07/07/08
Libre opinion, parue dans la rubrique "Rebonds", de Libération.
Je reviens de Jérusalem, où Nicolas Sarkozy mavait fait lamitié de minviter à laccompagner. Je crois inutile de revenir sur le bilan dune visite qui me paraît avoir fait lobjet dune large approbation, lexercice présidentiel ayant davantage relevé de léquilibre que de léquilibrisme. Preuve est ainsi faite que lon peut tenir aux Israéliens le discours que lon souhaite, dès linstant où lon renonce, au rebours de lancienne politique, à la pratique de lhumiliation systématique pour le plaisir extatique de la partie adverse.
On peut, sans fâcher quiconque, à la fois rendre un hommage inspiré au peuple juif, pas seulement, de manière convenue et doloriste à ses souffrances, mais encore, et plus courageusement, à ses réalisations actuelles et à ses succès au sein de son Etat.
On peut lui demander, sans le heurter, de prendre des risques pour la paix, de tendre la main au peuple arabe de Palestine, tout en demandant à ce dernier, sans le froisser, de renoncer définitivement aux fantasmes criminels du Hamas, pour adopter définitivement loption politique adoptée par leur président.
Mais il me semble que le plus important et, en tout état de cause, le plus urgent, était ailleurs. Il était dans linjonction présidentielle, telle quelle a été exprimée avec une rare fermeté dans son discours à la Knesset, de ne pas tolérer un Iran islamiste et atomique à la fois.
Il mapparaît que lopinion publique française, et notamment sa jeunesse, au-delà de son évidente réprobation réflexe du régime des mollahs, na pas encore suffisamment et profondément pris conscience du danger que tous les pays, et pas seulement et évidemment Israël, courent, le jour où la bombe tombera entre les mains des fanatiques révisionnistes, misogynes et homophobes de Téhéran.
Par principe, jévite de comparer lactualité avec lhistoire de la Deuxième Guerre mondiale, mais, sagissant dAhmadinejad, toute fausse pudeur est à exclure. Tous les historiens sérieux saccordent aujourdhui à dire quil était déjà trop tard pour les démocraties, non pas à Munich, en 1938, mais dès la remilitarisation illégale de la Rhénanie par Hitler, en 1936, que tolérèrent pourtant Anglais et Français, pour «sauver la paix».
Le pacifisme nest pas la paix. Il est le fossoyeur en chef des grands cimetières sous la lune [*].
© Gilles William Goldnadel, avocat
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Note dupjf.org
[*] Allusion au célèbre livre de Georges Bernanos, Les grands cimetières sous la lune. Bon résumé sur Wikipedia.
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Mis en ligne le 7 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











