens ripostent. Ambulanciers, journalistes, simples passants sont pris entre deux feux. Ici, Jamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs venus des positions israéliennes. Mohammed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes (
) Mais une nouvelle rafale. Mohammed est mort et son père grièvement blessé. Un policier palestinien et un ambulancier ont également perdu la vie au cours de cette bataille. » (Extrait du jugement dappel).
Mis gracieusement à disposition des télévisions par France 2, ce reportage devait faire immédiatement le tour du monde.
Depuis bientôt 8 ans, lorigine des tirs dune part, lauthenticité des images dautre part, se sont vues controversées. En 2004, France 2 annonçait quelle poursuivrait désormais quiconque mettrait en cause lauthenticité du reportage.
Le 19 octobre 2006,
Le 3 Octobre 2007, la cour dappel ordonnait « un supplément dinformation afin que France 2 transmette (
) les rushes tournés le 30 septembre 2000 par son caméraman Talal Abu Rahma (
) ».
Ces rushes ont été présentés, pour la première fois depuis 7 ans, à la justice et au public, lors de laudience du 14 novembre 2007.
Le mercredi 21 mai, la cour dappel de Paris, (11e chambre) « déboute les parties civiles (Fr 2 et Charles Enderlin) de toutes leur demandes.»
Le monde note :
(
) Si elle (la cour) ne se prononce pas sur le contenu du reportage diffusé sur France 2, elle relève que "lexamen des rushes ne permet plus décarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure" qui avaient mis en doute lauthenticité du reportage. "On a mis sept ans à obtenir ces rushes. On en attendait 27 minutes, on est passé à 18. Pourquoi ?" sétait interrogé lavocat de M. Karsenty, Me Patrick Maisonneuve à laudience le 27 février. : http://www.lemonde.fr/
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2/ ELEMENTS DE DOCUMENTATION
Je donne ici surtout des éléments de documentation qui sont en rapport avec le jugement.
A propos de « laffaire Al Doura » : il y a eu de nombreux articles sur la question, aussi bien dans la grande presse, majoritairement favorable à Enderlin, que sur les sites spécialisés. Pour une synthèse de laffaire et revue générale de presse :
voir Wikipedia, laffaire Al Dura
laffaire Al Dura http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Mohamed_Al-Durah
Concernant les différentes thèses en présence, le journal Jeune Afrique, sous la plume de Jacques Bertoin, (le Monde) avec Farid Alilat, en donne le 23 janvier 2005 un compte rendu semble-t-il assez exhaustif , sans prendre parti sur le fond.
http://www.jeuneafrique.com/jeune_a...
ou
http://www.lintelligent.com/gabarit...
ou laffaire Al Dura
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...
A propos de Jeune Afrique :
fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_Afrique
Lire aussi lhommage à Marcel Péju : jeune Afrique : Collaborateur historique récemment disparu, Marcel Péju, secrétaire général des «Temps modernes» de Jean-Paul Sartre, a été une des grandes figures de lanticolonialisme lors de la guerre dAlgérie. Et sur Algeria Watch «Porteurs de valise» et «porteurs de mémoire»
http://jeuneafrique.com/jeune_afrique/
http://www.algeria-watch.org/fr/art...
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Le reportage diffusé le 30 septembre 2000 est disponible sur le blog de Charles Enderlin :
http://blog.france3.fr/charles-ende...
Talal Abu Rahma est le seul cameraman présent sur les lieux à avoir filmé la scène.
Déclaration sous serment de Talal Abu Rahmah au Palestinian Centre for Human Rights http://www.pchrgaza.org/special/tv2.htm devant Me Surani, le 3 octobre 2000.
« (
) Jai passé environ 27 minutes à filmer lincident qui a duré 45 minutes (
) lenfant a été abattu, intentionnellement et de sang froid, et son père blessé par larmée israélienne (
) ».
1er et 2 octobre 2000, France 2 revient sur les événements, toujours commentés par Charles Enderlin. Le 2, Talal Abu Rahmah à lantenne, déclare à lantenne quil est « sûr que les tirs provenaient du côté israélien ».
27 et 28 novembre 2000 donne les résultats de lenquête menée par le général Samya mais fait valoir que plusieurs éléments de cette thèse sont en contradiction avec les éléments recueillis sur place et le témoignage du médecin palestinien.
Le 12 octobre 2000 : Yossi Avrahami et Vadim Nurzhitz, deux soldats de réserve israéliens non combattants (chauffeurs militaires), qui sétaient égarés à Ramallah, sont défénestrés dans un commissariat, et lynchés par une foule voulant venger Mohammed Al Dura. La scène est filmée par une équipe italienne. Le représentant de la RAI, Ricardo Cristiano publie le 13 octobre une lettre dexcuse dans le journal palestinien Al Hayat al Jedida., attribuant le reportage à une chaîne concurrente.
Octobre 2000 suite : des émeutes éclatent et font 13 morts parmi les arabes israélien. La commission Orr, dont les travaux sachèvent en septembre 2003, note que la vidéo de Mohammed al Dura, en était lune des causes. Elle conclut aussi dans plusieurs épisodes à la réaction excessive de la police.
http://amnestyinternational.be/doc/article12394.html - Impunité pour les policiers israéliens
23 février 2002 : le journaliste Daniel Pearl est enlevé par Le mouvement national pour la restauration de la souveraineté pakistanaise dirigé par Omar Sheikh, qui se livrera par la suite à la police. Il est égorgé 6 jours plus tard. Le 21 février, une vidéo de son assassinat circule sur internet. Des images de la vidéo de Mohammed Al-Dura étaient utilisées comme arrière-plan de la vidéo du meurtre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel...
http://en.wikipedia.org/wiki/Ahmed_...
2002 : Diffusion du film dEsther Shapira sur ARD (léquivalent de nos France 2/France 3).
Diffusion du film de la Mena en circuits indépendants.
Octobre 2002 : projection du film dEsther Shapira sur un écran géant devant les locaux de France Télévision. Prix de la désinformation remis à Charles Enderlin et France 2. Selon certains, dont justement larticle « Enderlin, France 2 et Lerner » lintitulé aurait été prix Goebbels de la désinformation. Ce qui est démenti par les organisateurs de la manifestation. Les photos de la remise du prix montrent en tout cas quil ne porte que la mention Prix de la désinformation.
Le documentaire intitulé "Qui a tué Mohamed AL DURA", dEsther Shapira réalisé et diffusé sur ARD en 2002 adopte des conclusions contraires à celles de France 2 et, selon le jugement
« met laccent sur le défaut de preuves matérielles permettant notamment de déterminer lorigine des tirs et sur labsence de véritable autopsie de lenfant.»
Un article et une interview dEsther Shapira :
http://www.3sat.de/3sat.php?http://... en 2002
http://www.daserste.de/ttt/beitrag_... article en 2008
« (
) 2002 Abu Rahma se rétracte par un courrier adressé à France 2 Jérusalem (qui nen fera état que bien plus tard) : "Je nai jamais dit à lOrganisation palestinienne des droits de lhomme que les Israéliens avaient tué intentionnellement ou en connaissance de cause Mohamed al Dura et blessé son père
» Jeune Afrique.
http://www.lintelligent.com/gabarit... 2004 : action en conseil dEtat : Serge Farnel, ingénieur, plus connu pour sa défense des victimes du génocide du Rwanda, et son soutien à la thèse de limplication de la France dans le génocide, http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nui... et ses recueils de poèmes publiés aux éditions La lyre et la licorne, Rivages de lexistence, http://ecrits-vains.com/recueils/fa... a introduit deux recours devant le Conseil dEtat, et devant la Cour européenne des Droits de lHomme, en vain, après que ni France-Télévisions ni le CSA naient répondu à sa requête : en tant quusager du service public de linformation diffusée par France-Télévisions, il demandait à France Télévisions de rectifier son information attribuant, avec certitude, lorigine des tirs qui auraient touché Mohamed Al Dura aux forces israéliennes, en mettant cette annonce au conditionnel.
Charte de France télévision :
« (
) Lexigence dhonnêteté implique la vérification et le sérieux des sources dinformation, la présentation des informations incertaines, au conditionnel et en référence à une source. France Télévisions sinterdit toute présentation partiale des faits (
) »
http://www.francetelevisions.fr/rec...
Charte du journaliste :
http://www.ancienscfj.com/legal1-la...
Octobre/ novembre 2004 : En octobre, France 2 montre les rushes à 3 journalistes mais le résultat du visionnage ne sera révélé au public quen 2005. Arlette Chabot déclare sur Radio J que
"lon ne pouvait pas dire à 100% que cétaient les Israéliens qui avaient tiré sur Al-Dura".
Le 17 novembre, Arlette Chabot organise une conférence de presse :
Dépêche AFP :
« Depuis six mois, on essaye de lancer une rumeur, selon laquelle (
) tout ceci avait été une mise en scène complaisamment filmée par France 2", a souligné Arlette Chabot à loccasion dune "réunion dinformation" sur cette affaire.
Les invités à cette "réunion" étaient soigneusement filtrés à lentrée de limmeuble de France Télévisions, afin, selon Arlette Chabot, que les accusateurs de la chaîne, notamment lagence Metula News Agency (Mena), ne soient pas présents. »
Suite sur :
http://archquo.nouvelobs.com/cgi/ar...
Communiqué du Syndicat National des Personnels de la Communication et de lAudiovisuel (SNPCA).
20 minutes pour convaincre : Information relative à laffaire Al Dura, en date du 24 novembre 2004,
http://www.chez.com/media2000/infos...
(SNPCA CGC)
« (
) Il est étrange de constater quune chaîne, par la voix de sa directrice générale adjointe chargée de linformation, décide dans le cadre dune conférence de Presse de déclarer certaines personnes « non grata » et donc de refouler à lentrée le ou les indésirables évitant ainsi la moindre question au sujet du dossier concernant soit le fond, soit le respect de la charte de la chaîne publique.
« (
) puisque France 2 dit avoir en sa possession tous les éléments permettant de "lever la rumeur". Que ne se livre-t-elle avec tous ceux qui ont légitimement fait connaître leurs doutes à un véritable travail de démonstration, quitte à ce quun comité ad hoc se prononce sur le contenu des images et des rushes à lorigine de cette polémique ? (
) »
22 Novembre 2004, Medias-Rating écrit larticle "Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions".
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair.... France 2 porte plainte.
2005 : Larticle intitulé "Guet-apens dans la guerre des images", de Jeambar (directeur de LExpress) et de Leconte (producteur réalisateur pour Arte, lauréat du prix Albert Londres), qui, les premiers, ont visionné les rushes en octobre 2004, avec Luc Rosenzweig, ex rédacteur en chef du Monde, est paru le 25 janvier 2005, dans Le Figaro : ils révèlent pour la première fois que lagonie de lenfant, quEnderlin affirmait avoir coupée au montage, « nexiste pas », que « rien ne permet daffirmer que lenfant est mort et encore moins tué par des soldats israéliens », enfin, que le reportage est précédé de scènes jouées. Ils ne font pas leur, pour autant, la thèse de la mise en scène du reportage lui-même.
La réponse de Charles Enderlin, "Non à la censure à la source", est parue le 27 janvier 2004 dans le même organe :
Il évoque le témoignage de son cameraman, puis déclare :
« (
) limage correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. Larmée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par lutilisation massive de tirs à balles réelles. (
) Dans ce contexte, Denis Jeambar et Daniel Leconte évoquent lutilisation qui a été faite de limage de la mort de lenfant et posent ainsi un problème fondamental : lors de la réalisation de son reportage, un journaliste doit-il tenir compte de lusage malhonnête qui pourrait en être fait ultérieurement par des groupes extrémistes ? Une telle exigence signifierait une inacceptable censure à la source (
) ».
Enderlin fait sans doute référence à la vidéo de lassassinat de Daniel Pearl, et/ou aux cassettes de recrutement de Ben Laden, sur lesquelles on voit également la vidéo dAl Dura.
Les deux articles sont disponibles sur le site de La Paix maintenant/ Belgique
http://www.shalomarchav.be/imprimer...
2006 : une pétition est initiée pour obtenir le visionnage des rushes. (Appel des 4000).
Octobre 2006 :
Le jugement nest pas en ligne. Dépêche AP sur
http://archquo.nouvelobs.com/cgi/ar...
Depuis 2002, France 2 et Charles Enderlin ont poursuivi en diffamation deux autres sites, pour avoir diffusé un communiqué et un article de la Mena.
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3/ PROCES EN APPEL DE PHILIPPE KARSENTY.
Sources : mes notes personnelles, vérifiées en croisant avec les divers comptes-rendus (cf. revue de presse de Wikipedia) et Le Monde.
Le 3 octobre 2007, la présidente de la cour, Madame Trébucq, ordonne le visionnage des rushes. Les rushes de France 2 sont visionnés le 14 novembre 2007.
Le public présent à laudience a pu effectivement constater la véracité des assertions de Jeambar et Leconte : il ny a pas dagonie de lenfant. Concernant le reportage diffusé, il ny a pas de différence entre le reportage diffusé et les rushes sauf sur deux points.
Le plan du poste israélien, inséré à lintérieur de la scène, se continue par un mouvement de caméra vers les manifestants (coupé dans le reportage diffusé). Ce plan est se trouve paradoxalement à la même place dans les rushes que dans le reportage diffusé.
Dautre part, le dernier plan du reportage diffusé, où sur lenfant immobile, le commentaire précise, « Mohammed est mort », est suivi de 10 secondes où lon voit lenfant se retourner sur le flanc, lever le coude et regarder vers la caméra, puis se mettre sur le ventre et baisser ses mains devant les yeux.
Les rushes sont disponibles sur
http://www.youtube.com/watch?v=6Qtv... (9 premières minutes)
http://www.youtube.com/watch?v=IUhM... (9 dernières minutes)
Voir aussi les images Reuters et AP sur wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...
Affaire Al Dura, rubrique : Liens soutenant la version dune manipulation de la chaîne.
Le 27 février, 2008, en audience publique,
Il a, en outre, mentionné que Jamal Al Dura, avait été victime dune agression à la hache en 1992, suite à laquelle il avait perdu presque complètement lusage de sa main droite. Les médecins de lhôpital Shifa de Gaza lenvoient, en mars 1994, à lhôpital Tel Hashomer de Tel Aviv pour quil y subisse une opération et des greffes, dont le chirurgien israélien, Yehouda David, est prêt à témoigner, radio à lappui. Ce quil dailleurs a fait sur Arouts 10 le 12 décembre 2007, puis sur Mabat Sheni, la 1e chaîne de télévision israélienne dans lémission de Yoram Shefer et Avital Ben Moshe : Al Dura : spin o semel ? Diffusée le 7 mars 2008, elle donne la parole à des personnalités aussi opposées que Gidéon Levy, Nahum Shahaf, Stephan,e Juffa et est suivie dun débat contradictoire.
Jeune Afrique précisait, le 23 janvier 2005 :
« Deux médecins palestiniens de lhôpital Shifa, à Gaza, ont déclaré quon leur avait apporté le cadavre du petit Mohammed avant 13 heures. Or, la longueur des ombres apparaissant à limage confirme les propos dEnderlin : la fusillade fatale a eu lieu, au plus tôt, à 15 heures. »
http://www.lintelligent.com/gabarit...
La défense a également proposé dentendre, en qualité de témoin, Jean-Claude SCHLINGER, expert en armes et munitions près de la cour dappel de Paris, agréé par la cour de cassation, qui avait réalisé une expertise balistique commandée par
Affaire Al Dura :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...
#cite_note-10
note 11/ Rapport établi [pdf] par Jean-Claude Schlinger.
Charles Enderlin, quant à lui, a présenté une compilation : de larges extraits des rushes expliqués.
Le commentaire affirme, pour la première fois, que lenfant est tué dune balle dans la tête (au lieu dune balle dans le ventre et la poitrine, comme il avait toujours été affirmé).
Talal Abu Rahma est filmé par AP, alors quil filme lui-même une ambulance emmenant un vrai blessé. Le commentaire affirme que Talal Abu Rahma se retourne juste après pour filmer Mohammed et Jamal Al Dura. Pourtant, la direction des regards du père situerait bien plutôt la place de la caméra à lopposé.
Egalement, le reportage diffusé sur TF1 le même jour : on y voit, dans un hôpital, le torse dun adolescent blessé par balles, accompagné dun commentaire (de TF1) précisant quil sagit dun enfant de 12 ans blessé par balles à Gaza. En fait, cette image, qui ne sera jamais liée explicitement à Al Dura par TF1, ni reprise par TF1 ensuite, à ma connaissance, est une image de Reuters, clairement identifiée dans les notices comme celle dun adolescent de 14 ans mort à lhôpital de Naplouse. La suite des images de Reuters (coupées au montage de TF1) montrent dailleurs que ce nest pas le même enfant.
Enfin, sont présentées des images des cicatrices de Jamal Al Dura, sa carte didentité, et un certificat (non traduit), dont il nous est précisé que cest le certificat médical.
Les Images réalisées et présentées à la cour dappel de Paris le 27 février sont disponibles sur son blog [celui de Charles Enderlin] :
http://blog.france3.fr/charles-ende...
Charles Enderlin - comme
Lavocate de laccusation, Maître Amblard, rappelle qui est Enderlin, parle de folie pure pour qualifier la thèse de Karsenty, cite le témoignage de lambulancier (qui affirme avoir ramassé les tripes de lenfant), discrédite lexpert israélien, Nahum Shahaf. Surtout, elle insiste sur lanimosité personnelle de
Lavocat de Charles Enderlin, maître Szpiner qualifie
Il ridiculise les experts, aussi bien les experts israéliens que ceux de Karsenty, infère de la couleur noire des mannequins utilisés pour les expériences balistiques par Nahum Shahaf, que :
« Pour certains Israéliens, les Palestiniens sont les Nègres de leur temps »,
et conclut, arguant de sa qualité davocat de SOS attentats, en refusant toute relation entre les actes de terroristes et la diffusion de la cassette :
« Les terroristes nont pas besoin de prétexte pour tuer et nont pas un raisonnement intentionnel ».
Lavocat général, Me Bartoli, reconnaît quil y a des recherches et pluralité des sources, mais leur reproche dêtre univoques. (Elles confortent les propos de Karsenty). Il demande la confirmation de la peine.
Lavocate de la défense, Me Delphine Meillet rappelle lengagement de Talal Abu Rahma dans la cause palestinienne, et, citant RSF (Reporters sans frontières), le contrôle des médias par lautorité palestinienne, tout en affirmant que larmée israélienne nest pas non plus un parangon de vertu concernant la liberté dexpression. Elle mentionne la loi de 1995, instaurant une peine de 6 mois de prison en cas de critique de lautorité palestinienne, et laffaire Cristiano. Elle évoque quelques erreurs célèbres des médias dont notamment laffaire des faux charniers de Timisoara puis récapitule les sources de
fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_charniers_de_Timişoara
http://www.rsf.org/rubrique.php3?id...
annuel 2002 - Censure et autocensure : des journalistes toujours sous la botte des dictateurs
Maître Maisonneuve [avocat de Ph. Karsenty] sétonne des 9 minutes manquantes dans les rushes fournis par France 2, sinterroge sur le rôle du commentaire de Charles Enderlin dans les conséquences entraînées par les images. Il rappelle que lexpert en balistique est un des trois plus grands experts agréés, expose la thèse de la mise en scène.
« Lexpert nest pas un mercenaire de
Il expose la théorie de la mise en scène, et énumère les contrevérités et les invraisemblances, selon lui, de laffaire (rapport de lexpert en balistique) Rapport établi [pdf] par Jean-Claude Schlinger.
« Je suis sincère. Jai fait une enquête sérieuse. Des gens ont payé de leur vie (
) Dans cette affaire, il ny a pas de complot, mais une somme de lâchetés. La plupart des médias se sont fourvoyés (
) »
Puis il réitère son intention de se battre jusquau bout pour trouver la vérité et la faire reconnaître par les autorités :
« Je le dois au père de Daniel Pearl, qui, un jour, ma demandé dobtenir justice au nom de son fils. Je le dois à mes parents, qui sont dans la salle, et qui mont élevé dans le respect de la vérité. »
28 avril 2005 : le magazine Jeudi Investigation diffuse, sur Canal +, une enquête intitulée « Rumeurs, intox : les nouvelles guerres de linfo/les faussaires de la toile », violemment hostile à
« Daprès Vincent Hugueux, dans LExpress, lépisode consacré au journaliste Charles Enderlin, (
) cible dune campagne aussi haineuse et acharnée quinepte, a le mérite, (
) de mettre en scène les spécimens les plus atteints par une forme pathétique de névrose obsessionnelle : citons lhistorien Richard Landes ou le Français
http://www.lexpress.fr/actualite/so...
21 mai 2008,
http://www.lemonde.fr/
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Charles Enderlin annonce que France 2 et lui se sont pourvus en cassation.
La Cour de cassation ne tranche que des questions de droit ou dapplication du droit, elle ne juge pas les faits. http://www.courdecassation.fr/br_institution_br_br_1/
Le juge de cassation, saisi par un pourvoi, juge de la régularité et de la conformité au droit des ordonnances, arrêts ou jugements rendus en dernier ressort par les cours ou tribunaux inférieurs. Si la décision de justice attaquée est effectivement irrégulière ou contraire à une règle de droit, elle est alors cassée (ou annulée) (
) Le pourvoi en cassation ne constitue en aucun cas un troisième degré de juridiction, le juge de cassation ayant pour mission de juger le droit et non les faits.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cassation_%28droit%29
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4/ ARTICLES DENDERLIN
Les articles dEnderlin intitulés « Les propos de Karsenty étaient diffamatoires", et "Quelques vérités sur la campagne de désinformation et de diffamation", figurent sur son blog :
http://blog.france3.fr/charles-enderlin/index.php/Al-dura
Egalement sur France Palestine : "Non, le petit Mohammed al-Dura ne vend pas des tomates sur le marché de Khan Younes". http://www.france-palestine.org/article9197.html
Biographie dEnderlin : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Enderlin
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5/ MOTIONS DE SOUTIEN A CHARLES ENDERLIN
du SNJ-CGT de France 3 :
www.snrt-cgt-f3.org/communique/2007/071016a.pdf
du SNJ de France 2 : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=124 le SNJ nest pas un syndicat confédéral mais a choisi loption de lautonomie :
http://www.snj.fr/article.php3?id_article=559
Appel à signatures du nouvel Observateur : "pour Charles Enderlin "
http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...
Egalement sur le site de France 2, la Télé Libre, France solidarité Palestine :
http://info.france2.fr/medias/43787...
et http://www.france-palestine.org/article9194.html
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6/ LE TRAITEMENT PAR LA PRESSE EN FRANCE
Si la blogosphère est active et très partagée, encore que surtout sur les sites spécialisés, la "grande presse" généraliste a soutenu majoritairement Enderlin, mis à part larticle de Jeambar et Lecomte en 2005 (Le Figaro), et une émission dElisabeth Levy, sur France culture. La thèse de la mise en scène est mentionnée mais nest pas exposée, sauf dans Jeune Afrique. Aujourdhui, globalement, la presse reprend, du bout des lèvres, les dépêches de Reuters et de lAFP concernant le jugement, en insistant sur le pourvoi en cassation engagé par Charles Enderlin. Jusquà lappel à soutiens, du Nouvel Observateur, on peut dire que la presse en parlait le moins possible.
Lerner, ancien journaliste de France 2, envoyé spécial de France à Jérusalem à de nombreuses reprises, rappelle, dans Bakchich, que le bureau de France 2 en Israël
« (
) est orchestré de main de maître par Charles Enderlin. » Mais
. "Il y a parfois des ratés, des déficiences dans le fonctionnement du système" (
) aussi envisage-t-il que le cameraman et/ou Charles Enderlin aient pu "se faire avoir". Et il conclut, désabusé : il suffit parfois de reconnaître ses erreurs ou ses failles dans le "fonctionnement de son système". Cest tout ce que lon pouvait demander à la direction de France 2 qui, dans le JT du 21 mai dernier, a jugé bon de consacrer une brève de 14 secondes à larrêt de la cour dappel de Paris. Jai eu un peu honte de "ma chaîne", ce soir-là. »
http://www.bakchich.info/article3912.html
Voir aussi, sur IMP, la réponse de Jacques-Marie Bourget, parue sur http://paris.indymedia.org/article.... provenant, elle aussi, de Bakchich (« Echange de coups de boule") http://www.bakchich.info/article395...
Consulter la revue de presse de Wikipedia : Laffaire Al Dura http:
//fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Mohamed_Al-Durah
Sur le traitement général du conflit par la presse :
wikipedia : Manipulation des images dans le conflit du Proche-Orient http://fr.wikipedia.org/wiki/Manipu...
INA, "Le traitement médiatique du conflit Israël-Palestine : un journalisme controversé."
Enfin, pour rétablir léquilibre, dans la mesure où les paragraphes suivants sont consacrés au jugement qui acquitte
"Mohammed Al Dura ... ineffaçable !"
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=1729
Le carnaval des imposteurs par Guillaume Weill-Raynal
http://www.palestine-solidarite.org...
ou sur Oumma.com
Récit du procès Enderlin/karsenty sur laffaire Mohammed Al Dura au tribunal de Paris :
http://www.alterinfo.net/Recit-du-p...
ou
http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...
ou
http://mcpalestine.canalblog.com/ar...
sur free Palestine
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7/ SUR LA NOTION DE DIFFAMATION ET DE BONNE FOI
"Lallégation ou imputation dun fait qui porte atteinte à lhonneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation" http://fr.wikipedia.org/wiki/Diffamation, voir aussi blog dEolas.
" En matière de diffamation, lintention coupable est présumée (L. 19 juillet 1881, art. 35bis), il appartient donc à lauteur des propos prétendument diffamatoires dapporter la preuve de sa « bonne foi ». La démonstration de la bonne foi est parfois difficile et exige la réunion de quatre critères : la sincérité : lauteur disposait délément suffisant pour croire à la vérité des faits relatés ;la poursuite dun but légitime : les propos visent à informer et non à nuire ;la proportionnalité du but poursuivi et du dommage causé ;le souci dune certaine prudence.
En outre, si la preuve des faits jugés diffamatoires est rapportée, lauteur de la diffamation peut être relaxé en vertu du principe « dexception de vérité » (pouvant être exercé dans un délai de 10 jours). Il conviendra dapporter la preuve de la vérité des faits mais également celle de la légitimité du propos relatant le fait diffamatoire.
Cf. mon post http://lille.indymedia.org/spip.php... informations et liens à propos de laffaire Karsenty contre France 2.
Daprès le site http://www.e-juristes.org/L-injure-... et http://fr.wikipedia.org/wiki/Diffamation
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8/ LE JUGEMENT RENDU LE 21 MAI 2008
Le jugement rappelle le contexte de la diffusion du reportage par France2 :
« Le 30 septembre, au journal de 20 heures de FRANCE 2 (
) annonce "des affrontements et une violence sans précédent ayant fait 15 morts et 500 blessés côté palestinien samedi", en Israël et dans les territoires palestiniens, après la visite à Jérusalem dAriel Sharon, président du parti dopposition (
) la présentatrice illustre cette information par un reportage dune durée de 57 secondes, signé de Charles ENDERLIN (
) ».
Puis il décrit le reportage.
Ensuite, il revient sur les principaux faits de 2000 à 2005 : retour sur ces événements par France 2, du 1er octobre au 28 novembre 2000, diffusion du film dEsther Shapira sur ARD, projection sur grand écran devant France 2, lors de la remise du prix de la désinformation, réalisation du film de la Mena, parution du livre de Gérard Huber « Contre expertise dune mise en scène », conférence de presse de France 2, présentation par Arlette Chabot des rushes aux 3 journalistes Rosenzweig, Jeambar et Leconte, parution de larticle des 2 derniers.
Puis il cite les passages de larticle et du communiqué poursuivis par les parties civiles, soulignés lorsquils ne visent que Charles ENDERLIN.
Article du 22 novembre 2004 FRANCE 2, Arlette CHABOT et Charles ENDERLIN doivent être démis de leurs fonctions(extraits)
« Les critères de Précision, dIndépendance de Transparence et de Responsabilité de la méthode Philtre ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000.
Précisions préalables (
)
« Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien quils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade (
)
« Nous espérons que le Conseil Supérieur de lAudiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à cette supercherie ».
« Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000 ».
« Voici les incohérences du document de FRANCE 2 :
« Dès le début du reportage, on saperçoit que lon assiste à une série de scènes jouées(
) Ce premier épisode est une pure fiction (
) Charles ENDERLIN, en loccurrence, se trompe et du même coup, nous trompe. Pourquoi ?
Cherche-t-il à couvrir son imposture ?
Et
Communiqué de presse électronique diffusé le 26 novembre 2004 sur sa liste, dont France 2, par Media-Ratings.
« Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000 (
)
« Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de France 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à cette imposture.
« Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait France 2 davoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 (
)
« Nous espérons que le Conseil supérieur de lAudiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à cette supercherie (
)
« Espérons que les médias français informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de limposture médiatique à laquelle sest livrée FRANCE 2, depuis plus de quatre ans (
)
Précisons quil ne sagit que des extraits litigieux poursuivis par les parties civiles et pas de lintégralité de larticle, qui est ici amputé de toute sa partie démonstrative. Les coupes provoquent un effet daccumulation des propos litigieux, et « musclent » le texte. (qui nen a pas vraiment besoin). Ce qui est dailleurs souvent le cas dans les affaires de diffamation.
Le texte intégral est sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...
Liens vers des centaines darticles traitant de laffaire
A la question, les propos publiés par
« (
) le fait de tromper sciemment le public en diffusant et/ou en faisant diffuser un faux reportage comportant des images qui ne reflètent pas la réalité en représentant une "fausse mort", même si lauteur a pris le soin daccompagner son accusation dun certain nombre dexplications, porte incontestablement atteinte à lhonneur et à la réputation de professionnels de linformation, et ce dautant plus que le fait diffamatoire est appuyé par lemploi de termes tels que "mascarade", "imposture", "supercherie" pour qualifier lattitude de FRANCE 2 (
) »>
Le délit de diffamation est une véritable épée de Damoclès pour les sites indépendants.
Diffamer, on ne le rappellera jamais assez, ne signifie pas calomnier, mais porter atteinte à lhonneur et à la réputation dune personne et/ou dune institution. Une diffamation peut être vraie. En bonne logique, le délit de diffamation devrait rendre impossible toute espèce de publication autre quapologétique.
Aussi peut-on bénéficier dexceptions en prouvant la vérité et/ou sa bonne foi. Si la diffamation est reconnue, la cour examine sil convient « dexonérer » (acquitter) le prévenu pour ces motifs.
« Les éléments de preuve doivent avoir une origine licite, transparente et devaient être en la possession de lauteur de la diffamation au moment de linfraction. » http://www.e-juristes.org/L-injure-... :
Laccès aux éléments de preuve (les rushes) nétant pas public en France, le cas de
Pour bénéficier de lexonération de vérité ou de bonne foi, le prévenu doit, de surcroît, prouver que sa démarche est légitime, motivée par le devoir dinformation : sil découle automatiquement de la fonction de journaliste de la grande presse, un site indépendant peut avoir plus de mal à le faire reconnaître.
Medias-Ratings, dont
Invoquer le droit à linformation peut inciter le juge à plus de rigueur envers un site indépendant (quil nen aurait montré pour un site amateur) et se révéler périlleux, sil est poursuivi par une chaîne nationale qui dispose dénormes moyens pour attaquer. Enfin, les grands médias peuvent-ils être tentés dutiliser la diffamation pour échapper à toute critique, tout en considérant que les exonérations de diffamation doivent être réservées à leur usage exclusif.
La cour dappel a tranché :
« (
) il est incontestablement légitime, pour une agence de notation des médias, denquêter, [ne] serait-ce [qu]en raison de limpact quon eu les images critiquées dans le monde entier, sur les conditions dans lesquelles le reportage en cause a été tourné et diffusé, et de porter les résultats de lenquête à la connaissance du public, ainsi que de les soumettre à la critique des professionnels.
(
) alors que
Sans trancher sur le fond (lauthenticité ou non des faits) ce quelle na dailleurs pas à faire, compte tenu de la spécificité de laffaire, la cour rejette lexception de vérité, laquelle doit être « parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée », car, « en faisant valoir que ses offres de preuve établiraient un montage douteux, largement contesté à la date de la diffusion des propos incriminés, le prévenu ne peut prétendre démontrer le fait davoir sciemment diffusé un faux reportage (
) ».
En somme, la pertinence ou non de la démonstration nest pas le motif du rejet de lexception de vérité : prouver quun reportage est douteux, ou même mis en scène, ne prouve pas pour autant que le journaliste (absent du terrain) qui a commenté les images, ait été au courant. Cela ne prouve pas davantage que le diffuseur, France 2, sen soit rendu compte. Faire une erreur, néquivaut pas à diffuser consciemment et volontairement un faux, « tant il est vrai que la première imputation (accuser le reportage dêtre douteux) ne constitue au mieux quun diminutif de limputation poursuivie : accuser Enderlin et la chaîne davoir sciemment diffusé un faux. Les expressions employées par Media-Ratings, "effectivement diffusé un faux", "se sont livrés à cette supercherie", "imposture médiatique", peuvent sentendre eא se résumer par le terme 'sciemment'.
Reste donc lexception de bonne foi.
Le jugement rappelle que, pour la bonne foi, « Il convient dapprécier la validité de lenquête du prévenu en fonction, non pas de sa vertu démonstratrice de la vérité des imputations diffamatoires, mais de la valeur et de la variété des sources utilisées, ainsi que de la pertinence de leur contenu. »
(
) « lenquête de
« Charles Enderlin na pas été témoin des faits quil a commentés », (
) « selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors quil est compris des spectateurs » mais, note la juge, « les indications données (
) ne permettait pas nécessairement den déduire que le commentateur nétait pas sur les lieux » et « ce fait avait conduit
Le film dEsther Shapira réalisé pour la chaîne allemande ARD en Mars 2002, (léquivalent de nos Fr 2 ou Fr 3) en mars 2002, et le film Al-Dura, réalisé en novembre suivant par la Mena à partir des déclarations du physicien « Nahum Shahaf, désigné pour diriger une commission denquête initiée par le commandant de la zone sud », ne parviennent pas aux mêmes conclusions : le premier conforte la thèse de la mort de lenfant sous une balle perdue palestinienne, le second conclut à une mise en scène, mais « il nimporte pas que ces thèses soient inconciliables, dès lors que les deux documents ont conduit le prévenu, par étapes successives, à interroger le reportage de France 2 quant à la réalité des faits rapportés par des professionnels de linformation. »
« La thèse dite de la Mena, sujet de louvrage de Gérard Huber «Contre-expertise dune mise en scène », paru en janvier 2003 [mise en scène] qui infère, du fait quon voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohammed AL-DURA, reprise par
Vient alors lanalyse du témoignage de Luc Rosenzweig, ancien rédacteur en chef du Monde, et de larticle, versé au dossier, de Denis Jeambar (directeur de LExpress) et Daniel Lecomte, producteur réalisateur de Dock en stock/Arte, lauréat du prix Albert Londres.
Ils sont les seuls journalistes à qui la chaîne France 2 avait accepté de montrer les rushes, quils ont visionnés en présence dArlette Chabot et de Didier Epellbaum.
Le jugement examine dabord le témoignage de Luc Rosenzweig :
« après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles Enderlin et sen être ouvert, par la suite, à Denis Jeambar et à Daniel Leconte, il a visionné, avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de France 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de Talal Abu Rahma, plus de 23 minutes de scènes filmées navaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohammed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens (
) le témoin a conclu, à laudience de première instance, en déclarant avoir la conviction que la version de la mise en scène(de la mort de lenfant) a une probabilité plus grande que la version présentée par France 2, tout en reconnaissant quen tant que journaliste, les critères ne permettent pas daller plus loin. »
Le témoignage de Luc Rosenweig est « conforté par les opinions, non contraires pour lessentiel, de Daniel Lecomte et de Denis Jeambar, issues dun point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 et (
) et dune interview diffusée le 1er février 2005 sur lantenne de RCJ. »
« Les deux journalistes déclarent sans ambiguïté avoir confié à Arlette Chabot leurs doutes sérieux, mais être prêts à écarter les accusations de Rosenzweig sur la mise en scène de la mort de lenfant, si le visionnage de lensemble des rushes tournés par Talal Abu Rahma confirme ce que Charles Enderlin a déclaré, à deux reprises au moins, dont à Télérama : "jai coupé lagonie de lenfant. Cétait insupportable
Cela naurait rien apporté de plus" puis, au vu des rushes, que cette fameuse agonie quEnderlin affirme avoir coupé au montage nexiste pas. »
Voici lextrait du texte de larticle :
« Sauf que le visionnage des rushes ne nous apprend rien de plus sur "lagonie de lenfant". Ou plutôt, si ! Cette fameuse "agonie", quEnderlin affirme avoir coupée au montage, nexiste pas.
(
) En revanche, le visionnage permet de relever, avec lapprobation de nos confrères de France 2 présents autour de la table, que, dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène. Ils "jouent" à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires. Le visionnage intégral des rushes démontre aussi quau moment où Charles Enderlin donne le gamin pour mort, tué par les Israéliens, cest-à-dire le soir même sur le journal de France 2, rien ne lui permet daffirmer quil [le garçon] est vraiment mort et encore moins quil a été tué par des soldats israéliens. Tout, bien au contraire, à commencer par lemplacement des uns et des autres sur le terrain, incriminerait plutôt une ou des balles palestiniennes.
Face à cette dernière remarque, nos confrères de France 2 reconnaissent que rien, effectivement, ne permet de dire que lenfant a été touché par des tirs israéliens (...)"
Le jugement poursuit :
« (
) selon eux, les journalistes de France 2 leur ont assuré, lors de la séance de présentation des rushes, que leurs experts eux-mêmes ont démontré (
) que lenfant a été touché par des éclats ( ?) ou par des balles qui auraient ricoché sur la chaussée, des balles, qui, en tout état de cause, ne visaient, ni lenfant, ni le père (
)
Mais (
)
« tout en notant que leur confrère devrait reconnaître quil avait extrapolé à partir des rushes et de la version des événements fournie par son cameraman, et que le commentaire sur "la barbarie israélienne" na rien à voir avec les images qui ont fait le tour du monde, Denis Jeambar et Daniel Lecomte refusent de prendre à leur compte la thèse de la mise en scène de la mort de lenfant.
Ils sappuient, "sur le film de Talal Abu Rahma, présenté par France 2 le 18 novembre 2004, pour démontrer que les blessures du père correspondaient exactement aux pansements quil avait le lendemain à lhôpital de Gaza", sans, note la juge au passage, « sarrêter sur la possibilité dune contradiction entre les photos qui leur ont été présentées et leurs propres constatations que, dans les rushes, le père porte un T-shirt sur lequel on ne voit aucune trace de sang. »
Enfin,
« Richard Landes, journaliste, professeur à lUniversité de Boston » (
), "après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles Enderlin avec lequel il sest entretenu", conclut à la probabilité de la mise en scène de la mort de lenfant (à plus de 95 pour cent).
La juge reprend alors les conclusions du premier jugement, et expose ses raisons de linfirmer.
Rappelons encore une fois ici, quil est possible dêtre acquitté au bénéfice de la bonne foi, même en ayant fait une erreur, on peut "se tromper de bonne foi", à condition de prouver sa sincérité. (Lauteur disposait déléments suffisants pour croire à la vérité des faits relatés).
Mais lerreur de bonne foi nest pas le motif invoqué par la juge. Sans pour autant la valider, la cour ne considère pas que la thèse de
En effet les rushes, demandés en appel comme complément dinformation, qui, avait-il été affirmé pendant 7 ans, devaient présenter les critères dauthenticité absents du reportage diffusé, ne permettent pas dinfirmer les éléments du dossier, suffisamment étayé pour quun doute sérieux soit légitime. Enfin les attestations produites par le cameraman, ne peuvent pas être tenues pour parfaitement crédibles.
Le Monde introduit ainsi son article intitulé : "Charles Enderlin a perdu son procès" :
"Un permis de douter a été décerné, mercredi 21 mai, par la cour dappel de Paris, dans laffaire qui oppose, depuis sept ans, France 2 et Charles Enderlin au directeur dune agence de notation des médias,
« (
) si aucun des arguments du prévenu ni les conclusions de lenquête menée à linitiative personnelle du général Samya (
) ni limprudente affirmation de Charles Enderlin, déjà relevée (concernant lagonie de lenfant), n[ont] paru aux premiers juges, à [eux] seul[s] suffisamment déterminant[s] en regard du reportage contesté, il apparaît que lexamen, en cause dappel, des 18 minutes de rushes de Talal Abu Rahma, communiquées par France 2, ne permet pas décarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (
) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles> »
Puis, la juge écarte largumentצ opposé à Medi/ד-Ratings : le silence et/ou labsence de soutien supposés de larmée israélienne à sa thèse :
« aucun principe ne permet de refuser sans examen ni explication tout crédit à un document qui ne bénéficierait pas dun label officiel ou qui ne recueillerait que peu de crédit de la part des autorités ».
Elle relève aussi que
« les premières déclarations des autorités israéliennes, notamment celle du Général Eiland, ont été faites au vu des seules images du reportage de France 2, quil est par ailleurs notoire, ainsi que lont expliqué Denis Jeambar et Daniel Lecomte, que larmée israélienne ne répond quasiment jamais sur rien, cest le choix de communication quelle a fait. »
Enfin, analyse est faite de la réponse de Charles Enderlin à Denis Jeambar et à Daniel Lecomte dans le Figaro du 27 janvier 2007.
« en répondant (
) que limage correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie, alors que la définition dun reportage sentend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire quil avait donné, ce qui est également lavis donné par Daniel Dayan, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation. »
Le jugement examine ensuite la prudence, un des critères nécessaires pour retenir la bonne foi.
« il convient de souligner que les limites de la critique admissible sont dautant plus grandes que le sujet est dintérêt public et les accusations étayées sur un faisceau déléments denquête, et dautant plus larges à légard de ceux qui, par leur fonction ou leur activité, sexposent au public. Que cest en ce sens quil convient dentendre le propos de Francis Balle, professeur à luniversité de Paris 2, spécialiste de limage et de linformation, qui a déclaré devant le tribunal quil ne lui semblait pas que
« Enfin, (
) il résulte dune lecture plus approfondie de larticle en ligne (
) que leur auteur explique, avec véhémence, mais sans véritable outrance, en quoi la chaîne publique a mérité sa critique au regard des critères de notation de son agence.
« le prévenu rappelle les faits, relate la polémique, indique que la Mena accuse la chaîne française de faux, avant de donner sa propre analyse et ses conclusions (
) dans ce cadre, il qualifie le premier épisode de pure fiction, ce qui est aussi soutenu par plusieurs des grandes signatures de la presse et de linformation ayant vu les rushes en 2004 ; « il expose ensuite, au sujet de la scène principale, dans laquelle il a observé des incohérences inexplicables et des contradictions dans les explications sur lagonie de lenfant, données par Charles Enderlin, que celui-ci se trompe, ce qui revient à lui imputer une simple erreur, et du même coup, trompe le public, ce qui apparaît comme une formulation euphémique (
) en concluant par une interrogation sur les raisons de chercher et couvrir cette imposture,
Vient ensuite lanalyse des buts légitimes (informer et non pas nuire).
Le jugement écarte lanimosité personnelle : les attestations produites par laccusation sont postérieures à la publication de larticle et du communiqué, dont le contenu ne révèle « aucun sentiment personnel hostile à légard de Charles Enderlin et de France 2 ».
Le jugement rappelle enfin lintérêt général inclus dans la problématique de fond :
« le danger dun pouvoir, en loccurrence celui de la presse, en labsence de contrepoids, et le droit du public à une information sérieuse »,
et conclut que :
« (
)
Que la décision de première instance sera donc infirmée,
La copie PDF de lintégral du jugement est sur wikipedia en notes
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9/ ANNEXE :
LES PERSONNES CITEES DANS LE CORPS DU JUGEMENT
TEMOIGNAGES EN FAVEUR DE KARSENTY (A LA BARRE, OU EN ATTESTATION)
FRANCIS BALLE : ancien assistant de Raymond Aron, professeur de sciences politiques à luniversité de Paris 2, spécialiste de limage et de linformation, De 1989 à 1993, membre du Conseil supérieur de laudiovisuel. Depuis 2004, membre du Conseil dadministration de la société Radio France. Crée, en 1999, le Master professionnel Communication et Multimédia (ex. DESS Communication et Multimédia). Il y dirige lInstitut de Recherches et dÉtudes sur la Communication (IREC). http://fr.wikipedia.org/wiki/Franci...
DANIEL DAYAN : directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la sociologie des médias. http://cems.ehess.fr/document.php?id=181
GERARD HUBER : docteur en psychopathologie clinique et psychanalyse (Paris), et psychanalyste. A été membre du comité déthique du CNRS (COPE) et vice-président de la commission française "sciences fondamentales et appliquées" à lUnesco. Spécialiste de bioéthique, a pris position contre les tests ADN. Auteur de « Contre expertise dune mise en scène ». www.gerardhuber.fr/
RICHARD LANDES journaliste, professeur à luniversité de Boston. Richard Landes is an American historian and author, specializing in Millennialism. He currently serves as an Associate Professor in the Department of History at
LUC ROSENZWEIG ; ancien journaliste à Libération, puis rédacteur en chef du Monde. Aujourdhui écrivain. http://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Rosenzweig
ESTHER SHAPIRA ; rédactrice auteur - réalisatrice de la chaîne allemande ARD, (équivalent Fr 2/Fr 3) auteur du documentaire "Qui a tué Mohammed Al Dura ?". http://www.3sat.de/3sat.php?http://... en 2002 http://www.3sat.de/3sat.php?http://...
EXPERTISE BALISTIQUE : Jean-Claude Schlinger, expert en armes et munitions près la cour dappel de Paris, agréé par la cour de cassation. Rapport sur Wikipedia : Affaire Al Dura : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair... / Rapport établi [pdf] par Jean-Claude Schlinger.
TRAVAUX CITES ET ANALYSES DANS LE DOSSIER DE LA DEFENSE
JEAMBAR, directeur de LExpress jusquen 2006. Denis Jeambar débute sa carrière dans la presse écrite à lhebdomadaire Paris-Match en 1970, puis il est recruté, en 1972, par léquipe fondatrice du Point. Actuellement directeur des éditions du Seuil.
DANIEL LECONTE : Lauréat du prix Albert Londres, il dirige Doc en stock et Films en stock, sociétés de production de films documentaires et de fictions pour la télévision et le grand écran. Il anime le plateau de « De quoi je me mêle », cest-à-dire le débat suivant les documentaires des Thema dArte, http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Leconte.
METULA NEWS AGENCY, DITE MENA : agence de presse franco israélienne controversée, situé à Metula [israël], à la frontière du Liban. Force est de constater que chaque fois que ses informations ont pu être vérifiées, elles se sont révélées exactes, ce qui ne prouve pas que ce qui na pas pu lêtre, le soit. Défend et enquête sur la thèse de Nahum Shahaf. Le site semble « politiquement éclectique », mais soutient les accords de Genève fr.wikipedia.org/wiki/Metula_News_Agency
NAHUM SHAHAF : physicien, "spécialiste du guidage des missiles pour larmée israélienne", daprès Jeune Afrique. "En tout état de cause, daprès Adi Schwartz dans le Haaretz du 4.11.07 : "(..) La nomination de Shahaf, qui navait aucune fonction militaire ni policière officielle à cette époque, suscite la critique du fait des doutes quil avait émis, dans le passé, sur lidentité de lassassin du Premier ministre, Yitzhaq Rabin (...)" (selon dautres sources, il aurait étudié limplication possible de complices et non mis en doute lidentité de lassassin).
Michèle Rollin











