08/0/7/08
Titre original : "Des arguments incorrects et indignes de la fonction de leurs auteurs" (info # 010807/8) [Analyse] Stéphane Juffa.
© Metula News Agency
Avertissement
La Metula News Agency est lorgane de presse qui a retrouvé les chirurgiens israéliens, David et Rachmanov, ayant procédé à lintervention chirurgicale sur Jamal A-Dura, en 1994, qui a obtenu le dossier médical relatif à létat du patient à son arrivée à lhôpital de Tel Hashomer, ainsi quau déroulement de lopération, fait procéder à lanalyse du dossier par des médecins spécialisés, et qui a publié leurs conclusions quant à lorigine des cicatrices des suites des blessures infligées à Jamal A-Dura en 1992, à coups de hache.
Notre agence, sur la base de ces informations, est lorgane constitué qui a proposé lexpertise internationale et indépendante desdites cicatrices par opposition à létablissement dune commission denquête pluridisciplinaire, imaginée par le CRIF, dont le but serait de reprendre linvestigation ab initio , convaincus que nous sommes, de ce que des médecins légistes sont capables de déterminer si Jamal a souffert de 9 à 13 blessures par balles, en septembre 2000, ou si tous les soins quil a reçus, dans divers hôpitaux et à diverses époques, avaient pour objectif de réparer les séquelles des blessures par hache datant de 1992.
Cest donc naturellement la Metula News Agency qui endosse la responsabilité de sa proposition, en vertu du processus doffre de preuves quelle suggère et de la connaissance quelle a accumulée de lhistoire médicale de Mohammed A-Dura.
Notre agence a ainsi à déplorer la multiplication des particuliers et des institutions ayant repris sa proposition à leur compte, sans consultation avec icelle. La Ména met en garde contre le danger qui existe de proposer lexpertise médicale envisagée sans être très précisément au fait de lhistoire médicale de lintéressé. Il ne suffit pas, en effet, de faire montre de bonne volonté et du désir louable de mettre un terme à la Controverse de Nétzarim pour établir le cahier des charges de lexpertise médicale.
Ceux qui se présentent comme des interlocuteurs valables de France 2 pour déterminer les conditions de lexpertise ne possèdent quune quantité partielle des connaissances nécessaires du dossier médical et de lhistorique des interventions pratiquées, quils ont retenue des analyses que nous avons publiées ou par dautres moyens. Cest manifestement insuffisant et cela peut nuire à la recherche de la vérité.
Dautre part, la multiplication de ces initiatives permet à la chaîne publique de se dérober à laccord donné par Charles Enderlin, dans les colonnes du périodique Marianne, au sujet de la mise sur pied de la commission dexpertise sur lorigine et la datation des cicatrices de Jamal, ce qui est extrêmement regrettable.
Une argumentation contradictoire, indigne dun media public dune nation civilisée
En létat actuel de la discussion indirecte qui sest établie avec Mademoiselle Chabot et Monsieur Enderlin au sujet de lexamen des cicatrices, un certain nombre dindices permettent détablir ce que javançais dans mon article France 2 empêche, dans les faits, lexamen indépendant des cicatrices de Jamal, à savoir, que la chaîne publique na aucunement lintention de mettre son acceptation de principe en pratique. On doit même écrire quelle sadonne à des manuvres dilatoires qui dévoilent son intention réelle de ne pas participer à létablissement de la vérité.
Jen veux pour preuve les réactions contradictoires et hors propos des deux porte-parole de FR2 dans cette affaire. Notre proposition avait pourtant été précisément formulée dans larticle susdit et elle prenait en compte les intérêts déclarés de la chaîne :
- "Si vous voulez sincèrement mettre un terme au "harcèlement" dEnderlin et aider la vérité à prévaloir, vous conviendrez de lidentité (des experts médicaux. Ndlr.), du cahier des charges et du financement de lexpertise médicale avec vos détracteurs. Mais, rassurez-vous : premièrement, vous navez pas besoin de rencontrer des loups-garous négationnistes dextrême droite, nationalistes, etc., de notre acabit ; comme nous lavons proposé, les démarches pour la mise en place de lexpertise peuvent aisément se faire par conseils interposés. Deuxièmement, lors de cette discussion, personne ne peut vous forcer à prendre une décision que vous nauriez pas souhaitée. Et troisièmement, surtout, ce qui devrait vous importer, Arlette (Chabot. Ndlr.), cest que ce ne sera ni Nahum Shahaf, ni Jean Tsadik qui effectueront [les investigations], ou influeront sur les conclusions des experts, mais ceux-ci se forgeront leur conviction de leur propre chef. Cest précisément pour cela quil sagira de professionnels indépendants".
Suite à notre proposition, avant quelle ne soit reprise par le CRIF, dans sa Réponse à Elie Barnavi, publiée par Marianne, Enderlin exprimait les propos suivants :
"Vous proposez une enquête internationale mais sur quoi ? Les accusations contre France 2 et moi-même portent sur une mise en scène avec fausses blessures du père et fausse mort de lenfant. Nous avons depuis longtemps indiqué que nous étions favorables à une expertise médicale réalisée par des experts internationaux sur lorigine des cicatrices (déjà publiquement montrées) de Jamal Al Dura".
Depuis, les représentants de la chaîne publique ont tout fait pour vider cette déclaration de sa substance. Ce fut dabord Mlle Chabot, qui, sur les ondes de RCJ, au micro de Shlomo Malka, excluait de la consultation en vue de létablissement de la commission, le CRIF et tous les détracteurs de FR2, en effectuant cette déclaration :
"Nous ne pouvons pas nous associer à la démarche de quelquun qui porte les accusations de gens avec lesquels nous sommes en procès".
Propos irresponsables
Arlette Chabot parlait de notre proposition, qui venait dêtre reprise à son compte par le président du CRIF, M. Richard Prasquier. Il apparaît toutefois que les rationnels exprimés par les voix de la chaîne nont aucune importance, du moment que la commission dexperts médicaux ne voit pas le jour. Témoin cette réponse, en totale contradiction avec le principe posé par Chabot, exprimée par Charles Enderlin, sur son site personnel, à la question dun internaute, M. Victor Perez :
"Excellente proposition de Monsieur Prasquier, le président du CRIF : une commission denquête internationale sur la mort du petit Mohammed A-Dura. Japprouve des deux mains, dautant plus que France 2 a toujours répété que nous accepterons de participer à une enquête selon les standards internationaux et que le père, Jamal a-Dura, a annoncé quil était prêt à exhumer le corps de son fils afin de procéder à des tests dADN. France 2 a même proposé de laide
".
Mais lorsquil sagit de mettre en uvre la formation de ladite commission, le ton dEnderlin change du tout au tout, de même quil cesse dassumer les conséquences de ce quil a lui-même déclaré. Il est vrai que le blog dEnderlin ne possède pas la résonance médiatique de Marianne :
"Quant à ceux qui m'écrivent pour exiger de moi une expertise médicale de Jamal A Dura, le père du petit Mohammed... Je trouve leur démarche scandaleuse... Jamal n'appartient à personne... Si quelqu'un veut effectuer une expertise médicale... Qu'il le contacte, et aille à Gaza... Victor Perez, par exemple, citoyen français, peut avec sa commission médicale, en coordination avec Tsahal, se rendre à Gaza en toute sécurité [pour] rencontrer Jamal, les médecins qui l'ont soigné... Puis à Amman [pour] interviewer les chirurgiens qui l'ont opéré".
La Metula News Agency na, bien sûr, par demandé à Enderlin de pratiquer, à lui seul, lexpertise médicale, ce que nous naccepterions de toutes façons pas. Ce que nous avons proposé, cest que FR2 participe à une discussion destinée à établir le cadre de la procédure.
Il est vrai, de plus, que Jamal nappartient à personne, et il est bon de le rappeler. Tout comme il est bon de rappeler au lecteur, que, lorsquil sest agi, pour Mlle Chabot, suite au visionnage des rushes du 22 novembre 2004 par Jeambar, Leconte et Rosenzweig, auquel Chabot participa dans un studio de France Télévisions, de dissuader Denis Jeambar de publier un dossier A-Dura dans LExpress, la participation de Jamal ne posa aucun problème. Arlette Chabot envoya Talal Abou Rahma, au pas de course, filmer "les" cicatrices du "père", qui ne se fit pas prier pour les présenter à FR2 vêtu uniquement dun slip.
Il ny a donc aucune raison de charger Victor Perez citoyen lambda - dune mission-suicide à Gaza, à la tête dune commission médicale quEnderlin définit soudain comme la commission médicale de ce Monsieur Perez ("sa commission").
Si une chose est sûre, cest que lexamen des cicatrices de Jamal A-Dura ne peut avoir lieu dans Gaza contrôlée par le Hamas ; pas plus quelle ne devrait être pratiquée en Israël, ou en France, par des praticiens des pays concernés par la polémique. Cest là lorigine même du choix des "experts internationaux", requis par Enderlin quelques semaines plus tôt. Il est vrai que cétait dans Marianne.
Une autre chose est certaine, cest que, pour quelle ait un sens, il faut que les conditions de lintervention de lexpertise médicale soit expressément définies et admises [dun commun accord] entre les adversaires originaux de la controverse, que sont Shahaf et la Ména dun côté, et FR2, de lautre, préalablement à son déroulement. Toute expertise qui ne répondrait pas à ce critère chronologique aurait pour conséquence de faire bouillir la dispute et non dy mettre un terme.
Quant à savoir si une interview, par Victor Perez, des médecins qui ont "soigné" Jamal à Gaza, ou de ceux de lhôpital militaire dAmman, répond aux critères posés par Enderlin dans Marianne, je ne ferai pas laffront aux lecteurs de la Ména dentrer dans des considérations aussi malhonnêtes, voire carrément béotiennes.
Je leur signifierai seulement que le Dr El Tawil et le Dr Saka, qui furent, tour à tour, directeurs de lhôpital Shifa à Gaza, dans lequel Jamal donna une conférence de presse, quelques heures après avoir été transpercé de 9 à 12 balles de fusils mitrailleurs, ont été mis à pied par les nouveaux maîtres de la Bande et même appréhendés par ceux-ci. Bonne chance, donc à Victor et à "sa" commission médicale.
Allez à Gaza, Victor. Allez-y
Victor !
Victor Perez [visiter son blog], qui revient à la charge sur le site dEnderlin, samedi dernier, y postant un commentaire qui me paraît empli de bon sens :
« Mr Enderlin,
Il me semblait, ainsi qu'à beaucoup d'individus à travers la planète, que l'installation d'une commission d'enquête internationale était pour vous une priorité afin de vous laver de tout soupçon de mise en scène !!!
A lire le dernier paragraphe que vous avez ajouté à l'article intitulé "Le Crif", et qui me cite expressément, j'ai l'impression du contraire.
Je n'ai pas, comme vous, le besoin de prouver quoi que se soit, mais celui de la vérité.
En conséquence, j'exige d'une télévision publique, et de ses employés, un grand respect de la déontologie du métier.
Pour cette raison j'appuierai toute décision de commission, même si cela vous gêne aux entournures. »
Ce à quoi, linterpellé répondit le même jour :
« Décidément, Victor, vous avez du mal à comprendre... Je ne suis pas habilité à nommer une commission... Si une telle commission voit le jour et si elle a les garanties de sérieux, d'indépendance et de professionnalisme, France 2 et moi-même y apporteront [sic] toute l'aide nécessaire.
Par ailleurs, contrairement à ce que vous semblez imaginer, Jamal a-Dura n'est pas une chose, il n'appartient à personne. C'est un être humain libre. Il a déjà annoncé publiquement qu'il était prêt à témoigner devant n'importe quel organisme.
Si vous allez à Gaza, il vous montrera, outre ses cicatrices, ses dossiers médicaux de Gaza et d'Amman. Vous pourrez rencontrer les médecins qui se sont occupés de lui, regarder ses radios... Je vous rappelle qu'il est prêt à exhumer le cadavre de son fils... Allez-y... Victor ! »
Au-delà du mépris exprimé par le correspondant permanent de la chaîne dEtat française à [légard de] son interlocuteur, il nous faut préciser quil nest pas question de témoignage de la part de Jamal A-Dura, mais de lexamen de ses cicatrices.
De même que nous nous sentons lobligation dindiquer que cela fait maintenant plus de deux ans que Jamal a spontanément proposé dexhumer le cadavre de son fils, quen dépit des problèmes quasi insurmontables que pose lexamen dun corps dans les circonstances politiques actuelles, la Metula News Agency avait accepté loffre de Jamal, que Mlle Chabot et M. Enderlin rappellent dans presque chacune de leurs interventions afin dasseoir leur "bonne foi", et que
lexhumation na pas eu lieu.
Je tiens pour une preuve complémentaire de cette "bonne foi" la remarque étonnante ajoutée par le grand reporter de France 2 en poste dans la capitale dIsraël, dans sa réponse à M. Perez. Ce, tout juste après avoir affirmé que Jamal A-Dura avait la permission de Tsahal de se rendre dans lEtat hébreu quand bon lui semblait :
« Il y a un seul problème : LARMEE ISRAELIENNE NE VEUT PAS DENQUETE EXTERNE
LES AUTORITES ISRAELIENNES NONT JAMAIS ECRIT A FRANCE 2 POUR NOUS PROPOSER UNE TELLE ENQUETE
POURQUOI DONC PROPOSER UNE ENQUETE INTERNATIONALE TOUT EN SACHANT QUISRAEL LA REFUSE ?".
- Parce que laccord de lEtat dIsraël nest pas requis pour procéder à lexamen médical des cicatrices de Jamal, Charles. Parce que, même en majuscules, affirmer que larmée israélienne ne veut pas denquête externe, et même si ce ne sont pas les autorités de ce pays qui ont proposé cette procédure à France 2, cela, en contradiction flagrante avec ce que vous écrivez, ne pose pas le moindre problème à la constitution et à laction dune commission médicale, indépendante et internationale.
Parce quon est à nouveau en présence dun argument spécieux, dont le seul objectif authentique est dempêcher la constitution de la commission par les adversaires originaux de la Controverse. Et, partant, continuer à prétendre être la (les) victime(s) dun complot sioniste, en faisant tout ce qui peut être fait pour que lopinion publique mondiale ne puisse jamais savoir si les 35 secondes de "Mohammed A-Dura" filmées par Talal Abou Rahma, le 30 septembre 2000, au carrefour de Nétzarim, participent dun reportage ou dune mise en scène.
Cest sans doute pour exprimer leur souci de transparence et leur empressement à rechercher la vérité, réitérés par Arlette Chabot la semaine dernière sur RCJ, que, immédiatement après, au 20 heures de vendredi, Daniel Pujadas a répété que "Mohammed Al-Dura, un petit garçon de 12 ans, avait été tué" lors de lincident contesté.
Cest sûrement pour la même raison que France 2 a rappelé, lors de ce JT, "quelle poursuivra toute personne qui laccusera de manipulation, aucune preuve de ces accusations nayant jamais été apportée".
Cela fait toutefois six ans que la Metula News Agency accuse FR2 davoir diffusé la mise en scène dun assassinat sans avoir été assignée. Cela fait autant de temps que nous présentons les dizaines de preuves et dindices concordants en soutien de notre imputation. Or, si France 2 a poursuivi quatre médias dont celui de Karsenty pour avoir relayé nos conclusions, elle ne nous a jamais poursuivis.
Aujourdhui, nous ajoutons que les faux-fuyants présentés par la chaîne dans la discussion autour de notre proposition de commission médicale pour déterminer lorigine et la date des cicatrices de Jamal sont indignes dun média du service public dune nation européenne démocratique et civilisée. Nous sommes persuadés que les âmes bien faites et de bonne foi trouveront les preuves de cette nouvelle accusation de la Ména dans les paragraphes qui précèdent.
Metula News Agency ©
Cette diffusion est destinée aux professionnels de l'information aussi bien quaux personnes privées.
Toute reproduction entière ou partielle de cet article est strictement soumise à la détention dun contrat ad hoc valide selon les conditions générales de la Metula News Agency.
---------------------------
Mis en ligne avec lautorisation expresse de S. Juffa - le 8 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











